Site archéologique : Yaxchilan

Site archéologique : Yaxchilan

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Le site de Yaxchilan (prononcez Yach-tchilan) a été construit dans une boucle du fleuve Usumacinta, le plus grand fleuve du Mexique, et ne peut être atteint que par bateau.

Aller à Yaxchilan est une expérience unique : après 15km d’un voyage en lancha (petit bateau à moteur) qui permet de profiter de la fraîcheur du fleuve, il faut gravir les 20m de dénivelé qui séparent l’eau et le site, puis marcher (un peu) à travers une végétation luxuriante avant de pouvoir, enfin, découvrir la « cité perdue ». e
La jungle est omniprésente et c’est avec émotion qu’on découvre toutes ces traces d’une civilisation disparue, sur lesquelles veillent des arbres séculaires, ornés souvent de magnifiques broméliacées.

 

Yaxchilan - embarcadère officiel
L’embarcadère se trouve à Frontera Corozal (160km au sud de Palenque). Cette photo vous montre l’embarcadère officiel.

 

Yaxchilan - embarcadère "secondaire"

 

Rodolfo nous emmène vers une lancha (bateau à moteur) un peu à l’écart, que nous atteignons via un petit pont de fortune

 

 

Yaxchilan - une balade en lancha

 

 

Le trajet dure 45mn environ pour l’aller et 1h pour le retour.
Cette balade  fait vraiment partie du charme de Yaxchilan.
Mais attention ! La lancha vous attendra 2H sur le site. Si, comme nous, vous souhaitez prendre votre temps (ce que le site mérite amplement), pensez à négocier avant ! Nous ignorions cette contrainte, et Rodolfo s’est vu obligé de payer un supplément, ce qui l’a mis en colère, à juste titre puisque nous n’avions pas été prévenus.

 

Yaxchilan - l'Usumacinta

 

Fleuve frontière, l’Usumacinta court sur environ 560km des hauteurs du Guatemala au Golfe du Mexique. Il servit d’axe de communication majeur aux peuples préhispaniques.

La région acquit une grande importance avec le développement de Yaxchilan, son principal centre, dès le début du VIe siècle.
Yaxchilan - Arrivée sur le site

 

 

 

Après 25km de navigation, nous voilà enfin arrivés.
Yaxchilán signifie en maya « el lugar de piedras verdes » (le lieu des pierres vertes) et doit son nom à l’archéologue austro-allemand Teobert Maler, qui l’a baptisé ainsi quelques années après sa découverte.

 

Yaxchilan - La cité cachée dans la jungle

 

 

L’image de la cité maya perdue dans la forêt prend ici tout son sens. Il faut remonter sur la berge et marcher un peu dans la forêt. C’est comme une mise en scène : une végétation luxuriante, des bruits inconnus qui trahissent la présence de nombreux animaux pourtant invisibles à nos yeux, créent une ambiance très particulière.
Et puis, soudain, la Cité est là !
Yaxchilan se compose de trois ensembles principaux : la Grande Place, la Grande Acropole et la Petite Acropole.
Tandis que la Gran Plaza a été édifiée au bord du grand fleuve, les deux acropoles ont été construites sur deux collines en retrait, invisibles les unes des autres tant la forêt Lacandone est dense et les arbres hauts.

Yaxchilan - le plan

Le site a connu son apogée au Classique Récent, avec la dynastie Jaguar, dont les règnes et les conquêtes sont mentionnés sur les nombreux monuments sculptés du site :  Les archéologues ont trouvé au moins 35 stèles, 60 linteaux sculptés, 21 autels, et 5 escaliers couverts de hiéroglyphes, ce qui constitue une vraie mine d’or pour les épigraphistes.

Beaucoup de pièces sont allées enrichir les collections des musées mais il en reste encore assez sur place pour émerveiller le visiteur.

Yaxchilan - le Labyrinthe

 

Rodolfo donne tout de suite le ton de la visite : nous accéderons à la Gran Plaza par le chemin longeant la berge depuis l’embarcadère, en passant par un chemin initiatique, le « Labyrinthe », qui nous mènera des ténèbres (l’inframonde) vers la lumière. C’est extraordinaire comme introduction !
Il nous montre les chauve-souris qui sont ici chez elles, depuis plus de 1000 ans sans doute.
Yaxchilan - le Labyrinthe (structure 19

 

 

 

 

Lorsque nous émergeons sur la Gran Plaza, nous nous rendons compte que le Labyrinthe est en fait un temple massif à deux niveaux reliés par les escaliers intérieurs que nous venons de monter.
Il est connu aussi sous le nom de « Structure 19 ».
Yaxchilan - la Gran Plaza

 

 

 

Cette vaste place rectangulaire, où se dressent de majestueux ceibas (les arbres sacrés des Mayas) concentre temples, complexes d’habitation, bains de vapeur, et bien sûr un jeu de balle.

 

Voyez, sur la photo, la taille du touriste qui se fait photographier : cela vous permet d’imaginer la taille de l’arbre.

 

 

Yaxchilan - la Gran Plaza

 

La Gran Plaza a été aménagée sur une terrasse naturelle qui s’étire au bord du Rio Usumacinta : c’est sur cette place cérémonielle aux dimensions imposantes (500 m de long et 60 m de large) qu’on été construits la plupart des édifices d’envergure de Yaxchilan.
La famille régnante voulait ainsi imposer le respect (et la crainte) à tous ceux qui empruntaient la rivière qui coule à ses pieds.
Il faut savoir qu’à l’apogée de sa puissance, la cité en était venue à dominer une grande partie du commerce de la rivière et avait formé des alliances puissantes avec des sites aussi lointains que Tikal, et Palenque.

 

Yaxchilan - le jeu de balle

 

Le Jeu de balle , également appelé jeu de pelote, était bien plus qu’un simple sport chez les Mayas. C’était un rituel religieux symbolisant la lutte entre les forces vitales du monde terrestre et le Monde Inférieur correspondant à la mort.
Mais nous n’avons que peu de certitudes, nous explique notre guide,  car il existe peu de documents mayas qui pourraient nous renseigner, que ce soit sur la façon de jouer ou les enjeux (qui était sacrifié : les vainqueurs ou les vaincus ?). Les quelques codex mayas qui ont survécu à la conquête espagnole et à la folie destructrice des ecclésiastiques n’apportent rien sur cet aspect de la culture maya.
Dans ce domaine plus que dans d’autres, on peut citer le célèbre anthropologue suédois Sigvald Linné qui disait que « le passé est comme un livre où il y a beaucoup de pages blanches et où d’autres sont difficiles à déchiffrer ».

Rodolfo va nous parler d’un petit livre, pas très facile à lire nous dit-il, le Popol Vuh.
Rédigé après la conquête espagnole, il s’agit un texte sacré (que certains désignent par la « Bible » K’iché) qui renferme de nombreuses informations sur le jeu de balle et son symbolisme, ainsi que sur la manière de jouer. Il s’efforcera de nous résumer le mythe.

Le Popol Vuh - La légende du jeu de balle

« Alors que sur terre les deux jumeaux Hunhunahpú et Vucub Hunahpú jouent à la balle, les seigneurs du Monde Inférieur les convient à descendre dans les ténèbres pour jouer avec eux. Une fois arrivés sur place, Hunhunahpú et Vucub Hunahpú subissent une dure série d’épreuves qui leur coûtent la vie. Leurs corps sont enterrés, exceptée la tête de Hunhunahpú qui est suspendue à un arbre. Dès lors cet arbre, un calebassier, poussera et donnera de nombreux fruits parmi lesquels la tête de Hunhunahpú passera inaperçue. Désobéissant à l’interdiction de s’approcher de l’arbre, Xquic, la fille d’un des seigneurs, tombe enceinte après que le crâne de Hunhunahpú lui ait craché dans la main. Elle échappe de peu aux représailles de ses semblables, et se réfugie chez sa belle-mère. Sur terre, elle donne naissance à des jumeaux, Hunahpú et Xbalanqué.

  Après moult péripéties dans leurs jeunes années, qui leur permettent de développer leur adresse et leur ruse, ils apprennent à jouer à la balle. De nouveau, les seigneurs de Xibalbá entendent le bruit, et les invitent à les rejoindre dans le Monde Inférieur. Ils subissent alors les mêmes épreuves que Hunhunahpú et Vucub Hunahpú, mais arrivent à déjouer tous les pièges tendus par leurs adversaires. Les deux équipes se mettent à jouer à la balle et les jumeaux perdent; néanmoins ils gardent la vie sauve (je n’ai pas très bien compris comment ils s’y sont pris). De nouvelles épreuves les attendent et, au cours de l’une d’elles, Hunahpú est décapité par une chauve-souris vampire: sa tête devient dès lors la balle d’une deuxième partie de jeu. Xbalanqué arrive, par ruse, à remplacer la tête de son frère par une citrouille, et ressuscite son frère.

  Les deux jumeaux mirent au point un ingénieux stratagème . Après avoir exécuté plusieurs numéros étonnants, Xbalanque décapita son frère Hunaphu,  puis lui redonna sa première forme. Enthousiasmés par ce tour, les dieux supplièrent les frères de les sacrifier et de les ressusciter à leur tour. Heureux d’accéder à ce désir, les  jumeaux commencèrent à démembrer les dieux. A la fin, ils leur portèrent le coup de grâce. Mais ils refuseront de les ramener à leur état originel, et c’est ainsi que les dieux des ténèbres furent définitivement vaincus.

  Après ce triomphe du bien sur le mal, la Terre fut enfin prête pour le création des êtres humains. Xbalanque et Hunaphu émergèrent de Xibalbá sous la forme du Soleil et de la Lune et s’élevèrent dans le ciel Maya. Rodolfo termine en nous disant que ce mythe est fondamental pour l’étude du symbolisme du jeu de balle dans l’aire maya

 

Yaxchilan - un marqueur du jeu de balle
Ceci est un des marqueurs du Jeu de Balle, resté quasiment intact sur le terrain.
Le marqueur central servait d’autel pour les offrandes faites lors de l’inauguration d’un nouveau terrain, ou avant une partie : la présence de caches sous le marqueur central de certains terrains corrobore cette hypothèse.
Il n’est pas surprenant que de telles offrandes et cérémonies se déroulent autour du marqueur central : il symbolise dans la cosmologie maya le Centre du Monde.
C’était un point très important car il se trouvait à l’intersection des quatre secteurs du plan terrestre et des trois niveaux cosmiques, c’est à dire le Ciel, la Terre et l’Inframonde (voir la légende du Popol Vuh)
Yaxchilan - le style Usumacinta

 

 

Le « style Usumacinta » se caractérise par ses édifices rectangulaires, à une ou deux rangées de pièces, et à la façade percée, le plus souvent, de trois portes.
Leurs crêtes faîtières, de grande taille mais ajourées, accroissent le caractère majestueux de l’édifice, surtout quand on sait que le tout était recouvert d’une peinture rouge vif !
La partie supérieure des façades était souvent très ouvragée, avec sculptures en ronde-bosse et modelages en stuc.
Malheureusement, la sculpture architecturale et les monuments extérieurs, y compris les stèles, sont souvent abîmés. Par contre, la plupart des linteaux ont conservé tous leurs détails.
Yaxchilan - Stèle I
Ici, la structure 22

 

 

Au centre le la Gran Plaza, la stèle I occupe une place privilégiée, dans le prolongement des escaliers montant à l’édifice 33.
Elle montre le dirigeant le plus célèbre de la dynastie (Oiseau Jaguar IV) revêtu de ses plus beaux atours.
Il est facilement reconnaissable car il est figuré plus grand que les personnages de moindre rang qui l’entourent.
Yaxchilan - Stèle I

 

 

Les stèles à Yaxchilan sont sculptées sur les deux faces :
la face tournée vers la rivière représente les dirigeants en pleine gloire pour impressionner tous ceux qui passaient par la rivière, alors que la face tournée vers les temples montre des images d’auto-sacrifice de la famille royale.
Les stèles trouvées sur cette place sont presque toutes sévèrement érodées sur la face côté fleuve et relativement bien conservées sur la face côté temple. Rodolfo nous explique que, lorsque les stèles étaient renversées, par les humains ou par la météo, elles sont tombées vers l’intérieur des terres. La face côté rivière se retrouvait  exposée à la pluie et à l’érosion.

 

 

Yaxchilan - Stèle II

 

La stèle II représente la passation de pouvoir entre Bouclier Jaguar I et Oiseau Jaguar IV.
Elle se dressait jadis sur la Grande Acropole. Elle tomba et se brisa lors des manoeuvres pour la déplacer et la transporter au MNAH de Mexico (Musée National d’Anthropologie et d’Histoire).
Yaxchilan - stèle 6

 

 

 

 

La stèle VI se trouve devant la terrasse qui supporte la structure 20.
Elle est en grande partie intacte et représente le règne de Oiseau Jaguar III (VIIe siècle)
Yaxchilan - linteau structure 20

 

 

 

 

 

La structure 20 est connue pour les superbes linteaux sculptés qui ornent chacune de ses trois portes  .
Il n’en reste plus que deux :  le linteau 12 se trouve au Musée d’Antropologie de Mexico
Le texte sur le linteau 14, au-dessus de la porte 3, mentionne que les protagonistes d’un rituel de la vision du Serpent sont Dame Grand Crâne et son époux. Le serpent passe devant le torse de Dame Grand Crâne (à gauche) et derrière ses bras. La figure qui émerge de la bouche du serpent est un celle d’un ancêtre ou d’un dieu qui est l’objet de la quête.
Voyez l’état de conservation absulument exceptionnel !
Yaxchilan - stèle 35

 

 

Structure 21 protège la stèle 35, qui conserve des traces de la polychromie originelle et montre Dame Crâne avec la vision du Serpent. Les trois portes étaient aussi ornées de linteaux (15 à 17) qui ont été retirés au cours du 19ème siècle et sont aujourd’hui visibles au British Museum à Londres. Cette Structure a été fouillée en 1983, la voûte s’était déjà effondrée avant 1882. Lorsque les gravats ont été retirés, les archéologues ont découvert plusieurs monuments importants, y compris la stèle 35 et les restes de stuc grandeur nature de cinq personnages assis sur le mur derrière la stèle.
La représentation de la femme comme acteur principal dans un rituel est sans précédent à Yaxchilán et presque inconnu dans l’art monumental Maya, quel que soit le site.
Yaxchilan - escalier vers édifice 33

 

 

 

Un escalier monumental gravit la colline selon l’axe du soleil levant au solstice d’été.
Il mène à la structure 33 que signale de loin son élégante crête faitière à niches.
Tout l’édifice célèbre la gloire de Oiseau Jaguar IV, le gouverneur de la cité de 752 à 768.
C’est sous son règne que la cité arrivera au faite de sa gloire et de sa puissance, étendant par ses conquêtes son pouvoir aux cités voisines.
Yaxchilan - édifice 33

 

 

 

Et voilà l’édifice le mieux conservé de Yaxchilan, le superbe édifice 33.
La frise de cette structure présentait des statues de dignitaires assis sur des masques de monstres terrestres ou apparaissant dans des lucarnes en forme de T inversé. Le centre de la crête était occupé par la colossale statue en stuc du souverain assis.

 

Yaxchilan - édifice 33 escalier hiéroglyphique

 

 

La dernière marche de l’escalier hiéroglyphique comporte un superbe bas-relief figurant des scènes du jeu de balle.
C’est encore Oiseau Jaguar IV qui est représenté lors d’une partie de jeu de balle : notez les personnages plus petits accompagnant le dirigeant (une allusion à la légende des jumeaux du Popol Vuh ?) et la balle retenant un captif.
La date mentionnée est 757.

 

Yaxchilan - édifice 33, linteau 1Yaxchilan - édifice 33, linteau 1 détail

 

 

Le linteau 1, au-dessus de la porte orientale, montre Oiseau Jaguar IV accompagné de son épouse, Dame Grand Crâne.
Sur le détail (photo de droite) on se rend mieux compte de la différence de taille.
Yaxchilan - édifice 33, linteau 2

 

 

 

 

Le linteau 2, au-dessus de la porte centrale, montre Oiseau Jaguar IV accompagné de son fils et héritier, Bouclier Jaguar III.

 
Yaxchilan - édifice 33, linteau 3

 

 

 

 

Le linteau 3, au dessus de la porte ouest , montre aussi Oiseau Jaguar IV, cette fois accompagné par un allié.

 

 

 

A l’intérieur, Rodolfo nous montre une statue assise, décapitée.
On pense qu’il s’agit aussi de Oiseau Jaguar IV.
Une légende locale veut que, lorsque la tête du gouverneur reprendra sa place, les Jaguars célestes détruiront l’Univers …
Yaxchilan - derrière l'édifice 33

 

 

 

Nous contournons l’édifice 33, admirant une dernière fois la somptueuse construction. Nous allons emprunter un sentier qui monte dans la jungle pour arriver à la Pequeña Acrópolis (Acropole Ouest, édifices 42 et 44), bien plus spectaculaire et plus grande que sa voisine, la Gran Acrópolis (Acropole Sud, édifices 39,40 et 41) dont les stèles sont parties enrichir la collection du MNAH de Mexico, nous explique notre guide.
Yaxchilan - en route vers l'Acropole Ouest

 

 

La colline monte à 90m au-dessus du niveau de la GranD Place. Ce cheminement au milieu de la végétation luxuriante est magique ! Nous arriverons trempés de sueur mais heureux …
L’Acropole compte 13 bâtiments, distribués autour de deux places intérieures, mais nous nous intéresserons à deux d’entre eux en particulier.
Yaxchilan - Pequeña Acrópolis linteau

 

 

 

 

Sur la structure 42, un linteau montre Oiseau Jaguar IV coiffé d’une toque de plumes avec un baton de commandement à la main.
Yaxchilan - Pequeña Acrópolis place intérieure

 

 

 

Voici l’une des places intérieures de la Pequeña Acrópolis. De majestueux arbres se sont implantés là. Quel âge ont-ils ? Combien d’humains ont-ils vu défiler déjà sous branches ?
Moi, je suis subjuguée par leurs fleurs et leurs fruits !
Yaxchilan - Pequeña Acrópolis

 

 

 

En me promenant nonchalamment sur les pierres qui furent jadis des édifices impressionnants, j’essaie d’imaginer cette cité du temps de sa splendeur avec sa nuée de prêtres, de guerriers et puis le roi, cet homme qui se prétendait d’ascendance divine, qui devait se porter garant de la bonne marche de l’Univers comme de celle de la cité.
Yaxchilan - Pequeña Acrópolis

 

 

La structure  44, le plus imposant de l’Acropole Ouest, a été inauguré en 732. Il date donc du règne de Bouclier Jaguar II, le père de Oiseau Jaguar IV. C’est un mémorial de guerre. Des linteaux gravés bordent chacune des trois ouvertures, et sur le devant, montent deux escaliers recouverts d’inscriptions. Les textes décrivent une séquence de captures menées à bien par Itzamnaaj Balam (Bouclier Jaguar) II entre 681 et 732, commençant par celle d’un noble dénommé Aj Nik (provenant d’une cité du nom de Maan)
Deux conflits sont mis en parallèle, pour leur analogie, avec des événements tirés du passé de Yaxchilan. L’un, la capture du seigneur de Lacanha (Aj Popol Chay) en 729, est comparée aux exploits de Joy Balam II contre le même royaume 164 plus tôt. L’autre, la capture de Hix Witz en 732, est comparée au tour de force de son père, Bird Jaguar III, 85 ans plus tôt.
Rodolfo nous fait malicieusement remarquer que Bouclier Jaguar II atteint allègrement les 80 ans lors des deux derniers exploits guerriers dont il se targue: on peut raisonnablement douter qu’il ait été encore lui-même sur le champ de bataille !
Yaxchilan - le retour

 

Sur le chemin du retour, Rodolfo nous fera discrètement remarquer tous les bateaux qui ont maintenant accosté sur les rives du Guatemala : ce sont des contrebandiers, qui profitent du flot des bateaux à touristes pour s’adonner à leur activité au nez et à la barbe des autorités. Encore que … Notre guide croit savoir que les autorités savent fermer leurs yeux quand il y va de leur intérêt !…

Par contre, sur les voies terrestres, on ne plaisante pas : nous sommes en zone frontière, il faut montrer patte blanche.
J’ai pris ces photos en toute discrétion, derrière les vitres teintées de notre véhicule. Ce qui m’a valu malgré tout une réprimande de notre guide car si j’avais été repérée malgré tout, c’est lui qui se serait retrouvé en fâcheuse posture.
Yaxchilan - contrôles routiersYaxchilan - contrôles routiersYaxchilan - contrôles routiers

 

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