Site archéologique : Bonampak

Site archéologique : Bonampak

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Les ruines du centre cérémoniel maya que les archéologues ont baptisé Bonampak (« murs peints ») s’élèvent sur des collines dans la vallée du Lacanhá, affluent de l’Usumacinta, à environ 30 km de Yaxchilán et 148 km de Palenque.
A Bonampak, une coopérative locale contrôle le chemin d’accès aux ruines : il faut obligatoirement emprunter une de leurs navettes (payante) pour accéder aux ruines par une piste forestière de 9km qui part du parking.
De nombreux édifices de la grande cité ont été conservés, bien que seules la Grand-Place et l’Acropole soient ouvertes au public. Sur la Grand-Place, un escalier monumental monte à l’Acropole.  Le Temple des Peintures, qui fait toute la renommée de ce site, se trouve à mi-hauteur, sur la droite.
Bonampak - Les murs peints

 

La structure comprend trois pièces qui ne communiquent pas entre elles. Les murs et les voûtes ont conservé l’essentiel de leurs peintures originales.
Ces 150 m² de fresques, réalisées avec des pigments minéraux et végétaux, sont uniques dans le monde maya connu. Elles étaient dans un état de conservation exceptionnel quand elles ont été découvertes en 1946. Elles datent de 790-795, peu avant l’abandon de la cité.
Ces peintures ont été interprétées de différentes façons ; cependant, l’interprétation la plus acceptée affirme que les fresques illustrent une seule histoire qui comprend trois phase : avant, pendant et après la bataille.

270 personnages et une trentaine de divinités sont représentés, ainsi que 108 hiéroglyphes.
Les fresques de Bonampak ont résisté à l’usure du temps grâce à l’épaisse couche de calcite qui les recouvrait. En s’accumulant sous l’effet de l’humidité, le calcaire a préservé les peintures et évité l’effondrement des murs. Dans les années 80, un premier décapage a permis de dévoiler de nombreux détails.
Il a cependant fallu attendre 1995 pour que l’oeuvre révèle sa beauté originelle, grâce à la reconstitution numérique effectuée par l’équipe de Mary Helen Miller d’après des clichés aux infrarouges.
Selon Alejandro Tovalin, directeur des fouilles, « Les fresques de Bonampak sont uniques. Aucun vestige de l’art pictural maya, datant de l’apogée de cette civilisation – entre 200 et 900 après Jésus-Christ – n’atteint un tel réalisme et un tel degré de perfection technique. Aucun temple ne possède de peintures de cette dimension. Ces fresques apportent également une foule d’informations sur l’aspect physique ou l’habillement de l’élite maya. »

Bonampak - 1ère salle
Au premier abord la vision de ces fresques est un peu décevante car elles sont peu éclairées, il n’y a pas le recul nécessaire à leur observation, et les « gardiens du temple » nous pressent de ressortir au plus vite afin que d’autres puissent profiter du spectacle.

Dans la première salle, le jeune fils de Chaan Muan II, futur héritier du royaume, est présenté à la noblesse par la famille régnante.
Bonampak - 1ère salle
Vêtu du pagne des rois, en peau de jaguar, Chaan Muan II (« Oiseau du ciel »), le souverain de Bonampak, porte une tiare divine ornée de plumes de quetzal, l’oiseau sacré des Mayas. Sur sa poitrine resplendit un pendentif en jade en forme de sphère, emblème du dieu solaire. Grands seigneurs et prêtres astronomes en cape blanche et collerette, coiffés de turbans et de têtes d’animaux, assistent à la scène.
Au loin, on aperçoit les sonneurs de trompe, les joueurs de crécelles et les danseurs masqués qui se préparent à exécuter ce qu’on pense être une danse de la fertilité.
Tout cela, Rodolfo nous l’expliquera à l’extérieur des salles, à partir de reproductions qu’on peut admirer à Mexico (au Musée National d’Antropologie) ou à Chetumal (Musée de la Culture Maya)

 

Bonampak - linteau de porte du Temple des peintures

 

 

Notre guide nous rendra aussi attentifs aux stucs encore visibles sur les murs : ce sont des scènes guerrières et les spécialistes pensent qu’ils étaient jadis peints en rouge
Bonampak - Temple des peintures, 2e salle

 

 

 

 

Ceci n’est pas une photo prise à Bonampak mais la reproduction de l’une des scènes les plus célèbres : le jugement des prisonniers.
Nous sommes dans la deuxième salle, elle raconte la rude bataille qui eut lieu le 2 août 792 et qui s’achèvera par la défaite des ennemis, le jugement et le supplice des prisonniers.
Chan Muan II, qui occupe le centre de la composition, est entouré de notables, de courtisans et de femmes de la cour, tous somptueusement vêtus.
Des guerriers assistent à la scène depuis le bas de la pyramide.
Bonampak - Temple des peintures, 2e salle

 

Voici maintenant les photos prises sur place : elles sont nettement moins lumineuses !
Les ennemis vaincus, par contre, ont été dépouillés de tous leurs vêtements et bijoux à l’exception d’un pagne.

 

Bonampak - Temple des peintures, 2e salle

 

Le dirigeant assiste au supplice des prisonniers, à qui on arrache les ongles (voyez les doigts dégoulinant de sang sur la reproduction).

 

 

Bonampak - Temple des peintures, 2e salle

 

 

Etant donné l’état des peintures de cette salle, il vaut mieux avoir une reproduction en main pour déchiffrer ce que les artistes ont voulu représenter.

Des têtes ont déjà été coupées (l’une d’elles repose sur un lit de feuilles, au pied du prisonnier mort, comme on peut le distinguer sur la reproduction) et d’autres vont l’être (voyez le bourreau, à droite, qui brandit sa machette).
Bonampak - Temple des peintures, 2e salle

 

 

Des cartouches figurant dans la zone céleste représentent des constellations et des captifs.
Comme on peut le constater sur ces photos, les peintures de cette pièce ont été fortement altérées, moins par les outrages du temps que par la maladresse des hommes. Ce sont les premiers « restaurateurs » qui, en voulant décaper la couche de calcite qui recouvrait les fresques, ont irrémédiablement abîmé les peintures.

 

Bonampak - célébration de la victoire

 

Bonampak - célébration de la victoire

 

La troisième pièce est dédiée aux cérémonies de la victoire :  après  la bataille, la capture et le supplice des prisonniers, tout se termine par une grande danse.
L’offrande de sang n’est pas terminée car, pour les Mayas, le sacrifice humain, la torture et l’autosacrifice sont trois aspects d’un même complexe sacrificiel.
La famille royale se doit d’offrir son sang à son tour : les protagonistes ont « choisi » de faire passer une cordelette dans leur langue. L’autosacrifice complète ici le sacrifice des prisonniers.

Bonampak - célébration de la victoire

 

Chez les Mayas, le sacrifice est le rite le plus important, le plus répandu, le plus fréquent et le plus chargé de sens : Les Mayas répandent le sang pour honorer les dieux créateurs, source de vie et de récoltes. Fondamentalement il est comme le meilleur moyen de payer sa dette aux grandes puissances naturelles dont on a reçu les bienfaits, mais également comme un investissement à leur égard pour mériter les bienfaits à venir.

Après plus de douze cents ans, les ruines de cette cité maya, enfouie dans la jungle du Sud mexicain, à quelques battements d’ailes du Guatemala, conservent la mémoire peinte de ces cultes guerriers.

La face inférieure des linteaux de chaque porte est sculptée de bas-reliefs déclinant le thème de la capture de prisonniers.

 

Bonampak - linteau de porte du Temple des PeinturesBonampak - linteau de porte du Temple des PeinturesBonampak - linteau de porte du Temple des Peintures

 

Le linteau de la salle 3, le mieux conservé de tous, montre le vainqueur, arborant une tête de mort à sa ceinture, qui saisit un captif par les cheveux et le transperce d’une lance. Celui de la première salle est remarquable par les traces de peintures encore parfaitement visibles.
Bonampak - L'Acropole

 

 

En sortant du Temple des Peintures, je suis heureuse de retrouver la lumière du jour, la nature, l’espace …

Les temples, dont certains sont ornés d’une crête faîtière,  ont été érigés sur différentes plateformes.
A l’intérieur, les salles sont petites avec une voûte en encorbellement qui caractérise l’architecture maya. Intérieur comme extérieur sont recouverts de pierres taillées et régulières.
Bonampak - Structures sur l'Acropole

 

 

 

Les ornementations en stuc et les linteaux sculptés représentant des scènes guerrières. Elles font echo aux fresques et ne laissent aucun doute quant au caractère belliqueux des occupants du lieu.
D’ailleurs « Les fresques de Bonampak nous amènent à réviser les notions qui étaient généralement admises sur le caractère à peu près constamment pacifique de la civilisation Maya du premier millénaire » dit J.Soustelle.

Bonampak - Stèle 1

 

Au centre de la Gran Plaza se dresse une stèle haute de plus de 5m, brisée en plusieurs endroits : c’est l’une des plus grandes stèles mayas connues.
Datant de 782, elle montre Chan Muan II, le dernier dirigeant de Bonampak, au faite de sa gloire.
Il est représenté en costume d’apparat sur la partie supérieure de la stèle, avec lance et bouclier.
Les archéologues supposent que certaines stèles ont été brisées volontairement. « Les habitants ont dû fuir précipitamment après une violente bataille, car de nombreuses stèles brisées ont été retrouvées par terre », raconte l’archéologue Victor Ortiz.
Excédés par les famines, les paysans de la vallée se sont vraisemblablement rebellés contre l’aristocratie dirigeante, à l’instar des autres royaumes mayas, vers la fin de l’an 900
Bonampak - Stèle 1 détail

 

 

 

 

De nombreux glyphes laissés par les sculpteurs apportent une information précieuse sur les évènements que célèbre la stèle.

Bonampak - Stèle 2

 

 

 

 

Cette stèle, placée au premier palier de l’Acropolis, à gauche, est sans doute la plus raffinée de Bonampak.
Au centre, le dirigeant Chan Muan II, orné d’une magnifique coiffe, fait face à sa mère qui tient un stylet à la main ainsi que des récipients destinés à recueillir le sang offert aux divinités : tout indique donc un rituel d’autosacrifice.
La femme qui se tient derrière le roi a été identifiée comme étant Dama Conejo (dame Lapin), son épouse et soeur du gouverneur de Yaxchilan : les liens matrimoniaux scellèrent l’alliance entre les deux cités.

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