Zinacantán

Zinacantán

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Zinacantán, qui signifie en Nahuatj « pays des chauves-souris » est aussi connu sous le nom de San Lorenzo Zinacantán, vestige de l’époque coloniale : imposer aux Mayas le culte des saints catholiques fut en effet l’un des premiers soucis des évangélisateurs espagnols, qui n’hésitèrent pas à employer la force s’il le fallait.
Zynacantan - croix mayas
Mais les Mayas ne renoncèrent jamais totalement à leurs pratiques ancestrales tout en faisant semblant de se soumettre. Ils associèrent les saints, les statues et les symboles catholiques au culte des esprits et des mythes mayas, au nez et à la barbe des dominicains.

 

Le symbole de la croix est par exemple très présent dans la vie des tzotziles, mais ils l’associent à l’arbre de vie des mayas ! Rodolfo nous fera remarquer que les croix que nous voyons sont toutes peintes en vert (fertilité et vie) et portent systématiquement des fleurs, de couleur rouge (splendeur du soleil et sang versé par les ancêtres), jaune (richesse du territoire) et blanche (pureté).

 

Zynacantan - d'habiles horticulteurs  

 

Durant des siècles, les Tzotziles de Zinacantán ont contrôlé l’extraction du sel dans les montagnes du Chiapas. De nos jours, ils sont réputés pour leurs cultures maraîchaires et leurs fleurs que nous avons tant admirées au marché de San Cristobal !

 

Zynacantan - fête de Pâques

 

Le jour de notre visite, le temple de San Lorenzo nous était totalement inccessible : tout le village était là pour fêter Pâques, les hommes et les femmes en tenue d’apparat, les autorités civiles et religieuses se livrant à un cérémonial fascinant pour les occidentaux que nous sommes. Je brûlais d’envie de prendre des photos mais c’est strictement interdit et Rodolfo veillait !! J’ai tout juste eu le droit de photographier les villageois et encore de loin (vive les zooms)…
Voyez « Judas » pendu au-dessus de la porte de l’église.
Zynacantan - chapelle

 

 

Il nous a emmenés dans la petite chapelle se trouvant juste à droite de l’église San Lorenzo pour nous expliquer comment fonctionnent les communautés de ces villages où les aspects économiques et politiques sont intimement liés aux questions religieuses, toute activité étant, d’une manière ou d’une autre, teintée de sacré. Ils ont mis au point un système hiérarchisé de responsabilités, les « élus » exerçant durant un an avant de céder leur place à d’autres.
Au sommet de la hiérarchie se trouvent les « principales », les anciens, qui sont très respectés pour leur expérience et pour avoir servi leur communauté à divers postes de responsabilité. Ils s’efforcent de résoudre les différents individuels et les problèmes internes à la communauté, veillant à l’unité, au concensus et aux traditions au sein de la communauté.

 

 

Zynacantan au quotidien
Les vêtements portés sont vraiment typiques et sont tous dans les tons de mauve, bleu, rose. Les hommes portent un poncho orné de gros pompons.
Le village est réputé pour la qualité et la diversité de ses tissus, mais aussi pour avoir su conserver une tradition unique dans la région : l’élaboration du « k’uk’umal chilil » ou huipil emplumé, porté exclusivement pour le mariage.
Il est ainsi nommé car incrusté de plumes de poule blanche, cet animal domestique qui a des plumes et ne peut voler, qui marche sur deux pattes comme les humains mais qui dépend des humains pour son alimentation, qui reste près de la maison bien qu’elle ne soit pas attachée. Tout un symbole ! On espère que la fiancée aussi adoptera la même attitude, qu’elle ne quittera pas le foyer bien qu’elle puisse le faire, et qu’elle aura une relation d’interdépendance avec son futur mari…
Les femmes expertes dans ce type de confection mettent beaucoup de soin dans leur travail, en sélectionnant les matériaux les plus fins. Le temps qu’il faut varie de cinq à six mois pour un seul huipil ; c’est par conséquent un habit très coûteux.

zynacantan - artisanat

 

 

Le point fort de notre visite dans ce village sera l’accueil qui nous est fait dans une famille. Nous commençons par admirer le magnifique artisanat proposé et nous étonnons de voir autant de femmes et de fillettes dans le hall où est exposé la marchandise.

 

 

zynacantan - fillettes

 

 

Rodolfo nous explique qu’ils appartiennent tous à une seule et même famille vivant sous le même toit (l’aïeule, les filles, les belles-filles, les petites-filles).

 

 

Zynacantan - métier à tisser de ceinture

 

Une jeune femme nous fera une démonstration de tissage avec un métier de ceinture (« telar de centura ») : les fils verticaux de la chaîne ourdie sont maintenus tendus entre deux ensouples. Celle du haut est fixée en hauteur (généralement à un arbre), tandis que celle du bas est reliée à une ceinture que la femme, agenouillée sur le sol, passe derrière ses reins, pour contrôler la tension. Une ou plusieurs barres d’écartement séparent les deux nappes de fils.
Après la jeune femme une petite fille espiègle et son inséparable copine (bien plus timide) ont pris la relève et nous avons compris que le plus difficile pour elle est de bien tasser la trame, le reste n’ayant visiblement plus de secret pour elle.

Zinacantan - repas en famille
Quand sonnera l’heure du repas, nous serons invités à nous rendre dans l’arrière boutique, l’occasion pour nous de découvrir un repas traditionnel.
Ce que nous voyons est, pour nous, étonnant : le feu est fait à même le sol, les tortillas sont fabriquées à partir de farine de maîs à une vitesse incroyable. Les femmes confectionnent des boules de pâte qu’elles applatissent dans une presse manuelle (posée, sur la photo ci-contre, juste à côté de la femme agenouillée devant le feu) avant de les poser sur une plaque métallique brûlante où elles sont rapidement cuites et servies avec des sauces piquantes. Chacune de ces femmes s’est vu attribuer un rôle bien précis, et c’est la plus âgée d’entre elles qui est de toute évidence chargée de veiller à la bonne coordination de l’ensemble.

 

Zinacantan - repas en famille

 

Nous avons aussi eu droit à une soupe, de la viande séchée et une boisson que je serais incapable de vous décrire tant elle est à des lieues de ce que l’on connait en Europe. Le tout servi avec des couverts et dans de la vaisselle à l’occidentale. Mais ce n’est pas ainsi que mangent les indigènes, bien sûr.
Voyez notre chauffeur Victor (à droite, sur la photo ci-dessus) : il n’a pas besoin de couverts, lui. Assis près du feu, il utilise les tortillas pour se servir dans les divers bols posés devant lui. Et pourtant, Victor n’est pas un indigène, mais un métis (énorme différence pour Rodolfo !) qui a appris à manger comme ses hôtes.
Admirez la magnifique nappe brodée qui recouvrait notre table : superbe, n’est-ce-pas ?

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