Porto : circuit 1

Porto : circuit 1

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Saviez-vous que Porto doit son nom aux Romains et que le Portugal doit son nom à la ville ?

Un petit hameau celte s’était formé à l’embouchure du Douro, il s’appelait Cale. Lorsque les Romains prirent la péninsule ibérique aux Carthaginois environ 200 ans av.J.-C., ils le rebaptisèrent Portus Cale en raison de l’activité portuaire qu’ils y développèrent.
Portus Cale devint Portucale.

Après les Romains, ce fut au tour de peuples germaniques de venir s’installer ici jusqu’en 711, année où les Maures envahirent à leur tour la péninsule ibériques mais ils furent farouchement repoussés.
En 868, lorsque Vimara Peres repris la ville aux musulmans, il devint le premier Comte de Portucale.

Après bien des péripéties, dont vous trouverez le détail en cliquant ici, le comté de Portucale devint le Portugal, qui gagna son indépendance en 1139.

Dans le même temps, la ville perdait sa terminaison pour devenir Portus puis Porto.

C’est de Porto que partirent les premières expéditions maritimes à la conquête du monde. Les Découvertes faites les navigateurs portugais ont enrichi le Portugal qui est devenu le centre européen du commerce maritime tandis que ses ports, et en particulier celui de Porto, ont connu une époque de fort dynamisme. Porto a vu se développer une grande activité maritime et commerciale, ce qui a propulsé la ville à la tête de l’industrie portugaise de construction navale.

Porto fut riche, puis elle s’est appauvrie. Le passé prestigieux n’était plus qu’un lointain souvenir il y a peu de temps encore mais beaucoup de choses ont été faites ces dernières années notamment dans le quartier réhabilité de Ribeira et sur les quais du Douro. De nombreux chantiers sont en cours …

 

 

Notre circuit débute et se termine devant l’office de tourisme situé au n°25 Rua Clube dos Fenianos, tout près de l’Hôtel-de-Ville.

 

porto : pacos do concelho, arrièreporto : pacos do concelho(1) Paços do Concelho est la dénomination portugaise traditionnelle des bâtiments que nous appelons hôtels-de-ville en France.
L’édifice a été dessiné en 1920 par l’architecte Correia da Silva, et sa construction a débuté la même année. Les travaux s’éternisèrent cependant et les services municipaux n’ont pu s’y installer qu’en 1957. Il dispose de six étages, un sous-sol et deux cours intérieures. Il a été construit en marbre et en granit, et occupe un bloc entier. L’entrée principale est située sur l’Avenida Aliados et la façade postérieure donne sur la Pl. Trindade, face à l’Eglise de la Trinité.

Son hall d’entrée a de l’allure avec ses plafonds peints mais l’étage noble n’est accessible que les deux premiers dimanches de chaque mois, via des visites guidées.
Si vous voulez néanmoins voir des photos de l’intérieur, cliquez ici .

Devant l’édifice vous pourrez admirer la statue de l’un des plus grands auteurs romantiques portugais, Almeida Garrett, réalisée par Barata Feyo en 1954 pour célébrer le premier centenaire de sa mort.

 

porto : avenida dos alliados(2) L’Avenida dos Aliados est l’avenue la plus prestigieuse de Porto.
Elle est, par excellence, le lieu ou les habitants de Porto se retrouvent pour célébrer des moments spéciaux, comme la nuit de la Saint-Jean, les célébrations du Nouvel An ou chaque fois que le club phare de la ville, Futebol Clube do Porto, remporte un titre majeur.
Elle est bordée d’imposants immeubles en granit, aux élégantes façades d’influence française dessinées par l’architecte Marques da Silva (qui es parti à 20 ans à Paris pour y suivre des études d’architecture et travailler sous la direction de grands architectes français comme Victor Laloux)
La plupart des bâtiments sont des hôtels ou des succursales des principales banques du pays ; la promenade centrale était autrefois un jardin, mais a été réaménagée en 2006 par le célèbre architecte Alvaro Siza Vieira.
Parmi les bâtiments les plus remarquables figurent ceux des anciennes banques « Banco do Minho » et « Caixa Geral de Depósitos », les bureaux du journal « O Comércio do Porto » et probablement le plus impressionnant de tous, le bâtiment de la compagnie d’assurance « A Nacional ».

 

porto : avenida dos alliadosNe manquez pas de pousser la porte du vieux Café Imperial, qui abrite maintenant un McDonald’s. L’extérieur a été laissé en l’état, avec l’aigle impérial, tandis que l’intérieur a été laissé préservé : vous pourrez apprécier les vitraux d’art déco et les lustres d’époque tout en dévorant (ou pas …) votre sandwich.

Le nom de ce boulevard central se traduit par « Avenue des Alliés » : il fait référence au traité entre le Portugal et le Royaume-Uni au 14ème siècle. Toujours en place, le traité anglo-portugais est la plus ancienne alliance au monde encore en vigueur !

Le projet de construction de l’avenue ne démarra que le 1er février 1916 : l’installation de la mairie en 1819 et l’essor du chemin de fer avaient fait de la praça da Liberdade toute proche le centre politique, économique et social de Porto.
Il y avait alors ici un certain nombre de petites rues et ruelles, appelées les «lavadouros», qui furent démolies pour donner naissance à l’avenue telle que nous la connaissons aujourd’hui.

 

porto : o porto
(3) O Porto, comme son nom l’indique, symbolise la ville de Porto.

Cette statue a été commandée en 1818 par le conseil municipal. Conçue par le sculpteur João de Sousa Alão, exécutée par le maître maçon João da Silva, elle représente un soldat vêtu à la romaine, tenant une lance et un bouclier avec les anciennes armes de la ville (et l’inscription « Portu Cale »).

Sur son casque se trouve déjà le dragon qui est devenu plus tard l’emblème du club de foot de Porto et a donné son nom au Stade (Estádio do Dragão).

La statue a été déplacée plusieurs fois au cours de son histoire comme vous pourrez le voir sur la photo en tête de l’article qui nous raconte son histoire (en portugais, hélas, mais le schéma se comprend dans toutes les langues !)

 

porto : monumento a dom pedro iv
(4) Monumento a dom Pedro IV : la statue équestre en bronze a été réalisée par le sculpteur français Célestin-Anatole Calmels. La première pierre a été posée le 9 juillet 1862. Le monument a été inauguré le 19 octobre 1866.
Il tient dans sa main la Constitution du Portugal. Pour une description complète cliquez ici
.
Dom Pedro fut le premier empereur du Brésil sous le nom de Pedro 1er.
Il était également roi du Portugal sous le nom de Pedro IV : sa famille avait fui au Brésil au moment de l’invasion du pays par les troupes napoléoniennes.
Profitant de l’absence du roi, une société secrète se créa à Porto et fomenta la révolution libérale de 1820. Cela provoqua le retour du roi et l’adoption, en 1822, de la première Constitution portugaise.
Entre 1828 et 1834, un guerre civile opposa le libéral Dom Pedro IV à son frère absolutiste Dom Miguel Ier, qui avait usurpé la couronne en son abscence. Le conflit se termina par un siège de Porto tenu par les absolutistes, dont Pedro IV sortit victorieux. Sa bravoure lui valut le surnom de « roi soldat ».

En ce 26 décembre 2017, il était très difficile de photographier la statue, à cause de l’immense tribune qui était en train de se monter sur la place en vue des festivités du passage à la nouvelle année.

 

porto : praça da liberdade
(5) Praça da Libertade est la place la plus importante de Porto . Elle relie le vieux Porto avec sa partie plus récente.

Elle a connu bien des transformations et des dénominations différentes au cours du temps.
La désignation actuelle – place de la liberté – a été adoptée le 27 octobre 1910. Le nom est une allusion au système de gouvernement républicain.

En cette semaine précédant le passage à l’année nouvelle, il a été impossible d’obtenir une photo digne de ce nom car toute la place, et même la promenade centrale de l’Avenida dos Aliados qui lui fait suite, était encombrée de matériel destiné aux préparatifs des festivités de fin d’année. De plus, l’imposante tribune, déjà montée, fermait toute perspective.
Il a donc fallu piocher dans les archives pour trouver cette photo prise au printemps.

 

porto : igreja dos congregadosporto : igreja dos congregados(6) Igreja dos congredados (l’église de la congrégation) a été inaugurée le 8 décembre 1680 ; elle appartenait à la Congrégation de Philippe de Néri .
Elle est dédiée à saint Antoine, dont la statue est nichée en haut de la façade.

Les azulejos qui ornent l’extérieur sont signés Jorge Colaço et reprennent des scènes de la vie de saint Antoine.
Sa façade de style baroque remonte au 17ème siècle. Par contre, les vitraux sont contemporains et représentent eux aussi des scènes de la vie de Saint-Antoine.

L’intérieur est essentiellement baroque, avec un autel surplombé par un baldaquin tout à fait original, nous dit notre guide Hachette.

En ce qui nous concerne, c’est surtout la « pièce montée » que nous voyons sur l’autel qui nous frappe : que signifient les 7 degrés ? Les jours de la semaine ?
Ce nombre de 7 paliers semble être la règle, d’après ce que nous pourrons constater dans les nombreuses églises que nous verrons durant notre séjour.
Si quelqu’un a une explication, ce serait gentil de la donner au moyen d’un commentaire (au bas de l’article)

 

porto : palacio das cardosas
(7) Le Palácio das Cardosas est le plus ancien bâtiment de la place de la Liberté, dont il domine le côté sud depuis plus de 200 ans.
Son nom lui vient du surnom donné à la veuve et aux filles du riche commerçant Manuel Cardoso qui l’avait acheté en 1832.
Mais l’imposante façade néoclassique abritait, à l’origine, un couvent construit en 1788 par l’ordre religieux de Saint Eligius (connu sous le nom de Lóios , en portugais).

Depuis 2011, c’est l’hôtel Intercontinental qui fait revivre le palais. Le restaurant Astoria qui lui est associé propose une très bonne table, dans un cadre luxueux, à un prix tout à fait abordable à l’heure du déjeuner : le menu, avec entrée, plat, dessert, un verre de vin et un café, revient à 16€ !

 

porto : capela de nossa senhora da silva
(8) La Capela de Nossa Senhora da Silva risque de ne pas attirer votre attention si vous passez dans la rue dos Caldeireiros par hasard. Elle passe en effet presque inaperçu au milieu des vieilles maisons qui l’entourent.
Tout au plus votre regard sera-t-il attiré par le premier étage, où un baldaquin en bois sculpté abrite une niche dans laquelle est exposée Notre-Dame da Silva, patronne des serruriers, des forgerons et des chaudronniers.

En fait, cette maison du XVe siècle abrite une chapelle : elle est située au 1er étage, tandis qu’au rez-de-chaussée il y avait une ancienne auberge. Toutes les deux étaient autrefois administrées par la confrérie des forgerons, des chaudronniers (caldeireiros) et … des fabricants / vendeurs d’hameçons (anzoleiros) !
Pendant quelque temps, les images de Saint Jean Baptiste et Saint Baldomero (martyr et patron des forgerons) accompagnaient Notre-Dame da Silva. Actuellement, la niche (qui date du XVIIIe siècle) ne contient qu’ une réplique de la statue de Nossa Senhora da Silva.

Une messe est célébrée tous les samedis à 17h mais les portes s’ouvrent dès 16h30, quand les cloches se mettent à sonner, appelant les fidèles et les curieux.

 

porto : igreja e torre dos clericos(9) Igreja e torre dos clérigos est le monument emblématique de Porto.

La confrérie dos Clérigos Pobres est créée le 18 avril 1707 par fusion de trois congrégations distinctes qui avaient un but semblable : protéger les plus humbles.
Elle commence par construire une infirmerie pour les membres du clergé pauvres sur un terrain exigu et pentu.
En 1731, elle décide de bâtir sa propre église et en confie la conception à Nicolau Nassoni.
Nassoni se met à l’ouvrage dès 1732, et aura l’idée de génie de profiter de la pente du terrain pour créer une façade faisant paraitre l’église beaucoup plus monumentale qu’elle ne l’est vraiment.
Regardez bien depuis l’extérieur : ce qui semble être la porte de l’église donne en fait accès à une petite chapelle sans communication avec l’église ; celle-ci se trouve au niveau de la grande fenêtre que vous voyez à l’étage et on y accède par une petite porte latérale.

Il concevra aussi la tour-clocher de 75m de haut, qui sera longtemps la plus haute du Portugal ; elle domine encore de nos jours tout le paysage urbain de Porto.

Pour arriver à son sommet, il faut monter les 240 marche d’un escalier en colimaçon assez étroit (bouchons en perspective les jours d’affluence !)

Le premier arrêt est au 4 ème étage (les personnes handicapées peuvent prendre l’ascenseur jusqu’à ce niveau). Dans la salle, des écrans tactiles reçoivent des images en temps réel de la vue extérieure dont on jouit du haut de la tour ; les images sont complétées par des informations sur les monuments les plus importants et les endroits visibles. Cette salle a été conçue spécialement pour ceux qui ne peuvent pas escalader l’escalier.
Cela permet aussi aux moins motivés de vérifier que l’effort en vaut la peine, en fonction de la météo …

Cliquez ici pour connaître les horaires et tarifs d’accès à la tour et au musée (la visite de l’église est gratuite)

 

porto : igreja dos clerigos, intérieurCette église baroque surprend aussi par son intérieur : non seulement, elle est de forme ovale, mais en plus Nassoni, l’artiste du granit, a employé ici du marbre, ce qui est peu habituel au Portugal.
Admirez la talha dourada des autels latéraux et du lambrequin qui surplombe le coeur. Voyez les luxueux ornements floraux en or qui embellissent les deux orgues de l’église : tous les jours, à midi, vous pouvez assister à un concert de 20 minutes, gratuitement.

Nassoni a travaillé gratuitement sur une période de 30 ans pour réaliser toutes ces merveilles. A 52 ans, il fut accepté comme frère laïc de la confrérie dos Clérigos « pour avoir été le maître d’oeuvre du temple pendant tant d’années sans recevoir aucune rétribution ». Il fut enterré dans l’église, conformément à sa volonté, lorsqu’il mourut à 82 ans, dans la pauvreté (source : guide Hachette de Porto)

 

Qu’est-ce que la talha dourada ?

La traduction en français nous apprend qu’il s’agit d’une sculpture en bois dorée : c’est une technique d’art décoratif qui consiste à couvrir de feuilles d’or des oeuvres en bois sculpté. C’est l’expression la plus spectaculaire de l’exubérance baroque portugaise.
L’époque qui a le plus privilégié cette forme de décor se situe aux XVIIe et XVIIIe siècles. La découverte des mines d’or au Brésil n’est pas étrangère au phénomène…

 

porto : centro de fotografia(10) Centro Português de Fotografia
Tout près de la la Torre dos Clérigos, le Centre Portugais de la Photographie existe depuis 1997 afin de promouvoir le patrimoine photographique national.

La bâtisse du XVIIIe siècle qui l’abrite aujourd’hui fut autrefois le siège de la cour d’appel (Cadeia da Relação), puis une prison de 1961 jusqu’à la révolution des Oeillets, en 1974.
« L’ancienne prison est étroitement liée à la figure de Camilo Castelo Branco, qui a été emprisonné à deux reprises, la deuxième fois avec Ana Plácido, tous deux emprisonnés pour crime d’adultère d’une durée de plus d’un an – du 1er Octobre 1860 au 16 Octobre 1861. C’est ici que l’auteur portugais a écrit son œuvre la plus populaire, Amor de Perdição (amour impossible), d’où le nom donné par le Conseil Municipal de Porto à la place jouxtant l’édifice historique » nous dit un guide de porto où vous trouverez des images prises à l’intérieur du musée.

 

porto : centro de fotografia, intérieurLa collection permanente présente des appareils photos anciens, et même des appareils d’espionnage. Les expositions temporaires présentent le travail de photographes contemporain. L’entrée est gratuite. Pour les horaires, cliquez ici.

Même si vous n’êtes pas grand amateur de photos et d’appareils photos, n’hésitez pas à pousser la porte de cette ancienne prison dont la « construction a connu bien des vicissitudes et l’aventure, qui a parfois tourné au cocasse, mérite d’être racontée. Le projet était titanesque et les fonds du Trésor public ont rapidement fait défaut. Un système astucieux de collecte a alors été mis au point. Les détenus déportés dans les colonies avaient la possibilité de racheter « leur rapatriement » et de purger leur peine à Porto en versant une obole conséquente pour l’avancée des travaux de la prison. Grâce à la contribution des pénitents, l’établissement put être achevé. Il servit jusqu’au 1er avril 1752 – un samedi pascal – où patatras il s’écroula d’un bloc et se mua en un tas de pierres. Assurément un signe du ciel pour nous rappeler que bien mal acquis ne profite jamais. Mais aussi une mise en garde pour les gouvernants que cette technique de crowdfunding carcéral pourrait inspirer ! » (source : Les Soirées de Paris, où vous trouverez la suite de l’histoire)

 

porto : Convento de São Bento da Vitória(11) Mosteiro de São Bento da Vitória

Ce monastère a été construit pendant plus d’un siècle entre 1604 et 1728 par les moines bénédictins selon les plans de l’architecte Diogo Marques Lucas, disciple de l’italien Filippo Terzi. Il occupe une grande partie de l’ancien quartier juif, où les juifs ont vécu jusqu’à l’expulsion et la persécution des « hérétiques » en 1496. Le nom de Vitória évoquerait la victoire du christianisme sur la religion juive.

Le monastère devient un hôpital militaire durant l’invasion française en 1809. Plus tard, il sera le siège des régiments d’infanterie, des bataillons de sapeurs et de l’artillerie. Il sera aussi tribunal militaire, prison, caserne militaire. Après un incendie, il quittera enfin le giron de l’armée.

Il a été déclaré monument national en 1977. De nos jours, il a été transformé en théâtre en 2007, sous l’égide du Théâtre National de Saint-Jean (TNSJ), qui organise désormais des visites guidées d’environ 40 minutes à 12h30 du lundi au vendredi (au prix de trois euros par personne en 2017) avec une limite de 30 personnes maximum.
En plus des représentations théâtrales, des concerts et des événements spéciaux y sont organisés : le cloître peut accueillir jusqu’à 700 personnes pour un buffet/dîner, 500 personnes pour un dîner assis et 320 personnes pour un concert ou une pièce de théâtre.
Jamais on ne se douterait de cela en voyant cette façade dans la rue …

 

Le quartier juif

Ce quartier juif, qui correspond aux alentours de la rua de São Bento da Vitória, a été créé en 1386 par le roi Dom João Ier. Les juifs étaient libres de circuler dans la ville et d’y faire commerce, mais ils devaient être de retour dans leur quartier à la nuit tombée. Mais, en 1496, le roi Manuel Ier leur ordonne de se convertir ou de quitter le pays.
La découverte d’une synagogue cachée dans une maison de la rua de São Miguel montre que certains « nouveaux chrétiens » continuèrent de pratiquer leur religion en cachette.
Source : guide Hachette

Pour en savoir plus sur la présence juive à Porto et au Portugal, lisez cet article très intéressant : Héritage judaïque à Porto et dans la région du Douro

 

porto : capela de sao jose(12) Capela de São José das Taipas
Édifiée entre 1795 et 1878, l’Église des Âmes de São José das Taipas a été construite selon les plans de l’architecte et ingénieur militaire néoclassique Carlos Amarante, dont on peut voir une grande partie du travail dans le nord du Portugal : il a conçu des monuments célèbres, comme Bom Jesus pour n’en citer qu’un.
La Chapelle est antérieure à la construction de l’église et date de 1666, tout comme son contenu.

Cette église est étroitement liée à la tragédie du « pont des barques » : le 28 mars 1809, au cours de la deuxième invasion napoléonienne, un pont constitué de bateaux reliés entre eux par des câbles céda sous la pression de la population qui cherchait à fuir les troupes françaises, jetant à l’eau des milliers de malheureux qui y périrent. Un tableau dans l’entrée de l’église illustre cet évènement.
C’est à la confrérie de São José das Taipas qu’ont été confiées les offrandes versées pour la paix des âmes de ces victimes, dont les ossements sont conservés dans la crypte de l’église.

Lors de notre passage, des travaux de réfection étaient en cours et il nous a été impossible d’y pénétrer. En cliquant ici, vous pourrez voir de nombreuses photos de l’intérieur, y compris de la crypte.

 

porto : jardim de joao chagas(13) Jardim de João Chagas

Le jardin est mieux connu auprès des locaux sous son ancien nom de Cordoaria, qui lui vient des fabricants de cordes installés ici durant 200 ans. Il porte le nom de João Chaga, journaliste et homme d’État portugais, depuis 1924. Il a été réalisé en 1865/1866 selon les dessins du paysagiste allemand Emile David.

Il contient plusieurs arbres remarquables, notamment un imposant sequoia planté en 1867, et un Araucaria (bidwillii) planté en 1868, haut de 40 m.

Son allée est bordée de platanes aux troncs étonnants (résultat d’une maladie, parait-il)

 

porto : jardim de joao chagas, personnages
 
Dans le cadre de Porto 2001, capitale européenne de la culture, le jardin a été remodelé.

Les amusants personnages en bronze, « Treze a rir uns dos outros » , oeuvres de Juan Muñoz, datent de ce remaniement.

D’autres statues ornent le jardin : « Rapto de Ganimedes » (1898) de Fernandes de Sá, « Flora » (1904), de António Teixeira Lopes, « Ramalho Ortigão » (1909), de Leopoldo de Almeida et « António Nobre » (1926), de Tomás Costa.

 

porto : jardim das oliveirasporto : jardim das oliveiras la nuit
(14) Jardim das Oliveiras

Il s’agit d’une galerie commerciale surmontée d’un jardin planté de 50 oliviers en guise de toit : cet espace a été inauguré en 2013, et se veut un bel exemple d’aménagement urbain alliant tradition et modernité.
Sur la photo de droite (n’hésitez pas à l’agrandir en cliquant dessus), on voit les lignes géométriques s’entrecroiser pour donner de la légèreté à la structure en béton qui soutient l’ensemble.

Boutiques de mode et restaurants branchés s’y sont installés.

 

porto : libraria lello
(15) La Livraria Lello, au 144, rua das Carmelitas, est considérée comme l’une des plus belles librairies d’Europe.

Mais cette « cathédrale » du livre se mérite : on fait tout le temps, et par tous les temps, la queue sur le trottoir avant de pouvoir entrer.
L’entrée est payante. ATTENTION : il faut avoir acheté son billet au préalable dans une boutique qui se trouve à gauche de la librairie, quasiment à l’angle de la rue. Ce n’est qu’ensuite que vous vous mettrez au bout de la file et attendrez sagement de pouvoir pénétrer dans le saint des saints, muni de votre précieux sésame qui sera vérifié par les vigiles à l’entrée. Le prix de votre billet (4€ en 2017) est déductible de tout achat, quel qu’en soit le montant : vous trouverez des livres en plusieurs langues, et notamment en français.

Il faut un peu de recul pour pouvoir admirer la façade, sa corniche, ses pinacles et ses flèches de style néogothique.

Au milieu, en lettres d’enluminure, l’inscription «Lello & Irmão» qui signifie « Lello et frère » : José et Antonio Lello sont les fils d’un propriétaire rural. Les deux frères, connus pour être très unis, font partie d’un cercle de bourgeois et d’intellectuels actifs de Porto.

En 1869, le français Ernest Chardron, libraire et éditeur, a fondé une entreprise dédiée au livre à quelques rues de là : elle sera vendue en 1894 aux deux frères Lello. Voilà qui explique l’inscription «Livraria Chardron» que vous pouvez voir sous «Lello & Irmão».

 

porto : libraria lello
 
Ensemble, ils feront construire l’édifice que nous allons visiter par Francisco Xavier Esteves, un ingénieur au goût prononcé pour la littérature. « Ses affinités avec les Lettres resteront à jamais matérialisées dans les murs de l’une des librairies les plus emblématiques du monde » nous dit le petit guide reçu avec le ticket d’entrée.

Quand vous admirerez la façade, regardez bien la fenêtre et les deux figures qui l’encadrent : il s’agit de deux peintures de José Bielmann : celle qui porte une sculpture représente l’Art et l’autre représente la Science.

Le bâtimenta été inauguré le 13 janvier 1906, en présence de toutes les grandes figures de la culture portugaise. L’édifice sera aussitôt classé « patrimoine national ». C’est que la façade n’est qu’un avant-goût de la splendeur du lieu …

 

porto : libraria lelloporto : libraria lello
Dès qu’on passe le seuil, on se sent comme happé par un escalier spectaculaire laqué de rouge. À double volée et à double orientation, il dessine un 8 monumental qui attire irrésistiblement le visiteur.

Mais prenez le temps de regarder le plafond. Vous vous extasiez devant ces belles sculptures de bois ? Eh bien, détrompez-vous : il s’agit de plâtre peint ! Cette technique est également utilisée pour les ornements des escaliers …

Et maintenant, montez l’escalier et regardez le plafond du 1er étage : là, il n’y a pas de trompe l’oeil, c’est un authentique vitrail que vous contemplez. Il fait 8m de long et 3,5m de large. Au milieu, la devise « Decus in Labore » (La dignité dans le travail) rappelle la règle d’or qui s’applique à tous ceux qui pénètrent dans ces lieux, qu’ils soient collaborateurs, clients, lecteurs ou simplement curieux.

 

porto : libraria lelloporto : libraria lelloOn ne se lasse pas d’admirer l’audace qu’il a fallu pour concevoir un tel escalier. Comme il est dit dans le livret « On ressent le besoin de le monter et la peur de le détruire sous notre poids ».

Au rez-de-chaussée, vous pourrez voir un ensemble de bas-reliefs qui figurent les fondateurs de la librairie : José Lello (à droite de l’entrée) et Antonio Lello (à gauche de l’entrée). Puis, tout le long de la salle, vous ferez la connaissance de quelques uns des écrivains portugais les plus importants : Eça de Queiros, Camilo Castelo Branco, Antero de Quental, Tomas Ribeiro, Teofilo Braga et Guerra Junqueiro.
C’est depuis le 1er étage que l’on peut le mieux admirer les détails architecturaux de l’édifice.

 

porto : libraria lelloporto : libraria lelloVous remarquerez le petit chariot en bois, posé sur des rails qui courent le long du couloir central : c’est dans des chariots comme celui-ci qu’étaient transportés autrefois les livres stockés dans l’entrepôt.

Mais la librairie Lello est, faut-il le rappeler, avant tout un « temple » dédié aux livres avec un fond bibliographique de plus de 60000 titres, un fichier informatique qui permet l’identification de toute oeuvre éditée au Portugal ou dans un pays étranger, pourvu qu’il soit branché au réseau « Edilivros », une section de magazines périodiques et de spécialisation, une section réservée aux CD rangés par classes musicales et une dernière pour les livres anciens, de valeur inestimable, organisée avec le fond de l’ancienne librairie Chardron.

 

porto : praça de gomez teixeira(16) Praça de Gomez Teixeira ou dos Leões
L’Université de Porto a été fondée selon le décret du 22 mars 1911, publiée par le Gouvernement Provisoire de la Première République portugaise. C’est le mathématicien Gomes Teixeira qui a été choisi comme premier recteur.
Le bâtiment rectangulaire de style néoclassique que vous voyez sur la photo est celui du Rectorat, construit à partir de 1807 selon les plans de Carlos Amarante.
Il abritait la faculté des sciences jusqu’à ce qu’un grand incendie détruise une grande partie de l’édifice en avril 1974.

Actuellement, outre le rectorat, il abrite le Musée d’Histoire Naturelle et la boutique de l’Université de Porto.

Le surnom de la place (praça dos Leões ou place des Lions) lui vient de la fontaine que vous pouvez admirer sur la place (et que vous apercevez sur la photo suivante). Elle a été fabriquéeà Paris et installée en 1885 par la Compagnie générale des Eaux, qui gérait à l’époque l’approvisionnement en eau de Porto.

 

porto : igreja do carmo(17) Igreja do Carmo – Igreja da Venerável Ordem Terceira de Nossa Senhora do Carmo pour le nom complet – est l’une des églises les plus emblématiques de Porto.

Elle est accolée à une autre église : la Igreja dos carmelitas.
Les deux édifices (qui ne datent pas de la même époque) sont séparés par une toute petite habitation d’un mètre de large, qui mettait une distance décente entre les soeurs de Carmelitas et les frères de Carmo.

L’église du Carmel (de son nom complet : L’église du Tiers-Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel) a été construite entre 1756 et 1768 par l’architecte José Figueiredo Seixas, dans un style baroque avec une forte influence italienne. Les statues des prophètes Elie et Elisée qui encadrent le portail ont été exécutées en Italie : ce sont eux les inspirateurs de l’Ordre du Carmel, car ils vivaient en ermites dans une grotte du Mont Carmel. Le balcon aurait été dessiné par Nicolau Nassoni.

 

porto : igreja do carmo, azulejosporto : igreja do carmo, intérieur
Ce n’est qu’en 1912 que la façade latérale de l’église a été recouverte d’un superbe panneau d’ azulejos, illustrant la fondation de l’Ordre des Carmes au Mont Carmel. La composition a été conçue par Silvestre Silvestri, peinte par Carlos Branco et exécutée dans les usines de Senhor do Além et Torrinha, à Vila Nova de Gaia.

A l’intérieur, admirez les belles sculptures en talha dourada de Francisco Pereira Campanhã dans les chapelles latérales et dans le choeur, mais aussi le plafond décoré par le peintre Antonio Oliveira. Son très bel orgue anglais date de 1880.

 

porto : igreja dos carmelitas(18) La Igreja dos Carmelitas (Igreja dos Carmelitas Descalços de son nom complet) a été construite plus d’un siècle avant sa voisine, entre 1619 et 1628. Sa façade est plus sobre et classique : elle comporte trois entrées avec des arcs parfaits, surmontés d’un nombre égal de niches , avec les images de Saint Joseph , Sainte Thérèse de Jésus et Notre-Dame du Carmel au centre.

Son intérieur est un mélange de classicisme et de baroque. Le plafond blanc confère une luminosité toute spéciale à l’église, aidé en cela par les grandes fenêtres qui laissent entrer une lumière abondante.
L’autorisation royale pour la construction d’une nouvelle église dans la ville de Porto a été donnée en 1616, mais la première pierre ne sera posée qu’en 1619. L’église ne sera terminée qu’en 1628. Il faudra attendre 22 ans pour que la décoration intérieure soit finie. L’église faisait partie d’un couvent, qui abrite maintenant la garde nationale républicaine.

 

porto : praça de carlos alberto(19) Praça de Carlos Alberto : cette place s’appelait Praça dos Ferradores durant des siècles car les forgerons avaient installé leurs échoppes ici.
La place a été renommée en l’honneur du roi de Piémont et Sardaigne Carlos Alberto, qui, après avoir abdiqué en 1849, trouva refuge à Porto et s’installa très brièvement dans le Palacete dos Viscondes de Balsemão (avec la tour carrée), qui avait été construit au XVIIIe siècle au nord-est de la place.

Le café Luso, que vous voyez sur la place, était l’un des cafés les plus emblématiques de la ville, avec le Majestic et le Guarany . Le café a été fermé pendant 10 ans ; il a rouvert en 2010, année de son 75ème anniversaire après la rénovation du quartier. C’est au-dessus de ce café que le général Humberto Delgado fut acclamé par 200 000 personnes le 14 mai 1958, lors d’une tentative d’opposition au régime de Salazar rapidement jugulée par des élections truquées.

Un monument de Henrique Moreira se souvient des Portugais morts pendant la Grande Guerre 1914-18

 

porto : leitaria da quinta do paco, carteporto : leitaria da quinta do paco(20) Leitaria da Quinta do Paço pour une pause « éclair »
C’est l’histoire d’une ancienne laiterie, créée en 1920, qui a su innover à l’époque et s’est diversifiée avec la production de produits plus élaborés : beurre, crème et autres produits laitiers y sont toujours fabriqués de façon artisanale.
Aujourd’hui ce sont ses éclairs fourrés à la chantilly qui attirent les amateurs de douceurs. Les recettes se renouvellent continuellement comme vous pouvez le constater en allant sur leur site. Il y a même des éclairs à thème, vraiment particuliers.
Pour la fête des pères 2017, ils ont ainsi proposé un éclair avec du caramel maison, de la bière artisanale, des bretzels, des amandes et du maïs soufflé !!
On peut commander au comptoir (vente à emporter) ou s’installer à une table : un serveur vient prendre la commande et cela permet d’accompagner le tout d’un bon petit café.
Si vous cliquez sur la photo avec la carte, vous verrez qu’il y a la traduction en français, ce qui vous facilitera les choses au moment de faire votre choix.
Attention : n’y allez de préférence pas en fin de journée car le choix sera nettement moins important : les éclairs sont ultra frais du jour et quand il n’y en a plus, ils ne sont pas renouvelés !

 

porto : rua da galeria de paris(21) Rua da Galeria de Paris

Comme son nom l’indique, cette rue, ouverte en 1903, a été imaginée à la manière d’un des nombreux passages couverts que l’on trouve dans la capitale française. Le projet de toit a finalement été abandonné.
Les bâtiments qui bordent la Rua da Galeria de Paris ont des lignes élégantes et gracieuses, en particulier le numéro 28, construit dans le style art nouveau.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les entrepôts de tissus occupaient la plus grande partie de l’espace. Et puis, la rue a fini par devenir un des endroits les plus animés de Porto. Tout a commencé en 2007, avec l’ouverture d’un bar dans une ancienne librairie. Ce bar en a appelé d’autres et, ensemble, ils ont transformé la rue en un haut lieu de divertissement à Porto, en particulier le week-end, où il faut, parait-il, jouer des coudes pour passer d’un bar à l’autre..

 

Ainsi s’achève cette première approche de la ville.

S’il vous reste du temps, vous pouvez prendre le tramway n°1 pour vous rendre dans le quartier de Foz

Pour le circuit 2, il faut prévoir une journée entière : il nous emmène aux origines de Porto, vers la cathédrale et ses environs. De là, nous nous dirigerons vers le pont le plus célèbre de la ville : le Ponte Dom Luis I. Il comporte deux tabliers, qui lui permettent de desservir les quartiers haut et bas de la ville : nous utiliserons le niveau supérieur pour traverser le Douro et nous diriger vers Vila Nova de Gaia, la cité jumelle de Porto qui concentre tous les chais des grands noms du précieux breuvage.
Nous visiterons l’une des plus anciennes maisons de Porto, Taylor’s.
Après avoir dégusté le divin nectar (avec modération, bien sûr …), nous refranchirons le fleuve dans l’autre sens, en utilisant cette fois le tablier inférieur du Ponte Dom Luis I et nous nous dirigerons vers la Ribeira, le quartier emblématique de la ville.
Nous remonterons jusqu’au quartier de la Bourse pour finir par la magnifique gare de São Bento.

 

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