Strasbourg romantique (1800-1870)

Strasbourg romantique : place kléber

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A Strasbourg, les premières années du XIXe siècle sont marquées par l’avènement au pouvoir de Napoléon : la ville redevient un carrefour européen de premier plan, tel qu’elle l’avait été avant la Révolution.
Grâce au Blocus Continental instauré par les Alliés contre Napoléon, Strasbourg connaît dès 1809 une belle croissance économique. La prospérité aidant, science et arts se trouvent relancés. L’université rouvre ses portes en 1808 et retrouve tout son lustre du XVIIIe siècle : Les professeurs y enseignent en français ou en allemand et publient dans les deux langues. Parallèlement, la municipalité mène une remarquable politique de construction d’écoles primaires (Saint-Louis, Saint-Jean, Saint-Guillaume)
À partir de 1853, le français devient la seule et unique langue d’enseignement, mais l’allemand et l’alsacien restent les langues les plus utilisées au quotidien.

Nous sommes alors aux portes de la révolution industrielle et de nouvelles réalisations industrielles et commerciales traduisent une modernisation et un développement remarquables à travers toute cette période. La manufacture de tabac édifiée en 1811 est au cœur de cette activité commerciale florissante qui voit transiter du vin, des eaux de vie, du coton, des épices, du sucre et bien sûr, du tabac. Pour des raisons d’hygiène le fossé des Tanneurs commence à être comblé du côté de la place Broglie puis progressivement jusqu’à la place Benjamin Zix. De nouveaux canaux sont construits, reliant la Marne et le Rhône au Rhin.
Grâce à Nicolas Koechlin, Strasbourg bénéficie d’une ligne ferroviaire vers Mulhouse dès 1841, qui ira jusqu’à Bâle en 1845. Grâce à la construction d’un pont métallique sur le Rhin la liaison ferroviaire s‘ouvre vers Kehl, le Pays de Bade et l’Europe. La ligne Strasbourg-Paris ouvre en 1852 et permet de passer de 47 h de trajet à 8 h 50.

Ces nouvelles possibilités de communication vont entrainer un tourisme certes encore aristocratique mais néanmoins important : les auberges du siècle passé cèdent l’une après l’autre la place aux hôtels cossus et confortables du Second Empire (hôtel du Rhin, de la Ville de Paris, qui sont sur le circuit)

Strasbourg deviendra ainsi, à la veille de la guerre de 1870, l’une des plus grandes cités non seulement de France mais d’Europe.

Ce circuit de 26 étapes va vous permettre de découvrir quelques unes des réalisations de cette époque.

 

Strasbourg romantique
Voilà le panneau de marquage que nous allons suivre tout au long de notre balade.

Difficulté: Durée 2h30 environ

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Départ place de la Cathédrale, devant l’Office du tourisme, où vous pouvez vous procurer le livret « Balades Strasbourgeoises » d’où est tiré ce circuit.

 

Strasbourg romantique : rue Mercière1 – Rue Mercière

Dans le circuit Strasbourg et la Renaissance, nous vous avons emmené rue Mercière pour vous faire admirer les façades des n°2, 4 et 10 (arrêts 41 et 42)

Mais regardez bien l’autre côté de la rue : les façades des immeubles côté numéros impairs ont été surhaussées et réalignées en 1812, en vue de régulariser la rue.

 

Strasbourg romantique : monument Gutenberg2 – Monument Gutenberg
place Gutenberg

La statue de Gutenberg a été érigée sur une ancienne place du Marché aux herbes, qui sera rebaptisée du nom du célèbre imprimeur. Il tient dans ses mains un document sur lequel on peut lire « Et la lumière fut ». Ces simples mots cacheraient une référence explicite au roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, écrit et publié en 1831. Pour Hugo, il semblait évident que le pouvoir de la presse imprimée (la démocratie) finira par supplanter le pouvoir de l’Eglise (la théocratie) : la place de la statue, juste face à la Cathédrale, prend alors tout son sens

Les bas-reliefs qui ornent le monument illustrent les bienfaits découlant de la découverte de l’imprimerie sur les quatre continents.
Le panneau consacré aux grands personnages d’Europe fait scandale dans les milieux catholiques et protestants lors de l’inauguration (le 24 juin 1840), parce que figurent parmi eux Luther et Bossuet ; le sculpteur, David d’Angers, est contraint de les remplacer par Érasme et Montesquieu.

Pour tout savoir sur ce monument consultez le document que Suzanne Braun lui consacre

 

Strasbourg romantique : ancien Hôtel du Rhin3 – Ancien Hôtel du Rhin
5, place du Corbeau

Cet immeuble, édifié en 1843 sous la Monarchie de Juillet, est tout entier occupé par les chambres d’un hôtel renommé : l’Hôtel du Rhin.
Comme nous l’avons vu dans notre introduction, ce type d’hôtel était devenu nécessaire pour répondre à l’augmentation des voyageurs qu’a entrainé le développement de la navigation à vapeur et surtout l’ apparition du chemin de fer (1841).
Il est alors idéalement placé à la croisée d’une route départementale et du port de la Douane même si la proximité de la Grande Boucherie (qui fonctionne jusqu’en 1859) pose quelques problèmes : le bruit, l’encombrement et la poussière provoqués par les cortèges de bestiaux rejoignant l’abattoir depuis le marché de la place d’Austerlitz ainsi que les mauvaises odeurs répandues par les déchets des abattoirs déversés dans l’Ill ne manquent d’importuner la clientèle. Mais l’hôtel fonctionne bien jusqu’en 1870 et même au-delà.

Attardez-vous sur les fenêtres des trois travées centrales au premier et au deuxième étage : on voit encore les marques des entablements qui les surmontaient et qui ont été supprimés. De même, le fronton n’a été rajouté qu’ultérieurement.

 
Strasbourg romantique : ancienne Ecole de Médecine4 – Ancienne Ecole de Médecine
8, place de l’Hôpital

Ce bâtiment a été construit en 1864-1866 par G.Conrad, architecte en chef de la Ville pour la faculté de médecine ; la rotonde, de style néo-grec, que l’on peut admirer à l’arrière abritait l’amphithéâtre d’anatomie.
La guerre contre la Prusse qui est déclarée le 19 juillet 1870 va mettre fin à l’enseignement de l’École et plus globalement des facultés strasbourgeoises. Lorsque Strasbourg devient allemande, la faculté de médecine est transférée à Nancy et le bâtiment de la faculté est cédé à la ville de Strasbourg.

Strasbourg romantique : ancienne Ecole de Médecine

 

 
Les Archives Municipales, ainsi que la bibliothèque municipale, s’y installeront en 1889. La Bibliothèque municipale déménagera en 1975 dans ses propres locaux, tandis que les Archives de la Ville déménageront en 2003 dans de nouveaux locaux.
Les locaux nouvellement libérés seront occupés par une annexe de l’ENA jusqu’en 2011.
Depuis novembre 2012, l’immeuble abrite le PH8. Le pH8 est un site d’hébergement pour le développement des entreprises innovantes dans le domaine des nouvelles technologies et de la santé. Il s’inscrit dans un programme de développement économique, technologique et stratégique avec le Campus des Technologies Médicales développé au sein de l’Hôpital civil. (source : alsace-biovalley.com)

 

Strasbourg romantique : immeuble de rapport 5 – Immeuble de rapport
18, quai Saint-Nicolas et 1, rue d’Or

Ce bel immeuble d’angle a été édifié en 1849 : l’année de construction est inscrite en chiffres romains (« MDCCCIL ») sur l’entablement situé au 1er étage.
Le bâtiment comporte deux magnifique entrées en fonte, quai Saint Nicolas et rue d’Or. Les gardes corps et les balcons sont en fonte, eux aussi.

Observez bien le 1er étage, côté quai Saint-Nicolas : un obus du siège de 1870 est scellé dans la façade. L’avez-vous trouvé ? Sur la photo, c’est la deuxième fenêtre à gauche de l’entablement qui porte la date de construction.

Ce fut l’un des domiciles de Pasteur lors de son séjour à Strasbourg en 1854.

 

Strasbourg romantique : église Saint-Louis6 – Eglise Saint-Louis
rue Saint-Louis

Un couvent de Carmélites fut d’abord construit ici en 1475. Avec l’arrivée de la Réforme protestante, il est sécularisé en 1528. Les bâtiments deviennent des habitations et l’église un magasin de charbon et suif.
En 1687, le culte catholique se redresse et on érige à cet emplacement une nouvelle église gérée par des chanoines de l’ordre de Saint-Augustin. Vendue à la Révolution, elle est convertie en magasin de tabac qui part en fumée lors d’un incendie en 1805.
La reconstruction d’une église est entreprise en 1825 par Jean-Nicolas Villot et cet édifice est rendu au culte en 1827.

Strasbourg romantique : église Saint-Louis

Le portail néo-classique s’ouvre sur une église de style à la fois dépouillé et néobaroque.
Le chœur n’est pas dans l’axe de la nef.
La nef n’a de vitraux que du côté est, ouvrant sur la rue du Dragon. Ils ont été réalisés par les ateliers Ott Frères en 1935.
Le chœur est orné de peintures de Martin von Feuerstein (1856-1931) et possède un maître-autel baroque en bois sculpté et doré. La chaire en bois sculpté est une œuvre de l’atelier d’ébénisterie Klem de Colmar. La tribune portée par 4 colonnes est remarquable. Le buffet de l’orgue de tribune est aussi de Klem. Il accueille un instrument construit en 1896 par Charles et Edgard Wetzel, qui remplace celui de Jean-Conrad Sauer.

(source : petit-patrimoine.com : n° 67482_179, pour l’ensemble du texte concernant cette église)

 

Strasbourg romantique : ancienne école Saint-Louis7 – Ancienne école Saint-Louis
9, quai Finkwiller

Une plaque apposée sur le bâtiment nous apprend qu’ici s’élevait l’ancien hôtel des Ribeaupierre puis des Deux-Ponts.
En 1771, un certain Cerf-Berr de Medelsheim, « préposé général de la nation juive d’Alsace », en devient propriétaire et l’immeuble prendra le nom de « Judenhof ». La propriété est revendue à la fin du XVIII° siècle, elle renferme en 1802 un pensionnat, puis une fabrique de tabac. En 1834, l’abbé Bautain crée le petit séminaire, qui est transféré en 1859 dans des bâtiments construits autour de l’église Saint-Étienne.

L’hôtel est alors détruit et laisse la place à une école primaire construite en 1864 par G.Conrath, l’architecte en chef de la Ville. Cette réalisation est un prototype de l’édifice public et utilitaire avant 1870, nous dit-on dans les « Balades Strasbourgeoises »
Le bâtiment a été rénové en 2006 et est occupé depuis cette date par l’Université Populaire.

 

Strasbourg romantique : pont Saint-Thomas8 – Pont Saint-Thomas

Ce pont métallique a été construit en 1841 par les frères de Dietrich de Reichshoffen, sous la direction de Nicolas Cadiat, d’après les plans de l’ingénieur Antoine-Rémy Polonceau, concepteur du pont du Carrousel à Paris.
C’est l’un des plus anciens ponts de fonte conservés en France, et l’un des derniers ponts de ce type en service. Il a été classé « Monument Historique » en 1990.
Le pont ne comporte qu’une seule arche, ce qui a permis, grâce à la suppression des piles, de rétrécir le lit de la rivière à cet endroit. Le tablier en béton est recouvert d’une couche d’enrobé et repose sur des arcs en tubes creux, conception très rare pour une réalisation en fonte.

 

Strasbourg romantique : pont Saint-Thomas9 – Immeuble de rapport
1c, quai Saint-Thomas (et non 1b, comme indiqué par erreur dans les « Balades Strasbourgeoises »)

 

Ce bel immeuble en grès et brique, commandé par la fondation Saint-Thomas, est construit en 1877 par l’architecte Charles Emile Salomon. Le fronton de la porte d’entrée arbore le monogramme de Saint-Thomas (S.T.)

Le concepteur a opté pour un style néo-Louis XIII, très « parisien », ce qui fait de cet immeuble un bon exemple de persistance du « goût éclectique français » après 1870.

 

Strasbourg romantique : pont Saint-Thomas10 – Immeuble de rapport
12, rue des Dentelles

L’actuel 12, rue des Dentelles résulte de la réunion de trois propriétés dans les années 1830 : celle à l’angle de l’impasse (ancien n° 5), la suivante plus étroite (ancien n° 4) et celle constituée des anciens n° 2 et 3. La maison du milieu sert de tannerie avant d’appartenir à un maître maçon (1745-1780) et à un amidonnier (1780-1819). Elle retrouve sa destination de tannerie quand Henri Knoderer l’achète en 1824 en la réunissant aux anciens numéros 2 et 3 dont il est déjà propriétaire. A la fin du XIX° siècle, l’ancienne tannerie est convertie en habitations et abrite quelques ateliers (menuiserie, confection).

L’ancienne maison n° 4 a été démolie et reconstruite, elle a alors une entrée cochère, un premier étage et deux ateliers ; la façade qui comporte un fronton est érigée pour partie en pierre de taille, pour partie en briques. La reconstruction doit avoir suivi de peu la réunion des différentes propriétés en une seule dans les années 1830. Les maisons réunies sous le n° 12 sont de nouveau transformées en 1864.

En contemplant cette propriété depuis les quais de l’Ill, on voit clairement qu’on a affaire à trois bâtiments distincts.

 

Strasbourg romantique : Maison bourgeoise11 – Maison bourgeoise
77, Grand’Rue

L’immeuble actuel a été construit en 1880, immédiatement après la démolition de l’ancien édifice, par le marchand de vins Emile Gérard, dont on peut lire les initiales sur la clef de voûte au-dessus du portail d’entrée.
Le maître d’oeuvre choisi est l’entreprise Schoop et Mayer.
Par la suite, les transformations et changements d’enseigne n’ont pas manqué à cette adresse (source : HELMLINGER Wilfred sur archi-wiki)

Strasbourg romantique : Maison bourgeoise

 

12 – Maison bourgeoise
75, Grand’Rue

La date de construction de cette maison est estimée à 1830.
Les « Balades Strasbourgeoises » parlent ici d’un « bel exemple de décoration architecturale entre 1830 et 1840 ».

Strasbourg romantique : Maison bourgeoise

 

13 – Maison bourgeoise
71, Grand’Rue

 

De cette maison, on ne sait rien, sinon qu’elle a été construite entre 1800 et 1830.

Il ne faut pas être particulièrement attentif pour se rendre compte que le dernier étage ne faisait pas partie du projet original : il a été rajouté à la fin du 19e siècle.

 

Strasbourg romantique : Monument Kléber12 – Monument Kléber
place Kléber

Né à Strasbourg, au 18 rue du Fossé-des-Tanneurs, en 1753, Jean-Baptiste Kléber est le plus illustre des généraux strasbourgeois.
Il a remporté de nombreuses victoires dans les armées révolutionnaires, si bien qu’il part en mai 1798 avec Napoléon pour la campagne d’Egypte. Celui-ci lui confiera le commandement des troupes françaises avant de rentrer en France pour prendre le pouvoir.
Lorsqu’il est assassiné au Caire le 14 juin 1800, Kléber est au faîte de sa gloire, faisant de l’ombre à Bonaparte. Son assassinat le fait passer de la gloire à la légende, et Bonaparte, non seulement ne lui fait pas l’honneur d’obsèques nationales mais refuse même de lui donner une sépulture qui pourrait devenir très vite un lieu de pèlerinage républicain.
Sa dépouille ne sera rapatriée à Strasbourg qu’en 1818, après une dizaine d’années passées dans le chateau d’If.
La statue, œuvre de Philippe Grass de 1840, représente le général en pieds, tenant la lettre de l’amiral Keith qui demandait la capitulation des troupes françaises. Kléber s’adressa alors à ses troupes : « Soldats, on ne répond à une telle insolence que par des victoires. Préparez-vous à combattre ».
Le sphinx à ses pieds est un rappel de ses exploits militaires en Égypte. Les bas reliefs représentent les batailles d’Héliopolis (20 mars 1800) et d’Altenkirchen (19 juin 1796)

Savez-vous que le monument surmonte le caveau où reposent les restes du général depuis le 15 décembre 1838 ? En 1940, les nazis ordonnent l’enlèvement du monument et du cercueil, que la Wehrmacht transfère au cimetière militaire de Cronenbourg. Ils sont remis en place en 1945

 

Strasbourg romantique : Immeuble de rapport15 – Immeubles de rapport
2, rue de la Haute-Montée

Cet immeuble de rapport, conçu par Auguste Frédéric Félix Fries (l’architecte de la Ville), est typique du second Empire : on trouve au rez-de-chaussée et à l’entresol de hautes ouvertures en plein cintre pour les commerces, surmontés de trois étages de logements, le dernier étant souligné d’un balcon. »

La date de 1853 (MDCCCLIII) est indiquée en chiffres romains sur le linteau.

 

Strasbourg romantique : Immeuble de rapport15 – Immeubles de rapport
2, rue des Grandes-Arcades

Ce bâtiment est dû, lui aussi, à Auguste Frédéric Félix Fries (l’architecte de la Ville) : l’immeuble fait alors partie, avec celui du 2, rue de la Haute-Montée, de l’ensemble des nouvelles « Petites Boucheries » dont le bâtiment central est remplacé en 1903 par l’actuelle « Kleine Metzig » (cf le n°2 de notre circuit Strasbourg Impérial)

D’après les « Balades Strasbourgeoise, il a été construit en 1840.

 

Strasbourg romantique : Hôtel "A la Ville de Paris"16 – Hôtel « A la Ville de Paris »
13, rue de la Mésange

Contrairement aux « Balades Strasbourgeoises » qui placent l’année de construction en 1848, le « Patrimoine des communes du Bas Rhin » nous apprend que cet immeuble a été conçu en par l’architecte J.A.Weyer et construit par les entrepreneurs Seyboth et Roetblisberger, en 1848.
Il remplace plusieurs bâtiments anciens et comprend deux parties bien distinctes, regroupées sous une seule toiture : l’aile gauche, équipée de balcons, était réservée à la clientèle riche, tandis que la clientèle ordinaire était reléguée dans l’aile droite, où les fenêtres sont évidemment dépourvues de balcons.
Les propriétaires étaient les parents d’Émile Mathis, le constructeur d’automobiles.

Trouverez-vous les deux plaques commémoratives qui ont été apposées sur les façades ?
L’une vous dit que « Le comte Walewski, fils de Napoléon 1er et et de Marie Walewska, ministre des affaires étrangères sous Napoléon III, vécut dans cet hôtel. Il y mourut en Septembre 1868. », tandis que l’autre vous apprend que « Richard Wagner a séjourné, plusieurs fois dans cet immeuble, ancien Hotel de la Ville de Paris ».

 

Strasbourg romantique : Opéra Municipal>17 – Opéra Municipal
place Broglie

Strasbourg n’est équipée d’un véritable théâtre qu’au début du XIXe siècle. Au cours du siècle précédent, les pièces en français se donnaient dans un ancien magasin d’avoine situé sur la place, tandis que le théâtre allemand se jouait au Poêle des Drapiers.

Le nouveau théâtre planifié par l’architecte Jean Villot et l’ingénieur Robin en 1804 ne sera achevé qu’en 1821, fermant la perspective de la place Broglie à l’est. Le bâtiment à la silhouette fonctionnelle et sobre reste dans la tradition des théâtres français qui jouent la carte d’un néoclassicisme monumental, caractérisé ici par un majestueux portique à six colonnes ioniques, d’ordre colossal, côté place. Six statues de muses conçues par le statuaire Landolin Ohmacht ponctuent cette élévation : Euterpe, Clio, Thalie, Melpomène, Erato et Terpsichore.

Après avoir essuyé un bombardement en 1870, le théâtre est restauré en 1873, l’occasion de modifier sa façade orientale tournée vers la Kaiserplatz appelée à devenir le point focal du nouveau plan d’urbanisme wilhelmien. Cette nouvelle élévation ponctuée de demi-colonnes ioniques et ornée de masques sculptés adoptera un plan arrondi : une forme permettant de la coiffer d’une demi-coupole qui fera écho à celles des palais de la Kaiserplatz.
(source : strasbourg.eu)

 

Strasbourg romantique : Monument Lezay-Marnésia18 – Monument Lezay-Marnésia
angle place du Petit-Broglie et du quai Lezay-Marnésia

Le marquis Adrien Lezay-Marnésia, issu d’une famille noble espagnole, fut un administrateur hors pair, nommé préfet de Napoléon Ier en 1810.
En sa qualité de préfet du Bas-Rhin, il fit la chasse à la corruption, fit protéger les houblonnières, introduisit la culture du tabac en Alsace, fit reconstruire des routes et installer des bancs tous les 500 m sur les routes. Grand ami du pasteur Oberlin du Ban-de-la-Roche, il ouvrit des soupes populaires et réduisit la mendicité, et créa des classes et des écoles, notamment le lycée impérial Fustel de Coulanges à Strasbourg, et la première école normale. Il était obsédé par l’objectif de rendre les alsaciens bilingues, comme il l’était lui-même à la perfection.

Il laissa de profonds souvenirs dans toutes les communes du département, d’autant plus qu’il est mort de façon dramatique en 1814 : revenant de Haguenau où il avait accompagné le duc de Berry, les chevaux qui tiraient son cabriolet léger s’emballèrent, et dans l’accident qui s’en suivit, le préfet fut poignardé dans le ventre par son épée d’apparat. Il mourut quelques jours plus tard de sa blessure.

La statue de cet illustre préfet, due au ciseau du sculpteur alsacien Philippe Grass fut érigée en face de l’hôtel du préfet et inaugurée le 27 août 1857.

Observez bien la statue : voyez-vous la différence entre les mollets droit et gauche ? Ceci est dû à une restauration un peu malheureuse suite au bombardement de la préfecture en 1870 : la statue avait été touchée par trois éclats d’obus, à la joue, à la poitrine et au mollet droit. Il fallut remplacer toute la partie inférieure de la jambe, du genou au pied. Celui qui a effectué le travail a vu un peu grand …

 

Strasbourg romantique : collège Episcopal Saint-Etienne19 – Collège Episcopal Saint-Etienne
rue de la Pierre-Large et quai Saint-Etienne

« Sur un site déjà occupé par les Romains et sur lequel s’est probablement élevée la première église de Strasbourg, fut fondée au VIIIe siècle une abbaye par Sainte ATTALE, nièce de Sainte Odile » (source : le site du collège)

Les bâtiments conventuels de l’ancienne abbaye Saint-Etienne ont été reconstruits en 1858 par l’architecte strasbourgeois Eugène Petiti, dans un style néo-Régence très fonctionnel, pour en faire un collège : la cour correspond à l’emplacement de l’ancien jardin conventuel.
L’église, déjà fortement endommagée par la Révolution, fut cruellement touchée par les bombardements de 1944 et ne subsistent aujourd’hui que le transept et le chœur.

« Depuis lors, la population scolaire n’a fait que s’accroître, profitant des locaux disponibles du fait de la fermeture de l’internat, du départ des prêtres diocésains et des Marianistes.
Le petit séminaire – prévu pour 360 élèves- est devenu Collège épiscopal, mixte avec plus de 1800 élèves et à direction laïque. Il est aujourd’hui l’un des quatre « Collèges épiscopaux » d’Alsace-Moselle, bénéficiant du statut original d’Établissement public de culte » (source : le site du collège, onglet « Histoire du collège »)

 

Strasbourg romantique : Ecole Saint-Guillaume20 – Ancienne Ecole Saint-Guillaume
3, rue Ernest-Munch

Construite de 1300 à 1306, l’église Saint-Guillaume et les bâtiments conventuels qui l’entouraient sont confiés à l’ordre mendiant des « Guillemites » jusqu’en 1524. En 1534, l’église devient temple.
Caspar Hédion est nommé inspecteur des écoles en 1525, en pleine Réforme protestante strasbourgeoise ; en 1544, il fonde le Collège Saint-Guillaume, « Collegium Wilhelmitanum » en latin, dans l’ancien cloître.
Les bâtiments, devenus trop vétustes, seront démolis en 1863 et l’école Saint-Guillaume sera reconstruite en 1864-1866 par Jean Geoffroy Conrath, architecte en chef de la Ville.
Cette ancienne école de filles est devenue en 1977 l’ACRA (Ateliers Chantiers Rencontre Alsace), qui se transformera en « Centre créatif et artistique Les Bateliers » comme indiqué sur la façade de la maison. Sur le site des Bateliers, nous apprenons que ce bâtiment aussi était voué à la démolition (en 1973) et que la mise aux normes du bâtiment au début des années 2000 a été financée par la ville de Strasbourg.

 

Strasbourg romantique : Manufacture des Tabacs21 – Manufacture des Tabacs
7, rue de la Krutenau
En 1810, Napoléon 1er rétablissait le monopole des tabacs. La première Manufacture des Tabacs créée à Strasbourg l’année suivante occupa une annexe de l’église Saint Etienne (actuel lycée privé du même nom). En 1847, l’évêque Monseigneur André Raes, échange un terrain situé à la Krutenau, appartenant au clergé, contre la restitution de l’église Saint-Etienne et du terrain avoisinant, afin de pouvoir réintégrer le couvent investi par la Manufacture impériale.
C’est Jean André Weyer qui sera chargé de la construction de la nouvelle manufacture : les travaux dureront de 1849 à 1852.
La manufacture des tabacs est un bel exemple de l’architecture industrielle du XIXe siècle et de la tradition strasbourgeoise de transformation et de commerce du tabac. Avec ses ateliers de torréfaction et de râpage et son organisation autour de la chaufferie de l’usine, la manufacture est pleinement représentative du modèle de manufactures dit « Eugène Rolland » adopté de 1849 à 1902, et dont il ne reste que quatorze exemplaires en France.
Entre 1860 et 1866, la manufacture des tabacs a été agrandie par Adolphe Weyer (le fils de Jean André Weyer) au niveau de la rue de la Krutenau. Cette extension englobe la maison du directeur et devient la façade principale de la manufacture.

L’ampleur du complexe exprime bien l’influence économique et industrielle du tabac pour le Bas-Rhin et Strasbourg à partir du XVIIIe siècle.

Gravement endommagée par le bombardement de septembre 1944, la manufacture a fait l’objet d’une reconstruction à l’identique le long de la rue Calvin. Deux anciennes cheminées ont disparu. Mais, depuis, le site n’a pas été significativement modifié, hormis la construction d’une nouvelle cheminée en 1955.
Depuis 1945, elle produisait exclusivement des cigares (près de 50 % de la production de cigares français) mais elle a définitivement fermé ses portes en juin 2010.

Les Dernières Nouvelles d’Alsace nous ont appris, en date du 30 septembre 2015, que la SERS (Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg) est officiellement propriétaire de la manufacture des tabacs, après des mois d’âpres négociations.
Sur l’emprise d’un peu moins d’1,5 hectare, elle prévoit d’augmenter légèrement la surface bâtie, à 21 000 m2. Le pôle géosciences de l’université de Strasbourg s’installera sur 10 000 m2. Le solde doit se répartir entre la Haute école des arts du Rhin, une auberge de jeunesse ou un hôtel, un espace de coworking et 1 000 m2 de surfaces commerciales.

 

Strasbourg romantique : Ancienne maison de maître22 – Ancienne maison de maître
25, rue Sainte-Madeleine

Cette maison a été construite en 1838 : la date est inscrite sur une pierre d’angle au rez-de-chaussée, sous la corniche du coté de la rue du Fossé-des-Orphelins.

C’est un des rares exemples du style Restauration conservés à Strasbourg. Nous retrouvons ici la hiérarchisation des étages comme au siècle précédent : voyez l’étage « noble » avec son balcon et ses fenêtres plus grandes qu’aux étages supérieurs.

 

Strasbourg romantique : Maison des Associations23 – Maison des Associations
place des Orphelins

Cet ancien bâtiment artisanal et commercial a été bâti avant 1850, dans le cadre de la grande opération immobilière des anciens jardins du couvent Sainte-Madeleine jusqu’à la rue des couples.
Entre 1898 et 1928, ces locaux vont accueillir la « Manufacture alsacienne de Tabac » en tant qu’annexe de la Manufacture des Tabacs de la rue de la Krutenau car les alsaciens refusaient de travailler à la « Kaiserliche Tabakmanufaktur » (Manufacture impériale d’Etat).
Entre 1929 et 1953, les bâtiments appartiennent toujours à la manufacture des tabacs mais sont occupés par divers corps de métiers.
Le 1er mai 1967, la ville de Strasbourg rachète les bâtiments et décidera ultérieurement d’y installer la Maison des Associations de Strasbourg.
La rénovation, conduite par l’architecte en chef de la ville M. André Booss, se déroulera d’avril 1989 à février 1991.

 

Strasbourg romantique : Ancien immeuble de l'Orphelinat Municipal24 – Ancien immeuble de l’Orphelinat Municipal
3, place Sainte-Madeleine

Ce bâtiment était destiné à renforcer l’accueil de l’orphelinat municipal, installé dans les anciens bâtiments monastiques de Sainte-Madeleine (qui seront détruits en 1905). Les « Balades Strasbourgeoises » donnent 1835 comme année de construction.
En 1911, la Maison des Orphelins est transformée en école maternelle.
Strasbourg romantique : Ancien immeuble de l'Orphelinat Municipal
Sur la façade (à droite, dans l’arc aveugle= vous remarquerez une plaque commémorative en marbre blanc sur laquelle on peut lire: « Memoria Benefactoris Michaelis Reinlin egrenis canonci et décani S.S. Michaelis et Petri Argen : Erecta. Anno Salvtis 1608. Viator OPTA Reqviem. »

(traduction : « Mémoire du bienfaiteur Michel Reinlin, Chanoine et Doyen du Chapitre de St Michel et Pierre de Strasbourg, érigé en l’an salut 1608. Passant souhaite lui le repos. »)
Nous n’avons pas trouvé d’explication quant à la présence de cette plaque, ici, sur un bâtiment monastique de Sainte-Madeleine : si quelqu’un peut nous éclairer, nous en serions très heureux.

Strasbourg romantique : Ecole primaire Sainte-Madeleine

 

Juste à côté (n°2, place Sainte-Madeleine), en 1869, Jean-Geoffroy Conrath, l’architecte de la Ville, termine l’école primaire Sainte-Madeleine : « La conception du bâtiment se distingue des écoles précédentes non par son organisation en plan mais par son traitement des façades. Celles-ci, de style classique, sont pourvues de larges baies sur trois niveaux. Chaque classe dispose ainsi d’un excellent éclairage naturel sur ses 2 côtés adjacents. » source : Centre Régional de Documentation Pédagogique d’Alsace (CRDP), dans son article très intéressant « L’architecture scolaire, du XIXe siècle à la première guerre mondiale »

 

Strasbourg romantique : Immeuble de rapport25 – Immeuble de rapport
31, quai des Bateliers

Les « Balades Strasbourgeoises » nous disent que nous sommes devant un « Immeuble de rapport, un des premiers bâtiments du genre, destiné à pallier la surpopulation croissante d’une cité enfermée dans ses murailles des 17e-18e siècles », et font remonter sa date de construction à 1828.

Par contre, dans l‘article que le site « maisons de Strasbourg » consacre à cette maison, il semblerait qu’il faille plutôt retenir 1858 comme date de construction. L’auteur nous dit en effet « Après l’incendie du 20 Juillet 1857, une nouvelle reconstruction en 1858 lui donne son aspect actuel ».

Aujourd’hui, la galerie l’Estampe occupe le rez-de-chaussée. Créée en 1979, cette galerie d’art édite des gravures originales exécutées entièrement artisanalement. Elle dispose d’un fond de gravures originales, de peintures et de dessins tout à fait exceptionnel. Plus de 4000 titres d’une centaine d’artistes différents dont : Combas, Klasen, Segui, Soulié, Bogart, Coignard, Corneille, Weisbuch, Waydelich, etc… à la disposition des amateurs et des professionnels de nombreux pays.

 

Strasbourg romantique : Ancienne école du Service de Santé Militaire26 – Ancienne école du Service de Santé Militaire
5, place du Château

Le 12 juin 1856, Napoléon III signa le décret impérial instituant deux écoles: l’une préparatoire à Strasbourg, l’autre d’application à Paris, près du Val de grâce. Le 3 novembre 1856, l’école accueillait ses premier élèves.
L’ École du Service de Santé Militaire instituée près la Faculté de médecine de Strasbourg, qui devint dès 1864 l’École Impériale du Service de Santé Militaire, forma ainsi près de 1000 médecins et 90 pharmaciens (recrutés à partir de 1864). A sa tête fut nommé un des plus célèbres chirurgiens de l’époque, Charles-Emmanuel Sédillot, précurseur de l’asepsie opératoire et inventeur du mot « microbe ».
Cette école donna à la France son Premier Prix Nobel de médecine, en 1907, en la personne d’Alphonse Laveran qui découvrit à Constantine l’hématozoaire du paludisme. Une plaque apposée sur la bâtiment nous en rappelle le souvenir.
L’Ecole a été dissoute en 1870, après le siège de Strasbourg.

De nos jours, la poste s’est installée au rez-de-chaussée (entrée : place de la Cathédrale), tandis que le Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg occupe le troisième étage.

 

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