Turku (Finlande)

Turku (Finlande)

La ville la plus ancienne de Finlande a commencé à se développer au début du 13ème siècle, à l’embouchure du fleuve Aura qui constitue aujourd’hui encore l’épine dorsale de celle qui fut capitale jusqu’en 1812.

Åbo (le nom original de Turku en suédois) avait en effet été déclarée capitale du grand-duché de Finlande en 1556. Mais Le tsar Alexandre Ier, maître du pays après la victoire de la Russie sur la Suède en 1809, jugea la ville beaucoup trop proche de Stockholm. En 1812, il fera d’Helsinki le nouveau centre administratif et politique ; Turku sera cantonnée à un rôle marchand (Turku signifie « marché » en russe ancien).

Mais ne vous attendez pas à trouver beaucoup de vestiges médiévaux à Turku : la ville fut presque totalement détruite par des incendies, notamment en 1827.
Seul le quartier Luostarinmäki échappa aux flammes : il est devenu un musée à ciel ouvert, classé trésor national depuis 1940. C’est par lui que nous terminerons notre visite de Turku.

Au centre-ville, l’aspect très orthogonal des rues est dû à la patte de Carl Ludwig Engel, l’architecte du centre d’Helsinki. Mais nous ne nous y attarderons guère car les sites culturels majeurs sont situés sur les rives du fleuve Aurajoki qui a toujours été, et reste, le coeur et l’âme de la ville.

Nous avons choisi de passer la nuit dans la jolie petite station balnéaire de Naantali.
Si vous ne souhaitez pas faire ce petit crochet, vous pouvez néanmoins visiter cette ville, tout en profitant de l’occasion pour découvrir une petite partie de l’archipel de Turku. Vous pourrez par exemple embarquer sur l’unique bateau à vapeur de Finlande encore en activité : l’Ukkopekka. Durant l’été, il fait la navette entre Turku et Naantali deux fois par jour. Pour en savoir plus sur cette croisière, qui prévoit aussi une chasse au trésor pour les enfants, cliquez ici.

Visite effectuée le 21 juin 2017.

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Nous avons laissé notre voiture dans le parking couvert le plus proche de la cathédrale : Q-Park TYKS, Kiinamyllynkatu 4-8.
Le tarif pour 12h est de 6 euros en 2017 (8 euros pour 24h ou encore 1 euro/h. Pour avoir des tarifs à jour, cliquez ici : le site est en finlandais, mais il suffit de faire ‘clic droit’ et de demander à votre navigateur de traduire la page en français pour pouvoir comprendre l’essentiel des informations.

turku : cathédrale, Mikael Agricola
Avant de pénétrer dans la cathédrale, regardez donc à droite (par rapport à l’entrée principale) : connaissez-vous ce personnage, Mikael Agricola ?
J’avoue n’en avoir jamais entendu parler et pourtant Maikael Agricola est non seulement le plus important réformateur de Finlande, mais encore pas moins que le créateur du finnois écrit !

L’objectif le plus important de la Réforme fut de faire connaître au peuple, dans sa propre langue, les textes religieux majeurs.
Avant Agricola, très peu de textes existaient en finnois, langue orale aux multiples patois. Cela l’amena tout naturellement à créer une langue non écrite commune à tous.
Il créa de mots nouveaux et composa l’abécédaire, premier livre publié en finnois, « Abckiria », pour que le peuple apprenne à lire.
Le « Rucouskiria », livre de prières, destiné au clergé et publié en 1544, est considéré comme son œuvre principale.
La traduction en finnois du Nouveau Testament, « Se Wsi Testamenti », parut en 1548.

Ses traductions en finnois et ses livres ouvrirent la voie à une culture et une littérature de langue finnoise. Il parait qu’environ 60% du vocabulaire actuel est hérité d’Agricola.

 

turku : cathédrale(1) La cathédrale de Turku est considérée comme l’Eglise-mère de la foi luthérienne finlandaise : c’est la plus grande des églises luthériennes évangéliques de Finlande, et elle est classée parmi les bâtiments historiques les plus remarquables du pays.

Seule basilique médiévale de Finlande, elle a été consacrée en 1300 mais fut maintes fois reconstruite au cours des siècles, après des incendies.
Le Grand incendie de 1827 n’épargna pas la cathédrale, détruisant l’intérieur de la tour et de la nef : la flèche de la tour actuelle, reconstruite après ce grand incendie, culmine à 101 mètres d’altitude et est devenu le symbole de la ville.

 

turku : cathédrale, intérieur, chaireturku : cathédrale, intérieur

 

L’intérieur actuel date de la restauration de 1830 réalisé à la suite du grand incendie. Comme toute église luthérienne, elle se caractérise par sa très grande sobriété.

La chaire a été réalisée par Carl Ludwig Engel, l’architecte qui a remodelé Helsinki mais aussi le centre-ville de Turku après l’incendie.

L’orgue principal à 81 jeux est nettement plus contemporain : il a été fabriqué par Veikko Virtanen en 1980.

 

turku : cathédrale, peintures médiévalesturku : cathédrale, peinturesturku : cathédrale, retableCertaines peintures anciennes ont résisté au temps et aux ravages du feu, mais elle sont rares.

Le retable de l’autel principal représente la Transfiguration du Christ : il a été peint en 1836 par Fredric Westin (peintre de la cour suédoise).
Les autres retables situés derrière le grand autel et la chaire sont conçus en 1830 par Carl Ludvig Engel (encore lui …).

Les murs et la voûte sont décorés de fresques de style romantique, exécutées par Robert Wilhelm Ekman, considéré comme le père de la peinture finlandaise. Elles relatent la vie de Jésus et deux événements importants de l’Église finlandaise : le baptême des premiers chrétiens par l’évêque Henri à la source de Kupittaa, et la présentation, par Mikael Agricola, de la première traduction en finnois du nouveau testament au roi Gustave Ier Vasa.

 

turku : cathédrale, tombe Åke Tott
Chaque chapelle latérale est ornée d’un autel dédié à un saint.

Ces chapelles contiennent aussi des sépultures, comme ici celle de Åke Tott et de son épouse Kristina Brahe (chapelle saint Laurent).

Tott était le petit fils d’Eric XIV par sa mère, Sigrid Eriksdotter Vasa.
Il se distingua surtout par sa grande bravoure au combat : le roi Gustav II Adolf le surnommait le « chasse-neige nordique » parce qu’il ouvrait la voie aux autres. Ayant combattu dès l’âge de 15 ans, il devint maréchal en 1631 mais sa santé fragile le fit rentrer au pays dès 1633. Åke Tott est mort en 1640, à l’âge de 42 ans.

Bien que Kristina Brahe ne soit décédée qu’en 1684, le mausolée en marbre noir et blanc que nous voyons était déjà achevé en 1678, : sculpté par Peter Schultz, rtiste bien connu à Stockholm en ce temps-là.

 

turku : cathédrale, tombe MansdotterLe tombeau le plus célèbre est celui de Karin Månsdotter.

Eric, le deuxième fils du roi Gustav Vasa, est devenu le roi Eric XIV, régent de Suède et de Finlande en 1560.
Il tomba amoureux de Karin, la fille d’un caporal de ses troupes, nommée Måns : de part son mariage avec le roi en 1568, Karin sera l’une des rares roturières à êtredevenue reine de Suède-Finlande.
Mais Eric XiV fut détrôné la même année et le couple a été emprisonné. Libérée à la mort de son époux, elle put vivre une existence paisible car elle était aimée du peuple. Elle décéda en 1612 et fut enterrée dans une tombe familiale dans la cathédrale.
Ses restes ont été déplacés vers un sarcophage de marbre dans la chapelle Kankainen (juste en face de la chapelle Tott) en 1867.

 

turku : musée Ett Hem(2) Le musée Ett Hem est né de la volonté du consul Alfred Jacobson et de sa femme Hélène de conserver leur maison dans son état d’origine afin d’illustrer la vie des classes aisées à Turku au début du XXe siècle.
Le testament stipulait que la maison des donateurs devait être maintenue inchangée en tant que musée appelé « Ett hem » (ce qui signifie « une maison »).

Le musée a été ouvert au public en 1932 dans le bâtiment original sur Hämeenkatu, où il restera jusqu’à la guerre d’hiver en 1939. La maison des époux Jacobson a été démolie en 1955, tout son contenu ayant été stocké dans divers musées de Turku et les locaux de l’université dès le début des hostilités.

En 1965, le musée a été transféré dans le bâtiment actuel de Piispankatu. Cette maison en bois est plus modeste que le bâtiment en pierre d’origine à deux étages, mais représente la même période architecturale. De plus, les deux ont été dessinés par le même architecte, Charles Johnsson.

On pourra y admirer le mobilier raffiné du couple, dont des meubles en bois peint caractéristiques de la région. On y trouvera aussi des objets typiques des intérieurs bourgeois de l’époque, ainsi que des oeuvres d’art.

 

turku : musée Sibelius(3) Le musée Sibelius est le seul musée entièrement dédié à la musique en Finlande.
Il est installé dans un bâtiment moderne en béton conçu par Woldemar Baeckman en 1968. Il parait qu’il s’agit là d’une des créations architecturales finlandaises les plus originales des années 1960 : pour ma part, je n’ai guère été séduite …

Le noyau de la collection d’instruments de musique a été constitué grâce aux dons de l’armateur Curt Mattson et du professeur Otto Andersson dans les années 1920. La collection s’est développée au cours des années, et aujourd’hui elle contient plus de 1.950 instruments dont environ 300 sont exposés. La plupart des instruments sont des instruments européens d’art ou de musique folklorique, mais la collection comprend également des spécimens du monde entier.

Une section distincte est réservée au compositeur finlandais Jean Sibelius (1865-1957), qui lui a donné son nom : on y trouve des manuscrits, des partitions imprimées, des lettres, des photographies, des articles de journaux, des effets personnels.

On peut écouter des disques de Sibelius ou assister à des concerts de jazz, de folk ou de musique de chambre le mercredi soir (en automne et au printemps) : plus de renseignements ici

 

turku : bibliothèque nationale(4) La Bibliothèque municipale de Turku occupe trois bâtiments reliés par des passerelles.

Sur la photo, nous voyons l’ancien bâtiment, construit en 1903 : il a été offert à la ville par le conseiller commercial Fredric von Rettig. Il a été entièrement rénové en 2008.
Rappelons que la bibliothèque de l’Académie royale de Turku brûla le 4 septembre 1827 avec ses 40 000 livres acquis pendant deux siècles ! Les 800 livres alors empruntés et sauvés des flammes ont été transférés à Helsinki, dans la collection dite « Aboiaca » de la Bibliothèque nationale.

Le nouveau bâtiment est un édifice très moderne de 5400 m2 de surface au sol, conçue par Asmo Jaaksi, et construit juste à côté de l’ancien (sur la photo, on la devine à l’arrière de l’ancien bâtiment). Le troisième bâtiment date de 1818, il abritait des bureaux du gouverneur ! Il accueille désormais des salles de réunion et un café, le café Sirius.

Bon à savoir : vous pouvez y aller pour accéder gratuitement à Internet. La bibliothèque offre d’ailleurs bien plus que ça.

 

turku : incendie 1827, plaque commémorative(5) Au N°3 de la rue Maariankatu, on peut voir une modeste plaque commémorative. Elle marque l’endroit d’où est parti le Grand Incendie de Turku en 1827.
La maison était occupée par un marchand, Carl Gustav Hellman : son nom est mentionné sur la plaque. Mais des études ultérieures ont montré que le feu s’est plus probablement déclaré dans la cheminée de la demeure voisine, le foin sous le toit allumant des étincelles qui se sont dispersées un peu partout, ne laissant que ruines et désolation.

Ce grand incendie a été une catastrophe nationale parce que Turku était la plus grande ville de Finlande à l’époque. L’Université a été entièrement détruite et, en même temps, de nombreux manuscrits historiques ont été perdus.
Et lorsque l’Académie Royale d’Åbo s’est installée à Helsinki, la nouvelle capitale de la Finlande à cette époque, il était clair que Turku perdait définitivement le statut de ville la plus importante de Finlande.

La reconstruction de la cité a alors été confiée à l’architecte Carl Ludwig Engel. Le centre-ville est toujours bâti selon ses plans, avec des rues larges, droites et parallèles.

Attention : il y a un N°3b quand on tourne dans Maariankatu en venant de Kaupplaskatu. La plaque se trouve, elle, au bout de la rue, au niveau Puutori (La Place du marché au bois)

 

turku : musée beaux arts, afficheturku : musée beaux arts(6) Le musée d’Art occupe un étonnant bâtiment de granit rouge, avec ses tourelles coniques et ses piliers finement sculptés. Combinant les styles Art nouveau international et romantique national, il a été conçu en 1904 par l’ architecte Gustaf Nyström.

Le musée a réservé une belle place aux toiles de Gallen-Kallela (1865-1931), pilier de la peinture finlandaise. Les oeuvres de Victor Westerholm (1860-1919) et Helene Schjerfbeck (1862-1946) sont bien représentées, de même que la sculpture animalière de Jussi Mäntynen (1886-1967).
Devant l’entrée, vous pourrez admirer les bustes de Robert Wilhelm Ekman, le « père de la peinture finlandaise », et de son élève, Victor Westerholm.

Nous avons été surpris par l’affiche en français : l’exposition Robert Doisneau: My Paris, était proposée du 9 juin au 27 août, présentant une sélection des œuvres emblématiques du grand photographe français.

Pour les horaires et le tarif du billet d’entrée, cliquez ici.

 

turku : marché couvert (kauppahalli)turku : marché couvert (kauppahalli)(7) La marché couvert (Kauppahalli) vaut vraiment le détour !

Conçues par l’architecte Gustaf Nyström (déjà à l’oeuvre pour le musée d’art), les halles ont été ouvertes en 1896. Elles ont conservé une atmosphère vraiment authentique, à commencer par l’affiche d’interdictions !
Si quelqu’un comprend quelle interdiction incarne la silhouette masculine, ce serait gentil de partager l’info avec les autres lecteurs, via les commentaires. Merci d’avance !

 

turku : marché couvert (kauppahalli)turku : marché couvert (kauppahalli)

 

Vous y trouverez de nombreux étals de poissons, de viandes, de fromages, de fruits et légumes, de pâtisseries, de produits écologiques et de souvenirs.
Le dernier tiers est occupé par des restaurants qui vous permettront de manger sur places de succulentes spécialités locales.

 

turku : marché couvert (kauppahalli)turku : marché couvert (kauppahalli)
Les halles abritent aussi un vwagon de train reconverti en café, tenu par la bonne chaîne de boulangerie de Turku, Aschan. Elle fait notamment d’excellentes pirogues de Carélie (Karjalan piirakka), des galettes qui appartiennent à la tradition culinaire de toujours de la Carélie, la province historique orientale de la Finlande.
Elles tiennent tout juste dans la main, et surtout elles fondent carrément en bouche si elles sont bien préparées. Traditionnellement, on utilise pour leur cuisson de la farine de seigle pour la croûte, le centre de la galette étant fourré de pommes de terre, de riz ou de carottes

 

turku : marché couvert (kauppahalli)turku : marché couvert (kauppahalli)

 

Pour ma part, j’ai été totalement subjuguée par l’offre pléthorique de poissons, frais, fumés, marinés de toutes les façons possibles !

 

turku : hôtel de ville et maison qwensel(8) L’hôtel-de-ville a été conçu en 1812 par par Charles Bassi pour servir d’hôtel restaurant ! La crème de Turku, qui était encore capitale à l’époque, vient y danser et assister à des représentations théâtrales.

En 1827, le grand incendie de Turku épargne l’hôtel mais en 1878 il fermera ses portes, ses clients ayant déserté les lieux. La ville rachètera le bâtiment la même année et chargera Frans Anatolius Sjöström de transformer l’édifice pour en faire une mairie : le style néo-renaissance est le résultat de ces travaux, menés entre 1883 et 1885.

Remarquez la maison rouge à gauche : bâtie vers 1700, la maison Qwensel, construite pour Wilhelm Johan Qwensel assesseur à la cour d’appel, est la plus ancienne maison en bois de Turku. Elle abrite un petit musée de la pharmacie, mais aussi un charmant petit café, le Café Qwensel. Vous pouvez vous asseoir à l’intérieur ou à l’extérieur pour déguster leurs délicieuses patisseries, aux prix raisonnables.

 

turku : suomen joutsenturku : sigyn(9) Nous arrivons en vue du château et du port.

Vous ne pouvez passer à côté des bateaux-musée amarrés le long des quais : il font partie du Forum Marinum, créé en 1999 par la fusion du Musée maritime de Turku (fondé en 1977) et du Musée d’histoire maritime de l’Académie d’Åbo (établi en 1936).
Son objectif est de sauvegarder et préserver le patrimoine culturel maritime de la côte sud-ouest finlandaise, de la mer de l’archipel et de la mer Baltique. Il offre un aperçu complet de la navigation, avec maquettes et vaisseaux grandeur nature.

Pour les horaires et les tarifs, cliquez ici.

Le Suomen Joutsen (qui signifie « cygne de Finlande » en finnois) a été construit en 1902 à Saint-Nazaire. Il a connu une vie bien mouvementée avant d’échouer là.

Le Sigyn est un « trois-mâts barque » en bois, sorti du chantier naval de Göteborg en 1887, a été transformé en bateau-musée dès 1939. Quand nous sommes passés, il était en rénovation et de nombreux panneaux expliquaient son parcours.

 

turku : châteauturku : château(10) Le Château de Turku (Turunlinna en finnois), fondé en 1280 à l’embouchure de l’Aura, est le plus imposant château de Finlande, construit à l’époque pour défendre Turku, qui était alors une ville hanséatique.

Voyez la grosse tour ronde : c’est là qu’Éric XIV fut retenu en 1570-1571, après que Jean III lui eut ravi le trône suédois (1568).

 

turku : châteauturku : château

Situé à l’origine sur un îlot (désormais relié au continent) à l’embouchure du fleuve Aura le château de Turku avait au départ une fonction défensive, sa position stratégique permettant de surveiller les allées et venues des navires se dirigeant vers la ville.

Le château a connu plusieurs phases de construction et d’agrandissement dont les différentes étapes sont illustrées par une dizaine de très belles maquettes dans une des salles de l’étage. Vous pouvez aussi voir ces différentes phases de construction grâce à un petit film proposé par le site du château.

 

turku : châteauturku : châteauAdmirez dans le château principal : la loge du portier et ses peintures murales (vers 1530), la chapelle des Sture (1480) et ses sculptures religieuses médiévales, la chapelle des nonnes et sa Vierge gothique (14e s.) et enfin la salle du Roi et sa toile d’Edelfelt : Le duc Charles insultant la dépouille de Klas Fleming (1878).

L’enceinte secondaire du château abrite depuis 1881 un musée consacré à l’histoire de la ville et aux arts et traditions populaires entre les XVIIe et XIXe siècles. A voir également la collection d’armes et de bijoux, tout comme la série de beaux vêtements d’époque.

Prévoyez au moins 2h, car le château est immense.

 

turku : bac

 

En revenant sur nos pas, nous tombons sur une curiosité bien sympatique de Turku : le Föri, un petit bac orange et bleu qui traverse le fleuve Aura.

Il est gratuit, alors ne vous en privez pas. Vous pouvez même embarquer avec votre vélo.

Le manque de pont à ce niveau est volontaire : il faut que les grands navires puissent remonter le fleuve jusque là.

 

turku : musée art moderne

 

(11) Le Musée Wäinö Aaltonen est une affaire de famille : le bâtiment de style moderne est construit selon les plans de Wäinö Aaltonen, de son fils Matti Aaltonen et de la femme de ce dernier Irma Aaltonen.
Le musée est inauguré en 1967 : il expose les sculptures naturalistes et teintées de cubisme offertes par … Wäinö Aaltonen !

Vous y trouverez aussi des expositions temporaires d’art contemporain et expérimental. Pour les horaires et les prix, cliquez ici.

 

turku : musée Aboa Vetus Ars Nova(12) Aboa Vetus & Ars Nova est une combinaison unique d’histoire, d’archéologie et d’art contemporain réunis en un même lieu.

L’Aboa Vetus (  » vieux Turku  » en suédois) met en scène avec ingéniosité et pertinence un quartier médiéval. Des travaux de rénovation au début des années 1990, ont en effet mis au jour des rues d’époque et les fondations de maisons médiévales. Ouvert en 1995, le musée évolue toujours car les fouilles continuent.

L’Ars Nova, réparti sur deux étages, est centré sur l’art contemporain avec notamment la collection de la fondation Matti Koivurinta qui est exposée au 1er étage, tandis que le rez-de-chaussée accueille chaque année quatre expositions temporaires.

Pour les horaires et les prix, cliquez ici.

 

(31) Musée de l’Artisanat, mieux connu sous le nom de musée de plein air Luostarinmäki

En 1827, le grand incendie de Turku ravagea la quasi totalité de la ville. Seul est épargné, sur la colline de Luostarinmäki, un modeste quartier d’artisans, reconverti depuis en musée de plein air et classé au patrimoine national depuis 1940. Plus de 30 ateliers y sont parfaitement conservés avec leurs enseignes, leurs meubles et leurs outils. L’ensemble du village offre une image très vivante des coutumes et des commerces aux XVIIIe et XIXe siècles.

Lorsque vous achèterez vos billets (horaires et tarifs ici) vous recevrez un plan et des explications sommaires en français.

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, plan

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki

 

Luostarinmäki est la seule zone continue de maisons en bois épargnée par l’incendie. Les maisons qu’on peut voir sur le site datent pour la plupart du 19ème siècle et occupent toutes leur emplacement initial.
Après l’incendie, Turku a connu un nouveau plan d’urbanisme basé sur la sécurité incendie. Dans cette optique, les maisons en bois de Luostarinmäki étaient vouées à la démolition.
La ville a finalement racheté les uns après les autres ces bâtiments historiquement importants pour Turku.

L’idée était non seulement de préserver ce bâti mais aussi de sauvegarder des ateliers d’artisanat voués à la disparition avec l’industrialisation.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, cordonnier

Dans le temps, le quartier de Luostarinmäki (qui signifie « la colline du monastère ») n’avait rien d’un quartier bourgeois : ceux qui y habitaient exerçaient de petits métiers manuels comme par exemple charpentier ou forgeron.

Aujourd’hui, le site de Luostarinmäki fait office de musée de l’histoire de l’artisanat de la Ville de Turku : on y voit 30 ateliers d’artisans représentant tous les métiers anciens courants en Finlande, d’où la possibilité de remonter toute l’histoire passionnante de la communauté artisanale locale au gré de la visite des maisons où vivaient et travaillaient ces ouvriers.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, costumeturku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, costume
En plus des ateliers, le musée a été complété par des intérieurs de maisons pour décrire le style de vie et de l’habitation au 19e siècle.

Les costumes du personnel du musée ont été conçus selon les modèles des costumes nationaux des Finlandais de l’Ouest.
Le costume de style Gustave III, composé d’un cardigan, d’une jupe mi-longue et d’un bonnet de lin, ainsi que la robe de fin du 19ème, composée du bonnet ogive, représentent la mode des 18e et 19e siècle.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, costume
Les vêtements des artisanes sont plus simples : une jupe demi-longue, un chemisier, un carré et un tablier de protection selon le travail.

Lorsque nous y sommes allés, les hommes n’étaient pas très « présents »; par contre, les femmes étaient très avenantes et ne demandaient qu’à partager leurs connaissances avec le visiteur.

Il faut cependant savoir que le personnel ne s’exprime qu’en finnois, suédois, anglais, éventuellement en russe pour certains.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, intérieur cossuturku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, intérieur fileuse

Vous verrez des intérieurs vraiment différents.

Certains seront assez aisés, déjà équipés du confort « moderne » : cuisinière à gaz, four à bois, et même réfrigérateurs.

D’autres, par contre, comme l’intérieur de la fileuse, sont restés très modestes, avec leur cheminée et l’absence totale de confort (du moins à nos yeux)

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, intérieur couturièreturku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, intérieur couturière

Un peu partout sur les portes sont affichées des explications concernant la vie des Finlandais de l’époque.

Ainsi, dans la maison de la couturière où vous pourrez admirer une machine à coudre Singer, sans doute semblable à celle que possédait votre grand-mère, vous apprendrez qu’elles ont été introduites en Finlande dans les années 1860.

On vous parlera aussi d’un certain John Barker, venu implanter une usine de coton à Turku, drainant toute une population féminine dans ses ateliers.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäkiturku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, jardinSi la maisonnée s’agrandissait à la suite d’une naissance ou autre, le maître de maison n’hésitait pas à se construire lui-même une pièce supplémentaire pour disposer de l’espace nécessaire ; les habitants du quartier avaient en effet la réputation d’être très habiles de leurs mains.

Ils cultivaient aussi tous leur lopin de terre afin de s’autosuffire. Le musée veut aussi mettre à l’honneur les plantes quelquefois oubliées que les Finlandais cultivaient chez eux. Sur le panneau explicatif, il est surtout question de pomme de terre.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, maisons, numéros

 

Avant l’incendie de 1827, aucune des rues de la ville de Turku n’avait de noms et les adresses telles que nous les connaissons aujourd’hui n’existaient pas : les maisons étaient enregistrées selon le quartier et le numéro du terrain.
Voyez sur le plan du musée : les anciens numéros de terrain sont mentionnés entre parenthèses. Les visiteurs trouvaient la bonne adresse grâce à des enseignes au-dessus des portails ou alors en scrutant les numéros apposés sur les maisons.

En médaillon, sur la photo, nous avons le N°159 Klöster Qvarteret, donc le le N°159 dans le quartier du couvent.

 

turku : musée de l'artisanat de Luostarinmäki, posteLa tenue de la postière représente le style d’habillement d’une femme fonctionnaire au début du 20e siècle.

Sur la porte, on nous parle d’une journée de juillet 1904 à la poste : la postière regarde, préoccupée, le portrait de Nicolas II qui trône sur son lieu de travail. La politique de russification de la Finlande se durcit régulièrement. L’aigle bicéphale russe a remplacé le lion finlandais sur les tampons de la poste.
Le général Nikolaï Ivanovitch Bobrikov s’est vu attribuer des pouvoirs dictatoriaux par le tsar en 1903 avec pour but de supprimer, à l’ère des nationalismes, toute forme de contestation régionale ou nationale au sein de l’Empire russe. Bobrikov pourra dorénavant disposer du peuple finlandais à sa guise.
Mais cette situation ne perdurera pas : Bobrikov vient d’être assassiné par un jeune nationaliste finlandais, Eugen Schauman, aujourd’hui devenu un héros national.
Bien sûr, tous les clients ne parlent que de ça ! Que va-t-il se passer maintenant ?

Bon à savoir : La dame vend des cartes postales qu’elle oblitérera d’un tampon spécifique au musée.

 

Le point culminant de l’année se situe en août avec les Journées de l’artisanat, où l’on peut voir maître artisans et compagnons de tous les corps de métier réunis sur le site du musée : cliquez ici pour avoir les dates précises

Luostarinmäki Handicrafts Museum from Turun museokeskus on Vimeo.

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Posté le

3 février 2014