Reims : sur les pas de saint Remi

Reims : sur les pas de saint Remi

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Invités à suivre les panneaux numérotés en vert -dont le design est signé Philippe Starck- les touristes partent à la rencontre de tout un patrimoine lié géographiquement au bourg Saint-Remi.

Attention : Remi (du latin Remigius ou Remedius, remède) et pas Rémi !

Le quartier Saint-Remi s’est développé sur l’emplacement de l’ancien bourg médiéval implanté autour de l’abbaye et de son église, alors situées en dehors des remparts de la ville. Après la réunification du bourg à la cité au sein d’une grande enceinte commune, ses habitants conservèrent leur particularisme !

En 1825, invité au sacre de Charles X, Victor Hugo vint visiter ce quartier haut en couleurs ; il y rencontra une jolie gitane, Esmeralda, et Albert Nicart sonneur de cloches bossu de l’église Saint-Remi surnommé « Quasimodo » qui lui inspirèrent les personnages de son roman « Notre-Dame de Paris ».

Ce parcours long de près de 3 km et constitué de 13 panneaux propose un retour de l’époque médiévale au XIXe siècle.
Doté d’un patrimoine très riche, ce quartier ne comporte pas moins de deux monuments classés Patrimoine Mondial de l’UNESCO : la Basilique et le Musée Saint-Remi.

Au-delà des édifices connus comme le Musée, la Basilique, l’Ancien Collège des Jésuites, l’église Saint-Maurice, la statue du maréchal Drouet d’Erlon, les Crayères, ce parcours incitera également les touristes à faire connaissance avec une partie moins connue à l’image des remparts de l’Abbaye Saint- Remi ou la Butte Saint-Nicaise. Devant cette dernière, vestige de l’enceinte médiévale, se trouve la statue « Premier Architecte » de Landowski- sculpteur français auteur du Christ de Rio de Janeiro et la Tour du Puits.

Ce 3ème parcours propose ainsi une escapade dans le passé médiéval tel qu’il caractérisa l’histoire de la Cité des Sacres.
« Autour de Saint-Remi » complète les deux autres circuits touristiques « Histoire de Reims » et « Art déco ».

En ce qui nous concerne, nous avons consacré notre matinée à la visite des caves du domaines Pommery, suivie de la découverte de la villa Demoiselle. Nous avons débuté notre après-midi avec ce circuit, en démarrant au niveau du point 11, et en le parcourant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
Nous sommes revenus au point 11, pour enchaîner alors avec le circuit du Chemin-Vert.

Distance : 3 km – Temps approximatif de parcours : 1h30 sans les arrêts

 

 

Pour plus de clarté, nous démarrons nos explications en partant du point 1, devant le musée-abbaye Saint-Remi.

Reims : saint Remi, musée, abbaye(1) Le musée d’histoire et d’archéologie Saint-Remi est installé dans les prestigieux bâtiments de l’ancienne abbaye royale de Saint-Remi, classée au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1991. Les moines bénédictins de l’Abbaye avaient la garde de la Sainte-Ampoule apportée, selon la légende, par la colombe du Saint-Esprit à saint Remi lors du baptême de Clovis en 496.
L’ancienne abbaye Saint-Remi présente une belle et puissante architecture des XVIIe et XVIIIe siècles. Le cloître, l’ancien parloir médiéval, le grand escalier d’honneur de 1778 et la salle capitulaire aux chapiteaux romans évoquent les fastes architecturaux de ce que fut l’abbaye royale de Saint-Remi.

Ses collections traitent de l’histoire de Reims et de la région, de la Préhistoire à la Renaissance, avec notamment la salle des tapisseries qui abrite la somptueuse tenture de la Vie de Saint-Remi, et de l’archéologie régionale : période préhistorique, gauloise, gallo-romaine, mérovingienne et médiévale (mosaïques, tombeau de Jovin, stèles funéraires, reconstitution de la Maison des Musiciens…).

Une salle d’histoire militaire rappelle que les bâtiments abbatiaux devinrent hôpital militaire durant les guerres de la Révolution et du premier Empire.

A voir également dans plusieurs salles du musée, une belle série de peintures rémoises du dix-septième siècles dont des œuvres de Jean Hélart, parmi lesquelles un chef-d’œuvre : Le Christ Ressuscité apparaissant à sainte Madeleine, daté de 1679.

 

Reims : saint Remi, basilique(2) Après la cathédrale, qu’elle égale presque en taille, la basilique Saint-Remi est l’église la plus célèbre de Reims. Elle porte le nom du saint évêque qui baptisa Clovis à la fin du Ve siècle : cet évènement devient l’acte fondateur de la monarchie française et confirme l’entrée de la France dans la chrétienté.
À sa mort, en 533, il est enterré dans un petit oratoire hors les murs de la cité. Très vite, son aura suscite de nombreux pèlerinages et conduit à l’installation d’une communauté bénédictine auprès de son tombeau. L’invention du saint Chrême, par l’archevêque Hincmar, au IXe siècle, s’appuie sur une légende selon laquelle une colombe aurait apporté une fiole contenant une huile miraculeuse pour le baptême de Clovis. Utilisée pour le sacre, cette huile confère son caractère sacré au roi. Les moines veillent donc sur la dépouille du saint et sur la sainte-ampoule.

Au XIe siècle, l’église, reconstruite, est considérée comme le plus grand édifice de style roman pour l’époque, ce qui témoigne de son importance. Dans la première moitié du XIIe siècle, le choeur, les deux premières travées de la nef et la façade sont repris dans le premier style gothique.

Reims : saint Remi, basilique, chevetÀ partir de Louis XIII, les rois au lendemain du sacre, prennent l’habitude de se rendre de la cathédrale à Saint-Remi en grand cortège militaire dénommé Cavalcade de Saint-Remi. Ils affirment ainsi leur rôle de défenseurs de l’église.

Au XVIIIe siècle, l’abbaye est fortement remaniée. La Révolution chasse les moines. Si l’église est rendue au culte et élevée au rang de basilique en 1896, lors du quatorzième centenaire de l’anniversaire du baptême de Clovis, les anciens bâtiments conventuels sont convertis en hôpital.

La guerre de 1914-1918 fera de gros dégâts : il faudra quarante ans pour relever les ruines ! Classée en 1991 au patrimoine mondial par l’Unesco, riche d’une collection de vitraux médiévaux, elle abrite toujours le tombeau de saint Remi.

Sur la photo ci-contre, nous voyons Le chevet gothique, sur trois niveaux, avec ses arcs-boutants et ses chapelles rayonnantes

Cliquez ici pour voir des photos de l'intérieur de la basilique saint Remi

saint Remi, basilique : la couronne de lumière

 

 

Vous remarquerez la « couronne de lumière » suspendue à la croisée du transept : ce luminaire comprend 96 bougies représentant les 96 années de la vie de saint Remi. Comptez aussi les tourelles : il y en a douze, un chiffre sacré pour les chrétiens. Elles représentent remparts de la Jérusalem céleste. Le luminaire que nous admirons aujoursd’hui date de la fin du XIXe siècle, celui du XIIe ayant été fondu à la Révolution.


 

 

Un grand orgue du facteur Bertrand Cattiaux est intégré dans le bas côté sud au niveau de la dixième travée. Il est exceptionnel par la hauteur de ses tuyaux (6,5 m) intégrés dans un buffet de 11,5 m de Jean-Luc Giraud, dont la réalisation fut confiée à l’atelier de Yves le Huen. Ses 43 jeux, trois claviers manuel et pédale, animent l’édifice depuis l’an 2000 seulement. L’instrument fait suite à toute une série d’orgues : le précédent grand orgue, réalisé par Brisset, fut installé en 1898 mais brûlait le 1er août 1918 lors de la Première Guerre mondiale.


saint Remi, basilique : les trois baptêmes

 

Le rétable des trois baptêmes (1610), attribué à Nicolas Jacques, glorifie les deux monarques , Constantin et Clovis, dont la conversion changea le cours de l’histoire :

– A gauche, saint Sylvestre et l’empereur Constantin

– Au centre, le Christ et Jean-Baptiste

– A droite, Saint Remi et Clovis


saint Remi, basilique : mise au tombeau

 

Vous pourrez aussi admirer une mise au tombeau grandeur nature avec des personnages en pierre polychrome : la dalle du tombeau porte la date 1531 et l’inscription « Frère François Sarradin, commandeur de céans, a fait faire ce sépulcre en l’an mil cinq cens trente et ung, priez Dieu pour luy »

Elle provient de l’ancienne Commanderie du Temple détruite en 1792. Elle fut installée à Saint-Remi en 1803, comme nous l’apprend un écriteau cellé dans le mur : « ce sépulcre fait en 1531, et transféré du Temple ici en 1803, a été donné à l’église de saint Remi par monsieur Lemoine-Doriot, qui a orné cette chapelle en 1814. Priez pour le repos de son âme et de celle de son épouse »


saint Remi, basilique : choeur

 

 

La nef romane témoigne de la première campagne de construction. Au XIIe siècle, l’édifice est agrandi pour faciliter l’accès aux pèlerins. La nef est agrandie de deux travées et d’un nouveau chœur gothique à déambulatoire et chapelles rayonnantes, tandis que les piles romanes sont renforcées par des colonnes et colonnettes supportant les nervures des voûtes à croisées d’ogives, à la place de la charpente en bois romane.

La sobre nef romane et le chœur gothique à quatre étages constituent un ensemble impressionnant de légèreté et d’harmonie.


saint Remi, basilique : rosace

 

 

Les vitraux de la nef datent du XIIe siècle et comptent parmi les plus anciens d’Europe. Partiellement détruits durant la Première Guerre mondiale, ils ont été restaurés par des maître verriers rémois, l’atelier Simon Marq. Vous les verrez dans toute leur splendeur si vous pouvez effectuer votre visite par un bel après-midi ensolleillé, lorsque les rayons du soleil illuminent les décors de la nef A ces vitraux anciens se mêlent des vitraux contemporains, signés Charles Marq, l’auteur des vitraux de Chagall dans la cathédrale.

Des jumelles sont les bienvenues étant donné la hauteur des baies. Mais vous pouvez aussi les admirer tout à loisir sur le site « mes vitraux favoris »

 

saint Remi, basilique : tombeau de saint Remisaint Remi, basilique : tombeau de saint RemiLe tombeau de saint Remi occupe le centre du chœur. L’original, érigé entre 1533 et 1537, fut détruit par les révolutionnaires. Il a été reconstitué en 1847, avec des dimensions plus modestes dans un style Renaissance. A travers une fenêtre éclairée nous pouvons apercevoir la chasse en bronze doré (1896) qui renferme les reliques du saint. Il faut près d’une douzaine d’hommes pour la porter car elle pèse 600 Kg ! Elle est sortie une fois l’an, lors de la procession de la fête de saint Remi, le premier dimanche d’octobre.

L’abside est ornée d’un groupe de statues, où l’on reconnait Clovis agenouillé mains jointes devant l’évêque assis qui tend les mains pour procéder aux onctions.

La colombe qui plane au-dessus de la tête de l’évêque rapelle bien entendu la sainte Ampoule, une fiole contenant une huile sacrée qui aurait servi lors du baptême de Clovis. Son nom viendrait du latin ampulla (petit flacon, fiole) ou du saxon ampel (coupe, fiole).

Une portion de ce baume était mélangée à du Saint Chrême pour servir à l’onction des rois de France lors de la cérémonie du sacre. Selon Hincmar, archevêque de Reims (vers 802-882), un ange, sous la forme d’une colombe, aurait apporté cette fiole à Remi de Reims, futur saint Remi, pour oindre le front de Clovis lors de son baptême.

saint Remi, basilique : tombeau de saint Remisaint Remi, basilique : tombeau de saint Remi Sur les côtés sont représentés les douze pairs de France, les ecclésiastiques au sud et les laïcs au nord, portant les insignes et attributs qui étaient remis au roi lors du sacre : épée, couronne, sceptre, anneau, etc.

Toutes ces statues, attribuées à Pierre Jacques, datent du XVIe siècle : les révolutionnaires brisèrent le tombeau mais épargnèrent les statues, qui ont donc été réutilisées.

 

Reims : saint Remi, église saint Julien(3) L’église Saint Julien fut construite au XIe ou au XIIe siècle à l’emplacement présumé d’un oratoire paléochrétien fondé, selon les textes, par un dénommé Attolus, au Ve siècle. Le vaisseau central de l’église médiévale fut détruit au début du XXe siècle pendant la Grande Guerre, après avoir abrité, depuis la Révolution, des maisons qui en avaient modifié l’apparence et percé le sol de caves. Une description datant de 1912 le qualifie d’édifice sobre en forme de croix latine, long de 41 mètres, large de 19 mètres à hauteur du transept et de 15 mètres au niveau de la nef, qui n’était pas voûtée.

1996 marque le 15ème centenaire du baptême de Clovis par Saint-Remi, archevêque de Reims. Pour célébrer cet événement, Jean-Claude Rouzaud, Président de la maison de champagne Louis Roederer, fait ériger une magnifique statue à l’emplacement approximatif du chœur de l’église saint Julien. Il confie la réalisation à l’artiste d’inspiration chrétienne, Daphné du Barry.
Située à proximité du portail sud de la Basilique Saint-Remi, elle évoque aux touristes l’événement historique survenu dans la cité rémoise.
Le baptème de Clovis est en effet l’acte fondateur de l’alliance de la monarchie de droit divin française avec l’Eglise catholique. Jusqu’à la chute de la monarchie, elles seront étroitement liées : un roi n’est roi que s’il est catholique et sacré à Reims avec la Sainte Ampoule ! (pensez à Charles VII courant après son sacre à Reims ou à Henri IV qui doit abjurer le protestantisme pour coiffer la couronne). L’union entre l’état franc (devenu français) et l’Eglise ne se brisera qu’en 1905, après la disparition des rois, par la séparation du Clergé et de l’Etat.

 

Reims : saint Remi, place saint Timothee, maisons à pans de bois(4) Les belles maisons médiévales de la Place saint-Timothée ont malheureusement presque toutes disparu lors de la Grande Guerre. À l’angle de la rue Saint-Julien, la boucherie est l’une des plus anciennes maisons de la cité des sacres.

Reims : saint Remi, place saint Timothee, fontaine GodinotLa pharmacie Dieu-Lumière date, elle, de 1923. Elle a été construite dans un style hystoriciste par l’architecte Adolphe Prost suivant un permis de construire de 1922 des architectes rémois Edmond Herbé et Maurice Deffaux.

Avant que les fontaines n’existent à Reims, les habitants tiraient l’eau dans des puits.
L’initiative d’avoir un réseau d’adduction d’eau et de fontaines est l’oeuvre du Chanoine Jean Godinot (1661-1749).

La première fontaine publique installée par Godinot se trouvait à l’angle des rues Saint-Sixte et des Créneaux. Une grande plaque de marbre rappelle cette action de mécénat qui permit l’alimentation en eau de la ville au XVIIIe siècle : elle se trouve sur la « maisonnette », juste à gauche de la pharmacie.

 

Reims : saint Remi, abbaye, vestiges des remparts(5) Vestiges des remparts de l’Abbaye Saint-Remi
Entre 923 et 925 l’archevêque Seulphe décida de faire construire un petit château et un rempart autour de l’abbaye pour la protéger. En effet, à la fin du IXe siècle, la région de Reims fut la proie des raids de pillage des Vikings qui remontaient fleuves et rivières sur leurs drakkars. D’ailleurs en 882, l’archevêque Hincmar, craignant déjà que la riche abbaye Saint-Remi et son église abbatiale en soient les vistimes, fut obligé de faire transporter la châsse contenant le corps de saint Remi et la Sainte-Ampoule à Epernay, afin de les mettre à l’abri.

 

Reims : saint Remi, statue de Colbert(6) Statue de Jean-Baptiste Colbert
Commandée par Napoléon Ier, cette statue de Colbert ornait l’Assemblée Nationale. En 1988, il fut décidé de restituer les statues originales à leurs villes de naissance.

Réalisée par Jacques-Edme Dumont, elle trône désormais devant le Rectorat.
Elle faisait partie du groupe de statues des quatre ministres veillant sur le Palais Bourbon et incarnant les vertus du service public : L’Hospital le conciliateur, Sully le réformateur et d’Aguesseau le juriste.
Le Rémois Colbert, ministrede Louis XIV, favorisa l’industrie et le commerce, réorganisa les finances, la justice et la marine royale.

 
Reims : saint Remi, ancien collège des Jésuites

 

(7) L’Ancien collège des Jésuites abrite le campus euro-américain Sciences Po.
Avant de devenir un hôpital puis un musée, l’ancien collège des Jésuites a formé des générations de jeunes esprits (dont Colbert et Condorcet). Il forme un ensemble architectural du XVIIème siècle comprenant une magnifique bibliothèque, également du XVIIème, ainsi qu’un réfectoire orné de boiseries et de peintures de Jean Hélart retraçant la vie de Saint Ignace de Loyola et de Saint François-Xavier.
Ne se visite pas, hormis lors des Journées du Patrimoine.

Reims : saint Remi, ancien collège des Jésuites, entrée

 

 

L’ensemble a fait l’objet, à partir de 2011, d’un réaménagement des intérieurs, avec un respect des façades existantes, par le cabinet d’architectes Reichen et Robert sous le contrôle des Bâtiments de France. La bibliothèque, chef-d’œuvre de l’art baroque français au riche décor de guirlandes, de volutes et d’angelots, a été restaurée. Tout comme la cuisine voûtée et la salle de réfectoire.

Dans l’aile droite du bâtiment, le Frac bénéficie désormais d’une entrée publique donnant directement sur la place Museux. Le campus de Sciences-Po a fait l’objet d’une réhabilitation complète en 2016, à laquelle se sont ajoutées de nouvelles constructions afin de créer un amphithéâtre, une cafétéria et une bibliothèque.

 

Reims : saint Remi, église saint MauriceReims : saint Remi, église saint Maurice, ancienne photo (8)l’église Saint-Maurice remonte probablement aux origines de la chrétienté, à Reims. Prieuré des bénédictins de Marmoutier, à partir du XIIème siècle, l’édifice devient propriété des jésuites en 1615. À l’expulsion de l’ordre (1764), la paroisse devient propriétaire de l’ensemble du bâtiment. À la révolution française, l’église subit peu de dommages. Des objets mobiliers provenant d’autres établissements religieux sont accueillis dans le lieu, comme les stalles et les boiseries de Saint-Nicaise, les toiles de l’abbaye Saint-Pierre-les-Dames, etc.
Fortement remaniée au XIXème siècle par l’architecte Narcisse Brunette, l’église sort indemne des bombardements de la Grande Guerre. Un incendie en 1942, dont les causes demeurent obscures, en fait disparaître la tour-clocher.

L’église était en pleine restauration en ce mois de février 2017 car les façades étaient extrêmement abîmées. Les verrières de l’église étaient elles aussi dans un état de dégradation très alarmant.
La restauration de l’église Saint-Maurice vient parfaire l’ensemble remarquable composé par l’Ancien Collège qui accueille désormais Sciences Po. La façade principale restaurée, avec un vitrail recomposé, permettra de donner à cet ensemble architectural une homogénéité.

 

Reims : saint Remi, maréchal Drouet d'Erlon(9) Erigée en 1849 au début de l’actuelle place d’Erlon, la statue du maréchal Drouet d’Erlon sera transférée sur son emplacement actuel en 1908 ; elle est l’oeuvre du sculpteur Louis Rochet.

Jean-Baptiste Drouet est né à Reims en 1765 d’une famille de charpentiers. Engagé volontaire à 17 ans dans l’armée royale, il fit les guerres de la Révolution et du Premier Empire, gravissant tous les grades jusqu’à celui de général de division. Le 28 janvier 1809, Napoléon Ier le fit comte d’Erlon.

Banni et condamné sous le Restauration, il fut rappelé par Louis-Philippe en 1831 qui le nomma pair de France, gouverneur général de l’Algérie puis maréchal de France en 1843.

Son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe. Il est inhumé au Cimetière du Nord à Reims.

 

Reims : saint Remi, les crayères(10) Les crayères
Nous longeons le boulevard Henry-Vasnier dont les sous-sols creusés de crayères ont permis l’installation de nombreuses maisons de champagne.
Sous vos pieds, des dizaines et des dizaines de kilomètres de galeries situées à un minimum de 15 m en dessous du sol, sillonnent la ville. Certaines galeries peuvent atteindre plus de 40 m de hauteur (plus haut que la nef de la cathédrale de Reims). La craie est un matériau fondamental dans les édifices rémois et il fallait creuser très en profondeur pour atteindre la craie la plus pure, propre à constituer des blocs pour la construction.

Les Rémois ont souvent trouvé refuge dans les sous-sols de la ville. Hormis la cathédrale, les principaux édifices religieux étaient, jusqu’au XIVe siècle, en dehors de l’enceinte de la ville. Creuser des galeries pour relier ces édifices à la ville fortifiée était alors un bon moyen de s’assurer une solution de repli. Les souterrains servaient aussi d’abris aux habitants lors des fréquents (et redoutés) incendies.

Au XIX° siècle, les crayères connaissent une nouvelle vocation qui donnera à Reims un prestige mondial. La température constante des galeries creusées dans la craie et les propriétés physiques du minéral offrent des conditions idéales de conservation du vin. Les uns après les autres, les grandes maisons de champagne vont profiter de cet exceptionnel patrimoine pour faire reposer des millions de bouteilles dans ces caves à nulles autres pareilles.

 

Reims : saint Remi, butte saint Nicaise(11) La butte Saint-Nicaise
Préservée de la destruction par Narcisse Brunette en 1848 comme « témoin historique », la butte de terre qui subsiste est le vestige de l’enceinte médiévale de Reims. A son sommet se trouvait la muraille du rempart, les tours de défense et le chemin de ronde.
Cette levée de terre fut édifiée de 1209 à 1211 avec les déblais provenant du creusement du fossé. Par la suite arasée, la butte sera aménagée en plate-forme d’artillerie.
Une statue du sculpteur français Paul Landowski, également auteur du Christ de Rio de Janeiro, a été installée dans le jardin en 1933. Offerte par l’Etat, elle symbolise « le Premier Architecte »

 

Reims : saint Remi, tour du puits(12) La Tour du Puits était l’une des tours de flanquement qui assuraient la défense des remparts entre les Portes Saint-Nicaise et Dieu-Lumière.
Construite après 1356, elle faisait partie des remparts médiévaux constitués de 44 tours et portes fortifiées permettant de protéger la cité. C’est le seul vestige de l’enceinte médiévale.
Les remparts ont été achevés en 1358 pendant la guerre de Cent Ans.
La Tour du Puits a participé une dernière fois à la défense de Reims le 12 mars 1814 contre les troupes russes du général de Saint-Priest, lors de la campagne de France de Napoléon 1er.

 

Reims : saint Remi, anciens remparts(13) Les anciens remparts
A partir de la fin du XIIe siècle, l’extension de la ville progresse rapidement : des faubourgs se développent hors des murs de l’enceinte gallo-romaine. Des congrégations religieuses s’installent entre la ville ancienne et le bourg de Saint-Remi. Il devient urgent de réunir la population au sein d’une même fortification.
La construction d’une nouvelle muraille fut effective à partir de 1295 sur ordre du roi Philippe le Bel. L’enceinte fut achevée en 1358 devant la menace anglaise. Ce rempart avait 6500m de périmètre, 44 tours et des portes fortifiées.
Il fut entièrement détruit au milieu de XIXe siècle lors des grands travaux d’urbanisme dont Reims fut le théâtre, tel le creusement de l’Aisne à la Marne.

 
Contourner la place des Droits-de-l’homme par la droite et prendre la rue Féry qui guide nos pas jusqu’à la basilique Saint-Remi

Comme nous avons pu le constater tout au long de ce circuit, hormis quelques exceptions, il ne reste pas beaucoup de bâtiments anciens et pour cause : tout a été rasé dans les années 1950, pour permettre une reconstruction massive. Dans les années 60 et 70, le quartier s’est profondément métamorphosé, les ruelles et maisons anciennes ont laissé la place à des ensembles d’immeubles sensés offrir des conditions d’habitat « modernes ».
Aussi, si vous êtes pressés par le temps, vous pouvez vous contenter d’explorer l’îlot autour de la basilique (points 1 à 5)

Mais ne faites pas l’impasse sur le circuit « Histoire de Reims » et pensez à réserver dans votre planning un petit créneau pour visiter une cave champenoise.

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