Strasbourg au XVIIIe siècle

Strasbourg XVIIIe - Palais Rohan

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Par le traité de Westphalie signé en 1648, Louis XVI annexa les possessions des Habsbourg en Alsace. Par diverses manœuvres, il réussit à rattacher progressivement le reste de l’Alsace à la France. En 1679, toutes les villes de la Décapole sont intégrées à la France et celle-ci cesse d’exister.
Restait Strasbourg, ville grande et riche, maîtresse du Rhin par le pont qu’elle avait sur ce fleuve. La ville libre du Saint-Empire romain germanique sera prise par la force le 30 septembre 1681. En signant sa capitulation, Strasbourg reconnait la suzeraineté du roi de France en échange du maintien de ses institutions, de son économie, et du libre exercice de la foi protestante. Elle accepte une garnison royale et restitue la cathédrale aux catholiques

Le nouvel essor que prit au XVIIIe siècle l’ancienne ville impériale ne commença pas immédiatement après son rattachement à la France. La tradition germanique était fortement ancrée au niveau de la population. Mais l’influence française devint de plus en plus manifeste grâce aux nouveaux arrivants qui s’installèrent (la ville passe de 22 000 à 26 500 habitants), amenant avec eux le « bon goût » émanant de la Cour de Versailles. Les grands hôtels qui s’élevèrent dans la première moitié du XVIIIe siècle furent ceux des militaires, des hauts fonctionnaires civils, des dignitaires ecclésiastiques.
Quand, en 1704, un prince de la famille Rohan devient évêque de la ville, la diffusion de l’esprit français s’accélèrera. La famille conservera le pouvoir épiscopal jusqu’en 1790 et fera construire le fameux palais Rohan par lequel nous débuterons cette visite.
Avant même d’être achevé, le palais servit de modèle aux architectes locaux pour la construction ou la remise au goût du jour des hôtels aristocratiques et bourgeois de la ville, créant progressivement un style rococo strasbourgeois.
Plus de la moitié du patrimoine architectural de la vieille ville reste témoin de cette période, durant laquelle Strasbourg est une ville prospère et rayonnante.

Strasbourg XVIIIe siècle : panneau de marquage du circuit
Voilà le panneau de marquage que nous allons suivre tout au long de notre balade.

Difficulté: Durée 2h30 environ

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Départ place de la Cathédrale, devant l’Office du tourisme, où vous pouvez vous procurer le livret « Balades Strasbourgeoises » d’où est tiré ce circuit.

 

Strasbourg XVIIIe : le Palais Rohan 1 – Le Palais Rohan
2, place du Chateau

Lieu de résidence des quatre cardinaux de Rohan, hôtel de ville, puis palais impérial et royal, le palais Rohan est un remarquable témoignage de l’art de vivre princier au XVIIIe siècle.
De nos jours, il abrite plusieurs musées : le musée archéologique au sous-sol, le musée des Arts décoratifs au rez-de-chaussée et le musée des Beaux-Arts au premier étage.

Depuis la Réforme aucun évêque catholique ne séjournait plus à Strasbourg, et l’hôtel épiscopal s’était dégradé au point de devenir inhabitable. Aussi, lorsque l’évêque catholique prend possession de la cathédrale en 1681, il n’a d’autre choix que de s’installer dans un vieil hôtel.

Cette situation ne pouvait convenir à Armand-Gaston-Maximilien de Rohan-Soubise, prince-évêque de Strasbourg depuis 1704, et en tant que tel landgrave de Basse-Alsace et prince du Saint-Empire, cardinal depuis 1712, grand aumônier de France en 1713, grand commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit.
En 1727, il décide de faire construire un palais digne de son rang. Pour cela l’ancien palais épiscopal est rasé et l’évêque se rend successivement acquéreur de plusieurs vieilles demeures alentour ; il fait même déplacer à ses frais le pont Sainte-Madeleine plus en aval.
Le plan établi par Robert de Cotte, architecte du Roi, est celui des grands hôtels parisiens de l’époque, disposés entre cour et jardin. Les façades principales sont revêtues d’un parement en grès jaune de Wasselonne, qui devait rappeler le calcaire parisien ; elles contrastent avec le grès rose (moins cher) des parties secondaires.
La construction du palais, sous la direction de Joseph Massol, architecte de l’Evêché, s’échelonna de 1732 à 1742.

Strasbourg XVIIIe : le Palais Rohan
La façade d’entrée, donnant sur la place du château et la cathédrale, est percée en son milieu d’un grand portail d’honneur, traité comme un arc de triomphe. Il est doté de deux vantaux en chêne dont les impostes sont sculptées de deux allégories représentant à gauche, la Sagesse et à droite, la Piété.
Situées de part et d’autre du portail, nous reconnaissons la Foi (vertu théologale, qualité du prêtre) dotée d’une croix avec à ses pieds un ange tenant les Saintes Ecritures, et la Clémence (vertu cardinale, qualité di prince), classiquement représentée assise sur un lion,.
Cette façade est celle qui, par son décor, fait le plus explicitement allusion à la fonction de résidence épiscopale ; elle est aussi le seul élément baroquisant du palais.

Strasbourg XVIIIe : le Palais Rohan
 
En entrant dans la cour, on se rend compte que l’entrée d’honneur se situe dans l’aile est et non pas dans le corps de logis principal. Pour en comprendre la raison, il faut savoir que, contrairement à l’usage, l’étage noble était situé au rez-de-chaussée en raison de la déclivité du terrain (vous remarquerez sur les photos qu’il y a 3 étages du côté de l’Ill et seulement 2 étages du côté de la cathédrale). De ce fait, afin de ne pas interrompre l’enfilade des petits appartements occupés par le prince-évêque, l’architecte a opté pour cette solution.
Observez aussi le fronton armorié : il porte sur ses rampants deux statues de Robert Le Lorrain : La Force et La Prudence.
Les clés de cintre des fenêtres du rez-de-chaussée sont ornées de têtes sculptées, du même artiste, alternant les quatre tempéraments de l’Homme et les quatre parties du Monde

Strasbourg XVIIIe - Palais Rohan

 

La façade sur l’Ill est celle d’un palais, et ne laisse pas soupçonner la charge ecclésiastique de son illustre occupant.

De ce côté, le bâtiment comporte trois étages : le rez-de-chaussée fait office de soubassement, et l’étage noble se situe au premier étage, comme il se doit. Le second étage était réservé aux appartements des personnes de la suite du cardinal.
A gauche, quand vous tournez le dos à l’Ill, remarquez un corps de bâtiment plus bas d’un étage : il correspond à l’aile de la bibliothèque que prolonge la chapelle.

La terrasse remplace ici le jardin qu’il n’a pas été possible de créer, par manque de place. Elle est fermée par deux portails à l’est et à l’ouest ce qui empêchait les habitants de circuler devant le château. Aujourd’hui, ces portails sont ouverts au public.

 

Strasbourg XVIIIe : Ancien collège des Jésuites2 – L’ancien collège des Jésuites, aujourd’hui Lycée Fustel de Coulanges
1, place du Chateau
Après l’annexion de la ville au royaume de France, Strasbourg est contrainte d’accueillir les catholiques et notamment les Jésuites.
L’évêque les logera dans le vaste quadrilatère qui jouxte la cathédrale. Ils y installeront un séminaire, un collège secondaire et une université. Mais les bâtiments sont hétéroclites et vétustes : une reconstruction s’ impose. Ce sont les plans de l’architecte parisien Le Mire qui sont retenus.
Le collège sera construit entre 1757 et 1759 sous la direction de Joseph Massol, l’architecte de l’Evêché.
La façade donnant sur la place du Château combine à la fois les styles Régence (fenêtres légèrement arquées et sobrement moulurées) et Rococo (frontons à cartouche rocaille). Remarquez combien les façades donnant sur la rue de la Râpe et la rue des Ecrivains tranchent par leur austérité !

 

Strasbourg XVIIIe : maison Cagliostro3 – Maison die de Cagliostro
12, rue de la Râpe

Cette maison fut construite en 1747 pour le marchand de cuir Jacques Williame (ou Willamme ?). 60 fenêtres percent ses trois façades, ce qui lui valut le surnom de « La Lanterne ».
Le portail rococo, situé rue de la Râpe, est inspiré par les lambris de la chambre du Roi au palais Rohan voisin.
La maison fut occupée de 1780 à 1783 par Giuseppe Balsamo, l’illustre aventurier sicilien qui se fit appeler comte de Cagliostro, et dont le prestige eut un énorme écho auprès de la population strasbourgeoise.
Strasbourg XVIIIe : maison Cagliostro

 

Tournez autour de la maison, jusqu’à l’angle qui fait face à la rue des Veaux et admirez la statue de la Vierge au lys dans une niche de style rocaille.
Voyez aussi le superbe balcon en ferronnerie, au 1er étage.

 
Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel des Dames Nobles d'Andlau4 – Ancien hôtel des Dames Nobles d’Andlau
8, rue des Ecrivains

 

Les dames nobles du chapitre de l’abbaye d’Andlau, d’abord installées dans l’hôtel de la famille Obrecht, premier prêteur royal après 1681, font reconstruire l’édifice par Jacques Gallay en 1749.
L’hôtel possède une cour intérieure à laquelle on accède par une porte cochère qui est placée de biais par rapport à la rue. L’entrée principale du bâtiment n’est pas alignée avec la porte cochère , alors que c’est généralement le cas dans la plupart des hôtels particuliers. Le bâtiment déploie sur cinq travées et trois niveaux une architecture marquée par l’influence Régence. L’avant-corps médian, qui comprend un fronton triangulaire dont le cartouche est orné d’un monogramme, évoque par ailleurs le modèle du palais Rohan.

 

 

Strasbourg XVIIIe - Place du Marché Gayot5 – Place du Marché Gayot

Sur cet emplacement avait été construit l’Hôtel canonial du chanoine-duc de Brunswick. Celui-ci fut incendié en 1682 et resta longtemps en ruines sous le nom de « Verbrannter Hof », ce qui explique le nom alsacien de la place « Am Verbrennte Hoft » (cour brûlée).
L’accès à la place du Marché Gayot se fait par 8 entrées.
– Au nord, un passage principal et deux passages latéraux venant de la rue des Frères.
– Au sud, un passage principal et deux passages latéraux venant de la rue du Chapon.
– A l’est, un accès depuis la rue des Soeurs et à l’ouest, un passage venant de la rue des Écrivains.
Si vous venez par la rue des Ecrivains, vous verrez, à l’arrière du N°10, une plaque qui vous apprend que la place a été « aménagée en 1769 par le Prêteur royal François-Marie Gayot et son frère Félix-Anne à l’emplacement de l’hôtel canonial de Brunswick incendié en 1682 »
Admirez les colombages des petites maisons alsaciennes qui ont été construites autour de la place, au cours des XCIIIe et XIXe siècle, ainsi que les pavés de galets du Rhin qui ont été utilisés, selon la tradition strasbourgeoise, pour le revêtement du sol.
Depuis 2003, on peut aussi y admirer la sculpture « Pierre trouée » de Daniel Pontoreau.

 

Strasbourg XVIIIe - Grand Séminaire6 – Grand Séminaire
2, rue des Frères

Les Jésuites, établis au Bruderhof (la cour des Frères) après l’annexion de Strasbourg à la France, vont entièrement remanier les lieux. Le collège Louis le Grand, actuellement lycée Fustel de Coulanges sera édifié à partir de 1757 (voir le N°2, l’ancien collège des Jésuites) et le nouveau séminaire épiscopal de 1768 à 1772. L’inauguration du nouveau bâtiment, conçu par l’architecte parisien François-Simon Houlié dans un style néo-classique très dépouillé, a lieu en 1774 mais très vite la tourmente révolutionnaire va chasser les séminaristes qui s’exilent.
Pendant la Révolution, les locaux serviront de lieu de détention, puis connaitront des affectations diverses.
En 1824, le Grand Séminaire diocésain, créé le 13/01/1807, en remplacement du Séminaire épiscopal qui avait été supprimé pendant la période révolutionnaire, reprendra sa place dans les vastes bâtiments.

Un portail imposant marque l’entrée du Grand séminaire (remarquez, au niveau de l’imposte, l’inscription « Seminarium ») et un portail plus petit permet d’accéder à une chapelle intérieure néo-classique, dédiée à Sainte-Marie-Majeure.
Il est possible de visiter (sur demande) le Grand séminaire qui dispose notamment d’une riche bibliothèque, où l’on peut admirer des exemplaires rares de manuscrits et d’incunables, dont le Codex Guta-Sintram.
Dans la cour occidentale, ne manquez pas le puits gothique construit en 1464.

 

Strasbourg XVIIIe - Chapelle-sacristie des chanoines du Grand-Chapitre7 – Chapelle-sacristie des chanoines du Grand-Chapitre
extrémité rue du Dôme, cathédrale côté nord

 

 

Entre le Grand Séminaire et la Cathédrale, accolé au portail Saint Laurent, remarquez le petit bâtiment octogone : il s’agit de la Chapelle-sacristie des chanoines du Grand-Chapitre, édifiée entre 1744 et 1746 par Joseph Massol, l’architecte de l’évêché.

L’extérieur est de style Régence, tandis que l’intérieur de la sacristie présente un décor Rococo nous disent les personnes bien informées : malheureusement, vous ne pourrez pas le vérifier vous-même car elle ne se visite pas.

 

Strasbourg XVIIIe - Maison du négociant Claude Sare8 – Maison du négociant Claude Sarré
17, rue du Dôme

L’ancienne maison qui s’élevait ici a été rasée et remplacée par celle-ci, reconstruite en 1753 pour le négociant Claude Sarré.
L’architecture de la façade, en pierre de taille, présente des points communs avec celle de sa voisine, située au n°18, construite en 1750 : toutes les deux sont une belle illustration du courant baptisé « rococo strasbourgeois ».
Admirez l’équilibre parfait des quatre niveaux répartis sur quatre travées. Le rez-de-chaussée, destiné au commerce, est largement ouvert par trois arcades cintrées.

Observez les mascarons : sous le beau balcon en fer forgé, vous reconnaitrez Hercule et sa massue, protecteur des portes ; à sa droite, c’est Mercure et son casque ailé, le dieu des commerçants et artisans, qui vous contemple, tandis qu’à gauche la belle jeune femme pourrait représenter Vénus, déesse de la beauté et de l’amour.
Au premier étage Junon, Vulcain, Cérès et Neptune symbolisent les Quatre Eléments, tandis qu’au niveau supérieur, les mascarons représentent les quatre saisons.

 

Strasbourg XVIIIe : maison de l'orfèvre Frédéric Spach9 – Maison de l’orfèvre Frédéric Spach
18, rue du Dôme

Au début du XVIII° siècle, la maison située à cet endroit abritait l’atelier d’un tailleur pour dames. Elle sera reconstruite en 1751 par l’orfèvre Frédéric Spach dans le style Rococo strasbourgeois, identique à celui que nous venons de voir au n°17.
Le bâtiment, entièrement réalisé en pierre de taille, l’ornementation très riche de la façade (nombreux mascarons) et le balcon remarquable témoignent de l’aisance de son propriétaire.
Le rez-de-chaussée, destiné au commerce comme pour le n°17, s’ouvre largement sur la rue par trois arcades cintrées dont les clefs portent de gros mascarons qui représentent, de gauche à droite, l’Espérance, les cheveux ornés de fleurs, Chronos qui symbolise le temps qui passe et la Prudence, que l’on reconnait à ses attributs caractéristiques, le miroir et le serpent.
Le premier étage, le plus opulent et le plus gracieux, présente les Quatre Saisons (de gauche à droite, le printemps, l’été, l’automne et l’hiver).
Au deuxième étage on retrouve les Quatre Eléments (Eau, Terre, Feu et Air) mais cette fois-ci représentés sous une forme animale et végétale.

 

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel de Hohenlohe-Bartenstein ou "hôtel Livio"10 – Hôtel Livio
8, rue du Dôme

Le site de l’Hôtel Livio était occupé par l’hôtel d’un chanoine dès le XIIIe siècle. A la fin du XVIIIe siècle, le prince de Hohenlohe-Waldenburg en prend possession, le détruit et le reconstruit entièrement. Il confie les travaux à François Pinot, l’architecte en charge à l’époque de la cathédrale. Le bâtiment est achevé en 1791, soit peu de temps avant sa saisie par les autorités révolutionnaires, qui transformeront l’édifice en poste.
Il sera racheté en 1815 par Ignace Etienne de Livio, un banquier d’origine suisse, dont les affaires sont florissantes. Il sera finalement la seule personne à réellement vivre dans l’hôtel, auquel son nom reste associé.
Le bâtiment abrite ensuite une brasserie avant d’être acquis par un groupe de banquiers qui fondera la « Sogenal » dans ces murs en 1881. La banque y conservera son siège jusqu’en 2001. Aujourd’hui, l’ISEG , école de commerce, et Epitech, école d’informatique, occupent les locaux.

La façade très dépouillée tranche avec celles des hôtels alentours qui proposent une décoration riche et abondante : cette maison est un des témoignages les mieux conservés de l’introduction de l’esthétique néo-classique à Strasbourg
L’intérieur est plus en accord avec le luxe d’une grande famille, comme on peut s’en rendre compte au cours des journées du Patrimoine.

 

Strasbourg XVIIIe - Maison su maître-maçon Joseph Gallay11 – Maison du maître-maçon Joseph Gallay
7, rue du Dôme

Jacques Gallay, maître maçon et ancien appareilleur de pierres au palais Rohan, acquiert en 1744 la maison qui existait à cet emplacement depuis le XIIIe soècle. Il entreprend aussitôt de la reconstruire, recevant l’autorisation de remplacer l’oriel médiéval par un balcon.
Il recouvre la façade, construite en briques, de plaques de grès et l’orne de quatre pilastres corinthiens d’ordre colossal (c’est-à-dire s’étendant sur plusieurs niveaux).
Les clés de cintre des fenêtres du premier étage sont ornementées de quatre mascarons représentant les Parties du Monde (Europe et Asie à gauche, Afrique et Amérique à droite), encadrant en position centrale, un imposant mascaron d’une allégorie de l’Architecture (compas et équerre à gauche) et de l’Astronomie (globe terrestre et livre à droite).

Pour le détail des mascarons de la rue du Dôme, voyez le site de Brigitte Parent

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel de Marmoutier12 – Ancien hôtel de Marmoutier
2, rue Brûlée

Au milieu du XVIII° siècle, les Bénédictins de Marmoutier se portèrent acquéreurs de la propriété des Weitersheim. Ils firent entièrement reconstruire la maison, entre 1747 et 1752, par l’architecte de la ville Jean-Pierre Pflug et son fils François-Pierre.
La belle façade en grès jaune de Wasselonne est caractérisée par un avant-corps central à voussure appareillée abritant à la fois le portail et la fenêtre axiale
L’hôtel de Marmoutier est la première œuvre importante du rococo strasbourgeois.

Au-dessus du portail, nous pouvons lire « Maison de l’Innovation » : l’hôtel abrite aujourd’hui le siège de la DRRT Alsace (Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie).

 

Strasbourg XVIIIe - Hôtel-de-Ville13 – Hôtel-de-Ville
9, rue Brûlée

L’hôtel de Ville s’élève sur l’emplacement du vieil hôtel d’Ochsenstein, mentionné dès 1259. En 1573, le Compte Philippe de Hanau, Seigneur de Lichtenberg, devient propriétaire de l’hôtel.
Le dernier descendant de la famille, Régnier III de Hanau-Lichtenberg, fait remplacer l’ancien hôtel par une résidence plus au goût du jour entre 1731 et 1736. Il en confie l’exécution à Joseph Massol, architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre, qui travaillera selon des plans élaborés par Robert de Cotte, premier architecte du Roi. Les aménagements intérieurs et le programme des sculptures durent environ jusqu’au début des années 1740.
Régnier III de Hanau-Lichtenberg meurt en 1736 sans descendants mâles. Ses propriétés reviennent alors à son gendre issu de la famille de Hesse-Darmstadt.

Strasbourg XVIIIe - Hôtel-de-VilleL’accès à l’hôtel s’effectue côté cour (rue Brûlée) et côté jardin (place Broglie) mais l’entrée principale (photo ci-contre) se trouve rue Brûlée.
Sous la révolution, l’hôtel fut rapidement confisqué et les armoiries des Hesse-Darmstadt en furent systématiquement éliminées. Après la période révolutionnaire, l’hôtel de Ville s’établit dans ces murs, de 1806 à nos jours. Le bâtiment ne remplit cependant plus qu’un rôle représentatif pour la municipalité qui y organise les réceptions protocolaires et y célèbre les mariages.
De style Régence, l’hôtel adopte un plan traditionnel en fer à cheval. L’extérieur est assez austère, simplement orné de mascarons inspirés de la mythologie : voir le site de Brigitte Parent pour le détail des mascarons de l’Hôtel-de-Ville.

Protégé par son statut de bâtiment public, le décor intérieur caractéristique d’une résidence noble au XVIIIe siècle a été conservé. Salle à manger et salon de compagnie du rez-de-chaussée brillent encore de tous leurs riches lambris peints, tandis qu’au plafond, des stucs dorés rappellent les pôles d’intérêt des bâtisseurs du XVIIIe siècle, parmi lesquels la guerre, bien sûr, mais aussi la géographie et la navigation (source : journées du patrimoine)

 
Strasbourg XVIIIe - Hôtel du Gouverneur Militaire13 – Hôtel du Gouverneur Militaire
13, rue Brûlée

En 1385, l’emplacement était occupé par une propriété qui appartenait à Jean de Müllenheim-Raichenberg. Elle changea maintes fois de propriétaires jusqu’à ce que les deux frères Gayot s’en portent acquéreurs en 1743 : l’un est subdélégué à l’Intendance d’Alsace, commissaire des guerres puis prêteur royal de 1761 à 1770, l’autre est administrateur des vivres de l’armée.

L’hôtel est reconstruit en 1754-1755 par le maître-maçon Georges Muller, d’après les plans de Joseph Massol, alors architecte de Strasbourg, sur un terrain agrandi par l’achat de parcelles contiguës. C’est le dernier des grands hôtels princiers construits à Strasbourg au XVIIIe siècle dans le style Régence, déjà très dépouillé. Il a son entrée rue Brûlée, tandis que son jardin à la française donne sur la place Broglie.

En 1770 François-Marie Gayot cède sa propriété au duc Christian IV de Deux-Ponts, qui l’achète pour ses deux neveux Charles-Gustave et Maximilien-Joseph. Ce dernier est colonel-propriétaire du régiment d’Alsace, au service de la France, et obtiendra l’entière propriété de l’hôtel en 1780. Il le fera alors magnifiquement décorer. Mais l’hôtel sera confisqué au titre des biens nationaux pendant la Révolution, ce qui occasionnera des dégâts considérables.
Il faudra attendre 1804 pour que l’édifice retrouve une certaine magnificence, lorsqu’il devient la résidence du Gouverneur militaire de Strasbourg. Mais il ne retrouvera jamais les décors somptueux du temps du prince Maximilien.
Excepté lors des périodes d’annexion allemandes, l’hôtel abrite depuis lors les généraux gouverneurs militaires de Strasbourg.

 
Strasbourg XVIIIe - Hôtel de l'Evêché15 – Hôtel de l’Evêché
16, rue Brûlée

L’hôtel de l’archevêché a été construit entre 1724 et 1732 pour Frédéric de la Tour d’Auvergne, prince de Turenne et Doyen du Grand Chapitre de la Cathédrale.
Les architectes Malo Auguste Saussard, architecte des bâtiments du Roi, et Robert de Cotte, Premier Architecte du Roi, ont conçu un édifice entre cour et jardin, dans un style « Régence » dépouillé et équilibré.

Strasbourg XVIIIe - Hôtel de l'Evêché

 

 

Déclaré bien national en 1789, l’hôtel est acheté par le maréchal de Lückner auquel Rouget de Lisle dédie son Chant de guerre pour l’armée du Rhin, plus connu sous le nom de « La Marseillaise ».
Il revient finalement à l’Eglise en 1855 qui y établi le siège de l’Evêché, puis de l’Archevêché.
La cour avec son portail monumental se trouve rue du Parchemin, tandis que l’entrée principale se situe rue Brûlée (photo ci-contre) que l’on emprunte pour accéder aux services du diocèse.

 
Strasbourg XVIIIe - Hôtel de la Préfecture16 – Hôtel de la Préfecture
19, rue Brûlée

Le Prêteur royal François-Joseph de Klinglin s’appropria un terrain communal pour y faire construire un hôtel fastueux, dont il fera dresser les plans par l’architecte Le Chevalier en collaboration avec Jean Querret. Mais ils seront finalisés et exécutés par l’architecte de la Ville, Jean-Pierre Pflug entre 1731 et 1736. Les concepteurs ont adopté un style « Régence » raffiné auquel se mêlent des éléments rococo.
Le Prêteur aura recourt à la main d’œuvre municipale pour la construction, et il réussira le tour de force de vendre l’hôtel à la ville de Strasbourg qui en avait supporté les frais ! À charge pour elle d’y loger le Prêteur. Ces malversations finirent par le conduire en prison où il mourra rapidement.
La demeure devient hôtel de l’intendance d’Alsace jusqu’à la Révolution.
Depuis 1800, l’hôtel de Klinglin sert de résidence au préfet, représentant de l’Etat dans la région.

Strasbourg XVIIIe - Hôtel de la Préfecture

Le grand portail d’honneur de l’immeuble a été construit en 1747 par l’architecte Joseph Massol : une grande conque majestueuse, flanquée de deux piliers rectangulaires ornés de trophées sculptés et supportant des lions couchés sculptés par Martin Leprince. Son cartouche était sculpté des armoiries de la famille Klinglin mais accueille de nos jours les lettres RF pour République Française .

Strasbourg XVIIIe - Hôtel de la Préfecture
La photo de gauche montre la façade de l’hôtel de la Préfecture telle qu’on la voit depuis le quai Lezay Marnesia.

Le 20 septembre 1870, lors du siège de Strasbourg, de nombreux bâtiments publics sont détruits par l’artillerie prussienne et l’hôtel Klinglin en fait partie : seuls quelques murs restent debout ! L’hôtel bénéficie d’une reconstruction assez fidèle, sous la direction de l’architecte de la ville, Jean Geoffroy Conrath et Edouard Roederer ; elle sera terminée en 1877. Les fastueux intérieurs néo-baroques sont reconstitués et dotés d’équipements modernes comme le chauffage à air pulsé.

 

Strasbourg XVIIIe : maison Mogg et Capaun17 – Maison Mogg et Capaun
12, place Broglie

Cet immeuble a été construit en 1744 pour Mathias Ambroise Mogg, greffier, et Susanne Marguerite Courtz, Jean Daniel Cappaun, greffier, et Marguerite Salomé Courtz (indivision) (source: Maisons de Strasbourg)
Strasbourg XVIIIe - Maison Moog et Capaun

 

 

La porte de gauche permet de monter aux étages, tandis que la porte de droite donne accès à la boutique.
Elles sont identiques toutes les deux, et comportent sur leurs clés de cintre des têtes sculptées de jeunes femmes, chacune surmontant un écu vierge dans un encadrement rocaille

 

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel d'Andlau18 – Ancien hôtel d’Andlau
25, rue de la Nuée-Bleue

Des maisons avaient été construites sur ce site dès le XVe siècle : elles seront petit à petit englobées en une seule. Un certain nombre d’éléments ont été réutilisés dans l’édifice actuel, ce qui explique que l’on puisse admirer, entre autres, une porte gravée « Claus Berer » et datée de 1516.
C’est en 1713 que le comte Antoine d’Andlau, Doyen du Directoire de la Noblesse de Basse-Alsace, et son épouse, Marie-Anne de Klinglin, sœur du Prêteur Royal (cf le n° 16), achètent ce bâtiment.
À la suite du remariage en 1731 de la veuve du comte d’Andlau avec le maréchal du Bourg, gouverneur de la province, la façade sur rue de l’hôtel est mise au goût du jour. C’est le maître-maçon Pfundstein qui est chargé des travaux : d’origine franconienne (Allemagne centre-sud), il a assimilé les leçons du style Régence, et va réaliser une synthèse entre le goût français, le goût germanique et la tradition locale.
En effet, si le classissisme Régence domine, la présence un peu anachronique de deux balcons à l’allemande( ou oriels) est une réminiscence de la Renaissance germanique, tandis que l’influence locale s’affiche dans le toit pentu à trois rangées de lucarnes qui couronne l’immeuble.
Le corps central est surmonté d’un fronton triangulaire autrefois armorié au nom du grand prévôt. Observez les fenêtres : celles de l’étage noble sont plus hautes que les autres !

En 1928, l’hôtel devient le siège du Port Autonome de Strasbourg : c’est l’architecte en chef des monuments historiques Robert Danis qui sera chargé des travaux. Entre 1928 à 1934, il construira deux ailes neuves et créera différentes pièces, dont le vestibule d’entrée néo-classique.

 
Strasbourg XVIIIe - Maison "A l'Homme de Fer"19 – Maison « A l’Homme de Fer »
2, place de l’Homme-de-Fer

Cet hôtel bourgeois a été construit en 1768 pour un sellier du nom de Philippe Jacques Faudel
L’imposante façade, entièrement parementée en grès, avec léger avant-corps central, présente un subtil mélange de style « Régence » et d’éléments rocaille.

Au rez-de-chaussée, un Paon orne l’arcade de la porte : son origine, et sa signification, ne font pas l’unanimité auprès des spécialistes.
De part et d’autre de la porte, les mascarons représentent les saisons.
Au premier étage, la fenêtre centrale est surmontée d’un faune sylvestre, accompagné des mascarons représentant l’Europe et l’Asie.
Au second étage, Mercure trône au milieu de l’Afrique et de l’Amérique.
Pour plus de détails sur les mascarons, allez voir le site de Brigitte Parent.
Strasbourg XVIIIe - Maison "A l'Homme de Fer"

 

 

 

A droite, à l’angle du bâtiment, voyez le sergent municipal du XVIéme siècle en armure. Il faisait office d’enseigne à l’arquebusier François Hilbert qui tenait boutique vers 1740 dans une maison en face. Mise en place à cet endroit en 1813, la statue fut remplacée par une copie après 1870, et l’original fut confié au Musée Historique, où elle est toujours visible.
La place tire son nom de cette enseigne : l’Homme de Fer

Strasbourg XVIIIe - Maison de l'orfèvre Jean-Louis Imlin20 – Maison de l’orfèvre Jean-Louis Imlin
30, place Kléber

 

Cette maison a été reconstruite an 1748 pour l’orfèvre Jean-Louis Imlin dans un style Rococo strasbourgeois : nous avons là un des premiers exemples de rococo strasbourgeois.

A l’origine, le bâtiment était parfaitement symétrique et deux entrées encadraient le balcon. Admirez le garde-corps en ferronnerie très travaillé et ses quatre consoles en pierre sculptée.
De nos jours, le portail de droite a été converti en vitrine.

 

Strasbourg XVIIIe : Aubette21 – Aubette
place Kléber

Jacques-François Blondel, architecte du Roi, est chargé d’un projet d’embellissement de la ville. En 1768, il conçut un ambitieux projet qui devait remodeler Strasbourg dans le goût français, en la dotant notamment d’une place classique. Il souhaite ainsi redessiner l’ancienne place des Cordeliers afin de lui donner un tracé régulier. Des bâtiments jumeaux devaient border la place au nord et au sud.
Mais le manque de finances viendra contrecarrer le projet initial et seule l’Aubette verra le jour, au nord.

Le long immeuble, entièrement en pierres de taille, a été construit dans un style néo-classique par l’architecte Samuel Werne(selon les plans Blondel) entre 1766 et 1767. Il occupe tout le côté Nord de la place Kléber: il devait abriter des logements et un corps de garde.
Tous les matins à l’aube, les officiers d’ordonnance venaient chercher les ordres pour la garnison, ce qui lui a valu son nom « l’Aubette »

Strasbourg XVIIIe - Aubette

Le 24 août 1870, l’Aubette sera victime des bombardements allemands qui pilonnent la ville : le bâtiment et le musée de peintures qu’il abritait alors partiront en fumée dans le violent incendie qui s’est déclaré. Sule la façade reste debout.
L’architecte officiel de la Ville de Strasbourg, Jean Geoffroy Conrath, dirige la reconstruction à partir de 1873 et conserve cette façade tout en l’aménageant : c’est de cette époque que datent notamment les médaillons représentant les portraits de musiciens célèbres.
Il va aussi concevoir un nouveau toit en ardoise à comble brisé, tout à fait étranger au projet de Blondel.

L’Aubette deviendra un espace de loisirs dès 1920, comprenant restaurant, café, brasserie, dancing, cinéma. De somptueux décors seront créés en 1928 par Jean Arp, son épouse Sophie Taeuber-Arp et l’artiste néerlandais Théo van Doesburg. Certains parleront de «chapelle Sixtine de l’art abstrait», mais le résultat ne fera pas l’unanimité auprès des Strasbourgeois, si bien que les peintures du groupe seront dégradées et partiellement recouvertes par les propriétaires successifs.
Elles sont redécouvertes dans les années 1970 et classées monuments historiques en 1985 (ciné-dancing et escalier d’accès au premier étage) et 1989 (foyer-bar et salle des fêtes). Les lieux seront progressivement restaurés jusqu’en 2006.
N’hésitez pas à aller admirer le résultat : l’aubette se visite gratuitement du mercredi au samedi de 14h à 18h.

 

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel du négociant Ferrier22 – Ancien hôtel du négociant Ferrier
79, Grand Rue

Vers 1580, la maison située à cet emplacement était la demeure de Paul Hochfelder, cousin du recteur du Gymnase Jean Sturm, et syndic de la ville. Ses talents diplomatiques étaient reconnus par l’empereur Maximilien II lui-même.
Le maître maçon Starck reconstruira l’immeuble en 1766, en style baroque très monumental et ondulant. Cette surcharge est vouée à disparaître lors des travaux engagés par le nouvel occupant, le négociant Ferrier, sous la direction de l’architecte Pierre-Michel d’Ixnard : il mettra notamment en place les ferronneries néo-classiques, comportant une rosace en tôle repoussée.

Le célèbre professeur d’histoire Fustel de Coulanges y séjourna de 1860 à 1870, comme nous l’apprend une plaque commémorative apposée sur la maison.

Le nom « Studio 80 » toujours inscrit sur la façade nous rappelle qu’en 1979 l’immeuble se transforma en discothèque.

 

Strasbourg XVIIIe - Maison "Au Bouc" et "A la Chèvre"23 – Maison « Au Bouc » et « A la Chèvre »
96 et 98, Grand Rue

Le passant peu attentif pourrait croire qu’il s’agit d’une seule et même maison. Ce n’est pourtant pas le cas.

Le n°96 a été reconstruit vers 1769, en style rococo, pour Jean Gautier Koch, qui exerçait le métier de taillandier (il fabriquait des outils pour tailler, couper). L’immeuble est cité depuis 1412 sous l’appellation « Zu dem Bock »
La façade est très étroite, ne comportant que 2 travées sur 4 niveaux. Elle est ornée de quatre mascarons qui représentent les quatre saisons (pour le détail, vous pouvez consulter le site de Brigitte Parent)
Strasbourg XVIIIe - Maisons "Au Bouc" et "A la Chèvre"
Le n° 98 a été reconstruit vers 1769, en style Rococo également, pour le boulanger Jean Jung. Elle présente les mêmes caractéristiques que la maison au n°96, sauf qu’elle comporte trois travées et deux portes d’entrée : une vers les étages et une pour la boutique.
Un ourson avec bretzel, sculpté dans l’allège de la fenêtre centrale du premier étage, correspond à l’enseigne de la boulangerie d’origine, conservée par la boulangerie actuelle.
Six mascarons ornent la façade : Aurore et Diane, superposées dans la travée centrale, sont flanquées par les Quatre parties du monde. Pour les détails, voir le site de Brigitte Parent

Ici se situait jadis l’ancien Poêle des Baigneurs, une corporation qui fut incorporée, à la fin du XV° siècle, dans la Tribu des Maréchaux.

 
Strasbourg XVIIIe - Maison Hummel24 – Maison Hummel
103, Grand Rue

Cette vaste maison bourgeoise, qui pourrait passer pour un hôtel patricien, a subit de nombreuses transformations après être passée dans les mains de propriétaires de plusieurs grandes familles de la ville : les Baumgartner, les Staedel et les Wurmser.
Le rez-de-chaussée, tel que nous le voyons, peut dater des années 1735-1740 : l’immeuble a été remanié dans un décor Louis XIV avec pilastres, consoles à entrelacs et fenêtres à grilles en mirador.
Sur le portail on peut encore deviner l’inscription  » J G. Hummel Patés de foies gras ». Il était assez rare à cette époque de graver son nom et son métier à l’entrée de son établissement.
Strasbourg XVIIIe - Maison Hummel

 

Les fenêtres ont des grilles en miradors du rez-de-chaussée composées de tiges de fer verticales, incurvées alternativement à droite et à gauche juxtaposées et réunies par des agraphes qui forment un treillage ondulé selon un procédé bien connu, au 17e siècle, dans la ferronnerie française.
En guise de fronton, ces grilles portent un assemblage de courbes et de contre-courbes, plaquées d’ ornements, en tôle repoussée, inspirés par l’ornementaliste français Bérain ( feuillages; cornes d’ abondance avec fleurs; buste de femme; baldaquins surmontés d’ une statuette drapée ). Ce magnifique ensemble de ferronnerie ainsi que les grilles des soupiraux sont l’oeuvre du ferronnier d’art Sigismond II Falkenhauer; on retrouve pratiquement les mêmes à l’hôtel Marabail, 15,rue de l’Arc-en-ciel.
Source: Connaitre Strasbourg 1988

 
Strasbourg XVIIIe - Maison "Au Grand Anneau d'Or"25 – Maison Choisy
126, Grand Rue

En 1424, la maison située à cet emplacement est mentionnée sous le nom de « Zum grossen guldin Ringe » (Au Grand Anneau d’Or).
Mais la demeure que nous admirons aujourd’hui a été reconstruite en 1765 pour un sellier, Jean-Baptiste Choisy, qui choisit le style rocaille en vogue à l’époque. A l’origine l’hôtel ne comprenait que trois niveaux, le dernier étage a été rajouté après 1830.

Il est agrémenté au premier étage d’un balcon de plan curviligne, doté d’une magnifique balustrade en fer forgé, sur lequel donnent les trois portes-fenêtres ornées chacune d’un mascaron : le faune sylvestre du milieu est encadré de deux nymphes

 
Strasbourg XVIIIe - Maison du notaire Jean-Frédéric Lobstein26 – Maison du notaire Jean-Frédéric Lobstein
19, rue Sainte-Barbe

 

Au XVIII° siècle, il y avait là une auberge à l’enseigne « Au Grenadier français ».

Le notaire Jean-Frédéric Lobstein s’en portera acquéreur en 1747 et la fera reconstruire. On lui doit la porte rococo et son oculus. Voyez la clé de cintre de la porte : elle est datée de 1763, ce qui signifie sans doute que la construction s’est terminée cette année-là.

 

Strasbourg XVIIIe - Aile de l'Ancien Poêle du Miroir27 – Aile de l’Ancien Poêle du Miroir
5, rue Gutenberg

Les marchands constituent, dès le Moyen-âge, d’incontournables acteurs du développement économique de la cité.
Au XIV° siècle, ils se fédèrent en une très importante corporation ; en 1377, ils installent leur Poêle au 29, rue des Serruriers (voir le n°30 ci-dessous) et prennent le nom « Zu dem Spiegel » (au Miroir). Il est communément admis que ce nom proviendrait du nom d’une vieille famille noble de Strasbourg.

L’immeuble sera reconstruit au XVIIIe siècle, entre 1757 et 1759.
La façade arrière, que nous voyons ici, rue Gutenberg, est de décor néo-classique et fut construite par Pierre-Michel d’Ixnard entre 1782 et 1785. Ce sont les dernières modifications apportées à l’immeuble avant la Révolution.

Remarquez l’inscription « TRIBU. DES MARCHANDS. M.DCCL.XXXV » au-dessus des fenêtres du 1er étage : c’est la seule inscription de ce genre (concernant un ancien Poêle) que l’on puisse trouver à Strasbourg.

Savez-vous ce qu'est un Poêle ?

Au Moyen Âge, une corporation regroupe plusieurs métiers et assure leur protection face à la concurrence extérieure. Son rôle est aussi de réglementer l’exercice de chaque métier et de régler les querelles internes entre les maîtres, les compagnons et les apprentis.
Les maîtres se retrouvent régulièrement dans une maison qui sert de siège à la corporation. Cette maison comprend une grande pièce principale chauffée par un poêle ou stube. Les membres s’y réunissent pour les assemblées et les fêtes, les maîtres peuvent y prendre leur repas. On y conserve le matériel militaire, les archives, les bannières, les hanaps et les sceaux souvent rangés dans une « boîte de maîtrise ». Source : Office de Tourisme Strasbourg

 

Strasbourg XVIIIe - Maison de l'orfèvre Jean-Frédéric Roederer28 – Maison de l’orfèvre Jean-Frédéric Roederer
16, rue Gutenberg

La maison fut en 1585 un lieu de réunion des réfugiés huguenots. Elle appartenait à la famille des Ingolt, riches négociants au XVI° siècle. Au XVIII° siècle, la demeure devient un important commerce exploité par des familles italiennes qui s’y succèdent.

En 1743, l’orfèvre Jean-Frédéric Roederer fait construire le portail baroquisant (mélange de baroque – le fronton échancré – et de rocaille) que l’on peut voir aujourd’hui et qui demeure le seul élément architectural d’intérêt de la bâtisse.
source : Joël Durand

 
Strasbourg XVIIIe : maison du négociant Antoine Janin29 – Maison du négociant Antoine Janin
31, rue des Serrurriers

A l’emplacement de cet immeuble existaient plusieurs anciens bâtiments, dont des maisons d’artisans, qui faisaient partie de l’ancienne Chancellerie. La Ville les cèdera en 1749 à Antoine Janin, un négociant.
Celui-ci chargera le maître maçon Georges-Michel Muller de remplacer tout cela par un immeuble unique, que nous pouvons toujours admirer aujourd’hui. Les fenêtres à appuis, les entablements ondulants, la hauteur décroissante des étages, font de cette demeure un prototype de rococo.

Le 1er étage, l’étage noble, est celui qui est le plus décoré ; il est, de plus, enrichi d’un beau balcon en ferronnerie. Le mascaron que l’on voit sur la clé de cintre de la fenêtre du milieu représente Mercure, avec casque ailé, bourse, lanière et caducée.

Au rez-de-chaussée, de part et d’autre de la porte d’entrée, vous reconnaitrez Flore (ou Printemps) couronnée de fleurs et Cérès (ou l‘Été), dont les cheveux sont ornés d’épis.

 
Strasbourg XVIIIe - Ancien Poêle du Miroir30 – Ancien Poêle du Miroir
29, rue des Serrurriers

Nous avons déjà évoqué la tribu des marchands quand nous sommes passés à l’arrière du bâtiment qui donne sur la rue Gutenberg : voyez le n° 27.

Certaines sources (dont les « Balades Strasbourgeoises) affirment que François-Pierre Pflug était l’architecte de ce bâtiment, tandis que d’autres (le site « Maisons de Strasbourg » notamment) nous aprennent que les textes anciens ont été mal interprétés et que ce rôle revient au maître-maçon Jean-Louis Muller.

Nous sommes ici devant la façade de prestige : le rez-de-chaussée, tout comme l’avant-corps orné de diverses sculptures rococo, sont parementés de grès.

Elle est agrémentée de huit mascarons, représentant les quatre saisons au rez-de-chaussée et les quatre parties du monde au 1er étage. Pour le détail, voir le site de Brigitte Parent

 

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel du négociant Braun31 – Maison Richard et non « Ancien hôtel du négociant Braun »
20, rue des Serrurriers

Les « Balades Strasbourgeoises » appellent cet immeuble « hôtel Braun » mais c’est faux : cette maison a été reconstruite en 1746 pour le marchand Pierre Richard, par le maître maçon Gaspard Théodore Rabaliatti.
L’hôtel de Jean Daniel Braun se trouvait à l’autre angle de la rue, au numéro 12 ; il a disparu lors du percement de la rue de la Division Leclerc.

Le dernier propriétaire privé, le graveur Charles Muller, léguera son bien à la Société des amis des arts, fondée en 1832. Devenue depuis Société des amis des arts et des musées, elle a fait placer ses initiales entrelacées dans le médaillon de la grille d’appui du balcon.

Nous sommes en présence d’une belle synthèse du rococo strasbourgeois issu du style Régence (ordonnance des parties) et de la rocaille (source : balades strasbourgeoises). Un seul mascaron, situé sur la porte-fenêtre du balcon, orne la façade. Il représente une tête de femme à grand diadème, peut-être Junon dont c’est l’un des attributs (source : Brigitte Parent).

 

Strasbourg XVIIIe : maison Bemberg32 – Hôtel bourgeois
11, rue de l’Epine

Les « Balades Strasbourgeoises » parlent prudemment d’hôtel bourgeois car les spécialistes ne sont pas unanimes.
Il semblerait pourtant que la maison a été construite par Jean Frédéric Bemberg, sans doute en 1720 (voir le site « les maisons de Strasbourg« )

C’est la première demeure strasbourgeoise qui adopte le plan en fer à cheval. Elle offre une belle synthèse de la Renaissance allemande (les deux portails) et du goût français du XVIIIe siècle (les balustrades et les toits à la Mansart, en vogue sous Louis XIV)

L’éminent professeur de chimie et minéralogiste Charles Friedel, membre de l’Institut, professeur à la faculté des sciences de Paris, naquit dans cette maison le 12 mars 1831, comme nous le rappelle une plaque commémorative placée sur la façade.

 

Strasbourg XVIIIe - Maison d'artisan cuvelier33 – Maison d’artisan cuvelier
10, rue de l’Epine

 

Selon le site « Maisons de Strasbourg », cet immeuble a été construit en 1768 pour Joseph Müeg, veuf, tonnelier ainsi que pour Jean Læmmermann, tonnelier, et Marie Madeleine Müeg, copropriétaires.

Admirez la façade à ondulations rocaille ainsi que la belle ferronnerie aux fenêtres.

Et surtout, remarquez le baquet de cuvelier au-dessus de la fenêtre axiale, au rez-de-chaussée : cet emblème en pierre d’artisan-cuvelier est un exemplaire rare. Les cuveliers faisaient partie de la corporation des Tonneliers.

 

Strasbourg XVIIIe : hôtel de l'Epine34 – Hôtel de l’Epine
9, rue de l’Epine

La maison originale appartenait à la famille Dorn qui en restera propriétaire jusqu’en 1281.
C’est cette demeure, baptisée « zu dem Dorne », c’est-à-dire « A l’Epine », qui donnera son nom à la rue entière dès le XIIIe siècle.
Après avoir vu passer plusieurs famille, l’hôtel sera finalement acquis en 1735 par de riches négociants en draps, tissus et soieries : la famille Schubart rasera l’ancienne maison pour faire construire l’hôtel actuel en 1737 par le maçon Karl Hisky, sous la direction de Jean-Pierre Plug .

Strasbourg XVIIIe - Hôtel de l'Epine

Son décor est le résultat d’une synthèse entre les influences française et germanique, notamment par son décor rocaille au niveau du portail, son fronton saillant, son cartouche (inspiré des lambris de la chambre du Roi, au Palais Rohan) orné de végétaux inspiré du style baroque allemand et son comble brisé à la française mais couvert de tuiles traditionnelles (source : ville de Strasbourg et Balades Strasbourgeoises).

Remarquez l’inscription « A / L’ÉPINE / Zum Dorn / 16 » dans le cartouche et, en-dessous, le mascaron sculpté sur la clé de cintre : il représente un Satyre souriant sur fond d’ailes de chauve-souris.

 

Strasbourg XVIIIe - Maison "Aux Trois Lièvres"35 – Maison « Aux Trois Lièvres »
19, rue de l’Ail

En 1564, la maison qui se trouvait ici en jouxtait une autre, nommée « Zu den Hasen ». Cette dernière fut annexée pour ne former qu’une seule propriété. La maison sera reconstruite autour de 1735.
Le portail baroque à pilastres est le seul élément remarquable de la construction.Strasbourg XVIIIe - Maison "Aux Trois Lièvres"

 

Remarquez sur le fronton échancré un bas-relief représentant trois lièvres avec l’inscription « Zu den Hasen » et la date de 1608 : il provient de la maison disparue.

 
Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel Franck36 – Ancien hôtel Franck
7, quai Saint-Nicolas

Ici s’élevait l’ancien hôtel des Wurmser de Vendenheim. Le banquier Philippe Jacques Franck s’en portera acquéreur puis fera reconstruire la demeure en 1759. La construction est parfois attribuée au maître maçon Gaspard Théodore Rabaliatti, originaire de Westphalie, bourgeois de Strasbourg depuis 1744.
La façade comporte un avant-corps central parementé de grès, orné au premier étage d’un balcon avec grille en fer forgé et couronné par un fronton en chapeau de gendarme, à redents, doté d’un cartouche à motif végétalisé baroque.
Nous sommes ici en présence d’une synthèse du classicisme Régence et du Rococo, avec une touche de Baroque pour le fronton central.
Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel Franck

 

Sur cet avant-corps, entre les portes-fenêtres du balcon (et non sur la clé de cintre des baies, comme habituellement), voyez le mascaron : cet homme jeune et souriant, entouré de guirlandes de fleurs et de rocailles, représente peut-être une divinité champêtre.

Au rez-de-chaussée, les quatre fenêtres ont été munies de solides grilles à mirador afin de protéger la banque qui, comme tous les commerces à l’époque, se situait donc au rez-de-chaussée, tandis que les niveaux supérieurs étaient dévolus aux propriétaires et à leurs domestiques.

Remarquez aussi la clé de cintre du porche d’entrée : elle est ornée des armes de l’Hôpital Civil qui serait encore propriétaire de la maison.
Les nobles demeures à colombage qui font l’attrait du quai Saint-Nicolas appartiennent d’ailleurs toutes, à une exception près, aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg qui jouissent d’un patrimoine immobilier prestigieux, acquis sous forme de dons ou de legs depuis le Moyen Age.

 

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel de Mullenheim37 – Ancien hôtel de Mullenheim
8, quai Saint-Nicolas

Cette demeure a longtemps été la maison noble des Müllenheim et nombreux sont ceux qui en attribuent la reconstruction de 1737 à Jean-Jacques de Mullenheim. Celui-ci projette bien de transformer sa maison et obtient effectivement cette année-là l’autorisation d’agrandir sa propriété par l’achat de terrains communaux, mais il la revend deux mois plus tard à Jean Thierry Fahlmer, un négociant.
C’est lui qui fait reconstruire la maison dans un style « Régence » très dépouillé. Les arcades témoignent de l’usage marchand du rez-de-chaussée.

La construction sera remaniée en 1870, après un incendie. C’est de cette époque que datent le dernier étage, le fronton et les trois balcons.
Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel de Mullenheim

 

La porte vaut qu’on s’y arrête :

« Deux mascarons de type réaliste sont sculptés sur les pilastres flanquant la porte, selon une tradition encore Renaissance. Ils se détachent sur un cartouche atypique formé d’une bande coquillée, de feuilles d’acanthes et de lambrequins. Ils montrent un homme barbu et rieur et une femme souriante, coiffée à l’antique, visages d’aimables bons vivants, peut-être portraits des propriétaires. » (source : mascarons.fr)

Remarquez, ici aussi, les armes de l’Hôpital Civil au-dessus de la porte d’entrée.

 
Strasbourg XVIIIe : Ancien hôtel "Aux Trois Chasse-Mouches"38 – Ancien hôtel « Au Trois Chasse-Mouches »
3, place de l’Hôpital

Cet immeuble a été reconstruit en 1759, pour l’abbaye des Bénédictins d’Ettenheimmünster, par l’architecte Georges Michel Muller.
La résidence urbaine des bénédictins de cette abbaye sert aussi de siège administratif de l’Evêché sur la rive droite du Rhin.
Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel "Aux Trois Chasse-Mouches"
Dans l’allège de la fenêtre centrale du premier étage, un relief avec trois chasse-mouches entrecroisés rappelle le nom « Zum den drei Mucken Walden »
(«Aux Trois-chasse-mouches») de l’ancienne demeure médiévale qui s’élevait ici.

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel "Aux Trois Chasse-Mouches"
Voyez la mitre sculptée au-dessus du portail d’entrée au centre d’un cartouche rocaille : elle rappelle qu’ici siégeait l’évêché.

 

Un seul mascaron orne la fenêtre centrale du premier étage de cette maison de style Régence, rehaussé d’éléments rococo. Il représente une tête de jeune femme couverte d’un voile incarnant peut-être la Piété.

 

Depuis l’été 2012, l’immeuble a été restauré et transformé en hôtel 4*, sous le nom de « Hôtel Ettenheim ».

 
Strasbourg XVIIIe - Hôpital Civil39 – Hôpital Civil
place de l’Hôpital

Passons sous le porche de l’Hôpital Civil pour admirer, à notre gauche, le bâtiment principal.
Sur ce vaste terrain existait déjà un hôpital dès 1398. Mais le 4 novembre 1716, un incendie se déclare dans la chambre des copeaux, où une laveuse était allée chercher des copeaux avec une chandelle. Le feu s’étend de façon incontrôlable et tout le grand édifice est en cendres. A grand peine, on réussit à sauver les maisons situées face au bâtiment principal, l’économat, la chancellerie, la boulangerie, les écuries et enfin la cave, qui avait commencé à brûler, mais dont on a pu éteindre le feu avec de la bière (source : chru-strasbourg).
Le chœur polygonal gothique de la chapelle Saint Erhrard, qui date du XVe siècle, a elle aussi échappé aux flammes.

Strasbourg XVIIIe - Hôpital Civil
Dès 1717, la ville entreprend la reconstruction de l’hôpital, qu’elle confie au chef des travaux de la ville, François-Rodolphe Mollinger. Les travaux dureront jusqu’en 1725. Le bâtiment principal mesure 150m de long pour 16m de large et l’observateur attentif remarquera que la façade s’incurve légèrement : le concepteur a établi ses plans en fonction de l’enceinte urbaine médiévale, dont subsiste le petit bastion polygonal aménagé en terrasse, sur la façade sud.
Jean-Pierre Pflug prolongera le bâtiment vers l’ouest en 1741.

Nous sommes ici devant la façade nord, très sobre et classique. Voyez, au-dessus des deux portails, les inscriptions latines commémorant les travaux de 1724 et de 1741.

Strasbourg XVIIIe - Hôpital CivilStrasbourg XVIIIe - Hôpital Civil

 

La façade sud est encore très « Renaissance ».
La toiture avec ses quatre rangées de lucarnes et ses tuiles en queue de castor (Bieberschwanz), rappellent clairement la Renaissance strasbourgeoise. Admirez aussi les belles gargouilles Renaissance.

 

 

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel dit "des Couples"40 – Ancien hôtel dit « des Couples »
9, rue des Couples

Ce n’est pas cet immeuble qui a donné son nom à la rue : à cet emplacement avait été construit un haras qui s’occupait entre autres de l’accouplement des chevaux, et qu’on appelait Kuppelhof (cour des couples),
En 1756, le négociant Jean Hammerer achète l’ensemble. En 1760, il fait reconstruire l’hôtel tel qu’on peut le voir aujourd’hui. Il confiera les travaux à l’architecte Jean Laurent Gœtz. Celui-ci soumettra un plainte à la Tribu des maçons en 1776 pour un impayé remontant à 1760, à l’occasion de l’Inventaire de succession de Jean Hammerer.
L’hôtel sera construit autour d’une cour en fer à cheval, encore dans le goût du rococo strasbourgeois, avec une façade sur cour monumentale.

Strasbourg XVIIIe - Ancien hôtel dit "des Couples"
Les trois fenêtres centrales du premier étage sont ornées de mascarons représentant de gauche à droite : la Bonne Fortune (roue et cartes), Mercure (bourse et caducée) et Minerve (lance et chouette). En clé de cintre de la fenêtre centrale du second étage, un mascaron représente Neptune (couronné, entouré de roseaux des étangs).
Au-dessus de la porte cochère (la façade sur rue, à votre droite), on peut admirer un Faune aux yeux gravés, avec trace de polychromie.

Le foyer Saint Joseph est propriétaire des lieux depuis 1946. Et depuis 1998, c’est l’école primaire du Collège Saint Etienne qui occupe les locaux.

 

Strasbourg XVIIIe : ancien Poêle de la Corporation des Bateliers41 – Ancien poêle de la Corporation des Bateliers
9, quai des Bateliers

La riche corporation de l’Ancre (Tribu des Bateliers) a fait reconstruire la maison en 1772, afin d’y installer son Poêle (voir plus haut ce qu’est un « Poêle »). Entièrement réalisée en pierres de taille de grès rouge, elle ne comprenait à l’origine qu’un seul étage surmonté d’un fronton. En 1861, le bâtiment, qui est alors propriété du limonadier Xavier Berneck, est surhaussé des deuxième et troisième étages à balcons, avec adjonction d’un balcon au premier étage.
Voyez tout en haut les deux statues de puttis avec leurs filets de pêche : ils rappelent la destination primitive de l’édifice.
Cette façade a été sauvée in extremis quand, en 1970, il fut décidé de démolir l’ilot comprenant les numéros 7, 8 et 9 du quai pour construire à la place un vaste ensemble immobilier, baptisé « le Rohan ».

Observez bien les mascarons : ils représentent les Quatre Saisons en deux séries différentes.
Sur les quatre fenêtres supérieures, la lecture se fait en partant de la gauche et verticalement alors que les ouvertures inférieures se lisent classiquement à l’horizontale et de gauche à droite. Pour plus de détails, voir le site de Brigitte Parent.

 
Strasbourg XVIIIe : maison bourgeoise42 – Maison bourgeoise
10, place du Marché-aux-Cochons-de-Lait

La maison a été reconstruite vers 176,5 dans le style Rococo strasbourgeois en vogue à l’époque, pour Joseph Philibert Perrot, marchand de liqueurs.
La façade donnant sur la place est ornée de deux mascarons : Flore, les cheveux ornés de fleurs au premier étage, et Mercure à casque ailé au deuxième.

Anecdote : A la fin du XVI° siècle, vivait à cet emplacement Wolfgang Schütterlin (1521-1612), marchand de bois, qui fut élu Ammeister à quatre reprises. Doté d’une réputation inaltérable de bon sens, d’un jugement sans faille, et d’une mémoire prodigieuse, il fut pendant un demi-siècle un conseiller hors pair dans toutes les questions délicates touchant la cité. Véritable patriarche, marié deux fois, il eut 17 enfants et compta de son vivant jusqu’à 109 petits-enfants, 106 arrière-petits-enfants et 2 arrière-arrière-petits-enfants (source : Seyboth – Strasbourg historique et pittoresque)

 
Strasbourg XVIIIe : maison d'artisan43 – Maison d’artisan
3, place du Marché-aux-Poissons

Cette maison semble avoir été reconstruite au début du XVIII° siècle mais elle garde des survivances de la Renaissance : voyez l’encorbellement supporté par une console ornée d’un masque d’homme moustachu dans un décor végétal du XVII° siècle.
Par contre, le toit brisé à la Mansart est bien une nouveauté du XVIIIe siècle.
Strasbourg XVIIIe : maison d'artisan
Remarquez le nom de la place gravé dans la pierre : saviez-vous que ce nom ne prévaut que depuis la moitié de XIXe siècle ?
En effet, au XVIe siècle, tout le quai entre les Grandes Boucheries et l’actuelle rue de Rohan servait de dépôt à bois, d’où le nom de Holtzmarck, marché au bois. C’est au même endroit que se tient, à partir du XVII° siècle, le marché aux herbes ou aux choux qui lui donne le nom de Krautmarck. Dans la première moitié du XIX° siècle, la place était officiellement appelée place de la Grande Boucherie, tout comme le marché aux Cochons de lait.
La halle au gibier et au poisson construite en 1812 à l’angle de la rue de Rohan donne à la place le nom de Neuer Fischmarckt, Nouveau marché aux Poissons. Source : maisons de Strasbourg

 

Strasbourg XVIIIe : maison "Au Blaireau"44 – Maison dite « Au Blaireau »
2, place du Marché-aux-Poissons

A la fin du XIII° siècle, une maison est mentionnée à cet endroit sous le nom de « Domus ad nasum in aqua » (la maison au nez dans l’eau), qui deviendra « Zum langen Nasen »(au long nez) au XVIIIe siècle.

On ne sait que peu de choses des transformations successives mais on estime qu’il y a eu des remaniements importants dans les années 1720-1730.
Comme sa voisine du n°3, elle a conservé des survivances Renaissance (les encadrements et moulurations des fenêtres au 1er étage) tout en introduisant des nouveautés, comme les fenêtres cintrées du 2e étage et le toit à la Mansart. Source : les balades Strasbourgeoises)

 

Strasbourg XVIIIe : maison du négociant Zollikhoffer45 – Maison du négociant Zollikoffer
4, place du Marché-aux-Poissons

Cette maison a subi bien des transformations et présente deux façades assez différentes, l’une donnant sur la place et l’autre donnant sur l’Ill.

En 1747, Jacques Christophe Zollikoffer, un riche négociant, avait acheté une maison construite en 1732 pour Jean Balthasar Bischoff : elle donnait sur la place et son jardin donnait sur l’Ill.
Son fils, Simon Zollikoffer, négociant lui aussi, construira sa propre maison, en 1756, sur le jardin de son père. Après la mort de celui-ci, en 1774, le fils Simon réunit les deux propriétés.
Gustave Adolphe Hummel se rendra propriétaire exclusif de la maison en 1847 et procèdera à des travaux importants, reconstruisant la façade donnant sur la place et surélevant le tout.

La façade donnant sur l’Ill présente un riche décor rocaille. Le rez-de-chaussée et les deux premiers étages sont parementés de grès et ornés de fausses clés sculptées. Le troisième étage ajouté au XIXe siècle est crépi.
Dix mascarons viennent agrémenter l’ensemble : les Quatre parties du monde au rez-de-chaussée, les Quatre saisons et Mercure au 1er étage, et enfin Neptune au 2e étage (voir le site de Brigitte Parent pour le détail).

 

Strasbourg XVIIIe : portail du Poêle de la Fleur46 – Portail du Poêle de la Fleur
2, rue de Rohan

Du XIV° siècle jusqu’en 1791, la corporation des Bouchers avait son Poêle dit « A la Fleur » au n°19, rue des Bouchers. La porte d’entrée était décorée d’une fleur sculptée dans la pierre et le bâtiment renfermait une écurie pour 120 chevaux.

Les Balades Strasbourgeoises font remonter sa date à 1722, et lui attribuent un style classique d’époque Louis XIV.

Lors des travaux de la Grande percée en 1933, le bâtiment du Poêle fut démoli mais son portail d’entrée fut conservé et remonté ici en 1953, comme le signale une plaque en grès.

 

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