La Chartreuse en raquettes

La Chartreuse en raquettes

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Contrairement à nos habitudes, nous avons décidé d’opter pour un séjour « clés en main » tel que proposé par le groupement des Hôteliers Randonneurs.
Nous avons jeté notre dévolu sur une région que nous avons déjà pu apprécier en été : le massif de la Chartreuse.

« Cette moyenne montagne dégage un caractère tout particulier lié à la richesse de son patrimoine, au caractère pastoral de sa vie séculaire et à sa nature préservée. Ici, la nature a su rester intacte et permet à de nombreuses espèces animales et végétales de s’épanouir. Vous pourrez y découvrir des milliers de kilomètres de sentiers de randonnée… Un séjour en Chartreuse est plus que nul autre un grand moment de ressourcement » dit l’hôtelier sur sa page.

Pour un coup d’essai ce fut un coup de maître et nous sommes revenus enchantés par l’expérience : toutes les promesses ont été tenues et nous avons passé de bien beaux moments avec notre groupe. Notre guide, Jean-louis, a su être à l’écoute de chacun tout en veillant constamment à la cohésion du groupe, ce qui a permis à tout le monde de tirer un maximum de bénéfice de chacune des sorties.

Sur la photo ci-dessous, nous le voyons en pleine séance « formation » durant la pause déjeuner, distillant jour après jour ses connaissances du massif.

Le massif de la Chartreuse : Jean-Louis dans les explications

 

Bleu vif des torrents, vert sombre des sapins, blancheur des falaises calcaires … le Massif de la Chartreuse envoûte le visiteur.
Cet espace naturel remarquable bénéficie du label Parc Naturel Régional. Situé à cheval sur l’Isère et la Savoie, il est bordé par trois villes-portes : Grenoble au sud, Chambéry au nord et Voiron à l’ouest. Durant plus de six siècles, la Chartreuse a tenu lieu de frontière, entre le Dauphiné et la Savoie d’abord, puis entre la France et les territoires de Sardaigne.
Le patrimoine historique et culturel du massif de la Chartreuse est étroitement lié aux moines Chartreux, dont la présence en forêt s’étend sur plus de 9 siècles. De nombreux vestiges témoignent de leurs activités pastorale, forestière, minière et industrielle, comme nous pourrons le constater au cours de nos balades.

Le « désert » et l’organisation des chartreuses

Les Chartreux sont les seuls à s’imposer un cadre de vie très strict et le « désert » est une des caractéristiques de leur organisation : il s’agit d’un espace protégé créé tout autour du couvent, considéré comme propice et nécessaire à l’ascèse pratiquée par les moines.
Autour du vaste domaine qu’ils désiraient occuper, les Chartreux traçaient des limites, à l’intérieur desquelles ils revendiquaient le privilège exclusif de racheter toutes les terres.
A la Grande Chartreuse, les moines précisent les limites de ce désert au fil du temps, en les matérialisant par des croix gravées dans la roche ou dans les arbres, des amoncellements de pierres et même, en certains endroits, par des oratoires : il y en a soixante-sept en 1540, qui précisent le tracé du pourtour d’un désert couvrant environ 38 km2.

Le monastère de la Grande Chartreuse, en Isère, est le premier monastère et la maison-mère des moines-ermites de l’ordre des Chartreux.

Le massif de la Chartreuse : oratoire Teste de LavigneLe massif de la Chartreuse : oratoire d'Orgeval
 

Nous découvrirons deux symboles des limites du « désert » chartreux au cours de nos sorties : l’oratoire « Teste de Lavigne » au nord, durant la balade qui nous mènera au col de la Ruchère (photo de gauche), et l’oratoire d’Orgeval au sud quand nous crapahuterons sur les crêtes du Mont Fromage en direction du Charmant Som (photo de droite).

 

Le domaine des moines était situé de préférence au fond d’une vallée. Par un défilé, facile à barrer, on accédait à une clairière, où s’élevait la « maison basse », appelée aussi correrie ; y résidaient les frères, agriculteurs et artisans.

Le massif de la Chartreuse : musée de la Grande Chartreuse installé dans la Correrie
La Correrie de la Grande Chartreuse se situe à 2km en aval du couvent : un musée y a été installé, pour permettre aux visiteurs de mieux comprendre le mystère de l’Ordre des Chartreux, leurs 900 ans d’histoire, leur mode de vie… Le musée est n’ouvert que de Pâques à la Toussaint mais notre hôtelier a passé un accord qui lui permet de faire bénéficier ses groupes de randonneurs de cette visite incontournable.

La visite du musée (suivie d’une balade aux alentours du monastère) est normalement prévue le mercredi. Mais cette semaine, du beau temps était annoncé pour mercredi, alors qu’un épisode pluvieux devait traverser la région jeudi et notre hôtelier s’est débrouillé pour obtenir que le musée nous accueille le jeudi : superbe organisation, non ?

 

Le massif de la Chartreuse : désert de la Grande Chartreuse
Plus loin se trouvait la « maison haute », le monastère proprement dit, habité par les pères, qui assuraient le grand office liturgique, et dont l’occupation matérielle essentielle était l’étude et la copie des livres. Les premières chartreuses se trouvant toutes dans les montagnes, ce schéma fut parfaitement respecté ; quand, par la suite, des maisons furent fondées dans des plaines ou aux abords des villes, le plan de l’ensemble fut moins systématique, mais l’isolement resta sauvegardé et chaque père eut toujours sa « cellule » individuelle, véritable petite maison comprenant au rez-de-chaussée bûcher et atelier, au premier étage deux pièces ; la première, dite de l’Ave Maria, servait de cuisine aux temps lointains où chacun préparait sa nourriture (coutume abolie en 1276) ; dans l’autre, le chartreux résidait habituellement pour prier, lire, manger et dormir. À chaque cellule est joint un jardin que chacun entretient et une petite galerie qui permet de prendre quelque exercice par mauvais temps
On ne visite pas le monastère mais un court trajet à pied conduit à un point de vue surplombant l’ensemble des bâtiments : nous sommes dans une zone de silence et notre guide nous invite à respecter la quiétude des lieux.

Si vous désirez en savoir plus sur les Chartreux, cliquez sur ce lien qui renvoie au documentaire « Au-delà du silence » : celui-ci emmène le spectateur au cœur de la vie Cartusienne. Pour la première fois les moines Chartreux ouvrent leurs cellules et parlent de leur foi.

Le monastère de la Grande Chartreuse

 

Le monastère de la Grande Chartreuse, panneau explicatif
 
 

De notre point d’observation, nous pouvions facilement reconnaître les bâtiments que le guide nous décrivait (et que l’on ne distingue malheureusement qu’imparfaitement sur la photo)

Tout à gauche, face au nord, se dresse la chapelle extérieure dédiée à Notre-Dame de La Salette ; solidement assise sur de gros contreforts, elle domine l’entrée du monastère. Au-delà vers l’est, on aperçoit un vaste corps de bâtiment datant également du xixe siècle : c’est l’ancienne buanderie abritant maintenant les cellules des frères. Une vingtaine de mètres à droite de la porte d’entrée, une autre chapelle, dite de la Résurrection, est ouverte au public.

Au premier plan et à gauche, s’ouvrant sur la cour d’honneur, une très importante construction attire l’attention. Ces quatre ailes massives, bâties en pierre de taille au xvie siècle, sont l’hôtellerie destinée à la réception des prieurs chartreux à l’époque du Chapitre général.

Les sept pavillons à deux étages qui s’alignent à la suite sont occupés par les cellules de ceux qui sont chargés de l’administration de l’ordre et de la Maison : procureur, scribe (secrétaire du père général avec des fonctions analogues à celles d’un chancelier), sous-procureur, etc. Le dernier pavillon, un peu plus large que les autres, est habité par le R.P. Général. Pour faire communiquer l’ensemble, il y a trois galeries superposées : un couloir à demi souterrain ; au-dessus le « cloître des Officiers » ; puis, à l’étage supérieur la « galerie des Cartes ». L’hôtellerie des Prieurs et tout ce quartier ont été ainsi disposés et aménagés par dom Le Masson.

À l’arrière-plan, on voit un grand rectangle très allongé ; il est flanqué sur son pourtour de petites maisons réparties à intervalles réguliers, et dont le plus souvent on n’aperçoit que le toit. C’est le grand cloître avec les 35 cellules des moines-ermites, partie essentielle et caractéristique de la chartreuse.

Les galeries du grand cloître mesurent 216 mètres du Nord au Sud et 23 mètres de l’Est à l’Ouest, soit un quadrilatère de 478 mètres. La partie nord, à gauche, est la plus ancienne : vieux cloître gothique du xive siècle, dont les fondations remontent au xiie siècle. La partie sud date, dans son état actuel, du xvie siècle. Les branches les plus longues du cloître sont réunies par deux galeries transversales qui limitent un préau où se trouve le cimetière. La galerie de gauche longe la chapelle des Morts, celle de droite passe sous la bibliothèque. D’ordinaire, on ne circule dans le cloître que pour aller à l’église ou en revenir ; il y règne toujours un profond silence.

Plusieurs constructions, toutes disposées parallèlement à l’hôtellerie, se trouvent entre le grand cloître et le cloître des officiers. Ce sont, de gauche à droite :

– l’église avec ses deux clochers
– le petit cloître (à droite de l’église), flanqué sur un côté de la pittoresque tour de l’horloge, construite au xve siècle ;
– le réfectoire longe le côté sud du cloître; il date du XIVe siècle et fut restauré au XVe siècle. Au-dessus du réfectoire se trouve la grande salle du Chapitre Général
– la cuisine, à droite du réfectoire, disposée entre deux préaux qui lui servent de dépendances ; une partie de cette construction remonte au XIVe siècle ;
– à l’extrémité du cloître des Officiers, la cellule du Prieur général est reliée au grand cloître par un couloir qui débouche auprès de la chapelle Saint-Louis, dont on distingue facilement le clocheton.

 

Les haberts

Le massif de la Chartreuse : _habert de Billon, pour casse-croûter à l'abri du ventLe massif de la Chartreuse : habert de ChartroussetteUn habert est une maisonnette d’alpage destinée initialement à l’abri des bergers ; ce terme est propre aux massifs de Chartreuse et de Belledonne.
Le habert de Billon (photo de gauche) est de type traditionnel avec la grange-étable pour les bêtes et la maison d’habitation.
L’été, les bêtes étaient emmenées dans ces alpages en pente douce et le habert servait à la fois de laiterie, de fromagerie et d’abri pour le berger.
Nous profiterons de ce très beau site, dominé par les escarpements des falaises Est du Grand Som, pour manger à l’abri des murs du habert.
Les nombreux haberts fournissaient aux Chartreux tout ce qui était nécessaire aux besoins de leur vie en autarcie.
Nous passerons à côté d’un autre habert, le habert de Chartroussette, au cours de notre balade dans les environs du monastère.

 

La météo en montagne

Le massif de la Chartreuse : vers le col de la RuchèreLe massif de la Chartreuse : _habert de Billon, Grand Som (photo Nelly)

Le temps change très vite en montagne ! Voyez le beau soleil qui nous accompagnait durant notre grimpette vers le col de la Ruchère : en moins d’un quart d’heure, le ciel s’est complètement obscurci ! De plus, un vent assez fort rendait la progression plus difficile, et surtout plus dangereuse aux yeux de notre guide. Aussi a-t-il veillé à nous éloigner le plus possible de l’orée de la forêt afin d’éviter les chutes de branches.

C’est dans ces cas qu’il est bien confortable d’être accompagné par un professionnel, sensible aux dangers qui guettent le randonneur imprudent !

 

La faune en Chartreuse

Le massif de la Chartreuse : neige fraîche, col du GrapillonLe massif de la Chartreuse : mouflons près de la Grande ChartreuseNous avons eu la chance d’avoir une petite couche de neige fraiche : non seulement, cela nous a donné l’impression d’évoluer dans des espaces qui nous semblaient vierges de toute présence humaine (quel bonheur !), mais surtout, nous pouvions observer de nombreuses traces laissées par les animaux : chamois, cerfs, renards, gélinottes, écureuils … que le guide repérait pour nous.
Nous étions cependant un peu frustrés de n’en voir aucun, ce qui n’était guère étonnant vu le bruit que nous faisions avec nos raquettes et nos bâtons, sans parler de nos conversations !
Mais la patience de notre guide a fini par payer : il a repéré un petit groupe de mouflons, tout près du habert de Chartroussette

 

Le massif de la Chartreuse : chocard bec jaune
 
 
Les oiseaux, eux, étaient moins farouches, surtout les chocards à bec jaune qui nous ont fait de belles démonstrations de voltiges aériennes sur les crêtes du Mont Fromage, se posant ensuite tout près de nous, dans l’espoir de récolter quelques miettes de notre casse-croute.

Notre guide nous a aussi parlé du Tetras Lyre qui, comme son cousin des Vosges le Grand Tetras, est un animal très fragile : en hiver, la moindre dépense d’énergie superflue peut devenir mortelle pour ces oiseaux.

Pour en savoir plus sur la faune de Chartreuse, cliquez ici.

 

Les paysages

Les pauses déjeuner étaient toujours très appréciées de tous : le guide a toujours su choisir un très bel endroit, nous permettant de bénéficier d’une vue magnifique, comme ici, à la Pointe de la Cochette.

Le massif de la Chartreuse : pique-nique à la Pointe de la Cochette

 

Le massif de la Chartreuse : face au GranierLe massif de la Chartreuse : Chamechaude
 
 
A la fin de la semaine, tout le monde reconnaissait sans peine le Mont Granier (1933m) – photo de gauche – ou encore Chamechaude, le point culminant du Massif de la Chartreuse avec ses 2082m – photo de droite.

 

Grâce à notre guide, nous avons appris à dévaler les pentes les plus abruptes, en retrouvant parfois notre âme d’enfant !

Le massif de la Chartreuse : comment dévaler les pentes

 

Le massif de la Chartreuse : liqueur maisonLe massif de la Chartreuse : green chaud
 
 
Il nous a aussi fait goûter aux produits locaux, dont une superbe liqueur maison que nous avons savourée devant une vue à couper le souffle !
 
 
 
 
 
 
 

Et quoi de plus réconfortant que de terminer la journée devant un bon bol de chocolat chaud … amélioré ? Pour la recette, cliquez ici.

 

Le groupe au grand complet pris en photo par notre guide à l’oratoire d’Orgeval (photo fournie par Francine Chaidron)

Massif de la Chartreuse : le groupe de raquettistes au complet

 

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Compétences

Posté le

15 mars 2019

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15 mars 2019