Traversée de la Baie de Somme

Traversée de la Baie de Somme

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La traversée de la Baie de Somme à pieds, entre Saint-Valery-sur-Somme et Le Crotoy, est sans conteste la sortie nature de référence quand il s’agit de découvrir la Baie de Somme pour la première fois.
La sortie dure 3 heures pour une distance approximative de 7km. Elle est assez physique en raison des sables mous et glissants et des petits méandres à enjamber. Ne vous y aventurez pas si vous avez des problèmes articulaires : vous traverserez des bancs de sable, des cours d’eau et des vasières et certains passages s’avèrent très glissants, comme nous le verrons. N’y allez pas non plus si les conséquences d’une chute peuvent s’avérer fâcheuses car les secours mettent un certain temps à arriver, vu la configuration du terrain : les femmes enceintes notamment devraient s’abstenir.

Nous aborderons les questions pratiques au fur et à mesure de notre petit reportage.

Ici, la question du guide ne se pose pas : sa présence est indispensable ! Ce paysage remarquable, formé au gré des vents et des marées, recèle des pièges auxquels même les habitués peuvent se laisser prendre.
Notre guide nous raconte que la veille un de ses collègues a secouru le berger qui fait paître ses moutons sur les prés-salés de la Baie : un de ses agneaux s’est retrouvé piégé dans les sables mouvants et c’est en voulant lui porter secours qu’il a glissé et s’est retrouvé à son tour en bien mauvaise posture. Ce sont ses chiens qui ont alerté le guide.
Nous avons vu, au cours de notre sortie à la rencontre des phoques de la Baie, qu’il est impossible d’être englouti par les sables mouvants. Par contre, une fois qu’on est enfoncé dans la vase, celle-ci se referme sur le corps et l’emprisonne très vite comme du béton, ce qui empêche la plupart du temps un individu de s’en extraire sans aide extérieure.
Une telle mésaventure s’est déjà produite en juin 2015 et je vous invite à lire l’article paru dans le Courrier Picard si vous avez encore le moindre doute quant au bien-fondé de la présence d’un guide.

 

Traversée Baie de Somme : départ de Saint ValeryDépart de Saint-Valery-sur-Somme

Nous avons opté pour Rando-Nature en Somme (que nous avions déjà choisie pour aller voir les phoques) : le rendez-vous est fixé à 9h30, devant la gare du train à vapeur (avenue du Général Leclerc) à Saint-Valery-sur-Somme.
Le parking municipal situé juste à côté offre de nombreuses places, payantes bien sûr : 1€ par heure de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 19h00 en 2018.
Selon notre guide, un parking paysager en entrée de ville devrait bientôt voir le jour et ne coûter que 5€ pour toute la journée.

Nous traversons le pont qui enjambe le canal de la Somme, que nous longeons en direction de la mer : cela nous permet d’admirer Saint-Valery qui se mire dans l’eau en cette magnifique journée de mai.

 

Traversée Baie de Somme : être bien chausséComment se chausser

D’octobre à mai et par temps froid, il est fortement conseillé de mettre des bottes hautes en caoutchouc (40 cm minimum). Voyez le monsieur à droite, qui est venu avec des bottes à mi-mollet : elles se rempliront d’eau dès la première traversée d’un courant d’eau et il passera son temps à les vider !
De mai à octobre et par beau temps, vous pouvez opter pour des chaussons en néoprène (l’idéal) ou de vieilles baskets qui ont déjà « vécu ».
Le guide nous dit avant le départ de ne surtout pas traverser pieds nus car la vase regorge de petites bêtes pas toujours sympathiques, si ce ne sont pas des tessons de verre laissés là par des indélicats !

Bien entendu, certains ne tiennent pas compte de ses recommandations …

 

Traversée Baie de Somme : être bien chaussé pour traverser la vaseLes mollières ou prés-salés

En picard, les pré-salés sont appelés « mollières ». Les prés-salés succèdent à l’estran, qui correspond au niveau inférieur de l’étage littoral recouvert régulièrement par la mer. Eux ne sont atteints que par les plus grandes marées, les marées de vives-eaux.

Ces mollières assurent la transition entre les milieux marins et terrestres et sont peuplées de plantes halophiles qui apprécient la salinité de ces terrains. Elles sont sillonnées d’avril à décembre par de grands troupeaux de moutons, accompagnés de leurs agneaux : ceux-ci, en se nourrissant entre 75 et 200 jours par an de la flore saline et iodée de ces pâturages régulièrement recouverts par la mer, vont produire une viande de grande qualité, à la saveur particulière, très prisée des gastronomes.
Pour en savoir plus sur l’agneau de prés-salés de la Baie de Somme (AOC), cliquez ici

 

Traversée Baie de Somme : aster maritimeTraversée Baie de Somme : obioneAster et Obione

Notre guide nous montre (et nous fait goûter) deux plantes typiques des mollières de la Baie de Somme :
l’Aster maritime (photo de droite), appelé oreille de cochon ou encore épinard de mer, se récolte de fin avril à fin septembre environ et se consomme cru en salade ou cuit à la poêle, accompagné d’ail, d’oignon ou de crème fraîche.
l’Obione (photo de gauche), encore appelée chips de mer, se récolte à partir de la mi-avril jusqu’à la mi-juillet, avant la floraison. Les Picards font sécher les jeunes feuilles au four et les dégustent comme des chips, en biscuit apéritif.

La cueillette de ces végétaux est réglementée par les affaires maritimes : un particulier n’a droit qu’à 500 g par jour et il faut posséder une licence pour pouvoir en cueillir davantage.

 

Traversée Baie de Somme : être bien chaussé, terrain glissantTraversée Baie de Somme : sous la vase, matière organiqueDes chenaux et des fossés

La mer s’invite dans la Baie par des chenaux plus ou moins larges, plus ou moins profonds qui laissent passer un flot impétueux à marée montante. Ici, il n’y a pas d’autre choix pour avancer que de descendre dans le fossé, relativement profond (en tout cas aux yeux des touristes), tapissé de vase particulièrement glissante.
Une fois que le gros de la troupe est passé, le guide nous invite à bien regarder la trace de nos pas : cette vase molle, lisse et non végétalisée, abrite une faune composée d’espèces bivalves (palourdes, coques…) et de petits gastéropodes brouteurs appréciés des oiseaux limicoles. Elle est riche en matière organique.

 

Traversée Baie de Somme : cabanes de chasseLes huttes de chasse

Les nombreux plans d’eau ovoïdes de quelques dizaines de mètres de diamètre, qui parsèment les mollières, sont des mares creusées par les chasseurs de gibier d’eau afin d’y attirer les canards sauvages. Sur le bord, le chasseur construit un abri semi-enterré (la « hutte »), percé de petites fenêtres (les « guignettes ») ouvrant sur le plan d’eau. Il y guette la pose du gibier, prêt à tirer. Camouflées, ces « huttes » sont difficiles à discerner pour un oeil non averti. Elles portent toutes un numéro d’identification, ce qui permet de se repérer dans la baie. Les chasseurs installent des « leurres » sur leur étang afin de mieux attirer les oiseaux convoités (il n’y a que des leurres sur la mare de la photo).
Bon à savoir : ces huttes sont installées sur des promontoires, très rarement submergés à marée haute : ils constituent donc des refuges idéaux, si vous deviez vous faire piéger par l’eau qui monte. L’ultime recours, en cas de marée à très fort coefficient, est de grimper sur le toit d’une de ces huttes car elles sont flottantes et ne seront donc jamais immergées.

 

Traversée Baie de Somme : chevaux de HensonChevaux de Henson

A la fin de la traversée, nous faisons une rencontre fort sympathique avec les chevaux de la baie de Somme : les Henson. Cette race n’a été créée que dans les années 1970 afin d’obtenir un cheval rustique adapté au tourisme équestre de loisir et d’extérieur. Leur histoire vous est racontée sur le site qui leur est dédié.
Il n’est pas possible (à notre connaissance), de traverser la Baie de Somme avec les chevaux : les prestations proposées ne prévoient qu’un passage sur la plage et sont réservées exclusivement aux cavaliers confirmés : pour plus de détails, cliquez ici.

Si vous souhaitez monter ces chevaux, de nombreuses possibilités s’offrent à vous : « Que vous souhaitiez participer à une promenade contemplative, dans les écrins de beauté où se situent nos Espaces Équestres Henson ou que vous souhaitiez sentir le vent sur votre visage lors d’une chevauchée au grand galop sur des plages à perte de vue, nous vous proposons toute une gamme d’aventures plus palpitantes les unes que les autres… » peut-on lire sur leur site.

 

Traversée Baie de Somme : salicorneLa salicorne ou haricot de mer

Nous sommes quasiment arrivés au Crotoy quand nous voyons une petite étendue où pousse la salicorne, encore appelée « passe-pierre ». Elles est récoltée de la fin mai au début septembre par les 140 ramasseurs de salicornes professionnels réunis en association, sur les 300 hectares de concession dont ils disposent sur le domaine public maritime (concession unique en France). Pleine de vitamines, d’oligoéléments, c’est la plante emblématique de la Baie de Somme (80 à 90% de la production nationale).
Le marché hollandais est très friand de la salicorne de Baie de Somme, totalement sauvage. D’après notre guide, la plante n’avait pas vraiment la cote auprès de la population locale et c’est en voyant des Hollandais venir se servir chez eux qu’ils ont réagi et se sont organisés pour que les bénéfices du ramassage leur reviennent.

Pour tout savoir sur la salicorne, cliquez ici.

 

Traversée Baie de Somme : arrivée au CrotoyArrivée au Crotoy

Vous remarquerez que les vestes sont « tombées » et que ceux qui n’ont pas pensé à emporter un couvre-chef essaient de se protéger comme ils peuvent.
Il ne faut pas oublier que, lorsque le soleil brille, vous ne rencontrerez pas la moindre ombre dans la Baie : quand on sait que la marche dure 3 heures, on peut aisément imaginer que cela peut devenir problématique pour les imprévoyants !
En été pensez aussi à emporter de la crème solaire, ainsi que des lunettes adaptées si vous avez les yeux fragiles. Une bouteille d’eau est évidemment plus que conseillée et un petit coupe-faim « au cas où » ne prendra pas beaucoup de place.
En cas de temps mitigé, emportez un coupe-vent.
Un petit sac à dos léger vous permettra de transporter facilement tout ça : ne le surchargez pas, vous risquez d’être déséquilibré dans les passages délicats.

 

Pour le retour, pourquoi ne pas emprunter le petit train de la Baie de Somme, un authentique train à vapeur qui vous ramènera à Saint-Valery en 1h (sa vitesse de pointe est de 35 km/h). C’est cette solution que nous avons choisie. Le train ne partant qu’à 14h30, cela laisse 2h pour découvrir Le Crotoy, un casse-croûte à la main.
Il est aussi possible de louer un vélo au Crotoy et de le laisser ensuite à Saint-Valery.

Bon à savoir : si vous partez avec Rando-Nature en Somme, au moment de réserver votre balade en ligne, le site vous proposera de réserver tout de suite le retour en train, ce qui est vraiment pratique car vous n’aurez plus à vous soucier de rien : il ne vous restera plus qu’à vous installer confortablement dans le wagon de votre choix, et de savourer le voyage.

 

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