Strasbourg imperial

Strasbourg imperial

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Nous sommes en 1871 : l’Alsace et la Moselle sont intégrées à l’Empire allemand . Aussitôt, l’administration allemande entreprend
de reconstruire les édifices et quartiers sinistrés, afin d’effacer les traces de la guerre et d’apaiser les populations annexées. L’objectif est également de faire de Strasbourg la capitale du nouveau Reischsland Alsace-Lorraine, et de la transformer en une ville moderne, vitrine de la puissance et de l’excellence de l’Empire allemand dans tous les domaines.
La ville doit donc se doter de nouvelles institutions et administrations. Elle doit aussi loger les nouveaux arrivants. L’annexion draine en effet vers Strasbourg une immigration allemande très importante ; en quarante cinq ans, la population de la ville aura plus que doublé, passant de 80 000 habitants en 1870 à 180 000 en 1915.
Or Strasbourg se déploie toujours à l’intérieur de ses limites historiques, lovée dans le méandre protecteur dessiné par l’Ill, et l’extension de la ville apparait plus que jamais nécessaire.
Le centre historique étant déjà saturé et faisant trop « français », les autorités allemandes décideront de construire une ville nouvelle à l’est : la Neustadt. Cette opération d’urbanisme représente à la fois une entreprise de séduction à destination des populations des territoires nouvellement conquis et une vitrine du savoir-faire architectural germanique. Les travaux, par leur ampleur, doivent témoigner, aux yeux de tous les Strasbourgeois, de la nouvelle domination politique et de l’entrée dans le nouveau Reich. La maîtrise d’œuvre est confiée à Jean Geoffroy Conrath, architecte municipal depuis 1849.
Contrastant avec le lacis de ruelles du centre historique, la ville nouvelle se caractérise ainsi par un plan aéré, de longues et larges avenues, des places monumentales, des parcs et jardins. Les autorités ne veulent pas faire de la Neustadt un simple quartier résidentiel ou une cité-dortoir, mais une véritable seconde ville à côté du centre historique : de nombreuses administrations vont s’installer aux abords des grandes places qui rythment le quartier, des églises et des écoles sont construites.
Mais les Strasbourgeois de l’époque n’appréciaient guère l’architecture de la Neustadt : ce quartier fit l’objet de décennies d’incompréhension, sur fond de rivalité franco-allemande ! Ce n’est que depuis la fin des années 1980 que la municipalité et les Strasbourgeois ont pris conscience de la valeur que représentait ce patrimoine.
La ville de Strasbourg est en train d’effectuer un inventaire de l’ensemble des immeubles du quartier en vue d’une inscription possible au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2016. En effet de par sa taille et sa conservation, il s’agit de l’un des derniers exemple vivant de l’urbanisme et de l’architecture germanique de la fin du XIXe / début du XXème siècle, Strasbourg ayant été relativement épargnée lors des bombardements de la seconde guerre mondiale contrairement aux grandes villes allemandes.

Ce circuit va nous permettre de (re)découvrir les lieux emblématiques de cette époque. Mais il est long : il comprend 71 étapes ! Si vous n’avez que peu de temps, concentrez-vous sur l’axe qui va de la place de la République à la place de l’Université (vous pouvez ainsi passer du no 47 au no 61)

strasbourg imperial : marquage
Voilà le panneau de marquage que nous allons suivre tout au long de notre balade.

Difficulté: Durée 4h00 environ

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Départ place de la Cathédrale, devant l’Office du tourisme, où vous pouvez vous procurer le livret « Balades Strasbourgeoises » d’où est tiré ce circuit.

C’est à Strasbourg, durant le siège de 1870, que la carte postale a fait sa première apparition en France

C’est grâce à un article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace le 20.12.2015 que nous avons appris cela. L’article, signé Serge Hartmann, est consacré à Patrick Hamm, un collectionneur de cartes postales anciennes.

« C’est à Strasbourg que la carte postale a fait sa première apparition en France », explique Patrick Hamm. On le doit tout de même un peu aux Prussiens qui en 1870 assiégeaient la ville. « Il s’agissait de permettre aux civils de communiquer avec leurs familles, établies à l’extérieur de Strasbourg et qui s’inquiétaient de leur sort dans une ville bombardée par les Allemands. La Croix-Rouge propose alors d’être leur intermédiaire et édite une carte postale que les autorités militaires allemandes acceptent de laisser passer en transitant par Bâle, la Suisse étant neutre. Mais les Strasbourgeois devront tout de même affranchir la carte avec un timbre allemand. » Et Patrick Hamm de s’amuser : « Le premier courrier à circuler en France a été distribué par deux administrations étrangères et affranchi d’un timbre prussien ! »

Pour des informations plus complètes, cliquez ici

 

strasbourg imperial : anciens magasins Manrique1 – Anciens magasins Manrique
33-37, rue des Grandes-Arcades

L’immeuble est construit par Julius Berninger et Gustave Krafft vers 1896, pour la société Goehrs & Cie qui exploite ici un magasin de mercerie sous le nom « J. Manrique ».

La façade, qui ne comporte que 3 travées à l’origine, présente une ossature métallique encadrant de grandes baies vitrées avec dans sa partie supérieure une décoration préfigurant le style Art nouveau.
La quatrième travée, plus élevée, est ajoutée en 1899, à la manière des grands magasins parisiens, tels la Samaritaine.

De 1919 jusqu’en 1987, le bâtiment accueillera le cinéma « Les Arcades ». Maintenant, c’est un restaurant Mac Donald qui occupe les lieux.

 

strasbourg imperial : Petites Boucheries2 – Kaufhaus ou Petites Boucheries
4, rue de la Haute-Montée

Depuis le Moyen-âge se trouvaient à cet endroit des échoppes et des étaux de bouchers, que l’on appelait « Les Petites Boucheries » car dédiées à la volaille et au petit bétail.
En 1840, des halles couvertes seront érigées sur ce site notoirement insalubre. Mais elles seront rasées à leur tour pour laisser la place à cet immeuble imposant qu’il faut admirer depuis le trottoir d’en face pour avoir un peu de recul.

Construit en 1902 par l’architecte Gustave Oberthür, le bâtiment réunit à la fois le gothique et la Renaissance allemande. Les façades sont animées de pignons, de bulbes en cuivre, et d’un véritable bestiaire sculpté issu du répertoire médiéval.

strasbourg imperial : Petites Boucheries

Voyez, au-dessus de l’entrée, l’inscription en lettres dorées « Kleine Metzig » (Petite Boucherie) : elle évoque l’occupation précédente du site.
Deux statues en pied du sculpteur Alfred Marzolff encadrent l’entrée.
Ce sont celles, à gauche, du Stettmeister Jacques Sturm (1489-1553), Premier magistrat de la ville libre, et de l’architecte de la Renaissance Daniel Specklin (1536 -1589) à droite.

Remarquez, à l’entrée, au sol, une mosaïque décorée aux armes de Strasbourg avec cette phrase: « WER WILL BAUEN AN DEN STRASSEN MUSS DIE LEUTE REDEN LASSEN » que l’on pourrait traduire par « Qui veut construire dans les rues doit laisser parler les gens ».

 

strasbourg imperial : ancien immeuble Rhin et Moselle3 – Ancien immeuble « Rhinet Moselle »
30, rue de la Mésange

L’immeuble qui se trouvait à cet emplacement a été entièrement détruit par les bombardements de 1870 : la librairie Berger-Levrault, fondée en 1676, y avait élu domicile. Elle s’expatriera à Nancy.

L’immeuble que nous voyons aujourd’hui a été édifié de 1872 à 1873 par Edouard Roederer, l’architecte de la ville, pour les Assurances « Rhin et Moselle ». Il adoptera un style néo-classique parisien de la fin du XIXe siècle.

Lorsque la librairie-papeterie Broglie s’est installée, les façades de la boutique ont été quelque peu modifiées : la porte d’entrée de l’époque a été condamnée, et un nouvel accès a été créés à chaque angle du bâtiment. Les parements en bois de la grande vitrine ont également disparu, remplacés par une large baie vitrée moderne.

 

strasbourg imperial : Credit Foncier d'Alsace-Lorraine4 – Crédit Foncier d’Alsace-Lorraine
1, rue du Dôme

A cet endroit, il y avait originellement le Poêle des Maçons, remplacé au début du XVIe siècle par celui des Tailleurs (un Poêle est, au Moyen Age, une maison qui sert de siège à la corporation).

En 1870, au moment des bombardements Prussiens, se dressait ici un magnifique immeuble construit en 1853 par M. Scheidecker. Celle-ci, tout comme sa voisine, la maison Gast, sera tellement endommagée que l’ensemble des maisons sera démoli.

L’immeuble actuel, construit en 1873 par Edouard Roederer, l’architecte de la ville, se caractérise par une large porte d’entrée composée d’une frise et de deux allégories : l’agriculture et le commerce.
Deux tours circulaires avec un toit en bulbe délimitent la construction, dont la travée centrale est dotée de loggias. L’ensemble reflète le néo-classicisme de l’architecture parisienne.

 

strasbourg imperial : Banque Nationale de Paris5 – Banque Nationale de Paris
2, rue du Dôme

Cet immeuble, dédié à l’origine au Consistoire du Temple-Neuf, a été construit en 1899 dans un style néo-rococo très pompeux, par l’architecte Emile Salomon.
La face est rythmée par un ressaut central et par une immense rotonde d’angle, couronnée d’un dôme. Admirez les baies vitrées équipées de balconnets aux grilles d’appui très travaillées, ainsi que les deux immenses balcons à balustrade et ferronnerie.

Le rez-de-chaussée a été modifié après 1960, dénaturant complètement la partie basse du bâtiment.

La banque BNP PARIBAS occupe les lieux.

 

strasbourg imperial : Banque de France6 – Banque de France
3, place Broglie

Cet immeuble a été construit en 1925-1927, dans un style neo-classique, par les maîtres d’oeuvre Alphonse Defrasse (architecte en chef de la Banque de France) et Eugène Haug (architecte strasbourgeois).
Il remplace trois maisons adjacentes, dont le souvenir est évoqué via des plaques apposées sur le bâtiment :
– l’hôtel du maire de Strasbourg Frédéric de Dietrich : à sa demande, Rouget de Lisle composera les paroles du chant de guerre de l’armée du Rhin. C’est dans sa maison que fût chanté pour la première fois, le 26 avril 1792, ce qui deviendra par la suite « La Marseillaise ». Une plaque commémorative, ainsi que des médaillons représentant les deux hommes sont incrustés dans la façade actuelle.
– la maison natale de Charles de Foucault, comme nous le rappelle une autre plaque
– l’ancienne Banque de France qui avait été édifiée en 1855

 

strasbourg imperial : Maison de rapport7 – Maison de rapport
1, place Broglie

Cet immeuble Art Nouveau, à vocation commerciale, a été construit en 1900-1901 pour Heinrich Flach, un fabricant de résilles.
Les architectes, Jules Berninger et Henri-Gustave Krafft, ont tiré parti de l’implantation de cet édifice à l’angle de 2 rues pour construire une tourelle coiffée d’un bulbe en coup de fouet.

Les concepteurs avaient créé un oriel composé de balcons munis de ferronneries, à l’exception du dernier niveau, fermé par des vitraux. Ce n’est que plus tard que les balcons ont été transformés en pièces fermées.
D’autres transformations ont fait disparaître des éléments Art Nouveau qui ornaient l’immeuble : ainsi, les vitrines du rez-de-chaussée et du 1er étage, qui étaient protégées par une belle balustrade en ferronnerie, ont cédé la place à de grandes baies vitrées.

Observez les murets des balcons du 3e étage : ils sont ajourés de vitraux récemment restaurés.
Remarquez aussi, sur la façade donnant sur la place Broglie, la jolie porte « Art Nouveau » qui donne accès aux étages : elle est surmontée d’une imposte, et donne sur un vestibule au sol recouvert d’une mosaïque.

 

strasbourg imperial : Ancien Palais de Justice8 – Ancien Palais de Justice
11, rue de la Nuée-Bleue

L’empereur Frederic III fut accueilli ici le 16 août 1473, dans la maison qui portait alors le nom de « hôtel Lichtenberg ». L’immeuble passera de mains en mains pour être finalement entièrement reconstruit pour le maréchal de Bourg de 1728 à 1732.
A la Révolution, la demeure fait office de tribunal criminel et de tribunal révolutionnaire.
En 1870, les bombardements intensifs qui s’abattent sur la ville vont gravement l’endommager.

Si l’ancienne façade de 1731, restaurée, est toujours visible au fond de la cour intérieure, il n’en est pas de même de la façade donnant sur la rue de la Nuée-BLeue : celle-ci a été entièrement reconstruite en 1877 par Winkler, architecte à Colmar, et Keil, architecte de la ville, en style Néo-grec.

L’immeuble sera occupé d’abord par le Palais de Justice (voir la balance de la Justice dans le fronton triangulaire) puis par le commissariat central jusqu’en 2002.
Le bâtiment devrait être transformé en hôtel, mais c’est (pour le moment) un feuilleton à rebondissements (voir DNA du 21/06/2015)

 

strasbourg imperial : Ecole Schoepflin9 – Ecole Schoepflin
quai Schoepflin (l’entrée se trouve à l’arrière du bâtiment au 3 rue de l’Écrevisse)

L’édifice a été érigé par les architectes Jean-Geoffroy Conrath et Edouard Roederer en 1875-1876 : l’angle de jonction central est chapeauté d’un fronton à horloge et armoiries daté de 1875.
Les concepteurs ont opté pour une architecture classique française, s’inspirant des styles Henri IV et Louis XIII (selon les « Balades Strasbourgeoises »). La toiture à la Mansart, couverte d’ardoises, est munie de hautes lucarnes.

Cette construction faisait partie du vaste programme d’éducation mis en place par le « Reichland ». En 1871, en effet, l’administration allemande rend obligatoire la scolarité des garçons et des filles ; le conseil municipal de Strasbourg adopte donc en 1872 un important programme d’éducation et de construction d’écoles primaires, selon une répartition des élèves par secteurs scolaires.

 

strasbourg imperial : le pont de la fonderie10 – Pont de la Fonderie
Quai Schoepflin au Quai Jacques Sturm

L’architecte de la ville Johann-Carl Ott et l’ingénieur Beutner conçoivent les plans de ce pont qui est érigé en 1893.
Situé dans la partie la plus curviligne du canal du Faux-Rempart, le pont risquait de créer des turbulences dans l’eau via son pilier : ses concepteurs ont donc opté pour une seule voûte de vingt quatre mètres de portée.

La décoration du pont est particulièrement soignée avec un parapet ajouré et des colonnes à lampadaires urbains. Un cartouche armorié orne la clef de voûte, tandis que des lions sculptés dans le grès en gardent les quatre coins. Ceux-ci, vu leur petite taille, ont valu au pont le surnom de « Pudelbrücke » (le pont aux caniches).

Le pont de la Fonderie et l’ensemble des bâtiments situés sur la rive nord du canal du Faux-Rempart constituent un point d’accroche important de la ville nouvelle à la ville ancienne.

 

Strasbourg Impérial : Palais de Justice11 – Palais de Justice
Quai Finkmatt

Le Palais de Justice de Strasbourg a été construit entre 1894 et 1897 par Skjöld Neckelmann dans le cadre de l’aménagement de la Neustadt. Il remplace l’ancien tribunal qui se trouvait rue de la Nuée Bleue depuis 1789 (voir le n°8 ci-dessus).
Son stype « néo-helleniste » tranche avec le style « wilhelminien » des autres bâtiments officiels tout proches : certains y voient l’affirmation de l’indépendance de la justice vis-à-vis de tous les pouvoirs.

La façade principale présente un portique à colonnes surmonté d’un fronton triangulaire orné d’une représentation allégorique de la Justice (l’épée dans la main droite et la balance dans la main gauche). Le lion présent à ses côtés représenterait la Force. Une tête d’Athéna, gardienne des lois de la cité, vient en couronner le sommet.
Les autres faces du bâtiment sont très dépouillées, rythmées essentiellement par la présence de frontons peu décorés.
Les vantaux du portail d’entrée sont ornés chacun d’un masque de Gorgone, qui peut symboliser l’effroi frappant le prévenu lorsqu’il pénètre dans l’édifice.

Un important chantier de rénovation-réhabilitation a démarré en juin 2014 (ce qui explique que nous n’ayons pu photographier la façade principale) : l’enveloppe extérieure du bâtiment sera complètement conservée tandis que les principales interventions se situeront à l’intérieur et au niveau de la toiture avec la suppression de la surélévation créée en 1978. Le chantier devrait s’achever en 2017.

 

Strasbourg Impérial : Eglise catholique Saint-Pierre-le-Jeune12 – Eglise catholique Saint-Pierre-le-Jeune
Quai Finkmatt

Déchirée en deux parties depuis 1681, l’église Saint-Pierre-le-Jeune située Place St Pierre pratiquait le double culte catholique et protestant. Mais, la population catholique du quartier avait beaucoup augmenté, l’empereur allemand fera construire une nouvelle église St Pierre, celle-ci consacrée complètement au culte catholique.
Auguste Hartel et Skjold Neckelmann, architectes à Leipzig et à Stuttgart, sont chargés du projet : l’église en grès rouge sera construite entre 1889 et 1893, dans un style néo-roman.

Devant l’église se trouve une statue de Charles de Foucauld depuis 2006.

Strasbourg Impérial : église catholique Saint-Pierre-le-Jeune

L’église est couronnée par la plus vaste coupole d’Alsace (hauteur intérieure 50 mètres, diamètre intérieur maximal 18,5 mètres), de style néo-renaissance.
Ce serait la Basilique Saint Pierre de Rome qui aurait servi d’exemple, les proportions de sa coupole ayant été reprises ici à l’ échelle de 1/3.

 

Le très vaste lustre annulaire suspendu à la calotte du dôme est une réinterprétation de celui de l’abbatiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg, détruit lors de la révolution française (source : http://www.paroisse-catholique-stpierre.com/art-histoire.php)

 

Strasbourg Impérial : ancien "civil-casino"
1, Quai Jacques Sturm

Ce bâtiment aux allures classiques est, à sa construction, en 1882, un « civil casino » à l’allemande. Comme dans d’autres villes impériales, cette appellation désigne, par opposition aux cercles militaires, un cercle civil, lieu de convivialité prestigieux qui sert de siège à différentes associations.

L’architecte H. Lender s’inspirera de la Renaissance vénitienne pour créer ce majestueux bâtiment en brique et grès pour l’association de la bourgeoisie allemande (Strasburger Kasino Gesellschaft). La façade néo-classique est marquée par de grandes baies dont la présence est amplifiée par des frontons et des colonnes.

Il vient d’être restauré pour le compte de la société Grumbach Immobilier, qui souhaitait redonner une destination festive et culturelle aux lieux.
L’architecte Jacques Molho a pris soin de préserver et de mettre en valeur le bâtiment originel : visuellement, le passant ne voit qu’une discrète baie vitrée supplémentaire sous le nouveau toit.

 

Strasbourg Impérial : maison de rapport14 – Maison de rapport
22, rue du Général-de-Castelnau

Cet immeuble d’angle est la meilleure création « Jugendstil » (Art Nouveau) à Strasbourg, selon les « Balades Strasbourgeoises ».
Les architectes, Franz Lütke et Heinrich Backes qui l’ont construit, de 1901 à 1903, y ont installé leur propre cabinet d’architecture, ce qui constituait leur plus belle carte de visite.
Le bâtiment surprend par la hauteur inhabituelle de ses étages (voyez la taille des fenêtres) mais c’est l’oriel d’angle qui attire le regard : le béton armé a été utilisé ici, ce qui a permis de concevoir les deux fines colonnes surmontées d’une marquise au dernier étage.
Observez les fenêtres latérales de l’oriel : elles sont bombées.
Admirez aussi les grilles d’appui des balcons, les arabesques qui ornent les encadrements de fenêtres, la porte d’entrée à oculus ouvragé : cliquez ici pour voir des photos.

La décoration intérieure répond aux exigences de qualité et de recherche Art Nouveau et témoigne de l’attachement des architectes à ne négliger aucun détail de la décoration.

 

Vous allez maintenant emprunter un petit bout de l’Avenue des Vosges.

Celle-ci se prolonge par l’Avenue d’Alsace puis l’Avenue de la Forêt-Noire (en direction de l’Allemagne), formant un axe de 3 km de long pour 30 m de large qui assure aujourd’hui encore, malgré le développement exponentiel de l’automobile, le transit à travers la ville.

 

Strasbourg Impérial : Palais des Fêtes15 – Palais des Fêtes
rue Sellenick

Ce bel immeuble d’angle est un témoignage historique de la vie musicale à Strasbourg sous l’ empire allemand.
Construit pour le « Strasburger Männergesangverein » (Société Chorale des Chanteurs Strasbourgeois) entre 1901 et 1903 par les architectes Richard Kuder et Joseph Muller, l’édifice abrite une vaste salle de concert de 1500 places, divers locaux pour des sociétés chorales et musicales, ainsi qu’un restaurant.

La couverture de la grande salle de concert est innovante : c’est la première utilisation à Strasbourg de la technique du béton armé.

L’édifice s’articule autour de sa haute tour polygonale située à l’angle et encadrée symétriquement de deux pignons où se mêle Renaissance et gothique tardif. L’ornementation des façades est variée, proposant des éléments maniéristes et Art nouveau : lire la fiche du site de Frank Derville (le n°37 dans sa liste) pour plus de détails.

 

Strasbourg Impérial : caserne Stirn16 – Caserne Stirn
boulevard Clemenceau

Strasbourg devient en 1871 une importante place forte de l’armée allemande. Construite entre 1884 et 1887 par l’architecte de la garnison von Lilienstern, cette caserne fut la plus grande et la plus moderne de l’époque : elle était prévue pour accueillir trois bataillons d’infanterie et comprenait des locaux destinés à l’hébergement des officiers et des sous-officiers, une armurerie, une cordonnerie, des écuries, des entrepôts de matériels, le tout organisé autour d’une vaste cour centrale. C’était la première caserne d’Europe respectant les règles hygiénistes, elle était citée comme exemple dans des livres d’architecture militaire anglais.
A l’origine, elle était connue sous le nom de Manteuffel Kaserne, du nom de Edwin von Manteuffel qui fut l’un des artisans de la réorganisation de l’armée prussienne, et participa à la campagne de France en 1870-1871. Il fut nommé maréchal en 1873, et fut Statthalter du Pays d’Empire d’Alsace-Lorraine de 1879 à 1884.
Après 1918, elle devient la caserne Stirn et accueille l’Ecole Militaire de Strasbourg (EMS). L’EMS est dissoute en 1985 mais le Quartier Stirn et ses annexes demeurent pour les Strasbourgeois l’Ecole Militaire (l’enseigne est d’ailleurs toujours en place, comme vous pouvez le voir sur la photo).

Aujourd’hui le Quartier Stirn abrite le Centre de Formation Interarmées au Renseignement (CFIAR)

 

Strasbourg Impérial : Maison Egyptienne17 – Maison « égyptienne »
10, rue du Général-Rapp

Cet immeuble, construit en 1905-1906 par l’architecte Franz Scheyder pour le tailleur Robert Goeres qui y ouvre un commerce, témoigne des influences de l’époque : Jugendstil et orientalisme, dans l’évocation d’une Egypte ancienne idéalisée.

L’Egypte se retrouve dans la grande fresque centrale, bien sûr, due au pinceau d’Adolf Zilly, mais aussi dans les pilastres encadrant l’entrée, dans les ferronneries des balcons en forme de chauve souris stylisée, ainsi que dans les dorures.

L’état exceptionnel de la peinture est l’oeuvre d’un artiste local M. Claude Bernhart (36 Faubourg de Pierre), qui l’a restaurée en 1995, puis à nouveau en 2010.

 

Strasbourg Impérial : Ecole Professionnelle18 – Centre des impôts – Ancien cadastre du Reichland Alsace-Lorraine
35-37, avenue des Vosges

Cet ensemble monumental à trois niveaux a été construit en 1897 par Otto Back pour abriter le Cadastre.

Entièrement édifié en grès rose, il se décompose en deux ailes dont la jonction saillante, donnant sur le carrefour avec la rue de Castelnau, constitue la partie la plus ornementée.
Le portail d’entrée est encadré d’un atlante et d’une caryatide soutenant un balcon à balustrade desservant le premier étage. Le toit entièrement recouvert d’ardoise propose également dans l’angle de la bâtisse une tourelle polygonale à clocheton.

Mêlant le néo-baroque et le néo-Renaissance germanique, il abrite de nos jours l’Hôtel des impôts.

Source : petit-patrimoine.com

 

Strasbourg Impérial : Ecole Professionnelle19 – Ancienne Ecole Professionnelle (« Oberealschule »)
30, rue du Maréchal-Foch

Sous la direction de l’ingénieur-architecte allemand Johann Carl Ott, l’équipe d’architectes municipaux, réalise à partir de 1886 une nouvelle série d’écoles afin de répondre au fort accroissement de la population scolaire. Le style éclectique de ces écoles s’inscrit dans l’esprit du temps et répond, à l’instar des nouveaux bâtiments officiels néo-renaissances ou néo-gothiques de la nouvelle capitale de « Land », aux ambitions de la municipalité. (source : crdp strasbourg)

Construite en 1889 par les architectes Johann-Carl Ott et L. Wolff, l’ancienne « Oberrealschule » (école secondaire jusqu’en 1918) se caractérise par son allure compacte, entièrement constituée de pierres de taille.
La façade donnant sur la rue présente un avant-corps central saillant, encadré de part et d’autre par deux ailes où se trouvent les accès d’entrée, une pour les filles et une autre pour les garçons. Selon les « Balades Strasbourgeoises », nous sommes en présence d’un essai de synthèse de la Renaissance italienne et du classicisme français du 17e siècle.

Le Lycée Kléber s’y installera de 1919 à 1940. Il sera remplacé par la Bismark Schule de 1940 à 1944 (l’inscription est encore visible). Le lycée Kléber réinvestira les lieux jusqu’en 1961. De nos jours, le bâtiment est occupé par le Collège Foch.

 

Strasbourg Impérial : ancien siège des Assurances Union20 – Ancien siège des Assurances « Union »
43, rue du Maréchal-Foch

Les « Balades Strasbourgeoises » nous apprennent que ce bâtiment est l’œuvre de l’architecte J.E. Klein, ce qui est faux !
C’est l’architecte Marcel Eissen qui a construit ce bel immeuble en 1890 dans le style néo-Renaissance : il a gravé son nom dans une pierre de la façade !
Entièrement bâtie en pierres de taille, la maison se caractérise par un oriel d’angle à trois niveaux, une porte d’entrée dont le pourtour en pierre, finement sculpté, est encadré de deux pilastres nervurés.

Strasbourg Impérial : ancien siège des Assurances Union

 

 

Dans la partie supérieure de la façade d’entrée, un fronton arborant le nom des Assurances « Union », représente deux personnages, dont celui de gauche, Hercule coiffé du lion de Némée et doté d’une massue, est aisément identifiable. Au centre, trois mains entrelacées soulignent le caractère solidaire de « l’Union ».

 

Strasbourg Imperial : Anciennes écuries du Palais Imperial21 – Anciennes écuries du Palais Impérial
9, rue du Général-Frère

Ce bâtiment a été construit en 1885 par l’architecte Hermann Eggert pour abriter les chevaux du Palais Royal : Le pignon donnant sur la rue du Maréchal Foch est orné d’une tête de cheval sous laquelle est gravée la date de construction.

Si son architecture évoque celle du Palais, le fronton situé au-dessus de l’accès principal, avec son casque de cuirassier en pierre, rappelle la fonction de l’édifice,

Remarquez les bossages rustiques à la florentine autour de la porte d’entrée et aux angles.

 

Strasbourg Imperial : Ancien siège de la "Direction du Canton"22 – Ancien siège de la « Direction du Canton » (« Kreisdirektion »)
5, rue du Général-Frère

Cet immeuble a été construit en 1890-1891 par l’architecte Metzenthin dans le style néo-renaissance germanique pour servir de siège à la « Direction du Canton » (avant la 1ère Guerre Mondiale).

Après avoir été la résidence privée du Gouverneur Général de Strasbourg, la maison devint le siège de la Direction Départementale de l’Équipement jusqu’en 2006, date à laquelle celle-ci a été transférée à Cronenbourg.

L’édifice a bénéficié d’une rénovation complète afin d’accueillir 14 appartements de prestige.

 

La Place de la République

Strasbourg Impérial : place de la République

La place de la République, considérée comme le cœur de la « Neustadt », est bordée d’imposants bâtiments officiels qui formaient le quartier gouvernemental : le palais du Rhin (palais de l’Empereur), l’ancien ministère de l’Alsace-Moselle (devenu Préfecture une fois Strasbourg redevenue française), la Bibliothèque impériale (actuelle bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg) et le siège de l’assemblée représentative d’Alsace-Lorraine en 1899 (aujourd’hui Théâtre national de Strasbourg). Ces cinq bâtiments figurent parmi les plus beaux exemples de l’architecture wilhelmienne.

Au centre de la place, un jardin de forme circulaire est agrémenté par plusieurs arbres centenaires remarquables, dont quatre magnifiques ginkgo biloba : sur la photo, vous pouvez admirer l’un d’eux.

A l’origine, une statue équestre de l’empereur Guillaume Ier trônait au milieu de la place ; depuis 1936, c’est le monument aux morts, réalisé par le sculpteur Drivier qui s’élève à son emplacement (en blanc sur la photo). Il porte comme seule inscription « À nos morts » sans mentionner la patrie pour laquelle les soldats sont tombés. Il représente une mère avec ses deux fils, l’un mort pour la France, l’autre pour l’Allemagne, situation dramatique vécue par les Alsaciens pendant les deux guerres mondiales. C’est l’un des rares monuments aux morts pacifiste de France.

 

Strasbourg Imperial : Palais du Rhin - Ancien Palais Impérial23 – Palais du Rhin Ancien Palais Impérial « Kaiserpalast »
2, place de la République

Ce Palais était destiné à accueillir l’empereur lors de ses séjours à Strasbourg mais il devait surtout être le symbole de l’intégration de l’Alsace-Lorraine au IIe Reich allemand.

Commandité par Guillaume 1er de Hohenzollern, le palais, œuvre de l’architecte prussien Hermann Eggert, construit entre 1883 et 1888, sera inauguré par son petit-fils Guillaume II en août 1889.
Librement inspiré du Palais Pitti à Florence (notamment pour don appareil à bossage rustique), le palais est un mélange de Renaissance florentine et de baroque monumental berlinois. Son prix exorbitant et sa décoration luxuriante qui lui confère une certaine lourdeur lui vaudront bien des critiques, d’autant plus que l’Empereur n’y séjournera qu’une dizaines de fois jusqu’en 1918.

Il a même été menacé de destruction dans les années cinquante par la municipalité. Il abrite actuellement la Commission centrale pour la navigation du Rhin (la plus ancienne organisation internationale de Strasbourg, qui a donné son nom actuel au Palais), le Service de l’Inventaire du patrimoine culturel d’Alsace, qui dépend de la Région Alsace ainsi que la Direction régionale des affaires culturelles.

Strasbourg Imperial : Palais du Rhin - Ancien Palais Impérial

L’axe de la façade principale s’agrandit d’un avant-corps central en portique, formant au premier étage une loggia qui se développe sur 2 niveaux, le tout étant terminé par un fronton triangulaire que le sculpteur a décoré d’allégories de la vertu et du travail.
Si les armoiries de l’Empire du cartouche central ont été buchées, on peut toujours admirer celles de l’Alsace et de la Lorraine qui s’affichent aux piliers externes de la loggia. Sous la loggia, deux atlantes encadrent la porte centrale que surmonte l’aigle impérial qui fait référence à la Prusse.

Il fallait voir là l’image hiérarchisée du nouvel ordre politique : l’Empire allemand, issu d’une dynastie prussienne et incluant désormais l’Alsace et une partie de la Lorraine.

 

Strasbourg Imperial : Direction des Services Fiscaux24 – Direction des Services Fiscaux
4, place de la République

Ludwig Lévy, architecte et professeur d’architecture à Karelsruhe, a été choisi pour construire cet édifice destiné à abriter les départements des Finances, des Domaines, du Commerce, de l’Agriculture, des Travaux publics ainsi que la Trésorerie générale du Reichland d’Alsace-Lorraine.
La construction démarrera en 1899 et sera achevée en août 1902 : son style néo-baroque monumental tranche avec les styles développés dans les autres constructions de la place (Palais du Rhin et Bibliothèque Nationale Universitaire notamment).

Le bâtiment abrite aujourd’hui la direction régionale des finances publiques d’Alsace et du département du Bas-Rhin.

« Les avant-corps de la façade donnant sur la place sont mis en valeur et par des toits brisés en pavillon surélevé.
L’avant-corps central est surmonté par les effigies assises des divinités Cérès, déesse de l’agriculture, et de Mercure, dieu du Commerce (faisant allusion aux services qui étaient abrités dans l’édifice : Agriculture, Travaux publics et Finances) complétées, dans le champ tympanal, par des reliefs sculptés : à gauche des épis, un pressoir et des éléments d’architecture, à droite une locomotive et une roue dentée.
L’entrée principale du bâtiment est surmontée par une clef de cintre représentant Héraclès (héros honoré comme protecteur des marchands) »
Source : documentation de la direction générale des finances publiques fournie dans le cadre des journées du patrimoine

 

Strasbourg Imperial : Préfecture25 – Services de la Préfecture Ancien Ministère du Reichsland d’Alsace-Lorraine
5, place de la République

En 1907, le développement des services ministériels conduit à la construction d’un nouveau bâtiment. Côte à côte et seulement séparés par une rue, les deux édifices ont pris les dénominations de ministères « est » et « ouest « .
L’architecte Ludwig Levy, déjà concepteur du premier bâtiment, est également l’auteur du second.
Mais, au décès de Lévy en 1907, la conduite et la mise en œuvre du projet sont placées entre les mains de l’architecte Emil Schütz, qui livrera le bâtiment en 1911.
Dans ce bâtiment, d’un aspect encore plus austère que son voisin, seront regroupés les ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Cultes du nouveau Reichland d’Alsace-Lorraine.
Des lions sculptés surmontent l’entrée principale. Sur le fronton, vous reconnaîtrez les armoiries de l’Alsace et de la Lorraine, flanquées de deux figures allégoriques.

De nos jours, c’est la Préfecture qui occupe les lieux.

 

Strasbourg Imperial : Bibliothèque Nationale et Universitaire26 – Bibliothèque Nationale et Universitaire (« Universitäts- und Landesbibkiothek »)
6, place de la République

Avant 1870, Strasbourg était déjà considérée comme la seconde ville du livre en France pour le nombre d’ouvrages conservés, avec, notamment, les bibliothèques du Séminaire protestant et de la Ville de Strasbourg, toutes deux rassemblées au Temple-Neuf.
Au cours de la guerre franco-prussienne de 1870, Strasbourg est assiégée et bombardée. Dans la nuit du 24 au 25 août 1870, le Temple-Neuf, incendié, est détruit et avec lui la totalité des collections qui s’y trouvaient.
Les pertes sont irréparables et de nombreux documents uniques disparaissent : 3 446 manuscrits parmi lesquels une encyclopédie de la connaissance médiévale réalisée au 12e siècle sous la direction de l’abbesse Herrade de Landsberg, l’Hortus Deliciarum, ainsi que de nombreuses œuvres de Maître Eckart, Jean Tauler ou Conrad de Würzburg.
(source : BNU – histoire)

Cela a incité l’Allemagne à doter Strasbourg d’une nouvelle bibliothèque avec une réserve de livres conséquente. La BNU bénéficie directement du soutien apporté à la reconstruction de l’université strasbourgeoise et les moyens alloués sont confortables : les années allemandes sont marquées par une succession d’acquisitions et de dons remarquables au point que, au moment du retour des provinces annexées à la France en 1918, la BNU compte 1 100 000 volumes et est, dès lors, la seconde bibliothèque de France.

Strasbourg Imperial : Bibliothèque Nationale et Universitaire

La construction de l’édifice est menée de 1889 à 1894 par les architectes August Hartel et Skjold Neckelmann dans un style néo-renaissance italienne. Les fenêtres sont ornées dans leur partie supérieure de médaillons représentant les grands personnages de la littérature et de la philosophie allemande, mais aussi européenne et alsacienne.
La façade principale du puissant quadrilatère coiffé d’une coupole s’anime d’un avant-corps central dominé par les groupes sculptés de l’Art et de la Science. Sur son fronton triangulaire on reconnaît des figures allégoriques liées à l’imprimerie, à la gravure, à la lithographie et à la photographie.

Pour adapter la bibliothèque aux normes actuelles, le chantier dit « BNU Nouvelle » a été mené de 2011 à 2014. Sous l’égide de l’agence Nicolas Michelin et associés, l’espace intérieur a été entièrement redistribué autour d’un escalier hélicoïdal, baigné par la lumière zénithale du dôme, qui distribue quatre plateaux indépendants. Un auditorium et une salle d’exposition ont été créés à côté des fonctions d’accueil.

Si vous avez un compte Facebook, cliquez ici pour découvrir les détails architecturaux de la façade.

 

Strasbourg Imperial : Théâtre National de Strasbourg27 – Théâtre National de Strasbourg (Ancien Palais du « Landtag » du Reichsland d’Alsace-Lorraine)
7, place de la République

De style néo-Renaissance, le bâtiment a été construit entre 1888 et 1892 par les architectes August Hartel et Skjold Neckelmann (ceux-là même qui ont construit la BNU).
La façade avant, donnant sur la place de la République, porte encore les armes de l’Alsace et de la Lorraine. Le pourtour du bâtiment est orné des armoiries de cinquante villes alsaciennes et lorraines qui étaient représentées à l’assemblée régionale : l’édifice fut en effet d’abord le siège du parlement d’Alsace-Lorraine (la Délégation ou Diète), devenu le Landtag (parlement) après la réforme constitutionnelle de 1911.
Après 1918, le lieu est transformé en conservatoire, la salle des débats accueillant des spectacles et des représentations théâtrales.
Mais la partie arrière est gravement endommagée par les bombardements de 1944 et la reconstruction, réalisée en 1957 par l’architecte Pierre Sonrel, se traduit par la création d’une salle de spectacle de 750 places.
En 1968, André Malraux décide de créer le Théâtre national de Strasbourg : il est le seul, parmi les cinq théâtres nationaux que sont, avec lui, la Comédie-Française, l’Odéon, Chaillot et la Colline, à se situer en province.
S’en suivront de nouveaux travaux en 1970, avec la rénovation de la grande scène, la construction d’une seconde salle polyvalente et la restructuration des lieux de travail de l’école d’art dramatique.

Nous quittons à présent la Place de la République

 

Strasbourg Imperial : villas jumelles28 – Villas jumelles
2, avenue de la Marseillaise et 1, rue Joseph Massol

Ces deux maisons accolées ont été construites en 1884 par l’architecte parisien Samuel Revel, dans un style classique, avec des réminiscences de la Renaissance française. Les commanditaires étaient deux frères, Alfred et Emile Ritleng, notaires tous deux.

Les deux villas appartiennent maintenant à la ville de Strasbourg, mais elles restent connues sous le nom de leur ancien propriétaire respectif.

Celle située au N°2 de l’avenue de la Marseillaise, appelée « villa Greiner », du nom d’une riche famille d’aristocrates strasbourgeois, abrite depuis 2007 le musée Ungerer.

Celle située au N°1 de la rue Joseph Massol, appelée « villa Mathis », car ayant appartenu dans l’entre-deux-guerres à l’industriel Emile Mathis (le célèbre constructeur automobile), sert aujourd’hui de résidence aux secrétaires généraux du Conseil de l’Europe.
Le magnifique portail a été rajouté par l’architecte Armand Richshoffer en 1900.

 

Strasbourg Imperial : Ancienne villa Ritleng29 – Ancienne villa Ritleng
4, rue Joseph Massol

Ici, nous retrouvons les mêmes les commanditaires que pour les deux somptueuses villas accolées que nous venons de voir : les deux frères notaires, Alfred et Emile Ritleng.
Mais pour cette demeure, qui conserve leur nom, ils ont fait appel en 1885 au bureau d’architecture de Gustav Ziegler et Cie, situé à Karlsruhe. Celui-ci leur construira une double villa mêlant Renaissance germanique et italienne.
Strasbourg Imperial : Ancienne villa Ritleng

 

 

 

Remarquez les initiales SGAB entrelacées dans la forgerie des deux portes d’entrée : elles datent du temps de la Société Générale Alsacienne de Banque qui s’était établie ici dès 1921 et qui fera agrandir le bâtiment principal par le cabinet d’architectes Mewes et Widmann.

Elle est, aujourd’hui, le siège de France Bleu Alsace (photo de droite prise depuis le quai Lezay-Marnesia)

 

Strasbourg Imperial : Königsbau, ancien immeuble de rapport30 – Ancien immeuble de rapport, dit « Königsbau »
6, avenue de la Marseillaise

Cet imposant bâtiment en 1885, construit à l’angle de la rue Joseph Massol et de l’avenue de la Marseillaise, est l’œuvre du même architecte, Gustav Ziegler et Cie, situé à Karlsruhe. La façade est de style Renaissance allemande, avec utilisation de grès blanc des Vosges.
C’est encore lui qui réalisera en août 1905 la transformation du rez-de-chaussée, afin d’y implanter des vitrines.

Le nom de l’immeuble vient de son implantation au début de la rue anciennement dénommée « Königstrasse ».

Regardez bien la dernière travée, côté rue Joseph Massol (à droite sur la photo) : les pierres de taille sur cette travée n’ont pas été sculptées. Cependant, sur une carte postale datant de 1904, on peut se rendre compte que les blocs de pierre étaient bel et bien sculptés à l’époque. L’immeuble a sans doute été endommagé pendant la seconde guerre mondiale, et l’on a pas pris le temps ou eu les moyens de restaurer à l’identique.

 

Strasbourg Impérial : Poste centrale31 – Poste centrale
avenue de la Marseillaise

Hake von Rechenberg construit cet imposant Hôtel des postes de 6500 m² entre 1896 et 1899 en lui donnant une allure de palais gothique, caractérisé par des tours avec arcades en ogive et des fenêtres géminées. Il occupe tout un pâté de maisons en plein cœur de la Neustadt et témoigne de la façon dont les concepteurs du quartier allemand entendaient mettre en scène les bâtiments officiels : leur décor, particulièrement soigné, devait illustrer la puissance impériale.

Attention : sa façade principale, sur l’avenue de la Marseillaise a été détruite dans les bombardements de 1944, puis reconstruite en 1949 en grès rose, en totale rupture avec le style d’origine. Les statues en pied d’empereurs célèbres que l’on pouvait y voir – comme celles de Frédéric Barberousse, Maximilien 1er et Rodolphe de Habsbourg – ont également disparu. Quant aux statues des figures plus contemporaines de Guillaume 1er, Frédéric III et Guillaume II (souverain régnant à l’époque de la construction de la poste), elles ont été décapitées dans la nuit du 20 au 21 novembre 1918, avant d’être retirées de la façade.

Sur ses trois autres façades, en revanche, la poste centrale se présente encore sous son aspect d’origine, celui d’un château néo-gothique ponctué de tours d’angle et aux portails surmontés de tympans. La façade arrière, avenue de la Liberté, comprend un avant-corps central décoré de deux oriels de pierre et d’un très beau balcon sculpté. Sur la rue Wencker, le portail de l’entrée de service, largement ouvert, permet d’apercevoir l’une des quatre cours intérieures.
(source : strasbourg.eu)

 

Strasbourg Impérial : Immeuble de rapport32 – Immeuble de rapport
8, avenue de la Marseillaise

En 1898, Franz Lütke et Heinrich Backes construisent ce haut bâtiment de quatre niveaux plus les combles en y intégrant quelques éléments Art nouveau. Les grilles d’appui des balcons, les motifs floraux en pierre présents sur la façade ainsi que la porte d’entrée en sont les principaux témoins.

Du magnifique décor Art nouveau de la devanture, il ne reste plus aujourd’hui que les parements de bois qui ont été repeint de couleur sombre.

(source : site de Joël Durand)

 

Strasbourg Impérial : portail provenant de la porte des Juifs33 – Portail provenant de la porte des Juifs
3, rue Pierre Bucher

Le bâtiment a été construit vers 1880 mais le portail a été conçu à partir de remploi d’éléments de l’ancien corps de garde de la porte des Juifs.

Entre 1755 et 1778, la ville de Strasbourg entreprend la construction de sept corps de garde à proximité des sept portes urbaines. Celui dit « des Juifs » se situait au Zimmerhof, à côté de la passerelle des Juifs, en face de l’hôtel du prêteur royal Klinglin.
Le sculpteur Eugène Dock, dont l’habitation et l’atelier se situaient également au Zimmerhof, avait récupéré ce vestige en 1876 lorsque les corps de garde furent démolis pour permettre l’agrandissement de la cité. Quand il fut contraint de quitter les lieux il l’intégra dans le porche d’accès à la cour de sa nouvelle maison.

Le mascaron, très érodé, qui orne la clé de cintre de l’arc en anse de panier représente Hercule, traditionnel protecteur des portes, avec la dépouille du lion de Némée sur la tête. Remarquez aussi les deux demi-colonnes et leur bossage vermiculé : il était copié sur celui du Palais des Rohan.

 

Strasbourg Impérial : Villa neo-Renaissance34 – Villa néo-Renaissance
6, rue Pierre Bucher

Construit par les architectes Richard Kuder et Joseph Müller en 1902, cet hôtel particulier était à l’origine la « Pfälzer Haus » (Cercle des étudiants), commandée par la société étudiante de la noblesse Palatine : dans les villes universitaires allemandes, chaque corporation dispose d’une maison particulière, mais c’est la première du genre à Strasbourg.
Strasbourg Impérial : Villa neo-Renaissance

 

C’est un mélange de gothique tardif et de néo-Renaissance tinté d’une touche Art nouveau. Observez les petites têtes grimaçantes sur la grille, puis regardez bien : il y en a d’autres cachés sur la façade !

 

Notez également que le pignon Renaissance qui donne sur le canal du Faux-Rempart est armorié (voir sur la photo de droite)

 

Strasbourg Impérial : Passerelle du Faux-Rempart35 – Passerelle du Faux-Rempart
rue Pierre Bucher

Une première passerelle pour piétons et cyclistes a été édifiée en 1900/1901, reliant le quai Lezay Marnesia à la rue Pierre Bucher. C’était un pont en arc en pierre de taille de grès rose, mais il vieillira mal.
En 1999, la décision de le démolir pour le reconstruire à l’identique fut prise. Un nouvel ouvrage a été conçu à structure en béton habillé de grès rose.
La passerelle est dotée d’une élégante ferronnerie néo-Renaissance.

Elle enjambe le canal du Faux-Rempart, qui n’était autre qu’un bras de l’Ill, quand des fortifications apparaissent sur sa berge intérieure. Au XIII° siècle, un rempart sera construit dans le lit du « fossé » en doublement des fortifications de la berge. Le maire Frédéric de Turckheim supprimera ce faux-rempart pour transformer le fossé en canal de navigation afin de permettre le transport de marchandises à l’intérieur de la ville.

 

Strasbourg Impérial : Passerelle du Faux-Rempart36 – Lycée International des Pontonniers
rue des Pontonniers

Son nom vient de la caserne des pontonniers qui avait été construite à cet emplacement en 1740 : il s’agissait d’un génie militaire spécialisé dans la construction des ponts.
La caserne sera démolie en 1901 afin de construire à sa place un établissement destinée à accueillir l’école supérieure de jeunes filles (« Höhere Töchterschule ») qui était à l’étroit dans ses locaux, comme nous l’apprenons sur le site du Lycée. Il s’agissait aussi pour le nouveau pouvoir en place de soustraire les jeunes filles à l’influence francophile des sœurs.
Avec l’approbation de l’empereur Guillaume, la municipalité confia les travaux aux architectes Gustave Oberthür, Dauchy, et Kratz, assistés de l’architecte municipal Johann-Karl Ott, qui se décida pour un style germanique particulier des XVe et XVIe siècles, dit « historiciste ».

Les architectes eurent aussi l’idée d’organiser la nouvelle construction autour des éléments décoratifs sacrifiés aux impératifs de l’urbanisme moderne, et qu’ils avaient eu la bonne idée de récupérer.
Ainsi, à l’entrée, la maison du proviseur réutilise des colombages sculptés de 1589 provenant du n°2, rue du Parchemin.
Le site du lycée nous apprend aussi que « L’oriel qui prolonge la salle des professeurs provient, pour partie du moins, de l’ancien « poêle » des boulangers rue des Serruriers et daterait de 1589.
Des bouts de vitraux ou de carrelages rapportés de maisons disparues se combinent astucieusement avec des reconstitutions modernes si bien réussies qu’il n’est pas toujours aisé de distinguer le vrai du faux. »

 

Strasbourg Impérial : Immeuble de rapport37 – Immeuble de rapport
26, avenue de la Marseillaise

Cet immeuble de cinq niveaux plus un niveau de combles, a été construit par les architectes Auguste Muller et Auguste Mossler en 1904 comme nous l’apprend une pierre gravée. Ceux-ci ont tenté une synthèse entre la Renaissance germanique et le style Louis XIII nous dit-on dans les « Balades Strasbourgeoises ».

Le rez-de-chaussée, dédié aux commerces, se caractérise par la présence quatre grands oculus en verre au dessus des portes d’accès situées dans les ailes du bâtiment (vous pouvez en distinguer un sur la photo)

Apparemment, personne ne connait l’histoire de ce bâtiment.

 

Strasbourg Impérial : ancien Bezirkspräsidium38 – Ancien Bezirkspräsidium
1, quai Koch

Ce bâtiment a été construit par Jean-Geoffroy Conrath, l’architecte de la VIlle, en 1885. Il était occupé jusqu’en 1918 par l’administration de la région « Basse-Alsace » (Bezirkspräsidium).

L’Ecole Nationale des ingénieurs des Travaux ruraux s’y installe en 1960 et prend son nom actuel en 1992 : Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement (ENGEES).
En accord avec la Ville de Strasbourg, les locaux sont réaménagés et le bâtiment donnant sur le quai Koch est surélevé d’un étage. La surélévation sur deux niveaux du bâtiment avenue de la Marseillaise et rue Wencker permettant à l’ENGEES de disposer d’une surface complémentaire de 1500 m2 a complètement gâché son architecture.
Le site de l’Ecolemontre les différentes évolutions de l’immeuble : voyez la différence entre le bâtiment tel qu’il était en 1950 et le bâtiment tel que nous le voyons aujourd’hui !

 

Strasbourg Impérial : façades de résidences officielles39 – Façades de résidences officielles
4-6, quai Koch

Cet ensemble de trois bâtiments en pierres de taille, érigé en 1882 en style néo-classique, était destiné aux résidences officielles des hauts fonctionnaires de l’empire allemand. Le rez-de-chaussée présente un appareillage à refend sur toute sa longueur.

Les clés d’arcades des fenêtres sont alternativement ornées de têtes sculptées masculines et féminines. La façade est rythmée au premier et dernier étage par des balcons à balustrades s’appuyant sur de massives consoles en pierre.

(source : site de Joël Durand)

 

Strasbourg Impérial : ancienne villa Lücke puis Adler40 – Ancienne villa Lücke puis Adler
7, quai Koch

Günther Ziegler, architecte à Karelsruhe, construit cette demeure en 1885 selon une inspiration néo-palladienne qui se caractérise par l’absence d’ornementation.
Cette magnifique villa en pierres de taille était la résidence du gouverneur. L’empereur Guillaume II fit construire un balcon pour assister aux défilés

De nos jours, l’endroit est occupé par un hôtel haut de gamme, le Régent Contades.

(source : site de Joël Durand)

 

L’avenue de la Liberté (ancienne Kaiser Wilhelm Strasse) constitue un grand axe mettant en relation les deux places majeures de la ville nouvelle : la place de la République, symbole du pouvoir, et la place de l’Université, symbole du savoir.

« Regroupant à la fois des bâtiments publics, asministratifs et des immeubles de logements luxueux, cette avenue de 30m de large offre un exemple de la diversité de l’architecture historiciste caractéristique du XIXe siècle. » (source : strasbourg.eu, guide-decouverte-coeur-Neustadt)

 

Strasbourg Impérial : Ancien siège de société41 – Ancienne siège de la société « Aachener und Münchener Feuerversicherungs-Gesellschaft »
6, avenue de la Liberté

En 1899, l’architecte G. Frentzer construit ce véritable petit palais, de style néo-baroque allemand, pour une société d’assurances, la « Aachener und Münchener Feuerversicherungs Gesellschaft ».

Admirez l’opulente façade, et remarquez la position de la porte d’entrée : richement décorée, elle a été positionnée très en retrait sur la gauche de la façade. Le lion qui a été sculpté en clé d’arcade est une figure classique du bestiaire impérial germanique.

Aujourd’hui, c’est une école supérieure de commerce et de management (OMNIS) qui occupe les lieux.

 

Strasbourg Impérial : Villa néo-gothique42 – Villa néo-gothique
21, avenue de la Liberté

Ce superbe immeuble d’angle, en briques et grès rose, a été construit par l’architecte Gottlieb Braun en 1896-1898, pour un dénommé Joseph Reis, propriétaire d’une tuilerie / briqueterie.
C’est l’un des rares immeubles néo-gothique de la Neustadt. Il se distingue par la finesse de ses sculptures et de sa décoration essentiellement concentrée sur sa tourelle d’angle et son oriel.

L’un des logements aurait été occupé par le Kronprinz (prince héritier), fils de Guillaume II. Il aurait fréquenté une loge maçonnique qui se trouvait au dernier étage de l’immeuble. (source: reportage de la chaine locale Alsace 20).

 

Strasbourg Impérial : Ancienne maison Voltz43 – Ancienne maison du négociant A.Voltz
17, avenue de la Liberté >

Œuvre commune des architectes Rudolf Schmidt, Albert Brion et Jules Berninger le bâtiment est réalisé en 1891 dans un style néo-Rococo très ornementé. La demeure présente un rez-de-chaussée sous appareillage à refend, dont les clés d’arcade de chacune des ouvertures sont ornées de mascarons.
On peut identifier au dessous du balcon à balustrade du premier étage, les représentations de l’Alsace et de Strasbourg avec leur blason respectif et de part et d’autre, les masques en pierre des quatre saisons.
En partie sommitale de la façade, côté porte d’entrée, un mascaron de Mercure, dieu du Commerce est inscrit dans un fronton légèrement découpé. (source : Petit Patrimoine)
Ancienne maison du négociant A. Voltz, cet immeuble aurait abrité pendant l’ occupation le RAD Service du travail du Reich, selon le Musee Historique de Strasbourg.

 

Strasbourg Impérial : maison néo-palladienne44 – Villa néo-palladienne
15, avenue de la Liberté

Cette maison a été construite par l’architecte Otto Back en 1890, dans un style néo-palladien très dépouillé. Son rez-de-chaussée en grès blanc à bossage tranche avec le reste du bâtiment façonné en briques jaunes.

Sur la partie droite de la bâtisse, en très légère saillie, voyez le balcon à balustrade au premier étage et le balcon avec grille d’appui en ferronnerie au deuxième étage ; les deux ensembles sont soutenus par de massives consoles en pierre.

La décoration est, comme vous pouvez le constater, très sobre.

 

Strasbourg Impérial : Direction Régionale des Douanes45 – Direction Régionale des Douanes
11-13, avenue de la Liberté

Les architectes Otto Back et Metzenthin, qui ont construit cet immeuble en 1892-1893 ont choisi un style baroque romain assez inhabituel dans le paysage historiciste strasbourgeois du tournant du siècle.
Avec son imposante corniche sue consoles, qui équilibre la façade dans sa partie supérieure, et les bossages très saillants dans la partie inférieure de la façade, ce bâtiment rappelle les palais florentins.

Il a été dédié à l’administration douanière impériale dès sa construction, avant que l’administration française lui succède au retour de l’Alsaceà la France en 1918. (source : strasbourg.eu, guide-decouverte-coeur-Neustadt)

 

Strasbourg Impérial : Ancien siège des Assurances "Rhin et Moselle"46 – Ancien siège des Assurances « Rhin et Moselle »
5, rue du Maréchal Joffre

Ce bâtiment de trois niveaux, inspiré par la Renaissance française et le style Louis XIII, est érigé en 1898 par le tandem d’architectes Albert Brion et Eugène Haug. Il est destiné à accueillir le siège des Assurances « Rhin et Moselle », société fondée par Jacques Kablé en 1881.

Deux éléments sur la façade rappellent cela : le nom de la société s’étale en grandes lettres sur le fronton situé à l’angle du bâtiment (et clairement visible sur la photo), tandis qu’un second fronton est orné de deux allégories représentant le Rhin et la Moselle : cette sculpture a été réalisée par Alfred Marzolff.

Depuis 1975, l’immeuble abrite les services administratifs de la BNU (n°26 de notre balade).

 

Strasbourg Impérial : Eglise Saint-Paul47 – Eglise Saint-Paul
1, place Eisenhower

Située à la pointe de l’Ile Sainte-Hélène, au point de confluence de l’Ill et de l’Aar, idéalement située entre le Palais Universitaire et le Palais du Rhin, sur ce qu’on appelle l’Axe Impérial, l’église Réformée Saint Paul fait office de gardien des navigateurs de l’Ill.

Bâtie entre 1892 et 1897 selon les plans de l’architecte Louis Muller, elle peut accueillir plus de 2 000 fidèles. L’église présente un nombre très important de portes sur tout son pourtour. Ces portes devaient permettre l’accès des soldats, selon leur grade, pour gagner les places leur étant attribuées.
De style néo-gothique rhénan inspiré de l’église Sainte-Elisabeth de Marbourg en Hesse (XIIIe siècle), elle comprend deux flèches jumelles de 76 m. de haut et une grande rose de 8 m. de diamètre. Certains vitraux ont été soufflés par les bombardements en 1944 et remplacés par des compositions modernes.
Cependant, une partie des vitraux originels a été conservé et l’on peut y découvrir des allégories de l’Empire et les armes des régions qui le composaient. Depuis 1918, l’église dépend de l’Eglise réformée de France.

 

Strasbourg Impérial : Pont J.-F. Kennedy48 – Pont J.-F. Kennedy
avenue d’Alsace

Destiné à faciliter le trafic entre le Pont du Rhin et la Gare Centrale, ce pont, d’une portée de 30 m, a été construit sur l’Ill en 1906 par Fritz Beblo, le dote d’une seule arche surbaissée d’une envergure de trente mètres. Reliant l’avenue de la Forêt-Noire à l’avenue d’Alsace, il présente un parapet massif en pierre de taille rose de Lutzelbourg. Il est orné de motifs discrets : motifs ondés du côté de la chaussée et poissons frétillants du côté de la rivière.

Mais le véritable morceau de bravoure est représenté par les statues qui marquent l’accès au pont, dues au ciseau du sculpteur Alfred Marzolff : un pelleteur et un haleur du côté de l’avenue d’Alsace, deux pêcheurs du côté de la place Brant.

A l’origine, le pont s’appelait Pont de la Forêt-Noire (Schwarzwaldbrücke), puis il prit le nom de Pont Brant jusqu’en 1965. Cependant dans la mémoire et dans l’usage des vieux Strasbourgeois il demeure le « Viermännerbruck », Pont aux Quatre Hommes, en référence bien évidemment aux figures monumentales qui en décorent les accès.

voir le petit reportage

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Otto Back49 – Ancienne villa de l’architecte Otto Back
4, place Brant

Cet hôtel particulier est construit en 1906-1907 par Otto Back qui œuvre en collaboration avec deux autres architectes, Albert Brion et Eugène Haug. Il se caractérise par une inspiration plus libre, mêlant Art nouveau et Néo-baroque, notamment dans le traitement de l’angle du bâtiment, où l’on retrouve un oriel à deux niveaux coiffé d’un bulbe à lanternon.
(source : Joël Durand)

 

Strasbourg Impérial : Villa néo-Renaissance50 – Villa néo-Renaissance
10, quai Rouget-de-Lisle

Combinant les styles Renaissance et Gothique, ce vaste immeuble, situé à l’angle de la rue Geiler et du quai Rouget de Lisle, a été érigé en « Burgerstil » allemand, en 1904-1905, pour une Association d’Etudiants. les architectes Franz Lütke et Heinrich Backes nous donnent ici un bel exemple de l’architecture néo-Renaissance très en vogue en Allemagne vers 1870.

La maison abrite de nos jours la Représentation permanente de la République de Pologne auprès du Conseil de l’Europe depuis son adhésion à celui-ci en 1991.

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Stempel51 – Ancienne Villa Stempel
4, rue Erckmann-Chatrian

Cette villa, construite en 1902 par les architectes allemands Franz Lütke et Henrich Backes, porte le nom de son maître d’ouvrage Jakob Stempel, agent général de la Compagnie générale d’assurances Deutschland, qui n’y habitera jamais.
Cette villa se distingue par le traitement de la toiture, couronnée par une tourelle ajourée de baies ovales. Elle reprend l’idée du puits de lumière chère à Victor Horta.
Les deux architectes ont revu et corrigé ici le style néo-renaissance germanique par l’Art Nouveau (selon les « Balades Strasbourgeoises »)

Bien que le bâtiment ait été remanié en 1949, suite aux dégâts occasionnés par le bombardement du 25 mai 1944, la touche Art nouveau développée par les deux architectes se retrouve notamment dans le traitement des grilles et des portails d’accès.
Voyez la grille qui entoure la propriété : elle est ornée d’un motif de boutons de fleurs (repris sur le support de la marquise de la porte de service latérale) ainsi que de profils animaliers. Admirez aussi sa porte d’entrée, à deux battants en bois sculptés de motifs floraux aux longues tiges et de volutes. Elle est entourée de trois jours en arc-de-cercle protégés par une ferronnerie. Le tout est recouvert par une élégante marquise en tôle découpée

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Knopf52 – Ancienne Villa Knopf
10, rue Schiller

La villa a été construite de 1904 à 1905 par les architectes Berninger et Krafft, pour Moritz Knopf, propriétaire des grands magasins Knopf (qui étaient situés au 41 rue des Grandes Arcades).
Remarquez le mélange de la pierre et de la brique rouge, devenue matériau noble, pour ce bâtiment dont les références à la Renaissance germanique se combinent avec des éléments Art Nouveau.
L’élément extraordinaire de cette construction est sans conteste le fer forgé, merveilleusement travaillé en « coup de fouet ». Admirez notamment le travail délicat et infiniment original du portail d’entrée « épanoui à la manière d’ Hector Guimard ».

La maison abrite actuellement l’Institut des Hautes Etudes Européennes

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Clem's53 – Ancienne Villa Clem’s
9, rue Schiller

D’inspiration typiquement régionale, cette imposante demeure en brique grise est édifiée en 1904 par le tandem d’architectes Berninger et Krafft. Le commanditaire est le professeur Madelung, médecin, chirurgien, professeur d’université, et membre universitaire de la Commission Administrative de l’Hôpital Civil de Strasbourg
Cette tendance néo-régionaliste apparaît autour de 1900 sous l’influence du groupe de Saint-Léonard fondé par Charles Spindler (1865-1938) et le mécène Anselm Laugel (1851-1928) qui réagissait ainsi à la germanisation de l’Alsace et à la culture imposée par l’Empire allemand.

Le nom de la villa est indiqué à droite du portail d’entrée, et son origine nous est relaté par Maxime Bechmann, descendant des propriétaires de la villa : « Clem’s était le surnom de mon arrière grand mère Clémence, femme de Alfred Rosentiel qui a acheté la maison fin des années 20. Lui voulait habiter face au parc de l’orangerie, mais le coup de coeur de mon arrière grand mère pour cette maison a eu le dernier mot. D’où sa dédicace : la villa Clem’s ».

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Krafft54 – Ancienne maison de l’architecte Krafft
6, rue Stoeber

Henri-Gustave Krafft construit ici sa résidence privée en 1907, en collaboration avec Jules Berninger.
L’Art Nouveau faisait son apparition à Strasbourg et il semble que Henri-Gustave Krafft ait voulu livrer ici le résultat de ses dernières idées concernant l’architecture. La façade de sa maison tranche en effet nettement avec celle de ses autres réalisations : elle reste assez dépouillée avec une influence viennoise comme en témoignent corniche et moulure à billettes au dessus des fenêtres du dernier étage.

La maison a été littéralement défigurée par les transformations opérées en 1954 :
– il y avait une grande baie à 4 fenêtres sous un arc qui s’étendait sur deux étages : elle est supprimée, et remplacée par deux fenêtres au rez de chaussée et deux au premier étage.
– Le toit brisé en ardoise d’origine est lui aussi défiguré et des colombages font leur apparition !

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Schutzenberger55 – Ancienne Villa Schutzenberger
76, allée de la Robertsau

Réalisée en 1899 par les architectes Jules Berninger et Henri- Gustave Krafft pour le brasseur Louis Oscar Schützenberger, cette magnifique villa constitue l’une des premières constructions de style Art nouveau dans la cité.
Avec son toit débordant et de faible pente, ce bâtiment prend une allure de villa italienne. Les façades visibles depuis la rue sont en pierre de Savonnières et la demeure séduit par son décor floral dru qui s’épanouit sous la corniche et sous les fenêtres.
Les ferronneries des grilles d’appui du balcon, de la terrasse extérieure et des portails d’entrée s’enrichissent d’un décor sculpté de lys et se déroulent en arabesques, caractéristiques du style Art nouveau.

Vous trouverez de belles photos de l’intérieur sur le site Frank Derville.

Elle abrite divers organismes européens, dont l’Observatoire européen de l’audiovisuel

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Schlief56 – Ancienne Villa Schlief
64, allée de la Robertsau

Destinée à Eugène Schlief, docteur en droit, cette maison a été construite de 1894 à 1895 par les architectes Auguste et Paul Brion dans le style Renaissance allemande.
« Avec sa tour carrée flanquée de deux échaugettes et coiffée d’un grand toit en pavillon, ses murs en briques rouges, son oriel à deux pans, ses pignons à redents, et son style néo-castral, il s’agit certainement de l’immeuble le plus imposant de l’allée de la Robertsau, témoignage un peu surprenant aujourd’hui du Strasbourg impérial ». (source : archi-wiki)

La villa qui n’était pas en bon état, a été entièrement restaurée en 1994 par la Roumanie lors de l’installation de sa Représentation Permanente auprès du Conseil de l’Europe.

 

Strasbourg Impérial : Immeuble Cromer57 – Immeuble Cromer
66, allée de la Robertsau

Les architectes Frantz Lütke et Heinrich Backes, secondés par les entrepreneurs Kaag et Mohler, construisent entre 1902 et 1903 un immeuble de rapport pour le maître boulanger Georg Cromer.
Au niveau des 2 derniers étages, des pignons à lucarnes semi-circulaires encadrent une céramique polychrome à fleurs et feuilles de lys sur un mur convexe : cette façade témoigne de l’essor des céramiques d’architecture qui font désormais l’objet d’une production industrielle.
Une végétation de rosiers monte à l’assaut des deux oriels, tandis que le balcon du rez-de-chaussée est limité par des colonnes d’où naissent des branches et des feuilles de marronnier soutenant une logette ornée de tulipes. Les baies centrales (et asymétriques) du deuxième étage sont coiffées d’un cintre sculpté de fleurs de lotus.
Nous sommes clairement en présence d’un décor d’une richesse inégalée dans toute l’œuvre du tandem Lütke & Backes, laissant supposer que le commanditaire leur a laissé carte blanche pour cette création en Art Nouveau. D’ailleurs, à droite de l’entrée, on découvre le nom des architectes et des maîtres d’œuvre, le tout couronné des initiales entrelacées « G.C » du commanditaire.

 

Strasbourg Impérial : Immeuble de rapport58 – Immeuble de rapport
52, allée de la Robertsau

Construit entre 1904 et 1905 par l’architecte Carl Faist, cet immeuble de rapport en pierres de taille et briques, de style néo-rocaille, propose en façade un avant-corps saillant légèrement désaxé. Composé de cinq niveaux à trois travées de fenêtres, il se caractérise par les deux pilastres d’ordre colossal à chapiteaux corinthiens entre le premier et le troisième étage.

L’angle du bâtiment donnant sur la rue Twinger, ainsi que les angles de l’avant-corps au rez-de-chaussée et au dernier niveau, se présentent sous appareillage à refend.

La porte d’entrée, complètement désaxée sur le côté droit, se compose d’un grand oculus orné d’une tête de chérubin. Les fenêtres au rez-de-chaussée sont ornementées en clés de cintre de mascarons rappelant les quatre saisons, l’automne étant encadrée au centre du bâtiment par deux masques de Diane.
(source : Joël Durand)

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Dreyfus59 – Ancienne Villa Dreyfus
39, allée de la Robertsau

Cette maison de trois niveaux, qui fait l’angle avec la rue Schiller, est construite par les architectes Albert Brion et Eugène Haug en 1901, dans un style néo-Renaissance très composite avec quelques touches Art nouveau.

Admirez la grille insérée dans la porte d’angle et les formes curvilignes de la grille de clôture : portail et clôture offrent un subtil mélange de ferronnerie et de maçonnerie aux courbes d’influence Art nouveau.
Le motif de la ferronnerie des balcons mérite aussi d’être admiré.

Je n’ai pas réussi à connaitre l’origine de son nom, ne trouvant aucune mention du commanditaire ou des propriétaires.

 

Strasbourg Impérial : Ancienne villa Levi60 – Ancienne Villa Levi
20, allée de la Robertsau

Cette maison a été construite entre 1891 et 1892 par l’architecte Ludwig Levy (qui est alors professeur à la Baugewerckschule de Karlsruhe) pour le magistrat Georg Levi, dont le monogramme daté (1891) figure sur la façade donnant sur l’allée.

La construction s’est faite dans le style néo-Renaissance française.

Un médaillon informe que cette résidence est occupée aujourd’hui par le représentant espagnol auprès du Conseil de l’Europe (tandis que la représentation permanente de l’Espagne auprès du Conseil de l’Europe se trouve au n°24 de la même Allée de la Robertsau.

 

Strasbourg Impérial : le palais universitaire61 – Palais Universitaire
place de l’université

Le rôle de la nouvelle université élevée en 1872 est non seulement de renouer avec la première université strasbourgeoise créée en 1567, mais aussi de germaniser en profondeur les provinces nouvellement intégrées au Reich des Hohenzollern.

Après la conquête de l’Alsace-Lorraine, le gouvernement allemand s’était fixé comme une priorité de créer à Strasbourg une université impériale qui renouerait avec la première université strasbourgeoise créée en 1567, tout en valorisant l’image du Reich dans les territoires conquis.
L’architecte de l’université, Hermann Eggert, esquisse le plan d’ensemble du nouveau campus en 1876.
En figure de proue, le Kollegiengebäude fera face au palais impérial en matérialisant les deux extrémités de la Kaiser-Wilhelm-Strasse conçue comme une véritable via triumphalis. L’importance accordée aux valeurs de l’esprit s’impose par cette implantation face au futur palais de l’empereur : elle place dans un même rapport de force le Savoir et le Pouvoir.

La construction du palais universitaire sera finalement confiée à Otto Warth qui conçoit une majestueuse bâtisse puisant aux meilleurs modèles de la Renaissance italienne. La façade principale ne compte pas moins de trente-trois travées rythmées de trois avant-corps.
Le groupe sculpté d’Athéna entourée des allégories des sciences de l’esprit et de la nature domine l’avant-corps central dont les niches ont toutefois été dépouillées des statues d’Argentina (figure symbolique de Strasbourg) et de Germania (représentant l’Allemagne) après les « Grandes guerres ». Mais, comme vous pouvez le voir sur la photo, elles sont de retour, et ce depuis le 17 janvier 2014.
En dessous du groupe sculpté, on peut lire « Litteris et Patriae » (Littérature et Patrie) : au départ il était prévu d’inscrire « Kaiser-Wilhelm-Universität » ce qui aurait posé des problèmes car aurait été vécu comme provocateur au yeux des Alsaciens. Ainsi une mention « universelle » et plus neutre a été préférée.

Au niveau de l’entablement, et plus précisément de part et d’autre de la frise, on peut lire en chiffres romains :
– à gauche MDLXVII (1567), correspondant à la date de création de la première université à Strasbourg, le Gymnase protestant Jean Sturm
– à droite MDCCCLXXII (1872), date d’inauguration de la nouvelle université allemande à Strasbourg

Strasbourg Impérial : le palais universitaire côté jardins

Les six pavillons d’angle sont ponctués de 36 statues en pied représentant autant de scientifiques et d’érudits de la Renaissance au XIXe siècle, surtout issus du monde germanique.
« Parmi cette pléiade de savants, les choix n’ont pas censuré ceux qui avaient fait tout ou partie de leurs études à Paris.
C’est le cas pour Calvin, Jean Sturm, et plus près de nous pour le chimiste Liebig qui ne faisait pas mystère de sa dette de reconnaissance envers la science française. On peut y voir à l’oeuvre l’esprit de tolérance qui sied à des hommes de science mais aussi l’affirmation, qu’avec la création de l’université de Strasbourg, personne n’aura plus à s’exiler pour acquérir à l’étranger une formation supérieure ».
(source : Les statues de l’Université impériale de Strasbourg et la pédagogie du pangermanisme de MARIE-NOËLE DENIS)

Le Palais Universitaire, par son immense Aula (Atrium) et l’aspect solennel qu’il dégage, a souvent été élu comme lieu de réunion et d’échanges.

C’est ainsi qu’il accueilla la toute première session de ce qui deviendra le Conseil de l’Europe, du 10 août au 8 septembre 1949, avec des représentants des douze Etats.

Il fait encore régulièrement office de lieu de réunion, notemment lors de la remise des doctorats, les inaugurations, les évènements et séminaires scientifiques, les discours…

 

Strasbourg Impérial : le monument Goethe62 – Monument Goethe
place de l’université

Cette représentation de Goethe en pleine jeunesse, à proximité du Palais universitaire, rappelle que le poète fut étudiant à Strasbourg de 1770 à 1771.
Inscrit à la faculté de droit, il se passionne aussi pour la médecine. Il consacre plus tard de nombreuses pages à son séjour en Alsace, marqué aussi par son idylle avec Frédérique Brion, la fille du pasteur de Sessenheim : Les bas-reliefs sur le monument évoquent les réunions sur la plate-forme de la cathédrale et l’idylle de Sessenheim.

La statue, due au ciseau du sculpteur berlinois Ernst Waegener, fut inaugurée le 1er mai 1904. Le jeune étudiant est entouré de Melpomène (Muse de la tragédie) et de Polymnie (Muse de la poésie lyrique.

 

Strasbourg Impérial : ancien siège des assurances "Germania"63 – Ancien siège des Assurances « Germania »
Quai Dietrich, boulevard de la Victoire

Cet immeuble imposant est construit en 1885 par les deux architectes berlinois Kayser et von Grossheim pour le compte d’une société d’assurances de Hambourg, la Germania, dans un style évoquant la Renaissance en Allemagne du Nord.
Lorsque Strasbourg redevint française en 1918, le nom du bâtiment, « Germania » (nom latin de l’Allemagne), devint « Gallia » (nom latin de la Gaulle), même si rien n’évoque moins la Gaule ou la France que cette construction, habillée de briques rouges, flanquée de tourelles et de pignons, comme on peut en voir dans la plupart des grandes villes allemandes

L’immeuble abrite, depuis les années 1920, les associations des œuvres étudiantes de Strasbourg, actuel CROUS, et un restaurant universitaire.
Il connait, en cette année 2015, un important chantier de réhabilitation, l’idée étant d’arriver après la restauration du bâtiment à un « pôle d’excellence d’accueil des étudiants, au centre-ville, à deux pas du campus ».

 

Strasbourg Impérial : Bains Municipaux64 – Bains Municipaux
boulevard de la Victoire

Autour des années 1900, tous les logements de Strasbourg ne sont pas encore équipés d’eau courante et, de toute façon, les baignoires demeurent un luxe réservé à la bourgeoisie. Or, la population de Strasbourg augmente de plus de 50% entre 1870 et 1910.

La construction d’un établissement de bains répond donc aux besoins d’une grande partie des habitants.

Véritable temple de l’hygiène, ce vaste complexe construit en 1908 par Fritz Beblo, architecte de la ville, juxtapose des volumes intérieurs variés répartis par pôles d’activités : entrée et baignoires, petit bassin pour dames, grand bassin pour messieurs, bains romains, bains médicinaux.

Le traitement architectural des deux piscines est très différent : dans la « petite piscine » tous les ornements font référence à l’élément féminin (courbes, arrondis…) contrairement à la « grande piscine » traitée de façon plus romaine avec des formes géométriques faisant référence à la force et à l’énergie.
Si vous souhaitez vous faire une idée des lieux, consultez l’excellent article (agrémenté de belles photos de l’intérieur) que Frank Derville consacre à ce temple de l’hydrothérapie

L’esthétique et l’aménagement intérieur où se côtoient le néo-baroque et l’Art nouveau, font de ce complexe un des plus remarquables établissements de bains encore en service de nos jours.

 

Strasbourg Impérial : Ecole Supérieure des Arts Décoratifs65 – Ecole Supérieure des Arts Décoratifs
1, rue de l’Académie

L’Ecole des Art Décoratifs a été fondée par la Ville de Strasbourg en 1890 en vue d’encourager la renaissance artistique de la région. Le peintre munichois Anton Seder fut nommé directeur.
La beauté des façades de ce bâtiment, dû aux architectes Johann-Carl Ott et Edouard Roederer en 1892, rappelle que l’école fut le principal promoteur de l’Art nouveau à Strasbourg.

La façade principale est richement décorée de céramiques qui illustrent les enseignements dispensés par l’école: peinture, sculpture, gravure, géométrie, etc… Le décor a été conçu par Anton Seder, premier directeur de l’école, et réalisé à Soufflenheim en 1892-1893, par Léon Elchinger, un ancien élève.

 

Strasbourg Impérial : Fontaine-monument des Zurichois66 – Fontaine-monument des Zurichois
place du Pont-aux-Chats et rue de Zurich

Cette fontaine est la plus ancienne de Strasbourg. Elle a été construite par l’architecte Emile Salomon en 1884, suite à une commande du Verschönungsverein (Comité pour l’embellissement) de Strasbourg, pour commémorer le traité d’alliance que Strasbourg avait signé en 1474 avec plusieurs villes suisses, dont Zurich.
Sa décoration évoque le souvenir de ce jour de 1576 où les Zurichois, alliés des Strasbourgeois, leur apportèrent par voie navigable de la bouillie de millet « encore chaude », jusqu’à la Krutenau, alors reliée au Rhin par un bras du fleuve (bras qui sera comblé en 1872).
Le buste de l’écrivain strasbourgeois Johannes Fischart (1545-1590) orne la partie supérieure du monument. Il est l’auteur d’un poème qui relate cette épopée : Le bateau fortuné (« Das Glückhafft Schiff von Zurich »).

 

Strasbourg Impérial : Immeuble de rapport67 – Immeuble de rapport
place de l’université

Henri Bedicam est le commanditaire de cet immeuble qu’il fait construire en 1906-1908 par les architectes Auguste Muller et Auguste Mossler pour son entreprise. Dès le départ, le rez-de-chaussée est aménagé en magasin tandis que le premier étage est réservé aux bureaux de l’entreprise.
Bien que construite dans un style Art Nouveau « assagi » et « épuré », la maison tranche avec le cadre médiéval et Renaissance qui l’entoure mais personne ne sait pourquoi le bâtiment qui s’élevait ici a été démoli.

Cet immeuble, aux réminiscences nancéennes, se caractérise par son oriel central à 3 étages, couronné d’un balcon terrasse à l’étage attique.
Admirez la décoration des grilles d’appui ainsi que celle du portail (à droite)

 

Strasbourg Impérial : Lycée Charles Frey68 – Lycée Charles Frey (ancien Hôtel du Dragon)
3, quai Charles Frey

Les architectes Ott et Wolff ont érigé ce bâtiment en 1892, à l’emplacement où se trouvait jusqu’en 1890 l’Hôtel du Dragon, propriété de la famille noble des Drachenfels (Drachenfels se traduit par « rocher du dragon »).
L’immeuble exalte la Renaissance tardive allemande par sa décoration et sa façade à pignon qui comporte un bas-relief représentant Saint-Michel terrassant le dragon avec la date de la construction.
La façade donnant sur le quai présente un cartouche sculpté illustrant l’ancien hôtel du Dragon.
Dans ses murs, on trouve successivement une école école de jeunes filles, une école ménagère, un collège d’enseignement technique en 1971, et finalement un lycée d’enseignement professionnel. Depuis 2010, le lycée Charles Frey et le Lycée Réné Cassin ont fusionné sous la bannière de Lycée des métiers René Cassin

 

Strasbourg Impérial : Presbytère de l'église Saint-Louis69 – Presbytère de l’église Saint-Louis
quai Charles-Frey

Ce presbytère de style néo-renaissance germanique, construit en 1891 par les architectes Johann-Karl Ott et Edouard Roederer, se distingue à l’extérieur par son pignon à volutes, son oriel et sa porte d’entrée : celle-ci, encadrée par deux colonnes toscanes, est surmontée d’un fronton brisé armorié (qui pourrait représenter le blason de Strasbourg.

 

Strasbourg Impérial : Ecole Saint-Thomas70 – Ecole Saint-Thomas
rue de la Monnaie

A cet emplacement s’élevait l’ancien Hôtel de la Monnaie où la vieille République de Strasbourg frappait sa monnaie jusqu’en 1681, avant son annexion à la couronne de France.
La nouvelle école sera construite en 1905-1907 dans le cadre de la politique de la ville qui cherche à doter Strasbourg d’établissements scolaires spacieux et modernes répondant à des critères de santé et d’hygiène plus stricts.
C’est l’architecte Fritz Beblo qui sera chargé du projet : il va concevoir un bâtiment néo-Renaissance, tout en réemployant des éléments authentiques provenant de l’ancien Hôtel de la Monnaie.
Le CRDP nous dit « Beblo inscrit le bâtiment dans son environnement historique en dessinant la façade donnant sur l’eau comme celle d’un palais et en présentant de nombreuses similitudes avec le Château des Rohan. Il emprunte à l’architecture de la Renaissance alsacienne les formes pour les pignons à volutes et les tourelles placées aux extrémités de la façade. Les volumétries du gymnase et de la conciergerie, qui réemploie un ancien oriel de la Renaissance, sont traitées de façon à assurer une transition harmonieuse avec les maisons environnantes. »

 

Strasbourg Impérial : Ancienne Caisse d'Epargne71 – Ancienne Caisse d’Epargne
place Saint-Thomas

Cet imposant bâtiment est construit entre 1901 et 1903 par l’architecte Emile Salomon et son fils Henri Salomon, dans le style néo-Renaissance. Il a été édifié en lieu et place de deux anciens hôtels de chanoines : « Zum Römer » côté rue des Serruriers et « Zum Hahnekrote » côté rue Salzmann. Il se caractérise par un aspect massif, combinant oriels d’angle et de façade à deux niveaux.

La façade donnant sur la place présente une porte d’entrée encadrée de pilastres dédoublés à chapiteaux corinthiens. En partie haute, se détache un pignon Renaissance découpé avec pinacles et oculus.

Siège de la Caisse d’épargne jusqu’en 2005, la demeure a fait l’objet, il y a peu, d’un réaménagement en appartements de standing.(source : petit-patrimoine, no 67482_154)

 

Nous revenons à notre point de départ en empruntant la rue des serruriers pour arriver place Gutenberg et, de là, rejoindre la cathédrale et l’office de tourisme.

 

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