Strasbourg et la Renaissance

Strasbourg et la Renaissance

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Au style simplifié du Moyen-Age et au classicisme à l’Italienne succède le décor sculpté, surtout au XVIIe siècle, et principalement dans les réalisations en bois : notre périple nous permettra d’admirer des poutres de colombages particulièrement travaillées, typiques de la Renaissance strasbourgeoise.

Au Moyen-Age, le savoir est essentiellement diffusé par les religieux et Dieu est au centre des préoccupations des intellectuels. L’Eglise Catholique soutient massivement la production artistique.
Mais la dissolution des moeurs du Clergé, la richesse excessive des prélats, et surtout le commerce des Indulgences (on se fait pardonner ses péchés contre monnaie sonnante et trébuchante) induiront une profonde crise.
Le besoin de changement est immense et conduit à la Réforme. Il permet aussi l’émergence d’un nouveau courant de pensées : les Humanistes installent, non plus Dieu mais l’Homme, et sa place dans le monde, au centre de leurs recherches.
Les idées des Humanistes diffusent en Alsace et plus particulièrement à Strasbourg grâce au développement de l’imprimerie, sous l’impulsion de Gutenberg. Les thèses de Luther se propageront également grâce aux imprimeurs.
Strasbourg sera, de ce fait, durant les années 1525-1550, une des capitales de la Réforme, la ville bénéficiant ainsi d’un large rayonnement en Europe.

Mais l’introduction de la Réforme prive les artistes de leur mécène habituel, l’Eglise Catholique, et l’art se détourne de la religion pour se consacrer aux monuments profanes.
En architecture, le style Renaissance n’est introduit que dans les années 1550-1580 ; le Magistrat de la Ville et la bourgeoisie deviennent les principaux commanditaires dans ce domaine.

strasbourg Renaissance : panneau de marquage du circuit
Voilà le panneau de marquage que nous allons suivre tout au long de notre balade.

Difficulté: Durée 2h30 environ

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Départ place de la Cathédrale, devant l’Office du tourisme, où vous pouvez vous procurer le livret « Balades Strasbourgeoises » d’où est tiré ce circuit.

 

1 – Maison Kammerzell
16, place de la Cathédrale

Au moment de sa construction en 1427 par un négociant en fromages, les poutres des colombages n’étaient que peu travaillées. Elle ne prendra son aspect définitif qu’en 1589. Le nouveau goût pour les décors sculptés atteint ici des sommets : les sculptures en bois sont ici réparties sur 3 étages, autour de 75 fenêtres, la plupart en cul-de-bouteille. Les sujets sont profanes (les Cinq Sens, les Quatre Ages de la Vie) mais aussi religieux (les Prophètes, les Vertus théologiques telles que la Foi, l’Espérance, la Charité).
Elle a connu de nombreux propriétaires mais doit son nom à l’épicier Jean-François Kammerzell, qui l’acquiert au cours du 19e siècle. L’édifice appartient maintenant à la Communauté Urbaine de Strasbourg (via la Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame) et fait partie du Patrimoine Mondial de l’Humanité.
Elle abrite depuis le 19e siècle le célèbre restaurant éponyme, ce qui en fait le plus vieil édifice encore exploité à Strasbourg, après la Cathédrale.

Maison Kammerzell - Quelques détails des façades

Maison Kammerzell - détail façadeMaison Kammerzell - détail façadeMaison Kammerzell - détail façade

N’hésitez pas à cliquer sur les miniatures pour agrandir les photos afin de mieux voir les détails !

 

Maison Bourgeoise au 22 rue des Hallebardes 2 – Maison Bourgeoise
22, rue des Hallebardes

Cet immeuble est le premier exemple de style Renaissance à Strasbourg.
Avec son encorbellement et ses colombages non travaillés, la batisse reste proche de l’époque médiévale.

console d'angle au 22 rue des Hallebardes
Contigüe à la Maison Kammerzell, la maison arbore l’année de sa construction (1528) sur la console en grès portant l’encorbellement, à l’angle formé par la rue des Hallebardes avec la Place de la Cathédrale.
L’intérieur a été restauré en 1989 pour que des éléments remarquables (comme l’escalier à vis daté de 1609, le plafond stuqué et les peintures murales) retrouvent leur lustre de jadis.
La maison abrite les salons de la Maison Kammerzell.

 

Oriel 31 rue des Hallebardes3 – Maison Bourgeoise
31, rue des Hallebardes

L’oriel qui orne cette maison date de l’année de sa reconstruction : 1574
Ne pas manquer d’admirer la console à voûte d’ogives »

Année de construction et console à voûte d'ogives

 

10, 11 et 12 place Saint-Etienne

 

4 – Ancienne Maison « A L’Arc-en-Ciel » et autres maisons
10, 11 et 12 Place Saint-Etienne

Ce qui semble être une seule et même imposante maison se compose en réalité de deux édifices distincts datants de la fin du XVIe, début du XVIIe siècle : ils ont été unifiés par une même toiture il y a quelque temps. L’ensemble présente de belles façades à colombages au décor maniériste propre à la Renaissance à Strasbourg au XVIIe siècle. Le rez-de-chaussée est en pierre.
Au No 12, une rénovation récente a dégagé une belle porte cintrée en grès qui, jadis, permettait l’accès aux échoppes. Cette très belle maison à encorbellement richement sculpté, témoigne du statut social du commanditaire de l’époque. La grande lucarne en toiture possédait sans doute une potence pour le chargement et le déchargement des victuailles dans les combles.
La maison située au No 10 s’appelait, en 1372, « Zum Regenbogen » : elle donna son nom à la rue de l’Arc-en-Ciel adjacente. Elle eu plusieurs propriétaires, dont l’abbaye d’Eschau, le Grand Chapitre de la Cathédrale puis, en 1812, la famille noble des Berckheim.

Maison au No 12 place Saint-Etienne - Une date à découvrir - et quelques détails des façades

Voyez la date : 1605 juste au dessus du panneau "Place Saint-Etienne"

Avez-vous vu la date « 1605 » (juste au dessus du panneau « Place Saint-Etienne ») ? Regardez bien la photo de droite (cliquez dessus pour l’agrandir)

 

Ancienne résidence de Philippe Böcklin von Böcklinsau5 – Ancienne résidence de Philippe-Dietrich Böcklin von Böcklinsau
17, place Saint-Etienne

Construit en 1598 pour Philippe Böckin von Böcklinsau, cet immeuble fut, de 1685 à 1789, la maison du Directoire de la noblesse de Basse-Alsace. Tout au long du XIXe siècle, des cafés et des commerces s’y succèdent.
Aujourd’hui, il abrite le Foyer de l’Etudiant Catholique.
L'immeuble, tel qu'il apparait sur une photo ancienne
Cette somptueuse demeure était, à l’origine, décorée de peintures d’ornements qui furent découverts en 1862, sous une épaisse couche de badigeon.
Lors de la restauration de 1986, seules les fenêtres ont été rétablies dans leur aspect d’origine, par l’adjonction de meneaux. Deux grands oriels, à fronton maniéré, rehaussent l’ampleur de l’aspect extérieur.
Dans la cour, une élégante porte Renaissance donne accès à un escalier en spirale. Il faut profiter des « Journées du Patrimoine » pour admirer, à l’intérieur, plusieurs beaux plafonds en stuc.

 

Maison Bourgeoise6 – Maison Bourgeoise
5, place Saint-Etienne

Ce grand immeuble serait une reconstruction de 1816, réutilisant des éléments du XVIIe siècle.
Les pans de bois sont richement ornés et maniérés.
5, place Saint-Etienne - détail façade5, place Saint-Etienne - détail façade

Maison 5, place Saint-Etienne - Le corbeau d'angle

5, place Saint-Etienne : corbeau d'angle

Le corbeau d’angle qui supporte l’encorbellement superpose un masque feuillu et le buste d’une femme dont le corps se termine en enroulements de feuillage (source : dictionnaire des monuments historiques)

 

Fabrique de l'Oeuvre Notre-Dame7 – Fabrique de l’Oeuvre Notre-Dame
3, place du Château

L’aile droite (ou aile Ouest) de l’Oeuvre Notre-Dame a été construite durant les années 1579-1585. Le maître d’oeuvre est Hans-Thomas Uhlberger, auteur de l’escalier à vis dans la cour, et du portail y donnant accès.
Son pignon à volutes est surmonté d’un guerrier casqué et harnaché à la mode antique.
Tout le rez-de-chaussée du bâtiment Renaissance est occupé par l’ancienne salle de réunion des maçons et tailleurs de pierre de la cathédrale, dont les
murs portent les restes de peintures murales attribuées à Wendel Dietterlin et partiellement surpeintes à la fin du XIXe siècle. Le plafond est lambrissé au 3/4, le dernier caisson comporte une voûte en pierre de style gothique rendue nécessaire par la présence au premier étage du caveau des archives (précaution contre le feu!).
Uhlberger a fait figurer sa marque de tâcheron et celle de l’OEuvre Notre-Dame sur les deux clefs de voûte (source : dossier de préparation de la visite du musée de l’Oeuvre Notre-Dame)

 

Maisons d'artisans8 – Maisons d’artisans
27 et 29 rue du Maroquin

 

 

La construction de cette maison remonte à 1587.
Admirez les pans de bois avec décors sculptés aux fenêtres.
Avez-vous remarqué que la porte du n°29 se trouve sur la façade du n°27 ?

 

Maison Bourgeoise 4 rue des Maroquins9 – Maison Bourgeoise
4 rue du Maroquin

Cette maison du XVIIe siècle se trouvait à l’origine au N°7 rue d’Or. Il a fallu la démonter à cause du percement de la rue de la 1ère Armée. Elle a été remontée ici en 1936, rejoignant le Musée de l’Oeuvre Notre-Dame.
C’est un immeuble à colombages caractéristiques de la Renaissance au 17e siècle.
La tourelle sur le toit abritait à l’origine une poulie de levage.
Vous remarquerez que la façade qui donne sur la rue du Maroquin ne dispose pas de fenêtre du côté gauche : au Moyen-Age et à la Renaissance, on construisait les maisons en fonction de ses meubles et il est donc probable que les occupants possédaient un grand meuble qu’ils voulaient placer là (source : Isabelle Kapp, guide conférencière)

ATTENTION : le panonceau est mal placé

Faux N°9 Voyez-vous le panonceau, placé juste à droite du N° de la maison ? Il s’agit bien d’un N°4 mais pas de la rue du Maroquin : nous sommes ici au 4, place du Marché-aux-Cochons-de-Lait.

Les deux maisons sont à un jet de pierre mais ici vous chercherez en vain les beaux colombages et la tourelle sur le toit !

 

Le Gruber - 11 rue du Maroquin10 – Autrefois maison « à l’Ancien Hôtel-de-Ville »
11 rue du Maroquin

Dès le XVe siècle, une auberge était établie ici sous le nom de « Zur alten Pfalz » (Au Vieux Palais, en référence à l’antique palais épiscopal qui devait s’étendre jusqu’ici). A cet immeuble écroulé vers 1575 se substitue une nouvelle construction datant de 1651 (date portée par l’oriel), où le café Allemand s’est installé. Cette fonction n’a guère varié au cours des siècles, depuis le café Sandmann (1834) jusqu’à l’actuel restaurant Gruber (source : Jean-Daniel Lohner – commentaire sur archi-strasbourg.org)
Le Gruber - 11 rue du Maroquin

L’oriel d’angle et le portail, au décor sculpté selon le goût de la Renaissance après 1600, sont remarquables.
Les fenêtres ont été refaites au 18e siècle. Le décor peint a été restitué.

A droite, le portail à niches ornées de coquilles.

 

11 – Maisons d’artisans
7 et 9 rue du Maroquin
Maison d'artisan au 7, rue du maroquin
La maison du N°7 est un bel immeuble à double encorbellement, ce qui est assez rare.
Admirez les pans de bois finement décorés.
Maison d'artisan 9 rue du Maroquin

Au N°9, l’année de construction (1605) est gravée sous les fenêtres du 1er étage.
Admirez la façade en trompe-l’oeil et les poutres sculptées.

Où trouver l'année de construction du N°9

Regardez bien sous la fenêtre de gauche : le ‘1’ se trouve à gauche et le ‘6’ à droite (juste sous le rebord, de par et d’autre de la partie sculptée)
Regardez maintenant sous la fenêtre de droite : le ‘0’ se trouve à gauche et le ‘5’ à droite.
N’hésitez pas à cliquer sur la photo pour l’agrandir.
Peu courant, pas vrai ?

 

Maison 1 place du Marché-aux-Cochons-de-Lait12 – Maison à galeries extérieures
1 place du Marché-aux-Cochons-de-Lait

D’après Roger Forst (« Le Strasbourg disparu »), cette maison est l’une des rares maisons anciennes de Strasbourg qui nous soit parvenue intacte, avec ses colombages et ses galeries extérieures. Elle date de 1477 et fut modifiée en 1602 et 1613.
Sur l’étroite façade latérale, les trois fenêtres montrent de beaux chambranles à colonnettes, sculptés autour de 1612 : la date figure sur l’appui du 1er étage, avec les initiales HWE.La porte d’accès au rez-de-chaussée porte le millésime 1606.

Maison 1 place du Marché-aux-Cochons-de-Lait : porte

1, place Marché au cochon de lait : la girouette
Levez les yeux : la girouette insolite que vous voyez sur le toit nous ramène en l’an de grâce 1414, quand l’empereur Sigismond de Hongrie, de passage à Strasbourg, vint acheter une paire de chaussures chez le savetier alors installé à cette adresse. Très fier d’avoir chaussé un visiteur aussi illustre, le marchand décida de placer cette girouette en forme de poulaine sur son toit pour commémorer le passage de Sigismond dans son échoppe (celle que vous voyez n’est, bien entendu, pas l’originale). Et nous retrouvons les initiales HWE

 

Maison 8 place du Marché-aux-Cochons-de-Lait

 

13 – Maison Bourgeoise
8 place du Marché-aux-Cochons-de-Lait

 

 

Construite en 1562, cette maison a perdu son rez-de-chaussée d’origine mais la façade est remarquable : elle présente de magnifiques pans de bois avec fenêtres groupées à chambranles de colonnettes reposant sur des consoles à volutes.

Jean-Daniel Lohner (sur archi-strasbourg.org) nous apprend que la maison a été occupée dès 1640 par un fabricant d’huile, Laurent Gunther.
Pendant plus de 250 ans, l’immeuble et l’industrie qu’il abritait sont restés dans le même famille.

 

Maison dite "Au Bélier" puis "A l'Autruche"14 – Maison dite « Au Bélier » puis « à l’Autruche »
5 place de la Grande Boucherie

Sur la façade de cette belle maison, une plaque nous apprend que son histoire a commencé en 1395 : elle s’appelait alors « zum Widderer », ce qui signifie « Au Bélier ». Le chapiteau à têtes de béliers à l’entrée notamment se veut un témoignage de cette époque.
Maison dite "Au Bélier" puis "A l'Autruche" : chapiteau à l'entrée
Incendiée en 1564, elle sera reconstruite en 1565. A partir du XVIIe siècle, le lieu devient une brasserie, dont la bière est brassée sur place, et est désigné successivement sous les noms « Zum Strauss », puis « Zum Vogel Strauss ».
En 1681, Strasbourg est rattachée à la France par Louis XIV. En 1732, « Zum Vogel Strauss » est traduit par « A l’Autruche ». En 1870, nouveau changement de nationalité : « A l’Autruche » est traduit « Zuem Strissel ».
Au XVIIIe et XIXe siècle la famille Brandhoffer dirige la brasserie. Quatre générations de brasseurs vont ainsi se succéder. Puis en 1920, Monsieur Emile Shrodi reprend la maison et en fait une winstub. La famille l’animera jusqu’en 2006 date à laquelle la famille de Valmigère reprend ce lieu chargé d’histoire pour y perpétuer la tradition (commentaire historique du restaurant sur son site).
Admirez l’opposition du mur crépi et des encadrements en grès des fenêtres, ainsi que les pans de bois au niveau du grenier.

 

Ancienne Grande Boucherie vue depuis le quai des Bateliers
15 – Ancienne Grande Boucherie
2, rue du Vieux-Marché-aux-Poissons

Dès la fin du XIIIe siècle, tout le quartier est parsemé de petits étals de bouchers. Ces commerces, vétustes et insalubres, représentent une véritable menace pour la santé publique. Aussi la décision fut-elle prise au XVIe siècle de remplacer les constructions médiévales par un seul bâtiment qui concentrera l’ensemble des activités d’abattage et d’équarissage en un même lieu.
La construction débuta en 1587 pour s’achever en 1588.
Il est admis que l’architecte en chef de la Ville, Hans Schoch (créteur du « Neu Bau », l’actuelle Chambre de Commerce place Gutenberg) donna les plans de la Boucherie qu’exécutèrent le « Stadtwerkmeister » Jacques Kestler et le maître charpentier Paul Maurer.
Les structures intérieures sont entièrement réalisées en bois sur 3 étages : l’abattage des bêtes et la vente de la viande se tenaient au rez-de-chaussée tandis que les étages abritaient les entrepôts.
Ancienne Grande Boucherie vue depuis la place du Marché-aux-Cochons-de-Lait
Ce bâtiment exceptionnel est l’un des édifices utilitaires les mieux conservés de son époque. L’achèvement de nouveaux abattoirs en 1859, rue Sainte-Marguerite amène la désaffectation de la Grande Boucherie. Le bâtiment abrite alors les étals de marchands de quatre saisons. Entre 1873 et 1886, le 1er étage de la grande boucherie a servi de bibliothèque,lors de la reconstitution de la bibliothèque suite à l’incendie de la bibliothèque du Temple-Neuf en 1870. A noter qu’en dessous les étals de marchands continuaient à fonctionner.
Ancienne Grande Boucherie vue depuis la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons
En 1887, l’empereur Guillaume II y inaugure le Musée des arts décoratifs et industriels devenu «Hohenlohe-Museum» en 1897. Puis, en 1919, le succès de l’exposition « Strasbourg historique » décide la municipalité à y fonder le Musée Historique.
Celui-ci sera fermé en 1987 et de gros travaux de rénovation vont permettre la réouverture en juin 2007. La réhabilitation du musée a connu de nombreux problèmes dont celui des fondations de l’édifice du XVIe siècle qui était construit sur pilotis.En 1995 des sondages effectués dans les fondations du bâtiment révèlent d’important tassement qui nécessite des travaux important.De 1998 à 2001. La mise en place des micropieux destinés à décharger les vieux pilotis en chêne dans le sol,il s’agit d’enfoncer quelques 200 pieux métalliques et injecter autour un coulis spécial pour protéger l’armature et rigidifier le terrain,des longrines en béton enserrant la maçonnerie existante et solidarisant l’ensemble.En 2001 les travaux de consolidation sont terminés.Le chantier va entrer dans une nouvelle phase,la restauration de l’enveloppe de l’édifice.En 2002 les travaux de restauration du bâtiment démarrent à l’automne.En 2004 (été)Les travaux de restauration sont terminés.La procédure pour les aménagements intérieurs,puis muséographies,est lancée.(D.N.A. du 29/11/2006)

 

Cour du Corbeau : les galeries
16 – Ancien hôtel du Corbeau
1, quai des bateliers

Il faut pénétrer dans la cour de cette magnifique demeure, abritée derrière une lourde porte en bois, pour découvrir un ensemble exceptionnel d’architecture en bois. Admirez les galeries, la tourelle d’escalier, l’oriel.

Cour du Corbeau : les pans de bois, la tourelle d'escalier

 

 

 

 

Un hôtel, appelé « Hôtellerie du Corbeau » s’était établi en ce lieu dès sa construction en 1528, et l’activité perdurera jusqu’en 1854. L’endroit a vu défiler de grands noms de l’époque, tels le maréchal de Turenne en 1647, le futur Frédéreic-le-Grand en 1740, le futur Joseph II d’Autriche en 1777, J.J Rousseau et A.Dumas, pour n’en citer que quelques-uns.

Cour du Corbeau - détails

Cour du Corbeau : l'oriel Longtemps délabrée et inoccupée, la maison a retrouvé, depuis le 1er mai 2009, sa fonction initiale : elle abrite désormais un hôtel-restaurant de luxe.

Cour du Corbeau : le puits

Le puits mural porte la date de 1560: il permettait l’approvisionnement en eau de toute l’auberge !

Cour du Corbeau : porte à l'entrée

Remarquez aussi la belle porte donnant sur la cour, à l’entrée.

 

Maison dite "Au Sanglier"
17 – Maison dite « Au Sanglier »
24, quai Saint-Nicolas

Construite en 1528, elle présente une magnifique sculpture sur le linteau de la porte.

Maison "au sanglier" : détail de l'oriel
L’oriel a été rajouté en 1600, avec une console typiquement Renaissance : regardez de plus près la base de l’oriel, avec son masque et ses entrelacs.
Cette maison fait partie intégrante du Musée Alsacien de puis les années 1970.

 

Musée Alsacien

 

18 – Musée Alsacien
23, quai Saint-Nicolas

L’immeuble et son oriel datent de 1603.
Le nombre d’étages de lucarnes rampantes est impressionnant : on stockait probablement les grains dans ces 4 étages, la cave étant quasiment au niveau de la nappe phréatique.
La maison abrita pendant un siècle et demi la maison de commerce en vins Eschenauer, avant que la famille ne quitte l’Alsace après 1870 pour s’établir à Bordeaux.
La maison a été rachetée en 1904 par la Société des Amis du Musée Alsacien. Le Musée Alsacien a été fondé par Pierre Bucher et Léon Dollinger. Il a été le premier du genre avec le musée provençal que Frédéric Mistral avait fondé vers la même époque. Après 1915, la plupart des responsables du Musée ont quitté Strasbourg : la Ville le rachètera en 1919.

 

ancienne maison Dietrich19 – Ancienne maison Dietrich
20, quai Saint-Nicolas

 

Le rez-de-chaussée, avec son portail, date du 16e siècle. Les pans de bois et l’oriel richement ornés datent de 1673.
En 1609, la maison devient la propriété de Sontag Dietrich (Dominique Didier de son nom lorrain et français) : il est l’ancêtre de Philippe Frederic de Dietrich, maire de Strasbourg en 1792, et fondateur de la célèbre famille d’industriels.
Le bâtiment appartien à la ville de Strasbourg. Il est à l’abandon depuis une vingtaine d’années.

ancienne maison Dietrich - détail de l'oriel

 

Maison d'artisan-tailleur

 

20 – Maison d’artisan-tailleur
16, quai Saint-Nicolas

Cette maison est représentative de la Renaissance alsacienne : les encadrements de fenêtres et les allèges (sous les fenêtres) sont magnifiquement sculptés et décorés selon les goûts de l’époque.
Voyez au premier étage l’écu portant la date de 1575 et des ciseaux, emblème d’un tailleur : le tailleur Veit Hoch y demeure à cette époque.
Un certain Sébastien Tuchmann en sera le propriétaire en 1587, alors que la maison est toujours habitée par un tailleur, Sébastien Hoch.

Maison d'artisan-tailleur : détails fenêtres et porte

Maison d'artisan-tailleur - détail des fenêtres Maison d'artisan-tailleur - le portail

Le portail a été rajouté en 1604, toujours avec les armoiries d’un tailleur.

 

Maison bourgeoise au 13 quai Saint-Nicolas

 

21 – Maison bourgeoise
13, quai Saint-Nicolas

Ceci est un bel exemple d’immeuble du 14e-15e siècle (pignons à créneaux), remanié au goût du jour aux 16e et 17e siècles.
Cette maison appartenait en 1587 au sellier Hans Küss (il habitait au n°14) qui la loue à l’horloger Jeremias Meyer. A cette époque, les fenêtres des 3 étages seront agrandies.
Un probable descendant de Küss (initiales VJK) modernise les lieus en 1660, ajoutant l’oriel de style Renaissance très tardive.

 

Ancienne maison "Lauth"22 – Maison « Lauth »
1-3, rue de la Douane

C’est Leonhard Kaw, originaire d’Eupen en Belgique, réfugié huguenot à Strasbourg et marchand de vin fortuné, qui acquiert en 1585 le bâtiùent situé à cet emplacement. Il le fera démolir et reconstruire l’année suivante, avec ce riche décor de pignons à volutes et obélisques, ainsi que les deux oriels polygonaux.
Remarquez les initiales du commanditaire (L.K) entre les deux arcades du premier niveau.
Elle fut ensuite la propriété du maire Lauth, destitué par les Allemands en 1873.
Maison Lauth côté rue de la Division Leclerc

Côté rue de la Division Leclerc on trouve une superbe porte cochère d’époque renaissance. La ressemblance est frappante avec celle située actuellement sur le rempart médiéval de la place Sainte Madeleine, les motifs décoratifs sont les mêmes (voir Strasbourg Médiéval – 17)

 

Maison dite "à l'Ange" au 17 rue des serruriers23 – Maison dite « à l’Ange »
17, rue des Serruriers

Cette maison, construite en 1606, présente un oriel d’angle monumental à trois étages, où l’on trouve des motifs antiquisants (oves) et naturlistes (rinceaux à feuillages)
A la Révolution, le bâtiment abrite la librairie académique de Frédéric-Rodolphe Saltzmann, rédacteur du « Strassburgische Zeitung », de la « Gazette de Strasbourg », du « Strassburger Welbote » ; ce dernier prendra le nom de « Courrier du Bas-Rhin » en 1803.

Maison dite "A l'ange" : date à découvrir
La porte principale située au n°2 de la rue de la Chaîne porte la date de 1607 gravée sur un insert en bois.

 

Ancien hôtel de Rathsamhausen

24 – Ancien hôtel de Rathsamhausen
9, rue des Dentelles

 

L’hôtel Rathsamhausen renferme une cour méconnue, dont l’accès est pratiquement toujours ouvert, car elle accueille un restaurant. Vous admirerez les tourelles d’angle qui accueillent un superbe escalier à vis typique de la Renaissance, ainsi que les arcades sur colonnes toscanes.

Ancien hôtel de Rathsamhausen - date inscrite dans la pierre

Ancien hôtel de Rathsamhausen - détail Le porche à l’entrée, vu depuis la cour, la date de 1587 gravée dans la pierre ; date que vous retrouverez aussi sur le chapiteau de la colonne élevée dans la cour

 

Ancienne maison du tanneur Hans Schenk25 – Ancienne maison du tanneur Hans Schenk
10, rue des Dentelles

Cette maison à colombages sculptés en colonettes aux fenêtres, frises d’oves et consoles à feuilles d’acanthes, fut reconstruite en 1575 pour le tanneur Hans Schenk.
Ancienne maison du tanneur Hans Schenk : ses initiales et le symbole de la corporation
On retrouve cette date sur la façade, avec les initiales H.S du propriétaire, associées au symbole des tanneurs (deux grattoirs croisés).

 

La Maison dite "des Tanneurs"26 – Maison dite des « Tanneurs »
42, rue du Bain-aux-Plantes

La Maison des Tanneurs (« Gerwerstub ») construite en 1572 est une ancienne tannerie.
Avec leurs hautes toitures pourvues de greniers béants, les maisons des tanneurs se reconnaissent aisément. En effet, les membres de la corporation aux « deux grattoirs croisés » s’approvisionnaient à la Grande Boucherie (cf n°15), lavaient et grattaient méticuleusement les peaux dans l’eau de la rivière, avant de les faire sécher dans ces greniers dont les galeries, les longues lucarnes traînantes ou rampantes laissaient passer l’air.

Ce magnifique immeuble à colombages qui comprend une maison à encorbellement sur la rue, doublée d’une façade avec galerie sur l’Ill, avec ouvertures en plein ceintre surbaissé au 1er étage, a pourtant failli être rasé en 1913, suite à une décision municipale, en raison de la vétusté de la maison.
La catastrophe a pu être évitée grâce à l’intervention d’un groupe de défenseurs du patrimoine strasbourgeois. Elle a été transformée en restaurant en 1949.

 

Ancienne maison du tanneur Henri Haderer27 – Ancienne maison du tanneur Henri Haderer
27, rue du Bain-aux-Plantes

Cette maison appartenait au tanneur Henri Haderer : elle présente un encorbellement en bois supportant deux étages d’habitation.
Ancienne maison du tanneur Henri Haderer : date à découvrir
Ancienne maison du tanneur Henri Haderer - détailRemarquez, à gauche, sous une console en bois qui maintient l’encorbellement, la date de 1591 inscrite sur une pierre.
Sur le cintre de le porte d’entrée on peut déchiffrer le millésime 1663, accompagnant les initiales « A.G ».
Un vaste grenier à deux niveaux occupe le reste de la batisse.

 

Ancienne maison de tanneurs28 – Ancienne maison de tanneur
40, rue du Bain-aux-Plantes

Cette ancienne maison de tanneurs se situe à l’angle de la rue du Bain-aux-Plantes et de la rue des Moulins. Construite en 1566, elle sera restaurée en 1742.
Il faut, pour voir la date de restauration, vous placer sur le petit pont qui enjambe l’Ill

Ancienne maison de tanneur : date de restauration
Ancienne maison de tanneur : date de restauration, face à l'Ill

 

 

Le bâtiment sera une nouvelle fois rénové en 1966, lorsqu’il deviendra propriété de la fondation Goethe.
La maison sera ensuite transformée de fond en comble en 2008, pour y créer 8 appartements (DNA du 14.03.2008)

 

Maison dite du "Lohkäs"29 – Maison dite du « Lohkäs »
25, rue du Bain-aux-Plantes

Un corroyeur (Rothgerber) Heinrich Haderer habitait la maison en 1587, date probable de sa construction.
Dans le « Patrimoine des communes du Bas-Rhin », deux termes sont employés à propos de cette maison :
– corroyeur (Rothgerber) : celui qui prépare, apprête, assouplit le cuir après le tannage
– mégissier (Weissgerber) : celui-ci préparait les peaux délicates et fines pour les industtries du vêtement, de la ganterie, de la chaussures, des sacs (à poudre ou à tabac)
source : Jocelyne Boes
Lohkäs : détail insolite
Remarquez, au-dessus de la fenêtre cintrée du rez-de-chaussée, l’écu millésimé 1676 : le bas-relief représente deux hommes en train de cercler un tonneau. La maison devait donc abriter un tonnelier en ce temps, ce qui est étonnant dans ce quartier de tanneurs!

Origine du nom 'Lohkäs' - L'étoile des brasseurs

Le nom du restaurant fait référence à une pratique oubliée depuis longtemps. Il est dérivé du mot « loh » qui veut dire « tan » : jadis, pour traiter les peaux, les tanneyrs utilisaient des fragments d’écorce de chêne dont les résidus étaient pressés dans des moules de bois ; ce travail incombait aux « Lohkästreppler », bien souvent des enfants, qui pressaient piefs nus ces grumeaux d’écorce. Les briquettes ainsi obtenues servaient de combustible aux habitants modestes du quartier. (source : « Strasbourg secret ») le Lohkäs et l'étoile des brasseurs Remarquez l’enseigne dont la potence en fer forgé se termine par une tête d’aigle. Au bec de l’animal est suspendue une étoile, inscrite dans un cercle, qui est celle des brasseurs. Ses six branches décrivent les trois éléments (eau, air et feu) et les trois stades (germination, saccharisation et fermentation) nécessaires à la fabrication de la bière. Lohkäs : l'étoile des brasseurs

 

Maison "Zum Freischütz"30 – Maison dite « Au Chasseur Magique » (Zum Freischütz)
4, Grand Rue

 

 

Cet immeuble, qui date du XVIIe siècle, présente des étages à pan de bois.
Une antique auberge, détruite par un incendie en 1673, était installée là sous l’enseigne du « Lion Rouge »; elle subsistera jusqu’à la Révolution.
Elle fut reconvertie en café puis, vers 1826, par une brasserie à l’enseigne « Au Chasseur Magique » (zum Freischütz) : ce nom a été choisi en souvenir de l’opéra éponyme de Carl-Maria von Weber créé en 1821.
La brasserie fermera en 1974 et, en 1975 commenceront les travaux de restauration, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

 

maison dite "Zum Glückesrade"31 – Maison dite « A la Roue de la Fortune » (Zum Glückesrade)
6, Grand Rue

 

 

La maison a été construite en 1614 (millésime sur la maison) : elle présente des pans de bois selon un agencement classique de la Renaissance.
On raconte qu’en 1427, celui qui occupait les lieux s’était spécialisé dans la vente de harengs et de pommes : au Moyen-Age, la multiplicité des jours maigres, l’observance très étroite du Carême, et la modicité des fortunes, avaient fait du hareng un objet d’alimentation d’une extrême importance (source : Lohner Jean-Daniel sur archi-strasbourg.org)

 

Maison d'artisan - 8 Grand Rue32 – Maison d’artisan
8, Grand Rue

La maison date de 1672.

Admirez son décor sculpté à rinceaux aplatis et boursouflés avec masques servant de consoles (maniérisme du XVIIe siècle)

maison d'artisan - détail

 

Anciennement Maison Böck puis Hatt

 

33 – Anciennement Maison Böck puis Hatt
88, Grand Rue

 

Cette maison est un exemple de transition entre la Renaissance finissante (disposition des pans de bois) et le style Louis XIV (décor de la console et du lion d’angle).
A cet emplacement se trouvait, en 1500, un immeuble qui appartenait au chevalier Jean Böck d’Erlenbourg. Elle fut achetée en 1608 par Jérôme II Hatt.
En 1851, il abrita la pharmacie de l’Aigle.

 

Maison bourgeoise34 – Maison bourgeoise
101, Grand Rue

Cette magnifique maison à pignon renaissance et dont la façade est ornée d’un vaste oriel, s’élève à l’emplacement d’une ancienne demeure noble appartenant à la famille des Baumann (1398), puis des Hüffel (1467). Au XVI° siècle, elle se nommait « Zum Roessel » et a successivement appartenu à des négociants. Plus tard, elle fut également la demeure de Pierre Storck, quatre fois Ammeister entre 1608 et 1627 et surtout celle de François Reisseissen, six fois Ammeister entre 1677 et 1707.
Au siècle dernier, le rez-de-chaussée abrita le cinéma Eldorado en 1911, puis le cinéma Ariel en 1972 qui ferma ses portes en 1988.
(Source : Joël Durand sur archi-strasbourg.com)
Sous l’oriel se trouve cette inscription « Dieses Haus wurde im Jahre 1398 gebaut » « Cette maison a été construite en 1398 ». En réalité, il s’agit de la première mention d’une demeure au même emplacement.(source: Romary Fabien sur archi-strasbourg.com)

 

Ancien hôtel Zorn de Bulach35 – Ancien hôtel patricien
120, Grand Rue

Construit en 1540, ce bel immeuble présente un oriel couvert d’une toiture.
Cette demeure a appartenu à l’Ammeister Daniel Müeg. Elle changea maintes fois de propriétaires. François-Materne-Louis Zorn de Bulach va l’acquérir en 1786 et la fera magnifiquement restaurer.
Il faut venir en journée (et en semaine) afin de pouvoir pénétrer dans la cour intérieure, un vrai havre de paix dans cette rue si fréquentée.
Vous pourrez y admirer des portes de style gothique tardif, un escalier à vis, de nombreuses baies renaissance et une porte moulurée datée de 1540 à l’entrée d’une belle tourelle d’angle.

120 Grand Rue - Beauté de la cour intérieure

Ancien hôtel Zorn de Bulach - cour intérieure Ancien hôtel Zorn de Bulach - porte de 1540

 

ancien "poêle" des boulangers36 – Ancien « poêle » des boulangers puis pharmacie
22, rue des Serruriers

La maison date de 1546, tandis que l’oriel à l’angle de la rue date de 1589.
Qu’appelait-on « poêle » à l’époque ? C’était le local dans lequel les membres d’une corporation se réunissaient. Ce local était généralement chauffé par un poêle, c’est pourquoi, par analogie, il a pris le nom de poêle. Et donc, cette maison était le lieu où se réunissaient les membres de la corporation des boulangers.
Plus tard, c’est une pharmacie qui s’installera ici.
Il s’agit là d’un spécimen d’immeuble Renaissance ayant conservé ses arcatures en plein ceintre au rez-de-chaussée (commerces) et des fenêtres à meneau central.

 

cour intérieure au 7, rue de l'Epine
37 – Ancien hôtel patricien
3, rue de l’Epine

Au XIII° siècle la maison était la propriété de la vieille famille noble des Winterthur et ne faisait qu’un avec le n°5 qui lui était accolé par un mur crénelé. Ornée autrefois d’un oriel en bois, elle est dotée d’une remarquable porte cochère en bois sculpté : admirez le décor à volutes aplaties et boursouflées, à masques grimaçants inspirés par des modèles italiens.

Portail au 3, rue de l'Epine

 

 

Dans la cour, est inscrite l’année 1664, au-dessus d’une porte.
Le bâtiment actuel a été remanié au XVIII° siècle (source : Joël Durand sur archi-strasbourg.com)

 

maison dite "Au Pigeon"38 – Maison dite « Au Pigeon »
23, rue des Tonneliers

Maison médiévale « Zur Duben » (au pigeon). C’est un tonnelier qui aurait installé une brasserie à cette enseigne vers 1530,elle est toujours en activité depuis ce temps ! (source Lohner Jean-Daniel sur archi-strasbourg.org). Reconstruite vers 1580-1585, elle présente des colombages au décor sophistiqué.

maison dite "Au Pigeon" : détail 1er étage
Les 4 bas-reliefs qui forment allège au 1er étage auraient été ajoutés lors de la reconstruction. Des recueils d’ornements maniéristes diffusés en Allemagne et à Strasbourg semblent avoir servi de modèles. Sur fond de rinceaux et de volutes, des pigeons sont entourés d’angelots, de draperies, feuillages, fruits et de masques humains et d’animaux.
Source: « Le patrimoine des communes du Bas Rhin  »

 

Neu Bau - La Chambre de Commerce39 – Chambre de Commerce (Neu Bau)
10, place Gutenberg

Le Neu Bau a été édifié de 1582 à 1585 sous la direction de Hans Schoch, l’architecte de la Ville, et de Paul Maurer, maître-charpentier.
Destiné à fermer la place à l’ouest, il permettra de loger les Conseils de la Ville Libre et son administration jusqu’en 1789.
Le Neu Bau accueillait à l’origine des commerces au rez-de-chaussée, en faisant une véritable galerie commerciale.
Il sera mis à sac pendant la Révolution : seule la façade réchappera au massacre ! Si bien qu’il fut un temps question de raser l’édifice; c’est Napoléon III qui le sauvera en créant 22 chambres de commerce (CCI) en France, dont une à Strasbourg.
Le bâtiment est toujours occupé par la CCI du Bas-Rhin qui l’a acheté et rénové en 1802.
L’originalité de ce bâtiment réside dans son architecture classique de la Renaissance qui tranchait avec l’architecture locale à colombages (qui subsistera jusqu’au 17e siècle). C’est l’un des premiers édifices civils de Strasbourg à être construit en pierres : seules les églises, la cathédrale et la maison de l’Oeuvre Notre-Dame étaient en pierre.
C’est aussi le premier bâtiment en Alsace où l’on voit la superposition de trois ordres antiques : toscan, ionique et corinthien.
Au-dessus de chaque chapiteau de colonne, on trouve des têtes d’hommes reprenant chacune des professions des corporations, rappelant ainsi l’origine commerciale de l’édifice
(Source : Romary Fabien, sur archi-strasbourg.com)

Neu Bau - Rénovation 2005 et remarques sur le toit

Surmonté de trois étages de combles, le superbe bâtiment du Neu Bau est coiffé de l’un des plus beaux toits de la Ville, remarquable par sa couverture de tuiles plates et rondes traditionnelles, appelées « Bieberschwantz » (« queue de castor »), et ses multiples chiens-assis surmontés de pignons à volutes caractéristiques de la Renaissance. Ce toit, ainsi que la façade ont été rénovés en 2005.

Neu Bau - détail du toitA cette occasion, une frise dont le motif a été « inventé » a été ajouté sous les allèges des fenêtres, le motif d’origine n’ayant pas été retrouvé. Neu Bau : frise au motif "inventé" sous les allèges des fenêtres Ces toits très hauts servaient autrefois à stocker de grandes quantités de vivres et de céréales que l’on ne pouvait placer dans les caves en terre battue, trop humides à cause de la nappe phréatique. Pendant des siècles, les lucarnes présentes à chaque étage n’avaient pas de fermeture. Ainsi, un courant d’air circulait en touotes saisons, permettant une excellente conservation de ces réserves précieuses, indispensables à la Ville Libre dont la population devait pouvoir subsister an cas de guerre, de famine ou d’épidémie. Source : « Strasbourg secret »

 

Maison natale de Jean Hans Arp40 – Maison bourgeoise
52, rue du Vieux-Marché-aux-Poissons

 

Cette maison présente une ordonnance symétrique autour d’un magnifique oriel central. Voyez aussi le fronton à rampants courbe au niveau du toit.
C’est dans cette maison qu’est né en 1886 Jean Hans Arp, poète, sculpteur et peintre, et y est resté jusqu’à ses 24 ans. Une plaque apposée sur l’oriel central, rappelle cet événement aux passants.

 

Jean Hans Arp

Maison natale de Jean Hans Arp - plaque commémorative « Jean Arp est né le 16 septembre 1886, à Strasbourg, d’une mère alsacienne et d’un père allemand dans une Alsace annexée par la Prusse, à la suite de la guerre de1870. Hans deviendra Jean après la Première Guerre mondiale, dans une Alsace redevenue française. Arp a cependant revendiqué ce double prénom bilingue,un clin d’œil dadaïste certes, mais aussi une juxtaposition sans nécessaire trait d’union de la culture germanique et de la culture latine. Jusqu’à 24 ans, Hans-Jean Arp a vécu au numéro 52 de la rue du Vieux marché aux poissons, où un diablotin effronté tire la langue aux passants. Sept ans plus tard,la famille Arp franchit le pont du Corbeau pour s’installer 5 rue des Bouchers, jusqu’en 1907. Puis, il y aura les années suisses et parisiennes,les périodes dada et surréalistes, avant le grand séjour à Strasbourg entre 1926 et 1929.

À l’origine de ce retour, une commande des frères Horn qui souhaitent faire de l’intérieur de l’Aubette un vaste complexe de loisirs comme il n’en existe nulle part ailleurs : à la fois ciné-bal, salon de thé, salle de fête, salle de billard… Arp se met à l’ouvrage en compagnie de sa femme Sophie Taeuber et de Théo Van Doesburg.
Sur quatre étages, les trois artistes ont imaginé des décors révolutionnaires. L’art moderne quitte la sphère des musées pour investir un lieu de vie. Inauguré le 17 février 1928, leur chef d’œuvre, que certains n’ont pas hésité à nommer « la Chapelle Sixtine de l’art contemporain », ne survivra pas à la dernière guerre, mais sa récente reconstitution par les soins de la Ville de Strasbourg, avec notamment un escalier signé Hans Arp, permet d’en apprécier l’audace. »

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Maison dite "Au Coin d'Or"41 – Maison dite « Au Coin d’Or » et autre maison bourgeoise
2 et 4, rue Mercière

Située à l’angle de la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons, le n°2 constitue un ensemble à trois façades. Construite en pans de bois richement sculptés, elle est datée de 1616 et 1669. A l’instar de sa voisine du numéro 4, elle accueille depuis des siècles un magasin de vente qui jadis était scindé en petits réduits appelés « Gaden » ou « Kromgaden ». (Source Seyboth)

 

4 rue Mercière - détail du premier étage
« Des fenêtres à meneau occupent toute la largeur des deux étages inférieurs et concentrent l’essentiel de l’ornement ; on remarque surtout le vase à fleurs (Maïkrug) sculpté ornant le montant séparatif des baies du premier étage ; sur la console correspondante, un ange présente un cartouche avec marque de propriétaire ; d’autres consoles prennent appui sur de petites têtes ou des masques léonins » (source : Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace , éd. La Nuée Bleue)

Détail du décor du N°2

2 rue Mercière - détail 2 rue Mercière - détail

« La maison Kammerzell a fait école: certains poutrages, les consoles sous les appuis des fenêtres portent des personnages ou simplement des têtes humaines; les encadrements des fenêtres, les meneaux ont un décor dont les motifs viennent en ligne droite de recueils d’ornements publiés dans la deuxième moitié du 16è s. à l’usage des artisans-menuisiers.  » source : Connaître Strasbourg

 

Maison bourgeoise 10 rue Mercière42 – Maison bourgeoise
10, rue Mercière

Superbe maison dont le rez-de-chaussée est encore de style gothique : voyez les arcades et le décor du portail d’entrée.

10, rue Mercière - porte d'entrée gothique

L’oriel a été ajouté à la renaissance. Au dessus de l’oriel on trouve un balcon avec une balustrade de style gothique qui proviendrait de la Cathédrale. Ce style de balcon au dessus d’un oriel est aussi appelé ‘balcon à l’allemande’. Il aurait été ajouté au XVIIIème ou XIXème siècle (source: visite du Strasbourg insolite avec Isabelle Kapp, historienne de l’art).


Une partie de la balustrade a été scrupuleusement reproduite par un tailleur de pierres au cours de la rénovation de 2009 : cette opération est rare sur un immeuble privé, et c’est à souligner. Mais … la pièce reproduite a été montée à l’envers !

 

5, Fossé-des-Tailleurs, superbe oriel43 – Oriel de 1602
5, rue du Fossé-des-tailleurs

Cet oriel, de 1602, ornait la maison située au N°3. Mais la vieille demeure a été anéantie lors des bombardements de 1944 : seul le magnifique oriel sculpté en bois, d’une qualité comparable à la maison Kammerzell,a survécu au désastre. Un nouvel immeuble a été construit en 1954 et l’oriel au riche décor antiquisant a retrouvé une nouvelle vie.

5, Fossé-des-Tailleurs, superbe oriel - détail5, Fossé-des-Tailleurs, superbe oriel - détail

 

5, rue des Hallebardes44 – Maison Bourgeoise
5, rue des Hallebardes

Cette maison, construite en 1654, est remarquable de par son oriel polygonal.

5, rue des Hallebardes : cartouche de l'oriel

 

Le cartouche central, sur l’oriel, aligne douze initiales (BNVMGH – IHKEWK) que l’on peut lire ainsi : »Bau Nur Vest Mit Gottes Hand » « Construit avec l’aide du seigneur » « Im Haus Kein Elend Werden Kannt » « la maison ne connaitra nul malheur » (Seyboth)

5 - 7, rue des Hallebardes : figure de lansquenet

 

 

La figure de lansquenet appartient-il au N°5 ou au N°7 ? En tout cas, il date du XVIIe siècle alors que l’immeuble situé au N°7 date du milieu de XVIIIe siècle !

 

Ancienne Pharmacie du Cerf

 

45 – Ancienne Pharmacie du Cerf
10, place de la Cathédrale

 

 

Nous avons commencé le circuit « Strasbourg médiéval » par ce bâtiment pour son rez-de-chaussée médiéval. Nous terminons le circuit « Strasbourg et la Renaissance » par ce même bâtiment, cette fois pour les étages à pans de bois qui furent achevés en 1567.

Le Buchmesser

Ancienne Pharmacie du Cerf - le pilier de la minceur La tradition populaire donne ce pilier, connu sous le nom de Buchmesser (mesure de la bedaine), comme gabarit pour mesurer l’embonpoint des membres du conseil de la ville. Ancienne Pharmacie du Cerf - le haut du pilier de la minceurA l’angle de la maison se trouve un pilier en grès datant de 1567 sur lequel repose l’encorbellement.

 

L’encorbellement repose sur deux piliers mais le nom s’est fixé sur le plus visible et l’on parle du pilier de la minceur, de la mesure de l’embonpoint ou « mesure de la bedaine »… BOES Jocelyne (archi-strasbourg.org) nous apprend, via l’ouvrage « Le Patrimoine des Communes du Bas Rhin », qu’après la prestation de serment du Schwoertag, les membres du Conseil passaient autrefois dans l’ensemble des poêles de corporations, et toute la journée ils ne faisaient que boire et manger; le soir, ils devaient ensuite revenir sur la place de la Cathédrale et passer entre ces deux colonnes pour voir s’ils n’étaient pas trop bedonnants !

 

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