Site archéologique : Palenque

Site archéologique : Palenque

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Palenque est un chef-d’œuvre absolu de l’art maya.

 

De tous les sites archéologiques mayas, Palenque est celui dont la découverte est la plus ancienne : à la fin des années 1690, le frère Ramón de Ordoñez y Aguilar venu évangéliser le Chiapas découvre les vestiges par hasard et propage la rumeur d’une immense cité perdue dans la jungle.
Mais il faudra attendre 1841 pour que l’explorateur John Lloyd Stephens révèle l’existence du site au monde entier.
Depuis lors, les voyageurs, artistes, savants et touristes ont afflué.
Son classement par l’Unesco au patrimoine culturel de l’humanité en 1988 a parachevé la reconnaissance de Palenque comme un des sites majeurs que nous a livrés le monde Maya.
Aujourd’hui, 35 édifices ont été dégagés et restaurés sur une zone couvrant 2,5 km2, soit 10% de l’étendue couverte par la cité à l’âge classique.

 

PARTICULARITES DU SITE (selon la description faite par l’UNESCO)

Ses édifices se caractérisent par leur finesse et une légèreté qu’autorisaient de nouvelles techniques de construction et des méthodes de drainage développées pour permettre de réduire l’épaisseur de leurs murs. L’espace interne agrandi, les multiples ouvertures et le recours à des galeries confèrent une rare élégance à cette architecture richement décorée de sculptures et de stucs, d’un type entièrement nouveau. Son influence a été considérable dans tout le bassin de l’Usumacinta, et s’étendit même jusqu’à Comalcalco, aux confins occidentaux de la zone d’influence culturelle maya.
Situées au cœur de la jungle tropicale, les ruines de Palenque ne sont que le centre d’une immense ville qui s’étendait sur quelque 8 km2, et qui présente une physionomie extraordinaire. De gigantesques travaux de terrassement ont modifié la topographie naturelle du site, entre le piémont accidenté du Chiapas au sud/sud-est et les plaines au nord, en créant toute une hiérarchie de volumes et d’espaces, où terrasses et édifices s’équilibrent harmonieusement.
L’Otulum, un affluent de l’Usumacinta, a été canalisé dans une ingénieuse galerie voûtée en encorbellement de 50 m de long, et traverse la ville. En dialecte maya, Otulum signifie « maisons fortifiées » : c’est peut-être une allusion à la ville dont nous ne connaissons pas le nom ancien, et dont l’histoire n’a été que partiellement révélée par les fouilles archéologiques.

Palenque est le nom que les Espagnols donnèrent à la cité , qui apparut entre le IIIe et le Ve siècle. Ses principaux monuments ont été édifiés entre 500 et 700, deux siècles qui correspondent à son apogée

 

Prévoyez des chaussures confortables, des vêtements légers (mais couvrants de préférence) ainsi qu’un chapeau : vous êtes dans la jungle, ne l’oubliez pas.

Il est tout-à-fait possible de visiter le site sans l’assistance d’un guide (que vous pouvez demander à l’entrée du site) mais prévoyez au minimum de vous munir d’un guide papier. C’est ce que nous avons fait lors de notre première visite en 2010, et nous pensions avoir pratiquement tout vu.

Pour notre deuxième visite, en 2012, nous étions accompagnés par Rodolfo, le guide qui nous a accompagnés tout au long de notre périple, et ce fut passionnant ! Il nous a fait remarquer une foule de détails qui nous avaient échappés, nous a raconté l’histoire des dirigeants les plus connus en commentant les stèles, les bas-reliefs, les glyphes, comme aucun guide papier ne saurait le faire.

Palenque - marchands à l'entrée du site

Si vous avez oublié de vous munir d’un couvre-chef ou n’avez pas prévu assez d’eau, il n’y a pas de souci à se faire: vous pouvez vous procurer cela à l’entrée du site.

Comme vous aurez un « bracelet » attestant que vous avez payé votre droit d’entrée, vous pourrez à tout moment sortir du site et venir acheter de quoi étancher votre soif si besoin.

Palenque - site archéologiqueNous sommes venus pour l’ouverture du site (tous les jours de 8h à 17h), la brume matinale enveloppe encore le site.

Palenque est très riche en décorations, avec de nombreux panneaux de pierres gravées, des modelages en stuc d’une qualité inégalée dans le monde maya, étonnamment bien préservés malgré leur fragilité. En effet, la chaux à grains très fins, mêlée à de l’eau était au préalable additionnée de résine ce qui durcissait le tout au séchage, mais le rendait beaucoup plus fragile à l’humidité. A Palenque ils ont été curieusement protégés par une très lente infiltration d’eau (sans doute à cause des 5 ruisseaux qui sillonnent la cité et de la jungle) qui a déposé une couche protectrice de calcaire.

Actuellement la déforestation, et le nettoyage intempestif pour les visites et les relevés de fouilles, ont profondément modifié l’hygrométrie de l’ensemble et provoquent depuis quelques années l’écroulement des panneaux décorés. Ils sont remplacés pour certains par des copie, et transportés au musée du site pour conservation.

 

Rodolfo nous prépare à ce que nous allons voir, en nous donnant un bref aperçu de l’histoire de Palenque: il complètera au fur et à mesure de la visite.

L'HISTOIRE DE PALENQUE (en très bref)

Cent ans avant JC, Palenque n’est qu’un hameau vivant d’agriculture, au pied d’une chaine de collines calcaires couvertes de jungle. Sept siècles plus tard, elle contrôle une vaste région qui s’étende des montagnes du Nord-Chiapas aux plaines du Tabasco. Les glyphes du Temple des Inscriptions ont permis de reconstituer la lignée de ses 19 gouverneurs, dont le 1er monta sur le trône en 431 ap.JC.

Le 13e de ces dirigeants, Pakal le Grand (Kinich Janaab Pakal, 603-683), conduisit la ville à la gloire : intronisé à l’âge de 12 ans, conjuguant les fonctions de roi et de prêtre suprême, il ordonne la construction des principaux temples et les couvre de bas-reliefs. Sur le plan politique, Palenque fait alors alliance avec Yaxchilan, la puissante cité bâtie sur l’Usumacinta.

Lorsque Pakal meurt, au terme d’un très long règne (68 ans), il est vénéré comme un être surnaturel. Son fils aîné, Chan Balam II (Serpent Jaguar II, qui régna de 684 à 702) lui succède et poursuit les constructions monumentales : il termine le tombeau de son père et fait construire le groupe de la Croix. En 702, le second fils de Pakal, Chan Hoy Chitam II (702-721) reconstruisit et agrandit le palais.

Les règnes de Pakal le Grand et de ses deux fils marquent l’âge d’or de Palenque, une période de pleine croissance durant laquelle la cité se pose comme l’une des plus puissantes de la région. La majorité des édifices que nous voyons aujourd’hui portent témoignage de cette époque.

Pour avoir la liste de tous les gouverneurs de Palenque avec les évènements marquants de chaque règne (en anglais), cliquez ici

Il nous expliquera aussi les principes de base de l’architecture Maya, les techniques de constructions et nous rappellera que la plupart des temples sont, du temps de Pakal, entièrement peints en rouge, couleur d’éternité pour les Mayas.

 

L'ARCHITECTURE DE PALENQUE - signes distinctifs

Palenque - le Palais au centre, les temples à la périphérie

Contrairement aux autres cités que nous avons déjà vues, la partie centrale de la cité est un complexe réservé au roi et à ses prêtres, selon le consensus le plus communément admis, tandis que les temples-pyramides sont périphériques : leur alignement semble former une triangulation autour du Palais.

Au-delà du centre monumental, il y a une vaste aire résidentielle dotée d’un système d’aqueducs qui suggère une plus grande organisation urbaine qu’ailleurs dans les basses terres mayas.

Mais ce qui distingue avant tout l’architecture de Palenque est son caractère « aéré ». Ce style semble avoir été introduit par le souverain Janaab Pacal.

L’ouverture des bâtiments résulte d’une grande accessibilité par un nombre de portes supérieur au nombre de pièces (dont des portes dans les murs courts) et d’une grande visibilité par une aire d’ouverture supérieure à l’aire des murs. Par ailleurs, les fenêtres sont rares dans l’architecture maya mais elles sont communes à Palenque. Elles prennent généralement la forme d’un « T » qu, comme nous le verrons dans le Palais. Durant leur occupation, les pièces étaient séparées et fermées par des rideaux dont il ne reste que des supports.

L’ouverture des bâtiments implique non seulement la modification de la forme de base mais aussi de nouvelles techniques de construction qui se résument à l’allègement des composantes. L’allègement de la crête faîtière par ses perforations a permis de la situer sur le mur central sans effondrer les arches. L’allègement du toit par son inclinaison en mansarde et ses niches décoratives a permis de réduire l’épaisseur des murs de façon à faire prédominer l’espace des pièces. C’est cet allègement du toit et de sa crête qui a rendu possible la multiplication et l’agrandissement des ouvertures sans que les murs s’effonfrent sous le poids.

Un autre trait distinctif de l’architecture de Palenque est la sculpture murale. En effet, contrairement aux autres sites mayas de cette époque, où les stèles sont toujours abondantes, à Palenque elles furent remplacées par de grandes dalles de pierre couvrant les murs des temples et du Palais : on trouvera les scènes cérémonielles dans les temples et les portraits royaux dans le Palais.

Palenque - carte du site

Palenque - Temple XII ou temple du crânePalenque - Temple XII ou temple du crâne

 

Le premier temple, à l’entrée, porte le numéro XII, mais il est aussi appelé le Temple du Crâne à cause du crâne stuqué qui se trouve en haut des marches.
Rodolfo ne s’attardera pas et nous emmènera rapidement vers le temple voisin, le temple XIII.

Palenque - Temple XIII

 

 

Le temple XIII se dresse sur une plateforme commune avec celle du temple du crâne. Il a la particularité d’avoir servi de sépulture à une femme ce qui est très rare dans la civilisation maya.
Lors d’une restauration en 1999, les archéologues furent surpris par un mur qui « sonnait creux »: ils découvrirent un couloir qui desservait plusieurs cryptes. Dans l’une d’elles, un sarcophage de pierre gardait un corps de femme recouvert de cinabre (oxyde de mercure, d’où sa couleur rouge). Le visage était recouvert d’un masque mortuaire en jade et la tombe contenait de nombreuses offrandes en jade comme il était coutume de le faire pour les dignitaires. Aucune inscription ne permet actuellement de l’identifier: s’agit-il de la mère de Pakal? de sa femme? Elle reste connue pour le moment sous le nom de « Reine Rouge« .
Palenque : tombeau de Alberto Ruz Lhuillier

 

Rodolfo nous rend attentif à un petit monument placé en face du tombeau de la Reine Rouge : il s’agit de la tombe de l’archéologue le plus célèbre de Palenque, Alberto Ruz Lhuillier. C’est lui qui, en 1948, découvre l’entrée de la tombe de Pakal, cachée sous le Temple des Inscriptions. Ce ne fut pas le fruit du hasard, c’était un chercheur extrèmement méthodique et imaginatif, déjà doté d’une vaste expérience.
Rendant un ultime hommage au travail de cet homme, le gouvernement mexicain a donné son autorisation pour enterrer ses restes en face de la nécropole qu’il a découverte, selon son souhait.

Palenque - le temple des Inscriptions

 

Le Temple des Inscriptions domine la Grand-Place au sommet d’une pyramide à neuf étages (les neuf niveaux du monde souterrain maya ou inframonde).
Les cinq portes sont séparées par des piliers ornés de personnages en stuc. Elles s’ouvrent sur une salle rectangulaire qui communique avec trois pièces à l’arrière. A l’intérieur se trouvent trois tablettes couvertes d’inscriptions :  le temple leur doit son nom. Ensemble, les tablettes forment un seul texte de 617 blocs glyphiques, un des plus longs que l’on connaisse du monde maya. Leur déchiffrement, qui se termina vers 1990, fournit des éclairages considérables sur la succession dynastique de Palenque.
Palenque - le temple des Inscriptions

 

 

Pour des raisons de conservation, l’accès à la pyramide est interdit depuis 2000 et l’on ne peut plus accéder à la crypte funéraire de Pakal; une reproduction de la tombe est visible au musée du site (accès gratuit avec le billet d’entrée au site) : c’est de ce musée qu’est issue la photo ci-dessous qui montre le schéma de la tombe.
Mais c’est au Musée National d’Anthropologie de Mexico qu’on peut vraiment se rendre compte de l’énormité de la trouvaille : une belle mise en scène permet de « descendre » effectivement dans la tombe. C’est aussi dans ce musée que sont conservés le trésor de jade et les masques de stuc découverts dans la crypte .

 

Palenque - schéma de la tombe de Pakal

Depuis le temple, un escalier qui était dissimulé par une dalle, tourne deux fois à angle droit et mène à une crypte située 22 m plus bas, un peu au-dessous du niveau du sol extérieur. Une grande dalle triangulaire fermait la crypte.
Après que les escaliers eurent été bouchés avec de la terre et des pierres, la tombe ne resta reliée au mond extérieur que par un conduit en pierre, que les archéologues baptisèrent « psychoduc » ou «conduit de l’âme», par lequel le défunt roi pouvait communiquer avec les vivants.
La crypte mesure 4 x 10 m et la voûte a une hauteur de 7 m. L’espace est pratiquement entièrement occupé par le sarcophage de pierre couvert d’une dalle sculptée de 2 m sur 3 m, qui pèse 4t ! Sous la dalle, le sarcophage contenait les restes du prêtre-roi Pakal portant un masque de jade, devenu célèbre dans le monde entier, et entouré de nombreux bijoux de jade. Bien sûr l’identité du défunt  était inconnue au moment de sa découverte et ne fut révélée que bien plus tard, quand les glyphes ont pu être déchiffrés
En étudiant l’ ensemble, on se rend compte que la crypte fut construite avant la pyramide qui la couvre et finalement avant le temple. C’est Pakal lui-même qui en initia la construction vers 675 et terminé par son fils Chan Balam II.

Ce cas est unique dans la région maya: avant la découverte de cette tombe, on pensait que les pyramides n’étaient rien d’autre que des soubassements de temples.

Palenque - le Palais

Ce qui est connu sous le nom de « El Palacio » (le palais) est en fait une plate-forme de 100 m sur 80 m, haute de 10 m, sur laquelle on été érigés un ensemble d’édifices, appelés conventionnellement « maisons » et désignés par une lettre. Commencée sous les ordres de Pakal, la construction prit plus d’une centaine d’années, qui virent se succéder agrandissements et restructurations.
Les archéologues ne s’accordent pas sur sa destination : bien que certains, comme son nom peut le laisser penser, le considèrent comme un ensemble résidentiel, d’autres pensent plutôt qu’il s’agit d’un complexe administratif ou de bâtiments à vocation cérémonielle.

 

Palenque - détail des marches d'accès au PalaisPalenque - le complexe du Palais

 

On accède aux batiments par de grands escaliers au nord, à l’est et à l’ouest. Il semblerait qu’au nord chaque marche ait été recouverte de figures stuquées (cf détail à droite)
Voyez la différence de luminosité entre la photo ci-contre prise en avril 2012, aux alentours de 10h du matin et celle ci-dessus prise en avril 2010, aux environs de 13h.

 

Palenque - Palais intérieur

 

 

Les bâtiments s’élèvent autour de quatre cours intérieures et communiquent par des couloirs voûtés et des passages souterrains, dont certains conservent encore les stucs d’origine.
Palenque - Palais canalisations

 

 

 

Rodolfo nous rend attentifs à de nombreux détails à l’intérieur des batiments :  les archéologues pensent que cette pièce faisait office de lieu d’aisance, vu la disposition des pierres, des écoulements …
Palenque - les bains

 

 

 

Ces trous bien ronds dans les dalles étaient passés parfaitement inaperçus à nos yeux de profanes, lors de notre première visite. Rodolfo nous expliquera que c’était probablement là que les prêtres se dévêtaient, se purifiaient à l’aide de bains de vapeur, avant de revêtir leurs vêtements de cérémonie pour pouvoir se présenter devant leur souverain.
Palenque - Tablette ovale

 

 

 

Le batiment connu sous le nom de « Maison E », fut consacrée en 654: son nom maya « Sak nuk naah » (grande maison blanche)  laisse supposer que, contrairement à la plupart des bâtiments mayas peints en rouge, celui-ci était blanc.
les archéologues pensent qu’il a joué le rôle de salle du trône à cause du panneau qu’on peut toujours admirer sur le mur du fonds, connu sous le nom de «Tablette ovale». Il s’agit de la représentation officielle du couronnement de Pakal, assis sur un trône en forme de jaguar bicéphale : on y voit sa mère Lady Sak Kuk lui offrir les attributs de son rang royal.
Elle aurait joué un rôle essentiel les premières années du règne et allait vivre encore 25 ans. On ignore pourquoi le père de Pakal, Kan Mo Hix, qui n’allait mourir qu’en 642 (27 ans après le sacre de son fils) n’a jamais joué de rôle clé.
On sait peu des débuts du règne, sinon que Pakal a épousé Lady Tzakbu Ajaw (apparemment en 626), laquelle lui a donné trois fils au moins, dont deux qui deviendront rois (nés en 635 et 644).
Sous la Tablette ovale se trouvait le trône soutenu par des bacabs (un groupe de quatre frères, fils de Itazmna et Ix chel, qui occupaient chacun un point cardinal et étaient associés à une couleur et à une période du calendrier).

Palenque - maison C et son patio

 

La Cour Est du palais, délimitée à l’ouest par la Maison C (consacrée en 661) et au sud par la Maison B (datée aussi de 661), forme un espace cérémoniel impressionnant, marqué par le triomphalisme militaire.
Trois panneaux, de chaque côté de l’escalier qui conduit à la Maison C depuis la cour, représentent des prisonniers que Pakal avait faits en 659. Il s’agit de nobles de Santa Elena, un royaume allié à Calakmul: ils sont nommés dans les panneaux glyphiques qui accompagnent leur portrait.
Palenque - maison C et son escalier hiéroglyphique

 

 

 

Sur l’escalier hiéroglyphique, qui célèbre cette victoire, une inscription relate la défaite de Palenque par Calakmul à la fin du VIe siècle. Reconnaître une défaite n’est ici qu’un moyen de souligner la revanche remportée sous le règne de Pakal.

 

Palenque - la cour des prisonniers

 

 

De l’autre côté de la Cour, sur l’escalier qui mène à la Maison A (consacrée en 668) sont exposées des dalles grossièrement sculptées représentant des personnages parés de coiffes et de colliers somptueux mais agenouillés dans des postures serviles : il s’agit sans aucun doute de captifs, mais ceux-ci ne sont pas identifiés. Ces prisonniers probablement destinés à être sacrifiés revêtent une signification religieuse, rappelant le devoir qui incombe au roi d’aider le Soleil dans sa course en le nourrissant de sang humain.
Palenque - le symbole du IK

 

 

Rodolfo nous fait remarquer la forme des ouvertures du palais : elles sont le symbole du glyphe « IK », premier souffle de vie (Pour les Mayas, IK est le souffle qui donne la vie et nous anime tous. En symbiose avec les arbres, il fournit aux créatures vivantes de quoi respirer. IK apporte également les nuages de pluie qui permettent aux récoltes de pousser. Mais il peut aussi se montrer colérique, se déchaîner et apporter tempêtes et inondations).
IK était aussi le symole de la mère de Pakal, née un jour « IK » : elle était très intelligente et visionnaire, nous raconte Rodolfo.
Palenque - une représentation de Pakal

 

Sur ce panneau sculpté, Pakal est aisément reconnaissable à son pied bot. Selon Rodolfo, le personnage en face de lui pourrait être la « 2e femme » choisie par son épouse au cas où elle ne pourrait lui donner un descendant mâle.

Palenque - la tour du Palais

 

Le trait le plus distinctif du Palais est sans conteste la tour de quatre étages, de base presque carrée (7 m X 7,50 m), qui domine l’ensemble. En l’absence d’éléments d’architecture similaires dans le monde maya connu, il est difficile de définir avec exactitude quelle était sa fonction. Les archéologues pensent qu’elle servait d’observatoire. Tout ce qu’on sait, c’est que la tour a été ajoutée à l’ensemble sous le règne de K’inich K’uk Bahlam (après 764). Le dernier étage est une reconstitution, l’original s’étant écroulé.

Voir Palenque, s’asseoir au milieu de ces vieilles pierres, était un rêve d’enfant pour mes deux garçons, tous deux fans des « mystérieuses Cités d’Or »
Palenque - l'acqueduc

 

 

Un dernier regard du haut du Palacio nous permet d’admirer une autre particularité du site : l’aqueduc souterrain construit entre le palais et le groupe des croix permettait de canaliser les crues du ruisseau « Otolum » et aussi de lui faire traverser la cité. Sur les 125 premiers mètres, l’eau circule à ciel ouvert: c’est ce que nous voyons sur la photo. Une voûte construite avec d’énormes blocs de pierres renforcés par des poutres en pierre d’une hauteur de 3 mètres recouvre ensuite la rivière sur 55 mètres. Puis l’eau s’écoule de nouveau librement, formant de jolies cascades.

Le chemin partant entre le Palais et le Temple des Inscriptions conduit, au-delà de la rivière Otolum, à un ensemble plus récent :

le Groupe de la Croix

Palenque - le groupe de la Croix

Construits sous le règne de Chan Balam II entre 683 (date de la mort de son père Pakal) et 692, ils figurent un parcours cosmique à trois « stations ».
Les inscriptions dans ces temples forment un tout cohérent et suivent un ordre chronologique bien établi : le texte commence au Temple de la Croix, se poursuit au Temple du Soleil et s’achève au Temple de la Croix Feuillue.

 

Palenque - le Temple de la Croix

 

Couronné d’une superbe crête faîtière ajourée, le Temple de la Croix est le plus spectaculaire du groupe.
Il est assis sur une imposante plate-forme à degrés. La disparition de la façade permet d’apprécier les amorces des voûtes, caractéristiques de l’architecture maya classique.

 

Palenque - Temple de la Croix

Après avoir gravi les 5 volées de marches, nous voilà devant le bas-relief censé représenter le ciel, le lieu d’origine du monde et du surnaturel.

 

Il est indispensable d’avoir en main une reproduction pour distinguer tant soit peu les divers éléments, comme vous pouvez le constater.
Palenque - Temple de la Croix

 

Le bas-relief montre un dieu de l’inframonde courbé par l’âge, fumant le cigare et faisant face à Serpent Jaguar II (Chan Balam II), richement vêtu.
Le panneau principal commémore l’ascension au trône de Serpent Jaguar II (à droite) : il montre l’arbre cosmique, avec ses branches qui pointent vers les directions cardinales, croissant au centre du monde, prenant racine dans l’inframonde (masque du monstre de la Terre, en bas) et portant à son faîte Itzan Yeh, l’oiseau céleste.
A gauche, c’est Pakal revêtu de ses atours funéraires (il porte dans les cheveux le lys d’eau du royaume des morts) : il est représenté plus petit que son fils qui est désormais le souverain en place.

Palenque - Temple du Soleil

 

Le Temple du Soleil est celui qui a le mieux résisté au temps.
Il a conservé sa façade, son toit mansardé et sa crête faîtière.
Ce temple nous fait « descendre » dans le monde souterrain, lieu de passage du soleil nocturne symbolisé par le jaguar, maître de la guerre et des sacrifices. Dans cet édifice, la thématique générale de l’iconographie relève de l’inframonde et de la guerre.

Palenque - Temple du SoleilPalenque - Temple du Soleil

 

Sur ce panneau, Serpent Jaguar II encore jeune et Pakal, son père, encadrent un bouclier solaire aux traits félins. Deux dieux de la mort, comme vaincus, portent le trône sur lequel repose le bouclier, tandis que les deux souverains prennent pour piedestal des captifs courbés.

 

 

Palenque - Temple de la Croix foliée

 

Le Temple de la Croix Foliée est le plus mal en point.
Il a perdu sa façade, ce qui nous permet de voir en coupe la superbe arche qui mène au sanctuaire.
Cette dernière station est une renaissance dans la fertilité des couches supérieures de la Terre.

 

Palenque - Temple de la Croix Foliée

 

 

 

Ici, c’est un plant de maïs qui figure l’axe du monde, poussant de l’inframonde (masque du monstre de la terre) vers le ciel (oiseau).

Palenque - Temple de la Croix Foliée

 

 

 

Chargée d’éléments symboliques, la plante de vie porte, à ses extrémités, des têtes humaines : cela doit rappeler qu’aux origines du monde, l’homme fut pétri dans le maïs, dont il fit ensuite son aliment principal.
Représenté à droite, Pakal transmet à son fils (à gauche) l’instrument destiné à effectuer l’auto-sacrifice pénien, devoir royal destiné à fertiliser rituellement l’Univers.

Si vous ne devez monter que sur un seul temple, montez sur le Temple de la Croix : la vue sur le site y est absolument sublime !

Palenque vu depuis le temple de la Croix

Un jeu de balle, assez petit, a été mis au jour entre le palais et le groupe Nord.

Palenque - le jeu de pelote (ou jeu de balle)

Nous ne nous y attarderons pas car il ne présente guère d’intérêt pédagogique (pas de marqueurs, pas d’anneaux, pas de bas-reliefs). Il faut dire que Rodolfo nous a déjà beaucoup parlé du jeu de balle à Yaxchilan, entre autres.

le Groupe Nord

Palenque - le groupe Nord

Le Groupe Nord comprend cinq temples de plan et de tailles différents, au sommet de plate-formes pyramidales.
Chacun reprend un schéma classique à Palenque : des anti-chambres desservent une pièce centrale, bordée de chambres latérales.
Ces structures sont importantes parce que certaines parties d’entre eux remontent à 325 après J.-C., les derniers ajouts étant survenus entre 625 et 700 après JC, la période de Pakal et de ses fils.
Les archéologues supposent que ce groupe était originellement à destination religieuse mais que, sous la pression démographique, les édifices ont été remodelés pour devenir des résidences : un grand nombre d’ustensiles à vocation domestique, y compris des outils pour mooudre le maïs, des lames d’obsidienne, et un four. Selon Rodolfo, Pakal a probablement grandi entre ces murs.
Palenque - groupe nord, représentation de Tlaloc

 

 

Les reliefs de stuc ont quasiment tous disparus sauf sur le premier degré du temple II : ici un relief en stuc (désormais bien protégé) présente le dieu de l’orage de Teotihuacan, dans le style de cette métropole.
Rodolfo nous montre quels détails ne laissent aucun doute quant à l’identité de la divinité représentée (on voit l’extrémité de sa baguette télescopique à gauche).
Palenque - le temple du Comte

 

 

 

Le temple du comte (templo del Conde) a été construit sous le règne de Pakal mais doit son nom à un artiste neo classique d’origine autrichienne naturalisé français, Jean Frédéric Waldeck, qui s’y installa en 1832. C’est lui, qui aimait se faire appeler « comte », qui  le baptisera ainsi.
Waldeck y restera plus d’un an, à observer l’architecture, faire quelques fouilles, mais surtout pour réaliser les premières illustrations du site. Ses dessins, enjolivés dans le goût romantique de l’époque, fascinèrent Stephens et Catherwood, et les décidèrent à venir explorer le site.

Cet élégant édifice possède une base à cinq degrés. Dans la partie supérieure se trouve un temple qui a conservé la totalité de ses éléments architecturaux originaux.
Groupe nord - hyéroglyphes

 

Devant ces glyphes superbement conservés, Rodolfo nous explique un peu l’écriture maya : : cliquez sur ce  lien si vous souhaitez en savoir plus.
Il nous montrera aussi pourquoi il est si difficile d’interpréter des textes incomplets : il suffit qu’il manque un petit bout  pour que la « phrase » soit illisible ou ait des chances d’être parfaitement mal interprétée.

Les fouilles se poursuivent toujours

 
Certains temples ou même des groupes entiers peuvent être fermés temporairement au public pour permettre de mener à bien des travaux de consolidation ou de fouilles. La vidéo ci-dessous, bien qu’en espagnol, est intéressante pour les photos qui montrent les premiers murs peints trouvés à Palenque dans une tombe dissimulée sous le temple XX, ainsi que le travail minutieux des « restaurateurs »
 

Palenque - Temple XXPalenque - Temple XX

 

Ainsi, en 2010, nous avons pu monter sans problème au sommet du temple XX, alors qu’en 2012 l’accès nous en était interdit : la tombe qu’elle renferme est en train d’être fouillée.

Le Temple XX est l’une des plus anciennes constructions découvertes à Palenque : situé au sud-est du Groupe des Croix, il a été bâti durant le Classique ancien (période allant de 430 et 600 de notre ère). La tombe, qui se trouve à six mètres sous le sommet de la pyramide,  mesure 3,40 m de long sur 1,43 m de large. Elle dispose d’une voûte haute de 2,50 m.
Le temple a été découvert en 1999 par Merle Greene Robertson et Alfonso Morales Cleveland, qui ont du se contenter d’introduire une minuscule caméra, l’état de la structure ne permettant pas des fouilles plus poussées. La caméra a révélé un mode d’enterrement différent des sarcophages de Pakal et de la Reine Rouge (situés respectivement sous la Pyramide des Inscriptions et le Temple XIII : voir au début de l’article). Dans le cas de la chambre du Temple XX, le corps fut déposé directement sur le sol et des peintures murales recouvraient les murs.

La caméra avait révélé la présence d’ossements. Malheureusement, quand enfin les archéologues ont pu pénétrer dans cette tombe inviolée depuis 1500 ans, les os avaient disparu, ce qui est probablement dû à l’exposition de ces derniers aux conditions climatiques extrêmes.
Ils ont trouvé un anneau en jadéite, cinquante à soixante perles de cette même pierre et onze vaisselles en céramique. Tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’une sépulture royale mais l’identité de l’occupant des lieux n’a toujours pas été établie à ce jour. Afin de préserver le matériel et de ne pas le polluer ni d’augmenter les conditions hygrométriques et thermiques, seules deux ou trois personnes peuvent accéder à la tombe simultanément.

 

Palenque - groupe de la croix extension sud
Le sud-est de la zone archéologique n’est rouverte que depuis peu aux visiteurs : il a d’abord fallu sécuriser la zone. Elle est souvent ignorée par la plupart des guides et c’est fort dommage car ici la végétation est exubérante, la flore est spectaculaire et la faune endémique telles que singes hurleurs peut être observée, ce qui en fait une zone vraiment attrayante.

 

Palenque - florePalenque - flore

Palenque - le temple XVII

 

Le temple XVII date d’environ 600 après JC: c’ est un exemple typique de l’architecture de Palenque puisqu’il se compose de deux pièces latérales et d’un sanctuaire.
Le chemin d’accès a été recouvert de gravier fin, tandis que les micro-organismes tels que les lichens et les algues ont été enlevés afin d’éviter que les visisteurs ne glissent. Un escalier de calcaire a été construit sur le côté de la structure pour aider les gens à accéder au sommet, où est situé le temple.
Palenque - le temple XVII

 

 

Vous pourrez y admirer une reproduction du bas-relief connu sous le nom « Tablero de los guerreros » trouvé ici.

L’original est exposé actuellement au musée « Alberto Ruz Lhullier » du site.

Pour rejoindre le musée

Prenez le sentier qui part à droite depuis le Groupe Nord. Il traverse la forêt en passant devant des groupes partiellement dégagés, dont le Groupe des Chauves-Souris (Murcielagos).
Palenque - groupe des murcielagos

 

 

Ce groupe était un lieu de résidence contruit au cours de la période la plus récente de l’histoire de Palenque. Il se compose d’un grand nombre de bâtiments, entre la rivière Otolum et le ruisseau Bat. Les bâtiments sont construits sur des plates-formes basses et l’intérieur est subdivisé de différentes manières. Ils ont un ou deux niveaux reliés par un escalier étroit. Certaines pièces ont des tombes sous les planchers. On a retrouve des objets de la vie quotidienne dans cette zone, ce qui indique clairement qu’il s’agit d’un espace de vie.
Palenque - cascade su l'Otolum

 

 

La promenade est vraiment plaisante. Elle vous permet d’admirer une belle cascade sur l’Otolum. L’endroit est connu sous le nom de « bano de la reina » (bain de la reine).

 

Palenque - Pont suspendu

 

 

Elle vous fait passer par un pont suspendu, ce qui confère au parcours un savoureux goût d’exploration

 

Palenque - la jungle

 

Vous pourrez aussi voir toute la force et la majesté de la jungle qui reprend inexorablement ses droits.

 

Palenque - sentier romantique

 

 

C’est une agréable balade de 20mn qui permet une transition romantique entre le site et le musée.

 

le musée

Le prix de l’entrée au Musée est inclu dans le prix du billet pour le site. C’est un complément très intéressant à la visite du site. Les explications données (en espagnol et en anglais) permettent d’approfondir ce que l’on vient de voir, surtout si on n’a pas eu la chance d’être accompagné d’un bon guide.
Mais avant tout le musée regroupe les trouvailles faites lors des différentes campagnes de fouilles : stèles stuquées et bas-reliefs, panneaux de glyphes, bijoux et masques de jade découverts dans les tombes (offrandes mortuaires), vaisselle et objets de culte.
Une salle reproduit depuis 2007 la crypte funéraire de Pakal en … plexiglas. Pour ma part, je préfère de loin la reproduction faite au MNA de Mexico pour l’atmosphère, mais celle-ci est plus « pédagogique ».
Le Musée est divisé en 6 salles :
– la salle 1 « Bienvenue » fournit des informations essentielles sur l’influence historique historique et culturelle de Palenque, une vue d’ensemble des caractéristiques urbaines de la cité, les périodes principales de développement du site. Cette salle souligne l’importance et le prestige de Palenque à l’époque classique et retrace ses relations avec les grandes cités voisines, dont Calakmul, Tikal et Tonina.
– la salle 2 « Acropole Sud » expose deux magnifiques sculptures des temples XVIII et XIX: les explications données ont pour but de familiariser le public avec les récits glyphiques de l’époque du règne de K’inich Ahkal Mo’ Nahb’ (721-736?)
– la salle 3 « Groupe de la Croix » illustre les croyances et les coutumes religieuses de Palenque, réunissant panneaux glyphiques, offrandes du Groupe de la Croix, le coeur cérémoniel de Palenque.
– la salle 4 « Mort et renaissance » permet une approche des pratiques funéraires. On y trouve les poteries et les ornements découverts dans des enclos funéraires. Une place de choix est réservée aux masques funéraires, colliers et des pectoraux découverts dans les tombeaux des temples du crâne et de la Reine Rouge.
– la salle 5 « le Palais et la cour royale » montre les monuments grandioses sculptés de scènes et inscriptions glyphiques se référant aux naissances, aux intronisations et aux rituels des différents souverains. Des sculptures en stuc montrent l’élite locale.
-la salle 6 « les unités d’habitation » contient figurines, sculptures, mobilier et autres objets provenant des zones résidentielles voisines de la zone centrale de Palenque, offrent un aperçu de la vie quotidienne des gens ordinaires de la ville.

 

Cette video, bien qu’en espagnol, donne un bel aperçu de la richesse de ce musée.

 

 

 

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2 Commentaires

  1. COCHIN

    La résurrection de tout ce passé est fantastique car elle abonde dans un sens spirituel qui nous rassemble.

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    • Marie-Paule

      Merci beaucoup pour votre commentaire, qui traduit parfaitement ce que j’ai ressenti sur ce site à chaque fois que j’y suis allée.

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