Stockholm : Djurgården

Stockholm : Djurgården

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Son nom officiel, Kungliga Djurgården, signifie littéralement « Parc Royal des animaux ».

Djurgården est une oasis en plein coeur de la capitale.
L’île fait partie de l’Ekoparken, le premier parc national urbain au monde, institué par le Parlement suédois en 1995. Cette réserve naturelle s’étend sur 26 km², de Djurgården dans le centre, jusqu’à Fjäderholmarana à l’est et Hagaparken au nord.
Immense domaine de chasse royal dès le XVIe siècle, l’île fut transformée en parc d’agrément au XVIIIe siècle, jusqu’à devenir aujourd’hui « l’île aux loisirs », offrant un mélange de nature, de culture et de distractions.
Autant dire que vous pouvez passer plusieurs jours sur Djurgården sans vous ennuyer.
Nous avions prévu d’englober Skeppsholmen (qui fait aussi partie de l’Ekoparken) dans ce circuit, mais la journée hivernale fut bien trop courte pour un programme aussi ambitieux !

 

Distance : 12,6km – Temps approximatif de parcours : 3h30 sans les arrêts (prévoyez une journée complète sur Djurgården)

 

 

L’île est aisément accessible depuis le centre-ville, soit à pied, soit en bateau à partir de Nybrokajen ou Gamla Stan/Slussen. Vous pouvez aussi prendre le tram place Sergels Torg ou le bus.

Si vous avez vraiment envie de vous faire plaisir, vous utiliserez
– à l’aller, le tramway historique (appelé Djurgårdslinjen), qui part de Norrmalmstorg et va jusque Waldemarsudde, en passant par les musées. Attention cependant : ce tram ne circule pas en hiver
– au retour, le ferry qui part de Allmäna Gränd (près du parc d’attractions Gröna Lund), s’arrête à Skeppsholmen, avant de vous débarquer à Slussen, au sud de Gamla Stan. Le ferry circule toute l’année

 

Djurgarden : Nordiska museet

 

En ce 4 janvier, nous avons opté pour la marche à pieds « intégrale », le temps s’y prêtant merveilleusement bien.
Nous arrivons du centre ville par Strandvägen, il est déjà 10h du matin, le soleil se lève tout doucement et le Nordiska Museet apparait dans toute sa splendeur.

 

 

Djurgarden : djurgardsbron

 

Le soleil matinal met en valeur les magnifiques bâtiments qui bordent Strandvägen.
Le pont menant à Djurgården, Djurgårdsbron, existe depuis 1661 mais celui que nous connaissons aujourd’hui date de 1896 : il a été construit en vue de l’Exposition de l’Art et de l’Industrie, qui s’est tenue sur l’île en mai 1897.
Les quatre piles de granit, aux extrémités du pont, sont surmontées par des dieux de la mythologie nordique : côté Strandvägen, ce sont Heimdal (le gardin) et Frîja (l’épouse d’Odin) qui accueillent le passant, tandis que du côté opposé nous reconnaissons Thor avec son célèbre marteau, accompagné de Freyja, déesse de l’Amour et de la Fécondité.

 

Djurgarden : Nordiska museet
Avant d’entamer notre périple, nous faisons un tout petit crochet pour mieux voir l’imposant bâtiment du Nordiska Museet.
Construit en 1907, dans le style Renaissance suédoise, il a été fondé à l’initiative d’Artur Hazelius, également fondateur de Skansen (voir plus loin). Dès 1872, celui-ci commença à rassembler des objets de l’univers agricole nordique ancien.
Ce musée des arts et traditions populaires suédoises permet de mieux appréhender ce que fut la vie des Suédois au fil des siècles, au travers de plus d’un million et demi de pièces : vêtements, bijoux, meubles, jouets, objets du quotidien, etc.
Sa visite n’est pas à l’ordre du jour, par manque de temps.

 

Djurgarden : bla porten

 

 

Après avoir traversé le pont Djurgårdsbron, prenez à gauche, vous passez sous le Blå Porten (le portail bleu), qui reproduit l’un des nombreux portails bleus qui ponctuaient l’enceinte de 20km de l’ancienne réserve de chasse royale.
La grille actuelle, dressée en 1849, s’orne du monogramme d’Oscar Ier. Elle a été rénovée en 2010

 

 

Djurgarden : villa Lusthusporten

 

Très rapidement, sur notre droite, nous apercevons une belle propriété : Villa Lusthusporten.
En 1873, un riche marchand fit l’acquisition du terrain qui abritait une auberge, détruite par le feu en 1869. Il se fit construire une petite maison dans le style italien. Vendue en 1898, la maison sera remaniée dans le style néo-baroque, avec un décor Art-Nouveau, à la mode à cette époque.

 

Djurgarden : villa Lusthusporten, les dépendances

 

 

En 1940, la Villa Lusthusporten a été donnée à la fondation du Musée nordique : l’Institut de recherche sur le folklore s’y est installée, entre autres.
Le bâtiment est un monument national

La propriété est très vaste, avec ses beaux logements de fonction et ses écuries.

 

 

Djurgarden : kaknastornet

La tour que nous aperçevons au loin est le centre majeur des télévisions, radios, et émissions satellites Suédoises. L’édifice, dessiné par les architectes Hans Borgström et Bengt Lindroos, fut achevé en 1967 après quatre années de travaux. Il appartient à la compagnie nationale suédoise de diffusion Teracom mais il est ouvert au public : un magasin de souvenirs et un restaurant cotoient des bureaux d’observations intérieurs et exterieurs.
La vue de Stockholm du haut des 155 m que mesure la tour (antenne comprise) est époustouflante !
Son nom, Kaknästornet, est tiré du village médiéval de Kaknäs qui se trouvait non loin d’ici.

 

 

Djurgarden : skanska gruvan

 

Ce curieux bâtiment abrite aujourd’hui un café (Helin & Voltaire) et il faut bien chercher pour trouver son « vrai » nom qui est Skånska gruvan (« la mine de fond de Scanie »).
Il a été construit pour l’exposition de Stockholm de 1897. Il présentait alors la réplique d’une mine de fond de Scanie (la région la plus méridionale de Suède), ce qui a attiré jusqu’à 70 000 visiteurs. Elle a été démontée par étapes dans le courant du XXe siècle, et il n’en reste aujourd’hui aucune trace.
A la fin de l’exposition, le bâtiment sera offert à Skansen (le musée de plein air que nous visiterons un peu plus tard dans la journée) et restera ouvert au public jusqu’en 1924. Ravagé par un incendie en 1977, il n’a été reconstruit qu’à partir de 1999 : ce n’est donc pas le bâtiment original que nous voyons aujourd’hui.

 

Djurgarden : Rosendal, le chateau
Nous restons sur Rosendalsvägen pour arriver au château Rosendal, la résidence d’été de Jean-Baptiste Bernadotte, devenu roi de Suède sous le nom de Karl XIV Johan. Blotti dans une clairière, cet élégant édifice néo-classique a été conçu par Fredrik Blom, et construit dans les années 1820. L’édifice fut un des premiers bâtiments préfabriqués de Suède.
La pâle et sereine façade cache des intérieurs colorés, chaleureux et séduisants. C’est le plus bel exemple du style Empire suédois, appelé ici « style Karl Johan ».
Le château a été transformé en musée dédié à la famille Bernadotte.
Nous visiterons le vaste domaine (et notamment les jardins) plus tard. Pour l’heure nous nous redirigeons vers le sentier qui longe la baie.

 

Djurgarden : Rosendals iskallare

 

En arrivant près de l’eau, un bâtiment nous surprend : que vient faire un temple grec ici, en Suède ? Notre curiosité est rapidement satisfaite car un panneau explicatif nous apprend que nous sommes devant les Rosendals iskällare, autrement dit, les caves de glace du chateau de Rosendal.
Conçu par l’architecte qui a créé le chateau, Fredrik Blom, il s’agit d’un réfrigérateur/congélateur avant l’heure : c’est ici qu’étaient stockée la nourriture et la boisson pour les représentations royales du château.

 

Djurgarden : Rosendals iskallare

 

En janvier-février, des blocs de glace étaient prélevés dans la baie, et transportés dans le iskällare, parfaitement isolé. A partir de mars, quand toute la glace était en place, on y entreposait les boissons et les aliments. Ainsi, pendant l’été, le chateau disposait de boissons froides et d’aliments réfligérés. En automne, quand toute la glace avait fondu (des canaux d’écoulement étaient prévus), la cave était séchée à l’air libre et pouvait ensuite être utilisée comme garde-manger pour les produits du jardin de Rosendal.
On peut constater que, même au XXIe siècle, l’eau gèle encore en hiver dans cette baie. Mais si l’on en croit les photos d’époque, cela n’a rien à voir avec l’impressionnante couche qui se formait alors : à l’époque, on allait sur ce bras de mer avec des traineaux tirés par des chevaux pour chercher les énormes bloces de glace !

 

Djurgarden : sur rosendalsvagen

Nous sommes maintenant sur « De Besches väg » : marcher le long de Djurgårdsbrunnsviken (le nom de ce bras de mer) est un enchantement. Cette baie est très prisée en été pour la baignade et des balades en canoë (qu’on peut louer chez Djurgårdsbrons Sjöcafé, tout près du pont que nous avons traversé pour venir).

La baie a été utilisée pour la plongée, la natation, les épreuves de water-polo et les compétitions d’aviron lors des Jeux olympiques d’été de 1912. Des compétitions s’y déroulent encore de nos jours.

 

Djurgarden : djurgardsbrunnsbron

 

Au XIXe siècle, tous les ponts de Stockholm étaient du type « pont tournant »
Celui-ci, Djurgårdsbrunnsbron, est le seul exemplaire qui subsiste à Stockholm mais il n’a plus été utilisé depuis 1966. Il permet de relier Djurgården nord et Djurgården sud.
Le nom Djugårdsbrunn fait référence à une source d’eau minérale découverte ici en 1690 mais abandonnée dans le milieu du 18ème siècle.

 

 

Djurgarden : le canal
En même temps qu’il a fait construire le château de Rosendal, le roi Charles XIV a pris la décision de faire creuser ce canal, de 1km de long, reliant l’archipel à la baie de Djurgårdsbrunnsviken. Il sera achevé en 1834.
Il devait permettre aux navires de faible tonnage (au maximum 9,5 mètres de large et 2,1 mètres de profondeur) de relier plus facilement le centre de Stockholm.
Mais il y avait aussi une raison esthétique à sa construction, bien sûr : rien de plus agréable que de marcher le long du canal, jusqu’à l’endroit où il se jette dans la mer. En vous arrêtant sur le ponton de Isbladskärret Fen, vous pourrez observer les nombreux oiseaux qui ont été domicile dans cet endroit bucolique, tels les hérons, les fuligules milouins, les sarcelles, les poules d’eau, les canards, les grèbes,…
En été, le canal est pris d’assaut par les innombrables bateaux touristiques.

 

Djurgarden : campus manilla
Au lieu de longer le canal, nous bifurquons dans Manillavägen pour atteindre la côte sud de l’île.
Manillaskolan a, jusqu’en 2013, abrité un institut pour enfants aveugles, sourds et muets, fondé en 1809 par Pär Aron Borg, qui était un autodidacte dans le domaine. Les élèves ont appris à lire et à écrire. Borg a utilisé un alphabet manuel et la langue des signes, en s’appuyant sur les théories de l’Abbé de l’Epees concernant l’éducation des sourds. C’est devenu le fondement de la langue des signes d’aujourd’hui. En 2013, l’institut a été transféré sur Kungsholmen.
La fondation Carpe Diem s’y est alors installée, proposant une enseignement fondé sur le modèle éducatif de Fredrikshovs slotts skola, qui met l’accent sur les mathématiques, les sciences et les échanges internationaux.
Le lieu s’appelle désormais « Campus Manilla »

 

Djurgarden : villa au bord de l'eau

 

Nous longeons la baie de Saltsjön , qui relie l’archipel au centre-ville de Stockholm. Elle peut accueillir des gros bateaux et la majeure partie des lignes de ferry passent à travers elle. Saltsjön est relié au lac Mälaren à travers Norrström, par Karl Johanslussen à Slussen et par le biais de Hammarbyslussen et Hammarbyleden.
La plupart des maisons qui longent la rive possèdent leur propre ponton, souvent aménagé en une sorte de « terrasse d’été ».

 

Djurgarden : vue sur Sodermal, Sofia kyrka

 

Sur la rive opposée, nous voyons un des ferries de Viking Line, compagnie qui propose des traversées quotidiennes entre la Finlande, les îles Aland et la Suède, tout comme entre la Finlande et l’Estonie.
A l’arrière plan, nous aperçevons Sofia Kyrka, sur Södermalm.

 

 

Djurgarden : Waldemarsudde
Waldemarsudde était la demeure du prince Eugène (1865-1947), 4e fils du roi Oscar II et de la reine Sofia, et frère cadet du roi Gustaf V.
Il montra très tôt des talents artistiques certains : il voulut être peintre avant d’être Bernadotte, et il le devint, malgré son milieu et les réticences familiales. Il était considéré comme l’un des peintres paysagers les plus éminents de sa génération.
Il se fit construire cette maison en 1905 ; une galerie sera ajoutée quelques années plus tard car le prince Eugène collectionne les oeuvres d’art et se montre un mécène généreux pour la génération suivante.
A sa mort, en 1947, le prince lègue la propriété et la collection à l’état suédois. L’ensemble est aujourd’hui un musée. Les oeuvres du prince, et de ses amis, ainsi que sa collection personnelle (peintres et sculpteurs nordiques) témoignent du monde artistique des pays nordiques au début du siècle.

 

Djurgarden : Waldemarsudde

 

Dans le petit parc autour du palais, qui descend en terrasse jusqu’à la mer, on peut admirer des sculptures de Rodin, Bourdelle, Carl Milles et Per Hasselberg.
Le moulin qui domine le jardin est un moulin à huile de lin, contruit en 1784 : c’est une rareté historique, il n’en reste plus que 5 de ce type à travers le monde ! Il n’a plus ses ailes mais il est bien préservé.
Il apparait sur de nombreuses toiles du prince, qui le représente déjà sans ses ailes.
La dernière restauration du moulin date de 2010

 

Djurgarden : ambassades

 

Nous revenons vers l’intérieur de l’île pour visiter le domaine de Rosendal, et notamment ses jardins. En passant, nous remarquons le drapeau italien qui flotte sur une bien belle demeure : il s’agit de l’ambassade d’Italie à Stockholm, qui s’est installée à Djurgården, un peu à l’écart du « quartier des ambassades » (situé plus au nord, de l’autre côté de Djurgårdsbrunnsviken, le bras de mer que nous avons longé au début de notre balade).

 

 

 

Djurgarden : Rosendal, l'orangerie
Rosendal a été créé par Jean-Baptiste Bernadotte (devenu le roi Karl XIV Johan) qui a transformé le terrain en jardin à l’anglaise.
Mais c’est grâce à sa bru, la reine Josephina (épouse d’Oscar I) que les jardins de Rosendal se développeront au XIXe siècle. Elle collabora avec une association de jardiniers pour installer les premières plantations et serres.
L’Orangerie construite en 1848 domine les plantations. Elle n’abrite plus aucune plante exotique de nos jours : elle a été transformée en une maison privée.

La Fondation des Jardins de Rosendal, créée en 1982, exploite et entretient ce superbe lieu. Ici, tout est « bio »

 

Djurgarden : Rosendal, les jardins

 

Les jardins de Rosendal comportent un verger avec 400 pommiers, des poiriers, des pruniers et des cerisiers. À gauche du verger il y a une plantation de légumes et un parterre de fleurs où vous pouvez composer vous-même votre bouquet. La boutique vend les légumes fraîchement cueillis.
Vous pourrez aussi y acheter du bon pain, et déguster gâteaux et viennoiseries apréciés de tous : le café de Rosendal est l’endroit favori des stockholmois pour un fika (une tradition suédoise proche de la « pause-café ») le dimanche.

 

Djurgarden : Rosendal, un grand domaine

 

 

Le domaine de Rosendal est vaste et les jardins (Rosendals Trädgård) sont vraie une petite oasis dissimulée au coeur de Djurgården.
Au Rosendals Trädgårdcafé, il est ainsi possible de s’aseoir sous un arbre pour écouter le chant des oiseaux tout en se régalant du buffet de salades confectionnées avec les légumes bio du jardin et accompagnées de pain maison. Il parait que c’est un régal pour les yeux et la palais. Nous n’avons malheureusement pas pu y goûter car il n’est ouvert qu’en été et en décembre.

 

 

Djurgarden : Skansen, entrée

 

 

Skansen est le premier musée en plein air au monde ; il a été fondé en 1891 par l’ethnographe Artur Hazelius, qui craignait que l’industrialisation galopante du XIXe siècle n’aboutisse à la disparition de la culture populaire traditionnelle. Il entreprit, dès 1870, un vaste travail de collecte d’objets en provenance de l’univers agricole nordique ancien

 

 

Djurgarden : Skansen, intérieur d'une maison

 

La plupart des 160 maisons et fermes qui ont été regroupées là, en provenance de tous les coins du pays, datent du XVIIIe, du XIXe et du XXe siècle. Elles illustrent ce que fut la vie des paysans, des artisans, de la noblesse terrienne.

 

 

 

Djurgarden : Skansen, intérieur d'une maisonDjurgarden : Skansen, intérieur d'une maison

 

Des hôtes en costumes d’époque vous accueillent, prêts à évoquer (en suédois ou en anglais) la vie d’autrefois dans la demeure que vous visitez.

 

 

Lorsque vous pénétrez sur le site, un plan vous est remis. Vous pourrez cependant télécharger le plan sur le site de Skansen . C’est ce que nous vous conseillons de faire, afin de préparer au mieux votre visite, car le site est vaste (300 000 m2) et l’on a vite fait de passer à côté de l’essentiel, surtout si vous n’avez prévu d’y consacrer que 2 ou 3 heures.

 

Djurgarden : Skansen, ferme AlvrosDjurgarden : Skansen, intérieur d'une maison
La ferme d’Älvros fait partie des incontournables : elle date des XVIe et XVIIe siècle et vient de Häjedalen, dans le nord de la Suède. Elle se compose de plusieurs bâtiments, faits de rondins de bois et couverts d’écorce de bouleau et de bois. Chacun a une fonction spécifique. Ainsi, vous verrez que la forge et le sauna ont été construits derrière la maison d’habitation, mais à ubonne distance de la ferme afin de minimiser le risque d’incendie. Malgré son nom, le sauna n’était pas destiné aux habitants du lieu, mais pour sécher le lin, le maïs et la viande. A côté de la forge, il ya une petite maison de jeux pour les enfants.
Même le magnifique entrepôt du XVIe siècle a été placé à une certaine distance de la ferme en raison du risque d’incendie. Car c’est là qu’étaient stockées les possessions les plus précieuses possessions de la ferme, à l’abri de murs épais et de solides serrures.
La ferme d’Älvros fait partie des bâtiments de Skansen qui accueillent les visiteurs toute l’année.
En ce début janvier, nous avons pu partager un après-midi d’hiver tranquille, au coin du feu, à écouter la musique des uns, tandis que les autres tricotaient.

 

Djurgarden : Skansen, boulangerie

 

A l’est de la ferme d’Älvros il y a une boulangerie (Bagarstugan). Le Fournil a été principalement utilisé pour cuire ce qui constituait un aliment de base dans le nord de la Suède : le pain mince, sans levain.
Voyez sur la photo les rouleaux à patisserie typiques.
Après avoir assisté à la démonstration, place à la dégustation !

 

 

Djurgarden : Skansen, eglise de seglora
L’église de Seglora est un autre incontournable : construite entièrement en bois, elle date de 1729, et vient de Västergötland. Elle a été transportée à Skansen en 1916. Les murs et le toit sont recouverts de bardeaux de chêne, enduits d’un mélange fait de goudron et de peinture rouge traditionnelle.
Tous les dimanches et jours de fête, un office y est célébré à 11h et durant l’été, ceux qui le souhaitent peuvent assister à la prière du soir.
Elle sert aussi de cadre à des baptêmes et des confirmations ; et puis surtout, se marier dans cette église est très chic à Stockholm !
Certains soirs d’été, elle sert aussi de cadre à des concerts de musique.

 

Djurgarden : Skansen, eglise de seglora
A l’intérieur, on remarquera le retable, peint en 1780, ou la chaire, qui provient d’une église précédente, datée de 1700. On admirera aussi la voûte peinte du plafond ou encore la tribune de l’orgue d’origine, bien préservée et joliment décorée. Mais faites aussi attention à des détails plus insolites, telle la grande horloge placée à gauche de l’autel : elle servait au prêtre à respecter son temps de « prêche ». Avant cela, il utilisait … un sablier.
Faites attention à la longue tige qui se trouve sous le porche. Il parait qu’elle était utilisée par le sacristain pour réveiller ceux qui s’étaient endormis pendant le sermon !…
Tous les paroissiens avaient leurs places assignées dans l’église, les femmes à gauche de l’allée et les hommes à droite. Cherchez bien : au niveau du banc 9, sur le côté droit, il y a un petit panneau qui indique qu’il était réservé aux gens des fermes Seglered et Åhrebo.

 

 

djurgarden : skansen, campement sami
Samvistet (le campement Lapon) invite le visiteur à connaitre un peu mieux ce peuple qui vit dans l’extrême nord du pays, son territoire s’étendant sur le nord de la Scandinavie et de la FInlande, ainsi que sur la péninsule de Kola, en Russie.
Eleveurs de rennes, peuple nomade, les Same suivaient les déplacements de leurs troupeaux, vivant sous des tentes en été et dans des huttes de tourbe plus solides durant la saison froide.
Cette hutte date des années 1930 : elle possède une fenêtre, une grande porte d’entrée et même une cheminée (alors que les huttes « de base » laissaient simplement s’échapper la fumée du foyer central par une ouverture aménagée dans le toit)
De nos jours, la hutte traditionnelle n’est plus guère utilisée, la majorité des Sames ayant adopté un mode de vie et d’habitat sédentaire.
Pour en savoir plus sur les Sames, cliquez ici
djurgarden : skansen, campement sami

 

Non, ceci n’est pas une hutte Same sur pilotis !
Vivres et vêtements devaient être protégés contre les rongeurs et les ours : quelle meilleure façon de se prémunir des agissements de ce petit monde que de placer les « magasins » en hauteur ?

 

 

Djurgarden : Skansen, Skogaholm manor

 

Le manoir de Skogaholm, typique de la Suède centrale, est un bel exemple du style gustavien. Ici vivait une famille noble.
Le corps de logis a été construit dans les années 1680 et vient de Skogaholm, dans le Närke : les murs étaient alors peints en rouge et les fenêtres étaient petites, garnies de vitraux. L’aspect actuel date d’une rénovation entreprise dans les années 1790, au cours de laquelle les fenêtres ont été agrandies et les murs ont été recouverts d’un crépi jaune.

 

Djurgarden : Skansen, Skogaholm manor

 

Les deux ailes, construites vers 1700, proviennent d’une propriété du Småland : l’aide ouest comprend, entre autres, 5 chambres d’amis et une bibliothèque contenant 2000 volumes, tandis que l’aile de droite abrite la cuisine et des pièces destinées aux domestiques.
Le jardin d’époque est toujours entretenu. Il est complété par un potager, un petit verger, un petit parc à la française et un autre à l’anglaise.
En été, la propriété est bien évidemment « habitée » et vous pourrez converser avec le baron, la baronne et leurs enfants …

 

Djurgarden : maison de soldat
Cette petite maison n’est pas un incontournable mais une curiosité : c’est une fermette de soldat (soldattorpet).
Entre 1682 et 1901, les fermiers pouvaient être déchargés du poids de la conscription sous condition de payer les frais d’entretien permanent d’un milicien professionnel. Le soldat-paysan, généralement un jeune homme pauvre, recevait du fermier le logement, la nourriture, les vêtements et 100 dalers de cuivre par an. Si le paysan de la Couronne ne pouvait pas loger le soldat, il devait lui construire à ses frais une petite maison en bois avec des instruments aratoires, lui fournir le foin et lui céder une parcelle de terre à cultiver. Pendant les absences du soldat (une fois par mois pour l’exercice de la compagnie et quinze jours une fois par an pour le régiment, ou encore en temps de guerre) le fermier devait cultiver avec soin la terre du milicien.

 

Djurgarden : Skansen, rue des artisans

Le quartier urbain de Skansen donne une idée de l’aspect d’une ville suédoise entre le 18 ème et 20 ème siècle. Ses bâtiments viennent pour la plupart de Södermalm, quans une grande partie des anciens bâtiments fut démolie, dans les années 1930. Ateliers et logements se côtoient.
On trouve ici une épicerie, une boulangerie, un atelier de soufflerie, une poterie, une menuiserie, un atelier d’imprimeur, un tôlier et d’autres petites boutiques.
Le site de Skansen est très bien fait … en suédois car seul l’essentiel a été traduit en français.
Mais, rien que pour les images, allez voir la page consacrée aux différents corps de métiers qui sont représentés ici

 

Djurgarden : Skansen, renne
Toute la faune scandinave est représentée dans le parce zoologique de Skansen : vous y verrez des lynx, des loups, des gloutons (wolverine), des ours bruns, des bisons, des élans, des rennes, etc
Les rennes ont bien évidemment été placés près du camp des Sami car Skansen se veut aussi représentatif que possible de la vie suédoise d’antant.
Voilà pourquoi tous les animaux existant dans les fermes du passé sont également représentés à Skansen. Ici vous trouverez les poulets « fleuris »(blommehöns), les porcs «de Linderöd», les oies et les canards, des poulets, des chevaux et des vaches, des moutons et des chèvres.
Le parc a également pour vocation de préserver les races menacées.
Toujours dans la version suédoise du site du parc, vous pouvez visionnez quelques petits films très courts consacrés à certains d’entre eux.

 

Djurgarden : vue sur Nordiska museet

 

Du haut de la colline sur laquelle a été bâtie Skansen, nous bénéficions d’une vue magnifique sur le Musée Nordique créé, rappelons-le, par Arthur Hazelius, le fondateur de Skansen.La lumière décline déjà doucement en ce 4 janvier 2015.
Et c’est sans avoir tout vu, loin de là, que nous quittons ce magnifique endroit car nous ne voulons pas quitter Stockholm sans avoir visité le musée Vasa ; or celui-ci ferme ses portes à 17h00.

 

Djurgarden : villa Lusthusporten

 

Nous passons à côté de la Villa Lusthusporten, que nous avons aperçue tout au début de notre périple.
Nous sommes à Lejonslätten, littéralement « la plaine aux lions ». Ce nom vient du temps où des lions de combat étaient dressés ici pour satisfaire la demande royale. Jusqu’en 1792, en effet, des lions et des ours menaient un combat à mort pour le plaisir de la cour.
De nos jours, ce quartier aux grandes richesses culturelles abrite de nombreux musées.

 

 

Djurgarden : musee vasa
Le Vasa … Ce devait être le plus puissant navire de guerre qui ait jamais existé jusqu’alors : la construction de ce chef-d’oeuvre, aussi richement décoré que lourdement armé, dura 3 ans. Mais son existence fut des plus brèves : le jour de son voyage inaugural, le 10 août 1628, il chavira et coula à pic après n’avoir effectué que 1300m.
L’épave ne fut renflouée qu’en 1961, après avoir passé plus de 3 siècles au fond de la Baltique : il était dans un état de conservation exceptionnel.
Le musée devant lequel nous nous trouvons a été spécialement conçu pour l’abriter. D’une architecture très particulière, qui se fond dans le décor, il est coiffé d’un grand toit en cuivre aux tons gris-vert, avec des mâts stylisés qui représentent la hauteur réelle du Vasa, entièrement gréé.
Cliquez ici pour connaitre l’histoire du Vasa telle que présentée par le site du musée ou ici pour avoir tous les détails.

 

Djurgarden : le Vasa

 

L’entrée du musée se fait au niveau du 4e étage : il y en a 6 en tout, chacun d’eux permettant de faire le tour du bateau. L’observer du rez-de-chaussée jusqu’aux étages supérieurs, permet d’en apprécier tous les détails et de s’impreégner peu à peu de son histoire peu commune, depuis sa construction, son naufrage, jusqu’à son sauvetage.
La maquette, à l’échelle 1/10e, nous montre le Vasa avec tous ses gréements et sa voilure déployée : c’était l’un des plus gros navires, l’un des plus lourdement armés de son temps, chargé de centaines de sculptures, toutes peintes de couleurs vives.

 

Djurgarden : le Vasa, la poupe
On lit souvent que les effigies et ornements sculptés du Vasa servaient de propagande de guerre, Gustav II Adolf voulant exprimer au monde sa puissance et son ambition.
Mais les ornementations ne furent pas uniquement destinées à impressionner les observateurs. Les gens, qui vivaient au XVIIème siècle, à une époque ou religions et croyances avaient une importance plus grande qu’actuellement, pensaient qu’il était indispensable de décorer un vaisseau avec des symboles magiques ainsi qu’avec des images d’esprits ou de dieux, afin d’apaiser les dieux des éléments et donner avantage contre l’ennemi.
La plus grande concentration de sculptures se trouve à l’arrière du Vasa. Voyez les armoiries du royaume de Suède, tenues par deux lions magnifiques, surmontées de la couronne royale : la sculpture entière, de 3.20 mètres de large et de 2 mètres de haut, était recouverte de feuilles d’or et peinte en divers endroits.
Cliquez ici pour en savoir plus sur les sculptures du Vasa.

 

 

Djurgarden : le Vasa, le lion de proue
Les sculptures sont taillées dans du chêne, du pin ou du tilleul, et beaucoup des plus grosses pièces, comme l’immense lion de la figure de proue, qui mesure plus de trois mètres, se composent de plusieurs parties sculptées individuellement et ajustées à l’aide de boulons
Voyez la position d’attaque de l’animal, prêt à sauter sur sa proie, les muscles tendus. Entre ces pattes avant il tient un écusson ovale de la dynastie des Vasa qui montre une gerbe de blé surmonté d’une couronne.
Le lion est un symbole héraldique de la Suède et l’écusson avec la gerbe un symbole du bateau. La figure de proue était à l’origine dorée.

 

 

Djurgarden : le Vasa, les latrines
Les expositions installées tout autour du vaisseau racontent l’histoire du Vasa et de son époque. De plus, des explications sont fournies en plusieurs langues (dont le français) pour que le visiteur comprenne ce qu’il voit.
Ici, l’attention est attirée vers les latrines, installées sur la plate-forme de poulaine : ce sont les deux structures de forme carrée qui se trouvent de chaque côté du beaupré. Du côté tribord il y a encore des vestiges mineurs du siège original.
Deux latrines pour l’ensemble de l’équipage !!
Le plancher de la poulaine était constitué de claies, ce qui permettait à l’eau de mer de venir nettoyer « naturellement » les latrines. Autant dire que l’endroit était dangereux par gros temps …

 

 

Conseils : regardez le film de 17 mn que propose le musée (il est proposé en plusieurs langues, dont le français : les horaires sont affichés à l’accueil). Si vous êtes pressé, participez à une visite guidée autour du navire (elle dure 25m), sinon prévoyez un minimum de 2 heures : l’endroit en vaut la peine !

Vous pouvez aussi regarder l’excellent documentaire réalisé par ARTE avant de partir à Stockholm :
* Stockholm 1628, l’aventure du Vasa : 1ère partie
* Stockholm 1628, l’aventure du Vasa : 2ème partie

 

Il y aurait encore tant de choses à faire, à voir, à Djurgården ! Mais la nuit tombe très vite en hiver, ce qui nous contraint à quitter l’île vers 17h, à la sortie du musée Vasa.
Assurément, il y a de quoi occuper une très longue journée d’été à Djurgården !

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