Saint-Valery-sur-Somme

Saint-Valery-sur-Somme

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Sa position stratégique sur un promontoire calcaire face à la Baie de Somme, a valu à Saint-Valery-sur-Somme une histoire riche et mouvementée, dont vous trouverez le détail sur le site de la ville.

Primitivement appelée Leuconaus, la ville prit le nom de saint Valery au xe siècle, en l’honneur du moine Gualaric qui vint évangéliser la région et s’installa sur le promontoire. Avec l’usage, le nom de Gualaric se transforma pour devenir Walric et enfin Valery. Mais attention : le « e » est muet ! Vous prononcerez donc Saint Val’ry, ce qui fera de vous un voyageur avisé et non pas un touriste ignorant.

Saint Valery fait partie du réseau « Les 100 plus beaux détours de France », et a failli obtenir le titre de « village préféré des Français » en 2017 : elle a terminé 2e, le village alsacien de Kaysersberg lui ayant ravi la palme.

La ville ne manque effectivement pas d’atouts, comme nous allons le voir.

Saint Valery : le port de plaisanceUn port de plaisance

Les nostalgiques du passé se souviennent de cet authentique petit port de pêche, où remontaient à chaque marée les « sauterelliers », bateaux typiques de la Baie de Somme spécialisés dans la pêche à la crevette. Mais, du fait de l’ensablement inexorable de la baie, la pêche a quasiment disparu car la navigation dans le chenal est de plus en plus difficile pour les chalutiers.

La plaisance se développe de plus en plus et les voiliers ou bateaux à moteur, grâce à leur faible tirant d’eau, remplacent de plus en plus les bateaux de pêche. Le port de plaisance de Saint Valery est le plus important de la Côte Picarde avec ses 250 anneaux : il est très fréquenté par la plaisance de luxe notamment étrangère avec les visiteurs Néerlandais et Anglais.
De nombreuses régates y sont organisées lors des grandes marées.

 

Saint Valery : la digue de protectionLes quais

La plupart des Quais de Saint Valery sur Somme portent le nom de célèbres capitaines, qui ont servi sur des navires de guerre à la Révolution ou sous Napoléon, (Lejoille, Blavet, Pérée…). Ils sont bordés par des luxueuses demeures du 19ème qui appartenaient à plus de 80 familles d’armateurs et de Capitaines de Saint Valery.
Jusqu’au XIXe siècle, les bateaux s’échouaient sur la grève au pied des murailles de la vieille ville. Pour limiter l’envasement du chenal et maintenir l’accès des navires de haute mer, une digue fut aménagée, qui donna naissance au quai Jeanne d’Arc. Celui-ci devint rapidement une promenade prisée des visiteurs.

Et c’est justement le quai Jeanne d’Arc qui va nous conduire à la ville haute, la partie la plus ancienne de la ville, bâtie sur un site qui domine la baie.

 

Saint Valery : moutons, vus depuis saint valeryLe Crotoy et les moutons de prés-salés

En cheminant sur le quoi Jeanne d’Arc, nous jouissons d’une très belle vue sur Le Crotoy au loin, et sur une partie du troupeau de moutons de prés-salés qui s’aventurent jusqu’au bord de l’eau.

Au bout du quai Jeanne d’Arc nous allons trouver la plage, nommée autrefois « les Bains de la Ville » où toute la bonne société Parisienne venait en villégiature, logeait dans les somptueuses Villas (1900), se promenait sur les pontons de bois, se changeait dans les cabines ou écoutait de la musique sur le kiosque de la Tour Harold.
Le panorama sur l’ensemble de la Baie de Somme y est extraordinaire mais la baignade y est interdite pour des raisons de sécurité. Lors de la marée montante, le flot arrive très rapidement et avec énormément de puissance !

 

Saint Valery : plageUn site balnéaire dès le milieu du XIXe siècle

Dès 1847, la ligne ferroviaire Paris-Boulogne offre un arrêt à Noyelles-sur-mer et rend accessible Saint-Valery. En 1854, les premiers bains de mer sont ouverts au pied de l’enceinte. En 1857, le train arrive à Saint-Valery et facilite l’engouement touristique.
Au pied de l’enceinte médiévale, les terrains situés entre l’ancien quai et la nouvelle digue du chenal ont d’abord été une étendue d’eau où l’on se promenait en barque. Vers 1880, l’administration des Domaines lotit ces espaces. Les premières villas balnéaires y sont bâties au bord de la baie et ce sont elles que nous venons de longer.

En tournant à gauche, une fois arrivé à la plage, vous remarquerez les restes d’une tour : il s’agit de la tour Harold où la tradition raconte qu’Harold, seigneur anglais, fit naufrage et y fut emprisonné vers 1055. Le nom de la tour serait cependant une déformation récente du nom d’origine : tour à Roc.

 

Saint Valery : tours guillaumeTours Guillaume

Ce site stratégique, lieu de départ de la flotte de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066 vers l’Angleterre, fut fortifié très tôt.
Appelée « Porte du Haut » ou « Porte Jeanne d’Arc » en souvenir du passage de la « pucelle d’Orléans » en décembre 1430, c’est un des vestiges les plus anciens de la Ville. Les tours, datées du 11ème , existent déjà lors de l’escale forcée de la flotte de Guillaume de Normandie en 1066. L’ensemble était constitué de deux tours rondes massives, avec consoles et mâchicoulis, deux corps de bâtiments avec un étage et des souterrains qui servaient de corps de garde et de prisons, un pont levis disparu en 1614, et des ouvrages de défense avancés aujourd’hui disparus. L’arcade ogivale a été édifiée en 1785 et un pan de courtine subsiste encore. Sur les murs pousse en été un œillet rose appelé « l’œillet des croisades ».
(source : le site de Saint Valery)

 

Saint Valery : tours guillaumeSaint-Valery : rempartsSaint Valery fut l’objet d’une lutte acharnée pendant la guerre de Cent Ans.
La construction des premiers remparts remonterait au XIVe siècle à l’initiative des Anglais, maîtres des lieux de 1346 à 1369. La place fut disputée entre 1346 et 1475, années où Louis XI donna l’ordre d’incendier la ville.
Cette dernière subit près de quinze sièges. Au XVIIIe siècle, elle paraît ruinée, dévastée, abandonnée de ses habitants.

De l’enceinte urbaine il reste seulement deux portes, dont la porte Guillaume, quelques tours et des fragments de courtine.
(source : encyclopédie Picardie)

 

Saint Valery : remparts du XIe siècleLe château

Situé sur le point culminant de la Ville, il était de composé au Moyen Age de remparts, de douves, de tours et un donjon. En 1356, les Anglais agrandissent l’enceinte avec des matériaux récupérés grâce à la démolition du cloître de l’Abbaye, et peuvent loger ainsi une garnison de 500 hommes. A la Révolution, la place forte est démantelée.

En 1850, une gentillehommière sera construite sur les fondations de l’ancien château médiéval. La propriété est toujours ceinturée de remparts fortifiés datant du XIème siècle ; elle propose des chambres d’hôtes, ce qui permet à quelques heureux élus de profiter d’un parc arboré de 2 hectares surplombant la Baie de Somme.
Et les amoureux des vieilles pierres choisiront la chambre « Bonne Maman » car l’un de ses murs est tout simplement un rempart médiéval.

 

Saint-Valery : vieille maison à damierDans la cité médiévale

« La cité médiévale est une ville aux allures Moyenâgeuses chargée d’histoire avec ses remparts, ses tours, ses portes, son château-fort, son église à deux nefs et ses beaux murs en damiers où s’entremêlent le silex taillé et les blocs de grès ou de calcaire.
Les places et les rues pavées étroites nous invitent à une promenade bucolique, par les rues fleuries et les maisons à colombages et à encorbellement datant des 15ème et 16ème siècles pour les plus anciennes, pour atteindre au final un magnifique petit jardin botanique dit « Herbarium » niché au creux des remparts » nous dit la fiche de présentation des « Plus beaux détours de France ».

Par manque de temps, nous n’avons pas pu visiter ce jardin, ce qui est fort dommage si j’en crois le petit film de présentation que l’on trouve sur le site.
Avant l’existence de l’Herbarium et de son association, dès juillet 1983 commença, grâce à quelques bénévoles le fleurissement d’une partie du vieux Saint Valery. Naturellement, il s’agissait de favoriser l’installation d’une végétation indigène, adaptée au caractère ancien et sauvage de ce vieux quartier. Jusqu’à ce jour les rues suivantes sont toujours fleuries et entretenues (depuis 1996 par l’association Herbarium) : Rue Brandt, rue du Comte Robert, rue Rouault, rue de Ponthieu (en partie), rue de la Mare bouchée, rue de Quesnoy, rue des Fossés, rue Gauthier (en partie), rue du Castel.
La promenade dans le quartier médiéval n’en est que plus agréable !

 

Saint-Valery-sur-Somme : église saint MartinSaint-Valery-sur-Somme : église saint MartinL’église saint-Martin

Le plan de l’édifice résulte de reconstructions et agrandissements successifs ; après chaque sinistre on s’appliquait, tout en utilisant certains vestiges, à faire plus grand, tout en s’inspirant des goûts nouveaux.
Les XIIe siècles (piliers entre les deux nefs), et XVe siècle (reconstruction sur ordre de Louis XI après un incendie), sans compter les apports des trois derniers siècles de l’Ancien Régime, ont laissé sous ses voûtes leurs évidentes marques. On peut ainsi lire sur ses murs diverses dates gravées ou sculptées : 1558, 1581, 1611, 1615, 1626, 1633, 1754, 1845.
L’église fut consacrée le 23 novembre 1500.

 

Saint-Valery-sur-Somme : église saint MartinL’église saint-Martin est, comme beaucoup d’églises picardes et normandes voisines de la Manche, construite en pierre et galets de silex éclatés. Ces deux matériaux, taillés de dimensions diverses, permettent, sur le thème des damiers, chevrons, semis et croix, les combinaisons décoratives les plus variées.
L’existence de deux grandes nefs d’égales dimensions, séparées par une rangée de sept arcades ogivales, est la particularité de cette église.
Trois chapelles construites entre 1500 et 1581 sont annexées au flanc de la nef nord dite nef de la Vierge et sont épaulées par ddes contreforts : la chapelle des fonds baptismaux, la chapelle Saint-Valery et la chapelle Saint-Pierre dite des marins.

L’église possède de nombreux tableaux, statues et même un autel provenant de l’abbaye : ils avaient été vendus en février et mars 1791 et restitués à la paroisse Saint-Martin par leurs acheteurs, après la période révolutionnaire.
(Source : panneau placé à l’entrée de l’église)

 

Saint-Valery-sur-Somme : porte de NeversPorte de Nevers

Datée du 16ème , c’est une construction haute, à pignon pointu en briques, les grés et les galets à sa base sont d’origine plus ancienne.
Au dessus de l’entrée, on peut apercevoir les deux baies qui laissaient le passage des chaînes pour remonter le pont levis. Au dessus, subsiste un blason portant les armes du Duc de Gonzague-Nevers, surmonté de la devise « fides » qui fut longtemps celle de la Ville, en souvenir de la participation de la milice communale à la bataille de Bouvines (1214).

Les fenêtres d’appartement, occupé par l’actuel presbytère, était l’ancien corps de gardes. Sous la voûte, les traces de rainures devinent le passage de la herse. A droite une poterne murée donnait accès directement sur la grève.
A gauche, l’ancien cachot sert actuellement de lieu d’exposition.

 

Saint-Valery : marée montantePour nous, il est l’heure de prendre congé de Saint Valery et pourtant, il resterait encore tant de choses à voir.

Si vous le pouvez, ne manquez pas la chapelle de Saint-Valery, située sur l’un des plus beaux points de vue de la Baie de Somme.
« Construite dans un style néo-gothique de la fin du 19ème, qui respecte la tradition des murs en damiers avec une alternance des calcaires et des silex taillés, elle est aujourd’hui restaurée avec soins. Au pied de l’édifice, se trouve la fontaine miraculeuse, dite de la Fidélité, lieu de toutes les rencontres et de tous les espoirs. Ce site unique entièrement préservé dégage une atmosphère des plus reposantes… » nous dit la fiche de présentation des « Plus beaux détours de France ».

Le Courtgain, le pittoresque quartier des marins, mérite lui aussi une visite, comme vous le prouve le petit film ci-dessous, tourné à l’occasion de la candidature de Saint Valery au titre de « village préféré des Français » en 2017.

 

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