Reims : l’Art déco au coeur de la cité

Reims : l’Art déco au coeur de la cité

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Reims est, parmi les grandes villes de France, la ville la plus touchée par la Première Guerre mondiale : elle représente à elle seule 2,25% des destructions du territoire français. C’est après l’évacuation complète, au cours des six derniers mois de la guerre, que les destructions seront les plus nombreuses. La ville est quasiment rasée.
Elle atteint donc atteint logiquement le premier rang pour le nombre de permis de construire déposés entre 1920 et 1930 avec un total de 6 500. En 1922 comme en 1923, ce nombre dépasse celui de Paris!
Dans un contexte de gestion individuelle des indemnités par les particuliers sans que ni l’Etat ni les collectivités locales n’interviennent dans leurs choix, Reims est reconstruite avec une très grande diversité architecturale : la ville offre ainsi un panorama des principaux courants architecturaux des années 1920 en France.
L’Art Déco occupera une place privilégiée dans cette frénésie de reconstruction, et Reims abrite trois fleurons de ce courant artistique : la bibliothèque Carnégie, l’intérieur du Grand Théâtre et l’église Saint-Nicaise .

Nettement délimité dans le temps (de 1910 à la fin des années 30), l’Art Déco est le reflet d’une époque marquée par de profonds et rapides bouleversements.
Ce style typiquement français succède à l’exubérance de l’Art Nouveau qui était avant tout ornemental. Au contraire, l’Art Déco revient à la pureté des formes et se veut à la fois géométrique et décoratif.
L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui eut lieu à Paris en 1925 marque la consécration de ce style et lui donnera son nom d’Art Déco.

Ce circuit de 3,4 km nous permettra de découvrir les principaux édifices nés de la reconstruction des années vingt, un accent particulier étant mis sur un patrimoine Art déco d’exception.

Distance : 3,4km – Temps approximatif de parcours : 1h30 sans les arrêts

 

 

Le circuit débute place du Cardinal-Luçon, en face de la cathédrale.

reims : art déco, la cathédralereims : art déco, la cathédrale sous le soleil(1) L’ensemble cathédral

La cathédrale Notre-Dame, réalisée pour le gros œuvre au XIIIe siècle, est l’ensemble abouti de l’architecture gothique rayonnante : elle a été la cathédrale du sacre des rois de France que l’on retrouve dans la statuaire et le vitrail.
Comme je l’ai déjà dit pour le circuit « Histoire de Reims », c’est le soir, lorsque le soleil couchant vient éclairer la façade, que la cathédrale est la plus belle, vue de l’extérieur. Ces photos le prouvent : la cathédrale offre un tout autre visage, selon l’éclairage dont elle bénéficie.

reims : art déco, ensemble cathédral

 

 

L’ensemble cathédral constituait « une cité à l’intérieur de la cité ».
A gauche de la cathédrale, le chapitre, disparu aujourd’hui, était le lieu de vie des chanoines. Il occupait un vaste espace allant de la place Royale au Palais de Justice élevé à l’emplacement de l’ancien Hôtel-Dieu. Les écoles, particulièrement prestigieuses, qui faisaient de Reims l’une des grandes villes universitaire d’Europe, étaient établies alentour.

reims : art déco, palais du Tau

 

 

Sur la droite, le palais du Tau est l’ancienne résidence des archevêques de Reims. Reconstruit à maintes reprises, la dernière fois après son incendie lors des bombardements de 1914, il abrite aujourd’hui le musée de la cathédrale, dont nous ne pouvons que vous recommander la visite.
Vous y découvrirez de riches collections lapidaires et un ensemble d’oeuvres d’art qui évoquent l’histoire du palais, ainsi que celle de la cathédrale Notre-Dame : c’est dans ces deux monuments que se sont déroulées les cérémonies du sacre des rois de France

 

reims : art déco, palais de Justice

 

(2) Le Palais de justice fut érigé en 1835 à l’emplacement de l’ancien Hôtel-Dieu, établissement d’accueil pour les malades et les indigents.
L’édifice reprend le vocabulaire décoratif de l’Antiquité : colonnes, fronton … dans l’esprit des constructions judiciaires du XIXe siècle0 Sur l’arrière se situaient la prison et la gendarmerie, démolies en 1906.
Le Palais de Justice fut en grande partie détruit pendant la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, il abrite le tribunal de Grande Instance, le tribunal d’Instance et le tribunal de Commerce.

 

reims : art déco, Grand Théâtre
(3) Le Grand Théâtre fut édifié de 1867 à 1873 par Alphonse Gosset. L’intérieur entièrement détruit au début de la Première Guerre mondiale a été reconstruit dans l’esprit de l’Art déco : les ferronneries (lustre-bouclier, vasques lumineuses, garde-corps ornés de masques) sont d’Edgar Brandt. Les peintures du plafond de la salle de spectacles sont de René Rousseau-Decelle sur le thème « Les Arts du Théâtre maissant des fêtes de Bacchus ».

Bien que reconstruit à l’issue de la Première Guerre mondiale, le Grand Théâtre, connu désormais sous le nom d’Opéra de Reims, n’a parfait son style Art déco qu’en 1997 lors de sa rénovation. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus beaux théâtres de France.

Comme on ne peut pénétrer à l’intérieur de l’édifice qu’à l’occasion des spectacles, nous vous invitons à consulter la galerie photos du site de l’Opéra : elle vous permettra d’admirer toutes les merveilles Art déco qui s’offrent aux yeux des visiteurs.

 

reims : art déco, anciens magasins à succursales multiplesreims : art déco, anciens magasins à succursales multiples(4) Saviez-vous que Reims est le berceau des maisons à succursales ? La première maison d’alimentation à succursales multiples a été créée à Reims en 1866 par un ouvrier tisseur, Étienne Lesage. Elle prit le nom d’ « Établissements Économiques des Sociétés Mutuelles de la Ville de Reims ».
Ces magasins à succursales multiples sont de grandes entreprises familiales dont la vocation est d’offrir à la population urbaine et rurale un réseau de magasins d’approvisionnement, surtout à vocation alimentaire.
Avant 1914, six grandes enseignes se partageront le marché, parmi elles : les Docks Rémois, les Comptoirs Français, les Etablissements Economiques et les Goulet Turpin.
Affaiblies par la guerre, ces entreprises retrouveront ensuite la prospérité, jusqu’à la fin des années 1960 ; plus de 3000 succursales seront ouvertes. L’arrivée des super et hypermarchés leur sera fatale.

Cet immeuble, au coin des rues de Talleyrand et de Vesle, fut construit de 1925 à 1927 pour les Docks Rémois. Il est le plus haut immeuble de Reims après l’hôtel de ville.
A l’intérieur, rien ne subsiste de l’aménagement originel à l’exception de l’escalier monumental accessible depuis la rue de Talleyrand. Deux ascenseurs étaient initialement prévus dans l’immeuble pour desservir des sous-sols jusqu’aux terrasses. La porte monumentale sur la rue Talleyrand était prévue pour donner accès à un passage public débouchant rue de Vesle.

Au dessus de la porte de service, rue de Talleyrand, un bas-relief figure des enfants : deux pèsent des colis, un troisième écrit dans un registre.

 

reims : art déco, mosaïques Art décoreims : art déco, mosaïques Art déco(5) Architecture Art déco rue de Talleyrand

Durant les années 1920, on aimait décorer les façades en utilisant les matériaux les plus variés.

L’immeuble, situé au n° 8, construit en 1922 par Léon Margotin et Louis Roubert, présente des mosaïques dans la partie supérieure de la façade et des ferronneries caractéristiques de l’Art déco.

Au n°11 de la rue, une autre construction est ornée de mosaïques aux motifs floraux de couleurs vives réalisées par l’atelier rémois Guidici. Sous les fenêtres, vasques et corbeilles sculptées font office de jardinières.

 

reims : Arts déco, place Drouet d'Erlon

 

(6) Place Drouet-d’Erlon

 

Ici de nombreuses façades à l’architecture Art déco s’offrent aux regards des visiteurs, tel cet immeuble de rapport (8 à 14, place Drouet d’Erlon) construit en 1925 par JM Gaislin.
Il est caractéristique du style Art déco avec ses balcons couverts, et ses bas-reliefs du sculpteur Edouard Sediey, sans compter les sculptures demi-bosse, les ferronnerie, les pans coupés et les frontons.

 

reims : Arts déco, fontaine Subéreims : Arts déco, fontaine Subé(7) Érigée en 1906, la Fontaine Subé a été installée au cœur de la Place d’Erlon avec une partie des fonds que Auguste-Frédéric Subé, négociant rémois, a légués à sa ville à son décès.
Même si elle a très peu fonctionné, elle est devenue un symbole de Reims de par son positionnement et les stigmates subis par l’histoire : bombardements de 14/18 et prélèvements des couronnements en bronze par les allemands en 39/45. Seule la victoire ailée, qui vaut à la Fontaine Subé d’être surnommée « l’Ange » par les Rémois, a été remise en place en 1989. Elle a bénéficié d’une restauration complète en 2016.
Elle est particulièrement belle par beau temps, mais aussi le soir quand elle bénéficie des illuminations qui ont été mises en place en 2016.

La fontaine mesure 17 mètres de haut. Elle se présente en une colonne enguirlandée de vigne sur laquelle prend place un groupe sculpté d’allégories. Une femme debout, couronnée et drapée, symbolise la ville de Reims. À ses pieds, le dieu Mercure est reconnaissable au caducée qu’il tient en main et à son casque ailé. Les autres figures illustrent les activités économiques locales de la région de Reims : la Vigne, le Commerce, l’Industrie, et l’Agriculture. Au niveau du socle, quatre naïades personnifient les rivières locales : la Vesle, l’Aisne, la Marne, et la Suippe. Au sommet se trouve une Victoire ailée du sculpteur Paul Gascq.

 

reims : Arts déco, statue de Colbert
(8) Une statue de Colbert, œuvre en bronze d’Eugène Guillaume, fut érigée en 1860 au moment de la construction de la gare et de l’aménagement du square en vis-à-vis de celle-ci. Le socle est l’œuvre de l’architecte de l’Hôtel-de-Ville de Paris, Théodore Ballu.

Jean-Baptiste Colbert est né à Reims en 1619. Ministre de Louis XIV pendant 22 ans, Colbert réforma la justice et le commerce et aida au développement des industries traitant de la laine, du drap et des tapis. Ministre de la Marine en 1668, il dota le royaume d’une flotte puissante et réorganisa les arsenaux. Il créa « le Colbertisme » : économie de marché protégée par l’Etat.

 

reims : Arts déco, gare de Reims
(9) La gare de Reims

Le chemin de fer arriva à Reims en 1854 par un raccordement à la voie Paris-Strasbourg de la Compagnie des Chemins de Fer de l’Est. Le voyage depuis la capitale durait quatre heures !
L’électrification de la ligne via Epernay, en 1962, réduisit la durée du parcours. A partir de 2007, le TGV accomplit le trajet Reims-Paris en 45 minutes.
La gare actuelle a été construite de 1858 à 1861. A la suite de sa destruction, la halle métallique sera reconstruite en 1932 en béton armé par l’entreprise Limousin, constructeur des Halles du Boulingrin.
Sous la halle qui abrite les quais, une ancienne locomotive à vapeur de type 140 C (numéro 313) est visible par le public.

 

reims : Arts déco, Basses Promenadesreims : Arts déco, Basses Promenades
(10) Basses Promenades

L’ensemble des Promenades, classé en 1932, constitue le premier espace public rémois que l’on peut qualifier de loisir. Elles ont été créées de 1727 à 1735 par le maître jardinier Jean Le Roux, en bordure des anciens remparts.
Les Basses Promenades offrent aux promeneurs un espace ombragé planté de grands arbres dont des platanes majestueux.

 

reims : Arts déco, porte de Paris(11) Porte de Paris

Cette porte, en fait une grille en fer forgé , aux armes de France, fut inaugurée en 1776 et se trouvait alors aux abords de la Vesle. Elle fut déplacée en 1847, et remontée rue du colonel Fabien, à la hauteur des anciens abattoirs.

Devant le trafic automobile grandissant elle sera à nouveau démontée en 1949, séjournera jusqu’en 1953 dans des caisses, année où elle sera remontée dans les basses promenades.

La porte Paris est l’oeuvre de deux serruriers rémois Lecoq et Revel, commandée pour le sacre de Louis XVI en remplacement de la porte Vesle, la porte ne sera achevée qu’en 1776, soit un an après le sacre…. e

 

reims : Arts déco, cirque et manège
(12) Cirque et Manège

Le Cirque de Reims est un des derniers cirques « en dur » sur les vingt-cinq construits en France. En 1865, le Cirque et le Manège furent érigés par Narcisse Brunette.
Le Cirque servit à la fois de salle de spectacles, de concerts, de réunions publiques et accueillit les très populaires combats de boxe.
Restauré à l’identique en 1984, il fit l’objet d’aménagements complémentaires.
Le Manège, entièrement rénové, fut transformé en salle de spectacles en 1990.

Les deux bâtiments réunis sous l’égide du « Manège de Reims Scène Nationale » sont aujourd’hui des lieux de création et de diffusion pluridisciplinaires des arts du spectacle vivant.

 

reims : Arts déco, parc de la Patte-d'oiereims : Arts déco, parc de la Patte-d'oie(13) Parc de la Patte d’Oie, Centre des Congrès

Le parc de la Patte d’Oie, jardin à la française créé en 1727 en forme de patte d’oie, fut amputé par la création du canal en 1840 puis par l’arrivée du chemin de fer en 1854.

A la fin du XIXe siècle, le parc fut transformé en jardin à l’anglaise et Edouard Redont aménagea un petit jardin alpin avec ponts rustiques et rivière artificielle.
Jusqu’en 1986, le parc accueillait différentes manifestations dont la foire exposition annuelle. Enfin, le parc fut réaménagé dans le cadre de la construction du Centre des Congrès.

reims : Arts déco, Centre des Congrès

 

 

Inauguré en 1994, le Centre des Congrès fut réalisé par Claude Vasconi comme un « vaisseau » amarré le long du canal. Il comporte de grandes salles de réunions dont deux amphithéâtres de 700 et 350 places, ainsi qu’un hall d’exposition.

 

reims : Arts déco, façade des salons Degermann(14) Architecture 1900-1925
Plusieurs salles de spectacles se trouvaient dans cette rue, à la fin du XIXe siècle.
En 1900, Eugène Degermann ouvrit ses salons, construits en neuf mois par l’architecte Charles Boësch, destinés à accueillir de nombreuses manifestations et banquets : les salons Degermann au n°35.

reims : Arts déco, anciens garages Peugeot

 

 

 

 

Des marques automobiles s’installèrent, dont les garages Peugeot au n°46 ainsi que leur annexe au n°37.

La façade est intégrée dans l’architecture de l’hôtel construit par Jean-Baptiste Michel.

 

(15) Square des victimes de la Gestapo
A cet emplacement s’élevait l’hôtel particulier de l’entrepreneur de béton armé Demay qui fut réquisitionné par l’Occupant durant la Seconde Guerre mondiale.

reims : Arts déco, square des victimes de la Gestaporeims : Arts déco, square des victimes de la Gestaporeims : Arts déco, square des victimes de la Gestapo

Ici même, de nombreux Résistants et Patriotes ont souffert sous la torture des agents de la Gestapo pour la liberté de leur pays.
L’édifice, démoli en 1986, laisse place à un square du souvenir où subsiste une portion du mur de façade.
La stèle commémorative a été réalisée avec des pierres provenant du bâtiment.

reims : Arts déco, cinéma Odeon

 

 

(16) Cinéma Opéra

Le cinéma Opéra ouvrit en 1923 avec une salle de 1450 places. Il remplaçait l’Aérocinéma détruit au cours de la Première Guerre mondiale.
La façade présente des réminiscences de l’Art nouveau, période précédant l’Art déco, particulièrement prisée par les architectes Emile Thion et Marcel Rousseau. Une grande variété de décors sur le thème de la nature fut réalisée à l’aide des techniques diverses vitraux, sgraffites et sculptures.
La présence de sirènes et de masques de théâtre, faisant appel à l’imaginaire, indique qu’il s’agit d’une salle de spectacles.

 

reims : Arts déco, église Saint-Jacques
(17) Eglise Saint-Jacques

L’église Saint-Jacques est la seule église paroissiale médiévale restant à Reims. Elle fut élevée en 1190 pour le quartier de la Couture, l’actuelle place Drouet d’Erlon.
L’ensemble du chevet a été entièrement reconstruit à la Renaissance. La flèche gothique, abattue par un ouragan en 1711, fut remplacée par un clocher baroque, à son tour détruit en 1918.
C’est sur cet édifice que l’architecte Henri Deneux expérimenta son prototype de charpente en éléments de béton armé qu’il utilisera ensuite pour la cathédrale et la basilique Saint-Remi.
reims : Arts déco, église Saint-Jacques

 

L’église possède aujourd’hui des vitraux des peintres Joseph Sima et Maria Helena Vieira da Sylva, réalisés à partir de 1966 par l’atelier rémois Simon.

Clickez pour voir des images de l'intérieur de l'église saint Jacques

reims : Arts déco, église Saint-Jacquesreims : Arts déco, église Saint-Jacquesreims : Arts déco, église Saint-Jacques

 

reims : Arts déco, grands magasins
(18) Les Grands Magasins

Dès le Second Empire, à l’instar de Paris, Reims se dota de grands magasins. Après la Première Guerre mondiale, la chaîne des Nouvelles Galeries ouvrit son établissement rémois sous le nom des Magasins Modernes en 1924. Le principe étant de regrouper en un seul lieu la totalité de l’offre commerciale pour en faire de véritables cathédrales du commerce.
Les stands se répartissent autour d’un vaste hall central, puits de lumière, délimité par des balcons en ferronnerie. Les différents espaces sont distribués à partir d’escaliers élégants. La notion de grand magasin connut une évolution liée à la crise de l’entre-deux-guerres, ce qui suscita les premières expériences de magasins à prix unique.

 

reims : Arts déco, musée des Beaux Arts

 

 

(19) Musée des Beaux-Arts

Le musée des beaux-arts, installé dans les combles de l’Hôtel de Ville, fut transféré en 1913 dans l’abbaye Saint-Denis, édifice du XVIIIe siècle remanié au XIXe siècle.
Peu touché par la Première Guerre mondiale, le musée a pu rester dans ses dispositions d’origine. Ses collections provenant, entre autres, d’importants dons de familles rémoises, le placent parmi les plus grands musées de France. Il conserve et expose des peintures, sculptures, dessins et objets d’art du XVIe au XXe siècle : Cranach, Le Nain, David, Corot, Moet, Gauguin, Matisse, Sima, Vieira da Silva …

 

reims : Arts déco, médiathèque Jean Falala
(20) Médiathèque Jean Falala Médiathèque Jean Falala

La Médiathèque Jean Falala est le principal établissement du réseau de lecture publique de la Ville de Reims. Elle constitue, avec la bibliothèque Carnégie, l’une des douze « bibliohèques municipales à vocation régionale » de France.
Construit par l’architecte Jean-Paul Viguier avec une ossature métallique et une importante surface vitrée, le bâtiment a ouvert en mai 2003. Il abrite, sur 6500 m2 et cinq niveaux accessibles au public, plus de 130 000 documents en prêt, des espaces d’exposition et un auditorium. L’entrée est libre et gratuite.

 

reims : Arts déco, Bibliothèque Carnegie
Impossible de parler d’Arts Décoratifs à Reims sans parler de la Bibliothèque Carnégie (place Carnégie), du nom de l’homme d’affaires américain qui, via sa Fondation la « Dotation Carnegie pour la Paix Internationale », a offert 200 000 dollars à la ville de Reims pour construire une nouvelle bibliothèque. La précédente avait été dévastée par un obus allemand. C’est un architecte rémois, Max Sainsaulieu, qui se voit confier le projet dont la réalisation demandera six années, de 1921 à 1927. Le 10 juin 1928, la Bibliothèque Carnegie est inaugurée par le Président Gaston Doumergue et l’Ambassadeur des Etats-Unis, Myton T. Herrick.
Sous l’influence de son fils Louis, étudiant aux beaux-arts, Max Sainsaulieu opte pour une esthétique moderne, typique du style Art Déco.

Nous avons visité la bibliothèque à l’étape (3) de notre circuit « Histoire de Reims » mais nous allons ici revenir sur certains points architecturaux.

reims : Arts déco, Bibliothèque Carnegie

 

On pénètre dans le bâtiment en gravissant quelques marches, symbole d’élévation vers la connaissance. A l’entrée, deux pilastres dépourvus de chapiteaux sont surmontés d’un fronton classicisant orné d’arbustes gravés qui symbolisent la floraison de l’esprit.
On peut y lire la devise de la bibliothèque : « Educunt folia fructum » (les fleurs conduisent aux fruits). L’inscription est pointée par des flèches noires sur la photo car elle ne « ressort » pas beaucoup.
Ce décor en bas-relief est l’œuvre du sculpteur Edouard Sediey.

reims : Arts déco, Bibliothèque Carnegie

 
 

La généreuse dotation de 200 000 dollars offerte par la Fondation Carnegie lui permet d’utiliser des matériaux nobles et d’imaginer une décoration riche. Il fait appel aux grands noms des arts décoratifs de son époque :
– La grande porte d’entrée en fer forgé a été réalisée par l’entreprise Schwartz-Haumont. Elle fut récompensée à l’exposition des arts décoratifs de 1925 par une médaille d’or. Elle exploite le motif du cercle parfait et des spirales.
– A. Biret installe les mosaïques du péristyle d’entrée
– Les mosaïques du hall d’entrée ont été réalisées par les marbreries Merbès-Sprimont d’après des cartons de Henri Sauvage sur les thèmes des métiers (tisserand, imprimeur), du sport (rugby), des symboles de la France (coq, fleur de lys, coiffe de Marianne) ou de la vitesse (moyens de transports paquebot, voiture, train, avion).
– Toujours dans le hall, admirez les panneaux d’onyx blond d’Algérie encadrés de bandes de marbre vert de Tinos.
– Sous la coupole, le grand lustre, 100% typique de la période, du maître verrier rémois Jacques Simon, surplombe une fontaine d’onyx et de marbre.

 

Reims histoire : bibliothèque Carnegie, verrière salle de lecture
Une porte à double battant en cuir mène à la salle de lecture : admirez son parquet en chêne et ses murs lambrissés d’acajou. Elle est éclairée par trois baies latérales et une grande verrière zénithale qui sont l’œuvre de Jacques Gruber, célèbre maître verrier nancéien. La grande verrière, qui représente un livre ouvert sur les armes de la Ville de Reims, est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Une salle d’exposition a été conçue dès l’origine, pour présenter les trésors de la bibliothèque. Le parquet de cette salle, véritable travail de marqueterie juxtaposant des carrés de chêne et d’acajou, est particulièrement remarquable. Au plafond, la corniche en forme d’escalier renversé est caractéristique de l’esthétique Art Déco.
Les collections sont stockées dans les magasins situés derrière la banque d’accueil. Répartis sur cinq niveaux, ils peuvent contenir jusqu’à neuf kilomètres linéaires de documents. Leur forme semi-circulaire, voulue par Max Sainsaulieu, impose une disposition des rayonnages originale, en étoile. Les magasins ne sont accessibles qu’au personnel de la bibliothèque.
La bibliothèque Carnégie abrite une collection de 400 000 volumes ; elle conserve des livres datés de l’époque médiévale et des collections spécifiques à la Champagne.

 

Ainsi s’achève ce circuit qui nous a permis d’admirer quelques bâtiments « Art-Déco » de Reims. Il y en a bien d’autres que vous pourrez découvrir sur le parcours interactif que propose le site « Reims, ville art déco »

Pour poursuivre votre visite de Reims:
Histoire de Reims pour découvrir la ville grâce à une promenade qui vous emmènera à travers plusieurs siècles d’histoire dans la cité des sacres
le quartier saint Remi pour admirer deux des quatre fleurons du patrimoine rémois : la basilique et l’abbaye bénédictine Saint-Remi, inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
une cave champenoise

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