Site archéologique Zak T’Zii

Site archéologique Zak T’Zii

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Accompagnés d’un guide autochtone, nous nous enfonçons dans la jungle Lacandone, à la rencontre d’un site archéologique récemment découvert, Zak T’Zii.
C’est une expérience hors du commun de découvrir ainsi, quasiment en « avant-première », des vestiges qui présentent bien des particularités comme nous le verrons.
Ici, il n’est pas question de venir seul : aucune route n’y mène et vous êtes en territoire Lacandon.

 

Zak T'Zii : rio Poop Chan

Nous longeons le rio Poop Chan, que nous avons déjà croisé aux cascades de Las Golondrinas. Voyez sa merveilleuse couleur vert jade.

 

Zak T'Zii : rio Poop Chan

 

Une jolie « passerelle à touristes » nous permet de traverser le rio les pieds au sec.

 

 

Zak T'Zii : Poza Poop Chan

 

 

Nous voilà arrivés à la poza (l’étang) qui donne son nom à la communauté qui vit ici (Campamento Poza Poop Chan).

On peut s’y baigner en toute sécurité car l’eau est parfaitement limpide, nous affirme le guide, nous montrant la rivière qui se déverse dans la cuvette en amont.

Zak T'Zii : dans la forêt

 

 

Une photo de Rodolfo, qui a grandi dans cette forêt, et de notre guide local, dont personne ne devinerait qu’il fait partie de la communauté Lacandone.
Rodolfo nous expliquera que lui aussi, quand il était jeune, s’était fait couper les cheveux : c’était pour lui, à l’époque, un geste d’émancipation. Finalement, il les a fait repousser car cela fait partie de ce qu’il est : il est fier, maintenant, de ses origines lacandones.

 

Zak T'Zii : dans la forêt

 

 

En route, nous tombons sur un « autochtone » vraiment bien camouflé : mais rien n’échappe à l’oeil vigilant de nos guides. Le mimétisme est parfait, non ?

 

Zak T'Zii : dans la forêt
La nature est exhubérante mais tout est fait pour faciliter la marche des visiteurs.

Zak T'Zii : le site archéologique
Nous atteignons le but de notre petite expédition, Zak T’Zii, dont on pense qu’il fut un Centre Administratif et Cérémoniel important durant la période classique (300-900 AD).
Le premier édifice qui s’offre à nos yeux est une pyramide.
La pyramide Maya n’a rien à voir avec la pyramide égyptienne. En Egypte, les pyramides sont strictement des monuments funéraires, résidences  dans l’au-delà des Pharaons. Les pyramides mayas, elles, sont d’immenses superstructures soutenant des temples : la pyramide est le corps de l’édifice et le temple, au-dessus, sa raison d’être.
Elles sont construites par degrés, généralement 7, 9 ou 13 (chiffres qui correspondent aux nombres des Dieux, respectivement sur la terre, dans les ténèbres et dans le ciel). Je remarque tout de suite que le compte n’y est pas.

 

 

Zak T'Zii : le site archéologiqueZak T'Zii : le site archéologique

Rodolfo me fait remarquer que les bâtiments alentour ont l’air d’avoir été construits au niveau du sol environnant, ce qui n’est quasiment jamais le cas : généralement, ils possèdent leur soubassement, ou se le partagent comme sur une « acropole ». Il est donc fort probable que les autres degrés de la pyramide soient encore enfouis dans le sol.
Je me sens comme les premiers « découvreurs » : j’ai devant les yeux le fruit d’un travail vieux de 2000 ans, juste excavé de la jungle qui le cachait jusque là aux yeux du monde. C’est fascinant ! Je remarque le curieux toit percé de petites ouvertures : je n’ai jamais rien vu de semblable jusqu’ici.

 

Le guide, armé d’une lampe torche, nous montrera l’intérieur du bâtiment : nous sommes en présence de voûtes en encorbellement, élément caractéristique de l’architecture maya.

Zak T'Zii : le site archéologiqueZak T'Zii : le site archéologique

 

 

Alors qu’une vraie voûte est un assemblage de blocs en équilibre répartissant la poussée gravitationnelle en totalité sur les murs adjacents, la voûte maya est en fait une fausse voûte : les blocs de pierre de chaque mur sont superposés de manière à se rapprocher de plus en plus, jusqu’à presque se rejoindre au niveau de la couverture, qui consiste en une unique pierre plate.
La dernière dalle, placée au sommet des murs, ferme l’espace qui les sépare encore. Afin de faire tenir l’ensemble, le mortier est indispensable, comme on le voit bien ici.

 

 

Zak T'Zii : le site archéologique

 
Cette technique exige aussi des murs massifs, susceptibles de supporter ces hautes arches structurellement fragiles.
On peut se demander pourquoi les architectes Mayas n’ont pas imaginé la voûte en arc, qui leur aurait permis de construire des espaces intérieurs plus vastes.
Mais cette voûte ne leur permettait-elle pas de réaliser les édifices tel qu’ils les souhaitaient, satisfaisant pleinement leurs besoins ?
Il ne faut pas perdre de vue que, dans un temple maya, le prêtre entre en communication avec les dieux par la prière. Pour ce faire, il a besoin d’être seul, dans l’obscurité et perturbé par le moins de bruit possible.
L’exiguïté des pièces et l’épaisseur des murs semblent répondre idéalement à ces exigences.

Zak T'Zii : le site archéologiqueZak T'Zii : le site archéologique

 

 

Rodolfo prend le relais, pour nous montrer une foule de détails qui lui « parlent ». Il nous montre, entre autres, les différents types de voûtes qui laissent supposer qu’il y a eu des superpositions de constructions, comme cela se pratiquait couramment à cette époque.
Remarquez les racines de la végétation tropicale qui a pris possession des lieux. Il est parfois souhaitable de ne pas enlever trop vite les plantes qui se sont installées, sous peine de voir l’ensemble s’effondrer !

 

Zak T'Zii : le site archéologique

 

 

En ressortant du bâtiment, nous remarquons que son toit reste effectivement prisonnier d’une végétation qui s’est solidement arrimée aux pierres durant des siècles. Il faut donc prendre d’infinies précautions pour retirer les plantes une à une et consolider dans la foulée les interstices ainsi créés.
Rodolfo nous fait aussi remarquer les traces du stuc qui recouvrait l’ensemble des façades.

 

Zak T'Zii : le site archéologique
Zak T'Zii : le site archéologique

 

Ce stuc était peint, bien entendu. Rodolfo s’évertuera à nous montrer des vestiges que nos yeux de néophytes ne distinguent guère : gros soupir de sa part…
Mais quand il nous montre ce dessin, avec un infini respect pour le travail de ces hommes aux outils rudimentaires, nous ne pouvons que partager son admiration.

Zak T'Zii : le site archéologique

 

La cité maya n’est pas, comme une ville européenne, concentrée avec des maisons le long des rues. Son plan est en partie déterminé par les contraintes de l’environnement local. Ici, les bâtiments semblent assez éloignés les uns des autres, à moins qu’ils soient toujours enfouis sous des m3 de terre. En tout cas, le lieu a tout d’une « montagne sacrée ».
Les montagnes (ou collines) sont considérées comme les demeures des ancêtres – du moins ceux qui ont rejoint le ciel et qu’on ne manque donc pas de vénérer – et des puissances surnaturelles.
Les grottes  – que les montagnes abritent souvent au demeurant – sont tenues pour des « entrées » donnant accès à Xibalba, l’inframonde (les Ténèbres).
Aussi, les entrées des temples juchés sur leur pyramide répondent structurellement aux grottes des montagnes : elles sont des portails de communication avec le monde souterrain et les Ancêtres.

 

Zak T'Zii : le site archéologiqueZak T'Zii : le site archéologique

 

Il faut savoir que collines et montagnes – tout particulièrement celles qui abritent des grottes et des sources – demeurent toujours, de nos jours, des lieux sacrés pour les Mayas du Guatemala et du Mexique.

 

 

Zak T'Zii : le site archéologiqueZak T'Zii : le site archéologique
 

Ce que nous avons devant les yeux correspond probablement à un temple juché sur sa pyramide (dont on peut distinguer les premiers degrés).
Des éléments de décoration ont résisté aux outrages du temps : ils sont clairement visibles ici, surtout sur le côté gauche.

Il faut imaginer cela peint dans les couleurs flamboyantes de l’époque, nous dit Rodolfo.

 

Zak T'Zii : le site archéologique

L’entrée du temple se situe de l’autre côté : nous distinguons clairement l’escalier qui permettait d’accéder au temple, reliant le monde des dieux à l’univers humain.
Lorsque le prêtre gravissait solennellement les marches, il rejoignait les puissances célestes pour sonder leur volonté et obtenir leur bienveillance envers la communauté.
Mais le temple est aussi un point de contact avec l’inframonde : l’entrée se présente souvent comme une gueule béante de monstre de l’inframonde, grâce aux sculptures et décorations qui l’entourent. Ici, tout a disparu, ne subsiste qu’un trou béant.

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