Porto : circuit 2

Porto : circuit 2

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Ce circuit nous emmène aux origines de Porto, vers la cathédrale et ses environs : la Sé (abréviation de Sede Episcopal, càd Siège épiscopal) a été construite au sommet du mont Pena Ventosa, l’une des deux collines de la ville.
Les traces les plus anciennes d’occupation humaine à Porto ont été retrouvées sur cette colline : elles datent du VIIe siècle avant J.-C.
Pendant des siècles, la cité s’est cantonnée au sommet de cette colline, à l’abri de solides remparts : nous verrons un petit fragment de cette muraille primitive.

Les Romains, comme nous l’avons vu dans le « circuit 1 », développèrent l’activité portuaire : la zone portuaire se retrouva donc extramuros.
Il faudra attendre le XIVe siècle pour voir la construction de murs d’enceinte massifs en pierre, destinés à protéger les deux noyaux urbains que sont la ville médiévale d’origine et la zone portuaire. Nous verrons encore un beau pan de cette muraille « fernandine », ainsi nommée d’après Dom Fernando, sous le règne duquel elle a été achevée en 1376.

Un des temps forts de cette balade sera la visite d’un chai car il est impensable de visiter la ville sans faire un tour du côté des caves de Porto, de l’autre côté du Douro, dans le quartiers de Vila Nova de Gaia. Ce sera l’occasion de déguster des vins d’exception !

Et puis, nous reviendrons vers le centre historique qui a retrouvé de sa superbe : quartier piéton, immeubles restaurés, quais aménagés. L’idéal est de se « perdre » dans le dédale des petites ruelles médiévales, mais attention aux dénivelés ! Pour ceux qui voudront aller à l’essentiel, nous avons noté sur le plan les points à ne pas rater.

Non loin de là , sur la Praça Dom Henrique, l’église São Francisco et le Palácio da Bolsa rivalisent d’opulence, avec leurs intérieurs d’or, de stuc et de bois précieux. Nous finirons par un chef-d’oeuvre de l’art de l’azulejo : la gare de São Bento.

Les plus motivés iront encore à Foz, là où le Douro se jette dans la mer, mais pas à pieds bien sûr : il faut savoir que Foz est à environ 1h30 de marche du centre historique (soit 6 km). Ce sera le moment d’expérimenter l’ancien tramway de Porto, histoire de terminer cette riche journée en beauté.

 

 

Le circuit tel que décrit débute et se termine devant l’office de tourisme situé au n°25 Rua Clube dos Fenianos, tout près de l’Hôtel-de-Ville.

 

porto : capela das almasporto : capela das almas, azulejos(1) Capela das Almas (littéralement, la chapelle des âmes) est une petite église de la fin du XVIIe siècle.

Les murs extérieurs de l’édifice ont été presque entièrement recouverts de carreaux bleu et blanc par le céramiste Eduardo Leite en 1929. Ces panneaux d’une grande finesse décrivent des scènes de la vie de saint François d’Assise et le martyre de Santa Catarina (la chapelle étant dédiée à Santa Catarina).
Ce qui vaut la peine d’être noté, c’est que l’artiste a superbement imité le style classique du 18ème siècle.

 

porto : mercado do bolhaoporto : mercado do bolhao, intérieur(2) Mercado do Bolhão est le plus célèbre marché de Porto.
En 2006, il a été classé monument historique et des travaux de rénovation sont en cours, ce dont cet imposant bâtiment néo-classique, qui a ouvert en 1915, a grand besoin.

Cette grande halle en béton et en fer forgé présente une structure singulière à deux étages et le marché est divisé en différentes zones: poissonniers et bouchers, marchands de légumes et fleuristes.
Au rez-de-chaussée, vous pouvez y prendre un verre ou y déjeuner : il s’agit de cuisine simple et pleine de goût, pour un prix très doux.

 

porto : majesticEn sortant du Mercado do Bolhão, nous empruntons la Rua Santa Catarina : au n°112, vous ne pourrez manquer l’imposante façade en marbre ornée de motifs végétaux du café Majestic.
Conçu par l’architecte João Queiroz, ce café, qui a ouvert ses portes en 1921, reste comme l’un des exemples les plus beaux et représentatifs de l’Art nouveau de la ville de Porto.

À l’intérieur tout est Art nouveau : les sièges en cuir, les tables, les lustres ainsi que les images des colonnes entre chaque miroir, sans oublier les peintures du plafond.
A partir des années 1960, le café a connu un lent mais inexorable déclin, à l’image de toute la ville d’ailleurs. En 1992, soixante-et-onze ans après son ouverture, la décision est prise de redonner au Majestic la fierté bien méritée d’être l’un des plus beaux cafés de Porto. Le 15 juillet 1994, le Majestic a rouvert après deux longues années avec tout le glamour du passé. L’institution est toujours fréquentée par l’élite intellectuelle et artistique de la ville.
Pour en savoir plus, consultez la page « Historique » (en anglais) du site du café.

 

porto : Grandes Armazéns Nascimento À quelques mètres du Café Majestic, vous pourrez admirer les anciens entrepôts Grandes Armazéns Nascimento, bâtiment qui abrite aujourd’hui la FNAC.
Le bâtiment a été conçu en 1914 par l’architecte José Marques da Silva pour l’industriel António Nascimento, qui voulait en faire un grand entrepôt de meubles et de décoration intérieure. Le bâtiment, cependant, n’a été inauguré qu’en 1927 et António Nascimento était mort.
Les héritiers ont été contraints de vendre en 1939, et le bâtiment sera transformé en un café de luxe, avec restaurant, salle de jeux et cabaret, le « Palladium ». Il restera en activité de 1940 à 1974. Le bâtiment deviendra alors un magasin de prêt à porter, de 1974 jusqu’au milieu des années 1980, sous le nom de « Galerias Palladium ».
Regardez bien l’horloge située à l’intersection de la Rua de Santa Catarina et Rua de Passos Manuel : toutes les trois heures, une petite scène s’ouvre, laissant apparaître quatre figures emblématiques de Porto : S. João, Infante D. Henrique, Almeida Garrett et Camilo Castelo Branco . Après un défilé de deux minutes, au son du carillon, les personnages s’en vont et la scène se referme. Une petite vidéo vous permet d’assister au spectacle (qui commence à 1’50 sur cette vidéo)

 

porto : igreja de santo ildefonso
(3) Igreja de santo Ildefonso
L’église a été construite entre 1709 et 1739. La façade est décorée d’azulejos de Jorge Colaço (1932), représentant des scènes de la vie de saint Ildefonso et des allégories de l’Eucharistie.
À l’intérieur, on peut admirer un retable baroque et rococo de la première moitié du XVIIIe siècle, de Nicolau Nasoni.
Il parait que les vitraux de l’église, qui datent de 1967, sont remarquables : ils sont du maître Isolino Vaz.

Malheureusement, lors de notre visite, l’église était fermée car, apparemment, des travaux de restauration conséquents sont en cours.
Vous trouverez de jolies photos ici (l’article est en portugais mais les images parlent d’elles-mêmes)

 

porto : teatro nacional sao joao(4) Teatro Nacional São João
Les travaux de construction du premier théâtre, conçu par l’architecte italien Vicente Mazzoneschi, débutèrent en 1796 et le bâtiment futt inauguré deux années plus tard, le 13 mai 1798, jour anniversaire du futur régent et roi, Jean VI de Portugal, qui donna son nom à ce théâtre, baptisé alors Real Teatro de São João.

Détruit par un incendie en 1908, il sera reconstruit par Marques da Silva, qui lui donna une atmosphère feutrée et luxueuse. Le nouveau théâtre, terminé en 1918, est inauguré le 7 mars 1920. La programmation du Real Teatro de São João était dédiée au théâtre et à l’Opéra mais, à la suite d’une lente décadence, le bâtiment devent, en 1932, une salle de cinéma.

L’État portugais le rachètera en 1992, redonnant au bâtiment sa fonction première de salle de théâtre sous son nom actuel de Teatro Nacional São João. Après une profonde rénovation en 1995, c’est aujourd’hui, le principal théâtre de Porto et l’un des plus importants du Portugal.

 

porto : praça da batalhaPraça da Batalha : Selon la tradition, le nom batalha (bataille) vient d’une bataille qui, au Xème siècle, opposa les forces maures d’ Al-Mansur Ibn Abi Aamir et les habitants de Porto ; elle pris fin avec la défaite du peuple de Porto et de la destruction totale ultérieure du village.

Le palais Batalha, qui a été transformé en hôtel récemment (NH Collection), est un bon exemple d’un palais urbain de Porto de la fin du XVIIIe siècle. La façade principale, dans un style intermédiaire entre le baroque et le néoclassique, porte le blason des anciens propriétaires, une riche famille de viticulteurs. Pendant le siège de Porto (1832) les propriétaires ont quitté le bâtiment, qui a été utilisé à plusieurs fins jusqu’à abriter, plus récemment, la poste principale de la ville.

La place est, depuis 1866, dominée par le monument à D. Pedro V, œuvre dirigée par le sculpteur Teixeira Lopes. Monument artistiquement modeste, il représente avant tout l’affection de la ville pour ce monarque.

 

porto : muralha fernandinaporto : muralha fernandina vue depuis villa nova de gaia(5) Muralha Fernandina
Porto a connu une expansion sans précédent au 14ème siècle. La ville s’est développée notamment autour du port, comme nous l’avons vu, plaçant de facto de nombreux habitants hors de la protection des remparts. Il devenait urgent d’ériger une enceinte plus vaste.
La deuxième enceinte a été achevée sous le règne de Dom Fernando (d’où son nom) : elle protégeait une surface 12 fois supérieure à la précédente.

Au XVIIIème siècle , de nombreux pans du mur ont été démolis pour faire place à de nouvelles rues et places. Au XIXème siècle, le travail de démolition s’est poursuivi, sauf pour cette partie qui jouxte le monastère de Santa Clara et qui a été classée monument national en 1926.
Pour en savoir plus, cliquez ici (article en anglais).

Il est possible de monter sur la muraille : l’entrée discrète se fait par le couvent de Santa Clara, il faut ensuite continuer sous un porche pour arriver aux escaliers de la muraille.

 

porto : igreja santa claraporto : igreja santa clara(6) Igreja de Santa Clara

L’église de Santa Clara a été achevée en 1457 , ainsi que le couvent attenant, fondé en 1416 par le roi João Ier. Elle a subi de nombreuses transformations au fil des siècles.
L’entrée de l’église se fait à travers une porte baroque , datée de 1697 et remaniée au XVIIIe siècle, avec des éléments de la Renaissance comme des colonnes salomoniques et des chapiteaux corinthiens. Cet accès par le côté était en usage dans les couvents féminins, et les clarisses suivaient l’office derrière des grilles encore présentes au fond de l’église.

 

 
 
Cette église était, elle aussi, en cours de restauration lors de notre passage et son accès était interdit. Nous n’avons donc pas pu admirer « ce véritable bijou du baroque portugais, dont l’intérieur est presque entièrement recouvert de talha dourada du XVIIIe siècle ».

Nous avons trouvé cette vidéo qui permet de découvrir malgré tout ce somptueux décor : n’hésitez pas à passer en plein écran ou à la regarder sur youtube afin de pouvoir apprécier pleinement le travail spectaculaire des artistes qui ont oeuvré ici.

 

Qu’est-ce que la talha dourada ?

La traduction en français nous apprend qu’il s’agit d’une sculpture en bois dorée : c’est une technique d’art décoratif qui consiste à couvrir de feuilles d’or des oeuvres en bois sculpté. C’est l’expression la plus spectaculaire de l’exubérance baroque portugaise.
L’époque qui a le plus privilégié cette forme de décor se situe aux XVIIe et XVIIIe siècles. La découverte des mines d’or au Brésil n’est pas étrangère au phénomène…

 

 

porto : murhala primitiva(7) Muralha Primitiva : Longtemps connue sous le nom du Muralha Sueva (muraille suédoise), il est avéré aujourd’hui que la première enceinte a été édifiée par les romains au IIIème siècle, puis reconstruite au XIIème siècle. Avec un périmètre approximatif de 750 mètres et une superficie de moins de les 4 hectares, elle protégeait la colline de Pena Ventosa, là où s’est développée la ville primitive. On y accédait par quatre portes seulement :
– la Porta de Vandoma : en face de l’actuelle Rua Chã , c’était la porte la plus noble et la plus large, la seule qui permettait l’entrée des voitures ; elle a été démolie en 1855
– la Porta de São Sebastião : près de Antiga Casa da Câmara (ou Casa dos 24 (voir le point 9) ; elle a été démolie en 1819
– la Porta de Sant’Ana : dans la rue Sant’Ana ; elle a été démolie en 1821 mais on en devine les traces à côté de la statue de sainte Anne
– la Porta das Mentiras, devenue au XIVe siècle Porta de Nossa Senhora das Verdades, près de Escadas das Verdades (escaliers des vérités) : la date de sa démolition est inconnue
Seuls quelques restes survivent, en partie cachés par des rangées de maisons qui s’appuyaient sur l’enceinte.
Une petite partie est cependant clairement visible : elle est située sur le flanc nord de la Cathédrale.

 

porto : catedral seporto : catedral se, entrée(8) Catedral Sé
Construite sur la partie la plus haute de la ville, la Cathédrale de Porto, également appelée La Sé (abréviation de Sede Episcopal), est l’édifice religieux le plus important de Porto. Cette église forteresse du XIIe siècle est un des monuments les plus anciens de la ville, dont la construction a été lancée par l’évêque Dom Hugo à une époque où les évêques avaient plus de pouvoir que le roi !
Au cours de son histoire, l’édifice a connu de nombreuses reconstructions et présente donc différents styles architecturaux. De nombreuses modifications ont été apportées à l’époque baroque, dont l’ajout par Nassoni d’une loggia ornée d’azulejos sur son flanc nord.

 

porto : catedral se, baptistèreporto : catedral se, choeur
Ce mélange de styles se retrouve aussi à l’intérieur de la cathédrale.

En entrant, deux bénitiers monumentaux du XVIIe siècle et un baptistère du XVIe siècle dominé par une relief du XIXe siècle (du sculpteur Teixeira Lopas père) vous accueillent.

Dans le choeur, vous pourrez admirer les fresques de Nicolau Nassoni. Le maître-autel créé par Santos Pacheco et exécuté par Miguel Francisco da Silva entre 1727 et 1729, est une œuvre d’art représentative du baroque portugais.

Par contre, la remarquable rosace est d’origine et la statue de Notre-Dame de Vendôme, la patronne des Portugais à laquelle la cathédrale est dédiée, date du XIVe siècle.

 

porto : catedral se, altar de prata
O altar de prata

Dans la chapelle de São Sacramento, l’autel en argent, exécuté entre le XVIe et le XIXe siècle, est considéré comme une oeuvre fondamentale de l’orfèvrerie portugaise.

La légende raconte que l’autel échappa à la convoitise des troupes napoléoniennes grâce à l’astuce d’un sacristain qui le recouvrit de stuc peu avant l’arrivée des envahisseurs. L’homme cependant trépassa sans dévoiler son secret, si bien que, durant plus d’un siècle, personne ne soupçonna que sous le stuc brillait l’argent. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le subterfuge aurait été découvert. Ça, c’est la version des guides locaux, pour capter l’attention des touristes.

Une autre version, plus vraisemblable, dit qu’il fut l’objet de négociations avec le général Junot, interrompues à temps par l’arrivée des Anglais. Dans les deux cas, les Français ne sortent pas grandis de l’histoire …

 

porto : catedral se, cloîtreporto : catedral se, cloîtreporto : catedral se, cloîtreLe cloître est à visiter absolument, pour y admirer le subtil mariage entre les arcades gothiques et les azulejos du XVIIIe siècle. Vous accéderez à une terrasse en empruntant l’escalier noble de Nassoni, tout en granit sculpté.

 

porto : catedral se, muséeporto : catedral se, musée
Depuis le premier étage du cloître, il est possible de passer directement au musée, installé dans l’ancienne maison du chapitre (casa do Cabildo), attenante à la cathédrale et au cloître.

La salle capitulaire de distingue grâce aux peintures de son plafond, exécutées par Giovanni Battista Pichini en 1737 ; quatorze allégories sont représentées autour de San Miguel, le saint patron du Cabildo.

À l’étage supérieur, des images religieuses du XIVe au XVIIIe siècle ont été exposées.

L’étage intermédiaire se compose de quatre salles voûtées où le «Trésor de la cathédrale» témoigne de la richesse passée de l’église : calices, chasubles brodées d’or, livres liturgiques, et bien d’autres objets ont été installés dans neuf grandes vitrines.

L’entrée à la cathédrale est libre (horaires ici). Par contre, l’entrée au cloître et au musée est payante (3€ en décembre2017)

 

porto : casa da camara
(9) Casa dos 24 – Antiga Casa da Câmara
Construite au XVe siècle, la « maison des 24 » symbolise le conflit séculaire à Porto entre pouvoir ecclésiastique et populaire. En effet, sa construction juste à côté de la cathédrale symbolisait une affirmation du pouvoir populaire sur le pouvoir ecclésiastique de la ville.
Siège des instances municipales, c’est là que se réunissaient les 12 corporations de la ville, chacune d’elles étant représentée par deux délégués, d’où son nom.

Le bâtiment historique a été détruit par un incendie en 1875.

L’édifice actuel date de 2002 : il a été construit sur les anciennes fondations de la Maison des 24 en respectant la volumétrie originale. Le projet, porté par l’architecte Fernando Távora, qui l’avait conçu comme un éloge à la ville, n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut. Malgré les oppositions, l’endroit a ouvert ses portes le 27 septembre 2002 : il abrite un bureau d’informations touristiques.

Vous pourrez notamment y découvrir le nom complet de Porto : Antique, tès Noble, toujours Loyale, et Invaincue cité de Porto
ANTIGA MUI NOBRE SEMPRE LEAL
E INVICTA CIDADE DO PORTO

 

(10) Terreiro da Sé
Cette vaste esplanade qui surplombe la vieille ville est une création des années 1940 afin que la cathédrale soit mieux mise en valeur.
Cet endroit était jadis au coeur de toute l’activité commerciale de la ville : c’est tout un enchevêtrement de maisons et d’échoppes qui occupait l’espace, et qui a été rasé.

 

porto : terreiro da se, tour médiévale
La tour médiévale est l’unique édifice qui a été sauvé de la destruction.
Elle était à l’origine située juste en face du portail de la Sé, presque invisible pendant des siècles, au milieu d’un fouillis d’échoppes de tailleurs et de bouchers.

Comme c’était un exemple typique des constructions médiévales, il a été décidé de la préserver en la déplaçant à environ 15 mètres de son emplacement d’origine. Le bâtiment a été reconstruit sous la direction de l’architecte Rogério de Azevedo qui a ajouté un balcon en pierre de style gothique.

Jusqu’en 1960 c’est le Bureau d’Histoire de la Ville qui y était installé. Elle sert actuellement d’office de tourisme.

 

porto : terreiro da se, statue de vimara peres

La statue de Vimara Peres rend hommage à ce seigneur né en Galice en l’an 820 et qui, sous les ordres du roi des Asturies, Alfonso III, réussit à reconquérir les villes actuelles de Porto et Gaia, occupées par les Maures et connues à l’époque sous le nom de Portucale. On était alors en l’an 868, et il devint cette même année le premier Comte de Portucale.
Plus tard, les historiens portugais ont considéré cet événement comme le premier jalon dans l’histoire de l’état du Portugal, bien que le Portugal n’ait pas accédé à l’indépendance avant le 12ème siècle.
Après avoir expulsé les Maures, il fonda un petit bourg fortifié, non loin de Braga dont le nom, Vimaranis, est issu de son propre patronyme. Vimaranis devint plus tard Guimaranis, que l’évolution phonétique transformera en Guimarães. Cette ville est aujourd’hui surnommée par les Portugais « berceau de la nation », comme nous le verrons le lendemain.

La statue, qui date de 1968, est l’œuvre de Barata Feyo.

 

porto : terreiro da se, pilori

Devant la cathédrale, vous serez sûrement intrigué par une curieuse colonne de pierre, dont la fonction ne saute pas aux yeux du touriste de base. Il s’agit d’un pilori, « pelourinho » en portugais, et représente le pouvoir de l’État et la Justice.
C’est à cet endroit que l’on enchaînait les criminels au moyen âge, pour qu’ils soient exposés face à la population, qui les insultait à longueur de journée. On mourrait attaché sur ces piloris.

Celui-ci, bien que d’aspect ancien, date en fait du XXe siècle : commandé par la mairie de Porto pour orner la nouvelle place, il fut exécuté en 1945 à partir d’une gravure de 1797.

 

porto : catedral se, fontaine de l'ange

La fontaine de São Miguel , aussi appelée « fontaine de l’Ange », est une oeuvre de Nicolau Nasoni. Elle avait été édifiée près de l’Arc de Vandoma, et occupait une place prépondérante car elle participait à l’approvisionnement en eau de la ville. Mais les restructurations successives de l’espace situé autour de la cathédrale ont amené son transfert à cet emplacement.

Avec sa balustrade en fer forgé, son bas-relief en marbre et sa statuette de l’ange saint Michel, elle est d’un style peu commun.

 

porto : paço episcopal(11) Paço Episcopal
L’histoire de la construction de cette résidence épiscopale commence au XIIIe siècle et se termine au XIXe siècle, soit six cents ans d’une histoire marquée par les remodelages, constructions et reconstructions.
On y retrouve l’influence baroque de Nicolau Nasoni, chargé de mener un projet de rénovation du Palais ; il a supervisé les travaux jusqu’à 1737. L’escalier principal en granit, qui conduit aux salles nobles du bâtiment, est particulièrement remarquable

Le Palais, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est du à Dom Frei João Rafael de Mendonça, évêque de Porto entre 1771 et 1793. Les travaux ne se termineront qu’en 1871, presque cent ans après la reconstruction ordonnée par Dom Rafael. Nous retrouvons donc sans surprise des éléments néoclassiques de la fin du XIXe siècle.

Le diocèse de Porto a décidé d’ouvrir régulièrement les portes du palais épiscopal au public depuis Août 2016.
Les visites sont obligatoirement guidées, se font en plusieurs langues, et durent environ 30 mn.
Il faut réserver sa visite par mail : adresse, horaires et prix en cliquant ici
Vous pouvez aussi effectuer une visite virtuelle en cliquant ici.

 

porto : igreja de sao lourenço
 
(12) Igreja e colégio de São Lourenço
La première pierre de cet édifice, plus communément appelé Igreja e Convento dos Grilos, a été posée par les jésuites le 20 Août 1573. La construction était financée grâce aux dons des fidèles mais c’est surtout grâce à l’argent du commandeur de l’Ordre de Malte, Frei Luis Alvaro de Távora, que l’ensemble put être terminé en 1614. Ses armoiries figurent d’ailleurs sur la façade principale, et vous pourrez voir sa sépulture dans l’église, posée sur deux éléphants, bien que son nom ait été effacé sur ordre du marquis de Pombal.

C’est sur ordre du marquis de Pombal que les jésuites, jugés trop influents, seront expulsés du Portugal en 1759.

L’église sera achetée par la congrégation des Augustins déchaussés, qui occuperont les lieux de 1780 à 1832 : aspirant à plus de simplicité, ils retireront la plupart des ornements baroques.
Les moines seront obligés d’abandonner le couvent aux troupes libérales de Dom Pedro qui s’y installeront durant le siège de Porto.

Aujourd’hui, l’ensemble appartient au Grand Séminaire qui l’occupe depuis 1834 .

 

porto : ponte dom luis(13) Ponte Dom Luis I

Cet admirable pont en arche à deux tabliers, inauguré le 31 octobre 1886 après six années de travaux, n’est pas signé par Gustave Eiffel, mais par son disciple et ex-associé Teófilo Seyrig. La société Gustave Eiffel et Cie avait présenté le projet d’un pont levant mais le gouvernement portugais l’a rejeté : il tenait à profiter de la topographie encaissée des rives du Douro pour doter la ville d’un double pont.

Le guide du Petit Futé relate l’anecdote suivante : « durant sa construction, il était appelé  » Pont Luis 1er  » dans les journaux de l’époque. La tradition était en effet de ne pas mentionner les titres royaux mais d’utiliser  » le petit nom  » des parrains des ouvrages d’art pour marquer la proximité des souverains avec le peuple, comme par exemple le pont Maria Pia (et non de Dona Maria Pia). On raconte que, comme le roi n’avait pas daigné se rendre à l’inauguration de l’ouvrage qui lui était dédié, le peuple de Porto décida de marquer sa distance en conservant son titre dans la dénomination, au contraire de la tradition. »

 

porto : ponte dom luis, niveau supérieurporto : ponte dom luis, niveau inférieurDepuis 2005, la partie supérieure est réservée au passage du métro, les voitures empruntant la partie basse.
Les piétons et les cyclistes peuvent emprunter les deux niveaux.
La traversée à pied des 395 mètres de l’étage supérieur du pont est une expérience visuelle assez inoubliable, bien que déconseillée à ceux qui sont sujets au vertige car vous êtes à plus de 70m au-dessus du fleuve.
Si vous préférez emprunter le tablier inférieur qui lui ne mesure que 175 mètres de long, vous pouvez descendre via le funiculaire qui relie le quartier de la cathédrale à la Ribeira depuis 2004, en longeant la muraille Fernanandine (il est visible sur les deux photos).
Pour remonter de l’autre côté, vers le mirador du Couvent de Serra do Pilar, vous pourrez emprunter le téléphérique.

 

porto : mosteiro da serra do pilarporto : mosteiro da serra do pilar(14) Mosteiro da serra do Pilar

Cet ancien couvent abrite une église et un cloître des XVIe et XVIIe siècles, à la forme circulaire unique dans la péninsule ibérique
L’Église est couverte d’une voûte hémisphérique. Elle fut construite à partir de 1538 par les maîtres Diogo de Castilho et Jean de Rouen pour les Chanoines Réguliers de Saint Augustin. Il faudra 72 ans pour l’achever, d’une part pour des raisons budgétaires, et d’autre part en raison de la situation politique de l’époque : le royaume du Portugal était alors sous domination espagnole Espagne, ce qui explique sans doute que l’endroit ait été baptisé du nom d’une sainte espagnole, Notre-Dame de Pilar.

En 1832, lors du Siège de Porto, son grand intérêt stratégique a fait que le couvent fut transformé en forteresse improvisée. Au début du XXe siècle, il devint Caserne des Troupes et la montée en haut du dôme se fait d’ailleurs sous bonne escorte.

Face à l’Église, se trouve un magnifique mirador, d’où l’on peut observer la ville de Porto et le fleuve Douro.

 

porto : vue de gaia

Vue de Gaia depuis le pont Dom Luis I et notre but : la cave Taylor’s

porto : vue ribeira depuis Gaia

Vue de Porto et du Douro depuis le belvédère du monastère

porto : vue porto depuis Gaia

Vue de Porto depuis les hauteurs de Gaia

 

 

Nous dévalons maintenant plusieurs escaliers, ornés de magnifiques peintures en trompe-l’oeil, pour nous rendre dans le quartier qui concentre tous les chais du « divin breuvage » qu’est le Porto.

Vila Nova de Gaia : peintures muralesVila Nova de Gaia : peintures muralesVila Nova de Gaia : peintures murales

 

Saviez-vous que le porto doit en partie son succès aux mauvaises relations entre la France et l’Angleterre au XVIIe siècle ?
En 1667, Colbert, premier ministre du Roi Louis XIV, décida de taxer sévèrement tous les produits anglais. Furieux de cette mesure le Roi Charles II d’Angleterre décida de cesser les importations du vin de Bordeaux : par décision de la Cour, les vins français seront dès lors remplacés par le vin portugais ! Les exportations de porto s’envolèrent et il devint le vin le plus consommé en Angleterre.

Mais pourquoi donc tous les chais sont-ils concentrés à Vila Nova de Gaia ?
Vous l’aurez remarqué : il n’y a pas de vignobles à Porto ! Pour voir des vignes, il faut remonter le Douro sur 100 km, là où le sol schisteux bénéficie d’un climat de plus en plus chaud, pour un vignoble de plus en plus favorable. C’est la haute vallée du Douro et ses propriétaires récoltants sur le terroir A.O.C., que nous irons voir le lendemain. Mais, à l’intérieur des terres, l’amplitude des températures est élevée, les conditions climatiques ne sont pas favorables au vieillissement du vin. Par contre, près de l’océan, l’amplitude des températures dans l’année est faible et il règne un taux d’humidité important, tout en étant à l’abri du vent.
Mais pourquoi avoir choisi la cité jumelle de Gaia plutôt que Porto ? Les négociants voulaient tout simplement éviter de payer l’impôt à l’entrée et à la sortie de Porto pour les vins destinés à l’exportation !

 

 

Vila Nova de Gaia : taylor'sVila Nova de Gaia : taylor's, dégustation(15) Taylor’s
Nous avons choisi cette prestigieuse maison de porto, fondée en 1692 – et l’une des plus anciennes – parce que la visite peut se faire librement, à son rythme, accompagné d’un audio-guide en français (8 langues sont disponibles : anglais, portugais, espagnol, français, allemand, Italien, japonais et danois).
La visite se termine par la dégustation de deux portos emblématiques de la cave : Chip Dry – Extra Dry White et Late Bottled Vintage (LBV), inventé par Taylor dans les années 1930 et 1970.
Une documentation en français vous sera remise à l’issue de votre visite, reprenant la majeure partie des informations que vous avez pu lire durant le parcours.
Pour tout savoir, visitez leur site : les divers articles, dont l’histoire du vin de porto, sont disponibles en français !

 

porto, gaia : convento corpus christiporto, gaia : convento corpus christi, plafond(16) Convento Corpus Christi

Le Couvent de Corpus Christi, aussi connu sous le nom de monastère de São Domingos das Donas de Vila Nova de Gaia, a été fondé en 1345 mais les bâtiments que nous voyons datent du XVIIe siècle pour les plus anciens. Il abrita des soeurs dominicaines jusqu’en 1834. En 1930 , le bâtiment fut remis aux sœurs de l’ Institut du Bon Pasteur qui qui créèrent un Institut Féminin d’Education et de remise en forme, dont le succès amena à la construction, en 1940, de l’aile ouest du couvent.
Au début des années 1990, c’est l’ Ordre souverain et militaire de Malte qui a perpétué la vocation apostolique de l’ancien couvent.

La municipalité de Vila Nova de Gaia l’a repris en 2003 : le monastère abrite aujourd’hui, entre autres, un espace culturel, l’espace Corpus Christi.
Ne manquez pas la salle capitulaire à l’étage, avec ses stalles sculptées et un spectaculaire plafond à caissons.

 

porto : rabelos
 

Les curieux bateaux que vous pouvez admirer le long des quais à Vila Nova de Gaia sont des rabelos : ils assuraient le transport du porto entre la vallée du Douro, lieu de production, et Vila Nova de Gaia, lieu de stockage. Il faut bien avoir à l’esprit que le Douro n’a pas toujours été le fleuve paisible que vous pouvez admirer aujourd’hui ! vous pouvez en savoir davantage, et voir des photos d’époque, en cliquant ici (article en français).

De nos jours, ces embarcations font partie du décor de carte postale et se sont reconvertis avec succès dans le tourisme, proposant d’agréables mini croisières de 50 mn pour découvrir les six ponts de Porto.

 

porto : ponte pensil
 
En traversant le pont Dom Luis I pour revenir à Porto, vous emprunterez le tablier inférieur : marchez du côté gauche et remarquez, en arrivant presque de l’autre côté, les deux piliers qui se dressent, apparemment inutiles, sur la berge du fleuve.

C’est tout ce qui reste du Ponte Pênsil, un pont suspendu qui relia les deux rives du Douro entre 1841 et 1886, avant que le pont Dom Luis soit construit juste à côté. Le pont a permis d’améliorer le trafic entre les deux rives, en remplacement du branlant pont de Barcas, dont nous parlerons un peu plus loin.

En 1887 , après l’inauguration du pont D. Luís , le pont suspendu fut démantelé.
Un bar, dont la terrasse est dissimulée derrière les piliers du Ponte Pênsil, en perpétue le souvenir : l’addition y est un peu salée, mais pour beaucoup le cadre exceptionnel en vaut la peine.

Pour voir plusieurs représentations de ce pont (aquarelles, photos d’époque), cliquez ici

 

porto : funiculaire(17) Funicular dos guindais
Le funiculaire des Guindais gravit la colline de Pena Ventosa depuis 2004, en longeant la muraille Fernandine : sa pente, qui peut atteindre 45°, est l’une des plus raides au monde pour un appareil de ce type. Le constructeur a résolu le problème en équipant les véhicules d’une correction automatique d’assiette, ce qui permet d’avoir une cabine toujours horizontale !
Les véhicules fonctionnent sans conducteur de bord. Les portes palières sont automatiques, les quais sont sous surveillance vidéo et les tunnels sous surveillance infrarouge.
En cas de panne de courant, un dispositif de batteries de secours, installé sur les toits des cabines, permet de rapatrier les véhicules en gare. Ces batteries sont rechargées par des panneaux photovoltaïques.
La station du bas est située av. de Gustavo Eiffel (au pied du pont Dom Luis I) et la station du haut se trouve rua de Augusto Rosa. Tarifs et horaires ici
Pour tout savoir sur le funiculaire et surtout voir de nombreuses photos (des stations, des quais, des véhicules, etc) cliquez ici (article en français)

 

porto : a ribeira(18) Ribeira Negra de Júlio Resende
« Ribeira Negra » est considéré comme le meilleur panneau d’azulejos contemporains , recréant l’atmosphère du quartier de Ribeira, l’un des endroits les plus emblématiques de la ville de Porto.
Cette œuvre d’art remarquable de 40 mètres de long sur 4,8 mètres de haut, est l’oeuvre la plus monumentale et la plus célèbre du peintre Júlio Resende. Natif de Porto, l’artiste y représente sa chère Ribeira au travers de scènes du quotidien. L’essentiel de son travail est exposé dans une fondation à son nom, près de Porto, rassemblant environ 2000 dessins et tableaux. C’est Julio Resende lui-même qui a décidé de poser le panneau sur le mur qui précède le tunnel du pont D. Luís, au lieu de l’installer dans l’espace Ribeira. Inauguré en 1987, ce panneau a subi de graves dommages au fil des années, les carreaux risquant de se casser. Il a été restauré en 2012, un an après la mort de l’artiste

Le panneau « Ribeira Negra » est « le dernier grand travail allégorique fait au Portugal » et « une célébration épique des gens que Resende incarne et honore à travers cette représentation », selon le professeur et critique d’art Bernardo Pinto de Almeida.

 

porto : ponte das barcas(19) Ponte das barcas
Avant le XIXème siècle, les habitants de part et d’autre du Douro traversaient le fleuve à l’aide de barques, de radeaux, de bacs ou de chalands. Plusieurs ponts de barques se sont succédés, installations temporaires créées selon les besoins. En 1806, il fut décidé de construire un pont de barques conçu pour durer : il était constitué de 20 barques reliées par des câbles en acier et pouvait s’ouvrir en deux parties pour céder le passage au trafic fluvial.
C’est par ce pont que des milliers d’habitants de Porto chercheront à fuir les troupes françaises conduites par le maréchal Soult, lors de la deuxième invasion napoléonienne au Portugal. Le pont céda sous la pression de la population, jetant les malheureux dans les eaux tumultueuses (à l’époque) du Douro. Pour de 4000 personnes trouveront ainsi la mort le 29 mars 1809.
Ce mémorial en bronze de Teixeira Lopes père rappelle cette tragédie.
Un « monument » d’Eduardo Souto de Moura indique de part et d’autre du fleuve l’endroit exact du drame depuis son bicentenaire en 2009.

 

porto : escadas do barredoporto : escadas do barredo(20) Escadas do barredo

Ces escaliers étaient autrefois le seul moyen d’ atteindre la Ribeira depuis la cathédrale (et vice-versa), avant que les rues dos Mercadores, da Bainharia et Escura soient ouvertes.

Laissez vos pas vous guider dans ce dédale de ruelles et d’escaliers si typiques du Porto médiéval. Imprégnez-vous de l’atmosphère bon enfant qui règne dans ce quartier : on entend les voix des gens dans leurs maisons, le son des chansons qu’ils écoutent, l’odeur de leur cuisine … Cet endroit a une âme !

 

porto : torre da rua de baixo
 
 
Torre da rua de Baixo

Ce bâtiment, situé au N°5 de la Rua de Baixo, est l’un des plus anciens de la ville et le seul exemple d’architecture civile médiévale ayant survécu dans le quartier de Barredo.

L’accès à l’entrée principale se fait par un escalier extérieur à l’immeuble, comme il était de coutume à l’époque.

Malgré les transformations subies, cette construction remonte au XIIIe siècle, de par la typologie des fenêtres primitives encore existantes.

 

porto : praça da ribeira(21) Praça da Ribeira

Mentionnée dès 1389, cette place est considérée comme l’une des plus anciennes de la ville. Grâce à la proximité du fleuve, l’activité commerciale battait son plein : il y avait moult tentes pour abriter la marchandise ainsi qu’un marché aux poissons.

João de Almada e Melo a entrepris de remodeler complètement la place au 18ème siècle. Les travaux, effectués sous la direction de l’architecte anglais John Whitehead, ont été financés par les revenus du vin.
De ses plans originaux, seuls le côté nord, avec sa fontaine monumentale Praça da Ribeira, et le côté ouest ont été achevés. Le mur au sud a été démoli en 1821 et les bâtiments médiévaux du côté ont survécu jusqu’à nos jours.
Les travaux archéologiques menés dans les années 1980 ont conduit à la découverte d’une fontaine du 17ème siècle. Reconstruite sur son emplacement d’origine, elle a été couronnée d’une sculpture de José Rodrigues connue populairement comme le «Cube de la Ribeira».
Le 24 juin 2000, une statue de saint Jean-Baptiste de João Cutileiro a été dévoilée dans une niche de la fontaine Praça da Ribeira

 

porto : casa do infanteporto : casa do infante, intérieur(22) Casa do Infante
L’infant Henrique est à l’origine de la formidable expansion coloniale portugaise. Il serait né dans ce bâtiment, l’un des plus anciens palais romans de Porto.
Construit par la couronne de Portugal en 1325, il abrita les douanes de la ville pendant 500 ans, du XIVe au XIXe siècle. C’est aussi là qu’était frappée la monnaie.

Le bâtiment a été entièrement rénové ; il est ouvert au public pour une somme modique à l’entrée : tarifs et horaires en cliquant ici.
La Casa do Infante sert d’archives et de petit musée d’histoire. Pendant les travaux de rénovation des fondations romaines ont été trouvées, que le public peut désormais admirer.

 

porto : igreja de sao nicolau

 
 
(23) Igreja de São Nicolau

L’église d’origine, qui datait du XVIIe siècle, fut détruite par un incendie en 1758 et reconstruite en 1762 dans un mélande de styles néoclassique et baroque.
Elle faillit être démolie lors de la construction de la rue Ferreira Borges en 1837, dont elle obstruait l’accès au fleuve, mais la reine Maria II s’opposa au projet.
Sa façade fut recouverte d’azulejos en 1861.
(Source : Hachette « un grand week-end à Porto »)

Au moment de notre passage, l’église était en rénovation, interdite au public.

 

porto : maison du tiers-ordre st françoisporto : maison du tiers-ordre st françois, intérieur(24) la Maison du Tiers Ordre de saint François
Pour pouvoir pénétrer dans l’église de Saint François (Igreja de São Francisco), il faut passer par la Maison du Tiers Ordre de saint François qui se trouve juste en face pour acheter les billets d’entrée : ceux-ci donnent accès à la fois à la maison du Tiers Ordre (conçue par l’architecte Niccolo Nasoni) et à l’église.

Vous remarquerez, au-dessus de la porte, les armoiries de l’Ordre.
Au rez-de-chaussée, on peut admirer quelques pièces du trésor artistique de l’Ordre.

porto : maison du tiers-ordre st françois, catacombes

Au premier étage (l’étage noble) vous pourrez pénétrer dans plusieurs pièces destinées à l’usage de la communauté. La salle des Sessions vaut le coup d’oeil !
 
Au sous-sol, la crypte abrite des catacombes : il s’agit de l’unique cimetière souterrain de ce genre au Portugal.

Les catacombes étaient le cimetière privé du tiers ordre de saint François entre 1749 et 1866. Les enterrements y ont cessé en 1866 à cause de nouvelles exigences légales d’ordre sanitaire.

Les plus nobles sont inhumés dans les cases latérales, les plus pauvres sous le sol.
La salle du fond abrite un ossuaire visible au travers d’un grillage au sol.

porto : église du tiers-ordre st francois
 
 
L’Ordre avait sa propre église, construite juste à côté de l’église Saint François.
Le but était de pouvoir d’accueillir un plus grand nombre de croyants car l’église de São Francisco était jugée trop petite.
Sa construction a commencé en 1692, sous les ordres de Luigi Chiari ; le style baroque et néo-classique est très visible à l’intérieur.
Sur l’autel principal vous pouvez admirer un tableau représentant la prédication de saint François et sur les autels latéraux on peut voir des images de sainte Marguerite de Cortona, saint François d’Assise, saint Louis – roi de France, Notre-Dame de la Conception, entre autres .

 

porto : igreja san franciscoporto : igreja san francisco (24) Igreja de São Francisco
Elle fut construite au 14e siècle sous le règne de Dom Fernando, à l’emplacement d’une église plus modeste fondée par l’ordre des Franciscains, établis à Porto depuis 1223. Son extérieur est de style gothique et rien ne prépare le visiteur à ce qu’il va découvrir à l’intérieur !

Le plan de l’église obéit aux règles du gothique des ordres mendiants, avec trois nefs, un transept prédominant et un chevet trilobé, le chœur étant situé sur un plan plus éloigné. Les trois nefs sont revêtues de boiseries dorées : les estimations tablent sur l’emploi de plus de 300 kg de poudre d’or pour arriver à ce résultat ! Il y a tellement d’or dans cette église qu’elle a été fermée au culte il y a plusieurs années déjà car elle était trop ostentatoire pour la pauvreté qui l’entourait : le lieu est devenu un espace d’art sacré dédié aux visites scolaires et touristiques, où il est strictement interdit de prendre des photos !!

Nous sommes en présence de l’un des exemples les plus remarquables du baroque portugais. Parmi les chefs-d’œuvre en bois doré, ne manquez pas le remarquable retable du chœur, représentant l’arbre de Jessé : il fut remanié entre 1718 et 1721 par Filipe da Silva et António Gomes.

Pour les horaires et aussi pour voir quelques photos de l’intérieur, cliquez ici (prix : 4€ en 2017)

 

porto : statue infante dom henrique(25) Infante Dom Henrique

Ce monument en bronze, inauguré en 1900, représente l’infant Henrique avec le monde à ses pieds ; de la main, il indique le chemin des découvertes.

Né à Porto en 1394, c’est lui qui a lancé le Portugal sur la voie des grandes explorations maritimes, à la conquête de terres inconnues. Henrique rêvait d’ouvrir une nouvelle route des épices ; il a mis au service de ce rêve son immense fortune … ainsi que celle de l’ordre du Christ, dont il est devenu gouverneur en 1420. Voilà pourquoi, les navires portugais arboraient tous la croix pattée rouge et blanc, emblême de l’ordre du Christ.

L’infant s’entoura des plus grands savants dans le domaine de la navigation : ce sont eux qui mirent au point la caravelle, l’embarcation rapide et légère de toutes les grandes découvertes.

 

porto : palacio da bolsa(26) Palácio da Bolsa
Construit entre 1842 et 1910 sur les ruines du couvent franciscain, le Palácio da Bolsa est l’un des plus beaux bâtiments de la ville. La maison est propriété de l’Association Commerciale de Porto et n’est accessible que via des visites guidées (disponibles en quatre langues : portugais, espagnol, français et anglais) d’une demi-heure environ.

Le palais affiche un style néo-classique et tout ce que Porto comptait d’artistes à l’époque a contribué à le décorer car le but avoué et reconnu était d’impressionner les partenaires commerciaux, à l’époque des expositions universelles.
si la structure générale du palais fut achevée dès 1850, la construction du grand escalier et l‘aménagement et décoration des différentes salles d’apparat retarderont son achèvement jusqu’en 1910. Plusieurs architectes y travaillèrent : Joaquim da Costa Lima pour la structure générale, Tomas Soler pour la verrière intérieure, Gonçalves e Sousa pour la grand escalier, ou encore Joel Silva Pereira pour la salle de tribunal.

Vous trouverez sur le site du monument de magnifiques photos de chacune des salles.

 

porto : mercado ferreira borges(27) Mercado Ferreira Borges
Ce marché a été construit en 1885, sur l’ordre du Conseil municipal, afin d’accueillir un marché couvert, en remplacement l’ancien Mercado da Ribeira (Marché de Ribeira).
Il n’a pratiquement jamais rempli cette fonction, n’ayant pas réussi à attirer les marchands de la Ribeira.
Ce superbe spécimen de ferronnerie industrielle, dessiné par l’architecte João Carlos Machado, a été reconverti en centre d’expositions temporaires. Il abrite aussi un bar, un restaurant, ainsi qu’une salle de concert

Son nom lui vient d’un enfant célèbre de la ville, José Ferreira Borges : juriste et économiste, fondateur de l’Association Commerciale de Porto et auteur du « Code du Commerce Portugais » (promulgué en 1833, il a duré soixante ans), il a aussi joué un rôle de premier plan dans la révolution du 24 Août 1820.

 

porto : igreja da misericordiaporto : museu da misericordia(28) Igreja e museu da Misericórdia

La Santa Casa da Misericórdia gère des hôpitaux, hospices, orphelinats et écoles depuis sa fondation en 1498 par la très pieuse reine Dona Leonor.
Le MMIPO ( Museu da Misericórdia do Porto), inauguré le 15 juillet 2015, est situé dans le bâtiment qui a servi de siège à cette institution caritative du milieu du 16ème siècle à 2013. Son but est de raconter l’histoire et les objectifs de la Santa Casa da Misericórdia, mais aussi de découvrir sa collection d’oeuvres d’art sacré, notamment un immense tableau de l’école flamande du XVe siècle, « Fons Vitae ».
 
 
 
Malheureusement, l’église attenante n’est accessible que par le musée : construite vers 1550 et rénovée au XVIIIe siècle, elle doit sa superbe façade baroque en granit sculpté à Nicolau Nasoni.

Pour les horaires et les tarifs, cliquez ici.

 

porto : estacao de sao bentoporto : estacao de sao bento(29) Estação de São Bento

La Gare ferroviaire de Porto-São Bento a été construite en 1896 par José Marques da Silva sur les ruines de l’ancien couvent de Saint-Benoît d’Ave Maria (Convento São Bento da Avé Maria).

Même si vous n’avez aucun train à prendre, entrez dans le bâtiment car le véritable joyau se trouve à l’intérieur de l’édifice : un hall décoré avec plus de 20 000 azulejos de Jorge Colaço illustrant des faits marquants de l’histoire du Portugal. Certains retracent des scènes de la vie populaire tandis que la frise, en couleurs, montre l’évolution des moyens de transport dans le pays.

 

porto : estacao de sao bentoporto : estacao de sao bento

 
 
Vous y verrez notamment le refus de Dom Afonso Henriques, premier roi du Portugal, de se soumettre au roi de Castille et León, le mariage à Porto de Joao Ier avec Fillipa de Lencastre, la conquête de Ceuta par l’infant Henrique, ou encore (en gros plan ci-contre) Egas Moniz IV de Riba Douro qui se présente au roi de León avec sa famille.

 

Ainsi s’achève notre visite de Porto. Avec notre circuit du jour d’arrivée, nous avons fait le tour des principales curiosités de l’hyper-centre, sans vouloir prétendre à l’exhaustivité, bien entendu.
S’il vous reste du temps, que ce soit après le circuit 1 ou le circuit 2, n’hésitez pas à faire un petit saut à Foz, là où le Douro rejoint l’Atlantique. C’est aussi le nom du quartier le plus chic et le plus résidentiel de la ville.

Nous allons maintenant partir à la découverte des environs de Porto, Braga la religieuse et Guimarães, considéré comme étant le berceau de la nationalité portugaise, avant de terminer par une escapade dans la mythique vallée du Douro.

 

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