Pors-Cros, sauvage et mystérieuse

Pors-Cros, sauvage et mystérieuse

retour

«Toujours sauvage et belle en sa verte hauteur
Indifférente au temps et à soi-même égale
Port-Cros tend au soleil ses miroirs et ses fleurs»
Claude Balyne

Située en bateau à trois quarts d’heure de Hyères (départ des navettes au Port Saint-Pierre), l’île de Port-Cros est, avec celle du Levant, la plus sauvage et la plus difficile d’accès des Iles d’Or.
Au visiteur qui s’approche par la mer, Port-Cros apparaît comme une île verdoyante couverte uniformément d’une épaisse forêt. D’une superficie de 700 ha elle est massive : 4,5 km par 3,5 km.
Seule l’anse de Port-Cros est habitée par une trentaine d’âmes, le reste de l’île étant constitué d’un dense couvert végétal interrompu par endroits par quelques forts ou anciennes fermes.
Difficile d’imaginer que cette terre sauvage abritait jadis une petite communauté d’agriculteurs. Sur les versants abrupts, on avait aménagé des restanques pour cultiver les oliviers. Au fond du vallon qui remonte depuis le port, on trouve encore le barrage qui retenait les eaux pour les besoins de l’irrigation, comme vous pouvez le voir sur les photos de notre randonnée « Du village de Port-Cros à Port Man« .
Les restanques ont disparu sous la végétation et la forêt méditerranéenne a presque complètement éliminé toute trace de présence humaine. Au hasard des chemins forestiers, quelques ruines témoignent encore de ce passé pas si lointain.

Port-Cros : carte de l'îleComme sur Porquerolles, un réseau de sentiers sillonnent la petite île, mais sa topographie accidentée exige du promeneur qu’il soit convenablement chaussé ! Ne pas oublier d’emporter la carte ci-contre (disponible à l’office du tourisme, à l’arrivée du bateau), et suffisamment d’eau : il n’y a aucun point de ravitaillement en dehors du village !
Et surtout, les maîtres mots sont : prudence et respect de la nature !

Ici, pas de voiture, pas même un vélo : Port-Cros se parcourt exclusivement à pied (et les sentiers ne sont pas du tout adaptés pour recevoir des poussettes !)

Nous vous proposons de vous emmener à la découverte des principales plantes caractéristiques de la végétation de l’île, en empruntant notamment un ancien sentier de chèvres entre le village et la baie de La Palud : le « sentier des plantes » est délimité sur la carte par les deux flèches noires (cliquez sur la carte pour l’agrandir)

 

Port-Cros : signalisation sur les sentiersPort-Cros : sentier des plantes, le plan
 
 
Sur la carte de l’île, les circuits proposés se signalent par une couleur propre à chacun, couleur que vous retrouverez sur les panneaux de signalisation qui jalonnent le parcours.

Le sentier des plantes est décrit avec précision dans un petit fascicule disponible à l’office du tourisme ou téléchargeable ici.
Je réplique le contenu de ce fascicule dans cet article, en le complétant parfois, et en l’agrémentant de photos prises tout au long du circuit qui nous a menés jusqu’à Port Man avant de revenir au village par le vallon de la Solitude.

 
 
N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir et ainsi mieux voir les plantes.

 

Pas de cigarette, pas de cueillette : vous êtes dans un Parc National

 

Premier Parc National français à la fois terrestre et marin créé en Décembre 1963, Port-Cros est un témoin des écosystèmes insulaires méditerranéens et offre un exemple de l’évolution optimale de la forêt méditerranéenne : Myrtes, Lentisques, Arbousiers, Bruyères et oliviers y atteignent des dimensions exceptionnelles, rejoignant les pins et les Chênes verts.

En 1999, l’acquisition de la partie orientale de l’île (Baies de la Palud et de Port-Man) par le Conservatoire du littoral a permis d’en assurer la protection définitive et de garantir une cohérence de gestion sur l’ensemble de l’île.

Source : Conservatoire du littoral

 

Port-Cros : sentier des plantes, départPort-Cros : sentier des plantes, fort du moulin
 
 

Longer le Bureau de Poste puis prendre à gauche vers le fort du Moulin (il ne se visite pas). Passer au pied de la tour et du rempart.

 

Port-Cros : sentier des plantes, concombre d’âne
Au pied de la tour pousse une plante au nom curieux : le Concombre d’âne
Il est très toxique. Sa racine purgative est utilisée contre les hydropisies ; le fruit est un diurétique violent.
Il possède un curieux système de dispersion des graines : à maturité le mucilage interne du fruit a une telle pression osmotique qu’une zone de rupture se produit au niveau de l’attache du pédondule floral ce qui entraîne une projection explosive des graines (noires et luisantes) à plusieurs mètres du plant.

 

Station 1 – Plantes venues d’ailleurs

Port-Cros : sentier des plantes, armoise arborescente
 
Autour du Fort du Moulin, quelques touffes d’armoise arborescente jalonnent le sentier : vous la reconnaîtrez à sa couleur argentée et à son odeur aromatique.
Commune au sud du bassin méditerranéen, elle n’est connue en France que dans la rade d’Hyères. Sa localisation près des sites fortifiés est sans doute liée à la présence des Sarrasins qui l’utilisaient pour ses vertus médicinales.

Saviez-vous que cette plante est utilisée au Maroc (où on l’appelle « Chiba ») ajoutée au thé, en remplacement de la menthe, pendant la période d’hiver ?

 

Port-Cros : sentier des plantes, agavePort-Cros : sentier des plantes, le manoir, ses palmiers et eucalyptus
Les palmiers du village (plantés au milieu des années trente), les agaves et les eucalyptus du Manoir ont été choisis pour leur valeur ornementale. Toutes ces plantes retrouvent sur l’île des conditions climatiques proches de leur contrée d’origine (Amérique du Sud pour les agaves, îles Canaries pour les palmiers …).

Certains de ces végétaux se révèlent être de véritables pestes végétales, comme les griffes de sorcières dont nous avons parlé dans l’article consacré à Porquerolles.

 

Station 2 – Cimetière

Port-Cros : sentier des plantes, le cimetièreEn face du pont-levis, prendre le sentier à droite qui débute par deux petites marches. Possibilité de contourner le fort par la gauche. Vous bénéficiez de superbes points de vue sur la rade de Port-Cros et l’îlot de Bagaud.
Quelques dizaines de mètres plus loin se présente le petit cimetière marin, l’un des derniers vestiges de l’ancien emplacement du village.
C’est là que dorment pour l’éternité les Port-Crosiens et notamment Marcel et Marceline Henry qui ont mis tout en œuvre pour entretenir l’île et la préserver d’une fréquentation excessive.
Vous y trouverez aussi des tombes de soldats, rappatriés du Tonkin et morts du choléra (1883-1885).
Si la porte du cimetière est ouverte, vous pouvez rechercher la tombe du poète Claude Balyne et y découvrir cette ode à Port-Cros :

« Ne t’émerveille pas si d’un timbre pur,
Passant, résonnent ici la vague et le zéphir.
De ce tertre, où la mort croit opprimer la lyre,
Un invisible chant va rejoindre l’azur. »

 

Port-Cros : sentier des plantes, oliviers
En quittant le cimetière, regardez bien autour de vous : de nombreux oliviers témoignent de la présence passée de cultures autour des habitations. Ces arbres sont retournés à l’état sauvage puisque plus personne ne s’en occupe.

Le saviez-vous ? Le terme « olivier sauvage », ou oléastre, ne désigne qu’un arbre poussé fortuitement dans la nature mais l’olivier originel s’est perdu car depuis des siècles, les hommes l’ont greffé, bouturé, afin d’augmenter la grosseur de ses fruits. Pourtant, des botanistes de Montpellier pensent avoir retrouvé sa trace. L’île de Port Cros et l’extrême Sud de la Corse abriteraient des oliviers dont la combinaison génétique serait proche de spécimen du néolithique… (lu sur la page facebook du Parc National de Port-Cros)

 

Station 3 – Lutte sans merci

Port-Cros : sentier des plantes, pins d'alep et chênes verts
Ici, deux espèces témoignent de la lutte lente mais sans merci pour l’occupation de l’île : les pins d’Alep et les chênes verts.

Les arbres les plus grands, ceux qui dominent tous les autres, sont les pins d’Alep. Ce sont des plantes pionnières qui occupent le terrain lorsque celui-ci est encore vierge de toute végétation élevée : les jeunes pins ont en effet besoin de beaucoup de lumière pour se développer (ce sont des plantes « héliophiles », « qui aiment le soleil »).
Plus tard, à l’ombre de leur couvert, s’installent les chênes verts.

Les pins d’Alep n’ont pas une espérance de vie très longue (environ 150 ans) et lorsqu’ils disparaissent, il est impossible pour eux de se réinstaller car les chênes verts qui se sont développés dispensent une ombre épaisse.
La forêt de Port-Cros est en pleine évolution : la population de pins d’Alep, vieillissante, est peu à peu remplacée par les chênes. Si aucun bouleversement n’intervient (déboisement, incendie …) ceux-ci constitueront, à terme, l’essentiel du couvert forestier.

 

Port-Cros : sentier des plantes, chênes verts
Le Chêne vert est, contrairement à d’autres chênes comme le chêne pédonculé, un arbre à feuilles persistantes. Il se distingue aussi des autres chênes par ses feuilles non lobées mais entières ou légèrement dentées. On le reconnaît comme un chêne par ses fruits, les glands, impossibles à rater en cette fin de mois de septembre !
Sa croissance est très lente, il ne prend que 3 m en 20 ans. Il bénéficie cependant d’une longévité impressionnante, les sujets atteignent sans problème 1000 ans et plus. Son feuillage est coriace, vert foncé sur le dessus et gris argenté en dessous. Les feuilles tantôt entières, tantôt dentées, sont portées par des branches et des rameaux compacts qui se livrent à mille contorsions donnant un joli effet tortueux.
D’une grande rusticité et sobriété, le chêne vert est indifférent quant à la nature minéralogique du sol. Il est capable de résister à la sécheresse et aux écarts de températures les plus extrêmes, froid vif et chaleur ardente, pourvu qu’il soit exposé au soleil.

 

Station 4 – De la lumière et des parfums

Port-Cros : sentier des plantes
L’île de Bagaud que vous apercevez est interdite d’accès : c’est une réserve intégrale. L’île est battue par les vents et les embruns, le chêne vert en est absent et le maquis haut y est impénétrable.

Derrière, se profile Porquerolles. Avec l’île du Levant (que nous apercevrons à la pointe de la Galère), les trois îles d’Hyères furent rattachées au continent il y a environ 40 000 ans av.J.-C.

Leur insularisation progressive a eu un impact sur la composition végétale qui s’y trouve : certaines espèces sont communes avec le continent (comme le romarin), d’autres en sont absentes (comme le thym), d’autres encore ne se trouvent que sur les îles; ces dernières sont dites « endémiques« , c’est-à-dire qu’elles n’existent que dans une zone géographique très restreinte.

 

Port-Cros : sentier des plantes, lavande des îles
De part et d’autre du sentier, jusqu’à la prochaine station, le sol sec et peu profond, ainsi que l’ensoleillement intense, permettent l’installation de nombreuses plantes héliophiles (ayant besoin de soleil pour croître), qui embaument l’air au plus chaud de l’été, tel le romarin ou la lavande des îles (Lavandula stoechas).

Appelée aussi lavande à toupet, lavande papillon, elle est caractérisée par des bractées colorées situées au sommet des épis floraux. On la trouve dans les îles d’Hyères mais aussi dans le massif des Maures, de l’Estérel, en Corse. Elle est nettement moins résistante aux hivers que la lavande vraie et meurt en dessous de – 8° C.

 

Port-Cros : sentier des plantes, euphorbe characias
La ciste de Montpellier, la ciste à feuille de sauge, l’euphorbe characias et l’asphodèle abondent, dit la notice : je n’ai reconnu que l’euphorbe characias !

Pour la petite histoire Linné dédia cette famille à EUPHORBE, un médecin de l’Antiquité qui avait découvert les effets actifs du latex véhiculé dans les tiges. Attention, ce latex peut être un peu irritant.

 

Port-Cros : sentier des plantes, herbe aux chats (teucrium marum)
 
Saurez-vous trouver l’herbe aux chats (teucrium marum) ? Il s’agit d’un petit arbrisseau argenté qui ressemble à du thym.
Son odeur forte provoque chez les chats une excitation intense, d’où son nom.

C’est un sous-arbrisseau qu’on ne trouve à l’état spontané que dans le îles d’Hyères et en Corse.

 

Station 5 – Pointe du Grand Peyre

Port-Cros : sentier des plantes, ilot du rascasCe point de vue permet de découvrir la baie de la Palud et l’îlot du Rascas (dont le nom évoque le dos épineux de la rascasse, poisson des fonds rocheux).
il fait partie du Parc national de Port-Cros et est classé réserve intégrale, son accès est totalement interdit.
Entre cet îlot et la plage de la Palud, le Parc national de Port-Cros a balisé un sentier sous-marin, réservé uniquement à la baignade : équipée d’un simple masque, d’un tuba et de palmes, cette « randonnée palmée » permet à toute personne sachant nager de découvrir l’univers sous-marin méditerranéen en toute sécurité.
A des profondeurs allant de 0 à -10m, une grande diversité de paysages et d’habitats sous-marins(herviers de Posidonies, sable, éboulis, failles, roches émergées, excavations …) sont accessibles aux initiés comme aux néophytes.
Accompagné ou non d’un guide du Parc, il suffit de suivre les dix bornes d’observation numérotées et facilement repérables depuis la surface. Une plaquette plastifiée éditée par le Parc permet de lire, tout en nageant, les commentaires sur la faune et la flore observées.

 

Port-Cros : sentier des plantes, genévrier de PhénicieRemarquez le genévrier de Phénicie au-dessus de la plaquette numérotée. Cet arbustes aux minuscules feuilles imbriquées en écailles est caractéristique des lieux les plus chauds et forme des peuplements clairs sur de nombreuses falaises méditerranéennes.
Avant que le genévrier ne puisse s’installer sur l’arête de schiste à droite du sentier, la roche devra se dégrader pour former un sol. Les mousses et les lichens sont les premiers acteurs de cette transformation. S’installent ensuite des plantes herbacées dont les racines accélèrent la fragmentation de la roche. Plus tard, des arbustes peuvent s’installer lorsque l’épaisseur du sol est suffisante.
La sécheresse et le vent des climats méditerranéens ralentissent l’installation des végétaux et donc la transformation de la roche en terre ; c’est pourquoi les sols méditerranéens sont peu profonds.

 

Port-Cros : sentier des plantes, pistachier lentisqueNous pouvons d’ores et déjà admirer des plantes qui ne sont décrites qu’à la station 6.
En automne, vous ne pouvez pas rater le pistachier lentisque, avec ses petits fruits rouges si décoratifs. Ils sont comestibles à maturité quand ils deviennent noirs et sucrés. En Orient, on mastique la résine obtenue par incision des tiges pour combattre naturellement mauvaise haleine, ulcères, gastro et autres dérangement digestifs, et ce depuis l’Antiquité ! Cette résine, trésor de la phytothérapie, est aussi employée en cosmétique et en pâtisserie. Le bois jaune veiné de rose du Pistachier lentisque est utilisé en menuiserie et comme bois de chauffage.

On trouve le pistachier lentisque sur tout le pourtour méditerranéen, dans le maquis et la garrigue, sur des terres ingrates, rocailleuses et sèches. De croissance lente, le Pistachier forme un arbuste tortueux, arrondi, pouvant atteindre 3m de haut.

 

Port-Cros : sentier des plantes, myrtePort-Cros : sentier des plantes, myrte détailLe myrte est un arbuste typique des côtes méditerranéennes car il se plait en plein soleil. Ses fleurs évoquent l’odeur de la Provence, et sont très décoratives, avec les pétales surmontés de longues étamines blanches très nombreuses ; elles donneront en septembre des baies noires-bleutées qui peuvent être utilisées, seules ou en mélange avec des feuilles, pour l’élaboration de la liqueur de myrte, fameux digestif notamment très populaire en Corse et en Sardaigne.
Ses feuilles persistantes, coriaces et particulièrement aromatiques peuvent être utilisées pour agrémenter le gibier et les viandes grasses, ou encore en infusion pour leurs vertus digestives. Le bois de myrte peut quant-à lui être brûlé comme encens ou séché pour parfumer votre armoire à linge.
Petit rappel : il est interdit de cueillir quoi que ce soit à Port-Cros !

 

Station 6 – Qui l’eut cru ?

Port-Cros : sentier des plantes, végétation oléolentisquePort-Cros : sentier des plantes, oléastresLe sentier traverse maintenant et jusqu’à la station 9 une association végétale appelée « oléolentisque » composée principalement par l’oléastre (olivier sauvage) et le lentisque, mais aussi le myrte, les filaires et l’alaterne nerprun.
S’il croit lentement, l’alaterne nerprun vit cependant une centaine d’années.
Sa feuille, coriace, présente une nette frange translucide à contre-jour. Ses petites fleurs jaunâtres dépourvues de pétales sont groupées en bouquet à l’aisselle de la feuille et s’ouvrent au tout début du printemps. Ses petites baies rouges puis noires apparaissent en automne regroupées en bouquet compact.

 

Port-Cros : sentier des plantes, mosaïque de couleurs
Par temps calme, les fonds sous-marins forment une mosaïque de couleurs ; les zones bleu-turquoise marquent un fond de sable, les zones sombres l’herbier de posidonie, et les tâches marron les fonds de matte morte (herbier dégradé).
En face, sur les versants dominant la plage, l’épaisse couverture de pins d’Alep est bien visible et domine les sous-bois de chênes verts.

Cet environnement naturel, vierge de tout aménagement, contraste avec les paysages côtiers tout proches. Cet aspect « naturel » est récent : au début du XXe siècle, l’île était presque entièrement déboisée et de grandes surfaces étaient cultivées.

 

Port-Cros : sentier des plantes, portion dangereusePort-Cros : sentier des plantes, passages délicats
Après la station 6, le sentier se scinde en deux et un panneau met le randonneur en garde : le sentier qui descend à gauche n’est pas accessible à tous !
A notre avis, le message d’avertissement est un peu excessif : à aucun moment, nous n’avons eu à faire face à un réel danger, tel qu’un à-pic ou un sentier « aérien ». Il suffit d’être bien chaussé et vigilant pour pouvoir s’y engager sans crainte.
Si vous préférez jouer la carte de la sécurité, vous bi-passerez les stations 7 à 10.

 

Station 7 – Plantes du soleil

Port-Cros : sentier des plantes, euphorbe arborescenteVous entrez dans une zone qui fut abondamment débroussaillée pendant la seconde guerre mondiale par les armées d’occupation. Ces éclaircies ont favorisé la venue de nombreuses plantes « héliophiles » (dont certaines sont rares) qui sont éliminées ailleurs par l’ombre de la forêt. Parmi les actions du Parc national, l’entretien de milieux ouverts est une priorité pour le maintien de la diversité végétale.
Lumière est ici synonyme de chaleur et sécheresse. Les stratagèmes inventés par les plantes pour survivre à l’été méditerranéen sont multiples. Un bel exemple est donné par les euphorbes arborescentes : leur port en boule minimise les pertes par évaporation, leurs tiges charnues stockent des réserves en eau (comme le font les cactus) et pour finir elles perdent tout feuillage avant l’été, menant une sorte de vie au ralenti pendant quelques mois.

Autres solutions efficaces pour limiter la transpiration : des feuilles coriaces, imperméables, et/ou munies de poils en dessous, parfois en forme d’aiguilles ou d’écailles.

 

Station 8 – maquis élevé

Port-Cros : sentier des plantes, maquis élevé
 
Le muret en pierres sèchent que l’on voit à droite du sentier marque l’emplacement d’anciennes « restanques », c’est-à-dire de cultures en terrasses, plus économes en espace, en eau et en terre.

Elles recouvraient une grande partie de Port-Cros, il y a moins d’un siècle ; difficile d’imaginer que ces vallons ont pu produire orges et blés, figues et kakis, oranges et grenades !

 

Port-Cros : sentier des plantes, maquis élevéPort-Cros : sentier des plantes, arbousierVous voiilà à l’ombre de deux grands arbustes typiques des sols acides qui constituent le « maquis élevé » :
l’arbousier au tronc rouge, un des rares végétaux à porter en même temps, à la fin de l’automne, des fleurs blanches en clochettes et des baies rouge-orangées. Ces baies sont parfaitement comestibles, quoiqu’un peu fades.
la bruyère arborescente, aux petites feuilles en aiguille : autrefois les villageois faisaient commerce des souches rondes de bruyère comme bois de feu (il se consume très lentement) ou de sculpture, notamment pour la fabrication de pipes.

 

Station 9 – Couloir des courants d’air

Port-Cros : sentier des plantes, couloir des courants d'airPort-Cros : sentier des plantes, plantes anémo-morphosées
 
La vie au bord de la mer n’a pas que des avantages ! Hormis quelques plantes très spécialisées qui tolèrent bien la morsure du sel et la force du vent, s’accrocher au rocher est un défi permanent. Les plantes qui y parvienent prennent des formes « anémo-morphosées » (littéralement : transformées par le vent), couchées, torturées, plaquées au sol. C’est un phénomène que l’on retrouve dans d’autres milieux extrêmes, comme les montagnes ou les toundras.
 
 
 
Ici, la circulation du vent chargé d’eau salée a fini par ouvrir la masse végétale, créant un véritable couloir d’embruns. Ce type d’ouverture s’avère lent à cicatriser, d’autant qu’à l’heure actuelle s’ajoutent les contraintes des eaux polluées par les détergents et les hydrocarbures, du piétinement des promeneurs et la pression des goélands plutôt envahissants dont les fientes stérilisent les sols.

 

Station 10 – Course à la lumière

Port-Cros : sentier des plantes, course à la lumièrePour survivre, les plantes se nourrissent par les racines en allant puiser dans le sol l’eau et les sels minéraux et en se hissant vers le haut pour capter la lumière qui va activer la photosynthèse.

Sur les sols riches, profonds et humides de certains fonds de vallon, les végétaux se livrent une lutte sévère pour conquérir ces milieux accueillants.

Deux stratégies s’affrontent pour gagner la course vers le soleil. Les arbres qui ont pu s’élever grâce à la rigidité de leur bois semblent les mieux placés, mais les lianes se distinguent par une autre méthode : elles ont choisi d’allonger leur tige pour grimper à l’assaut des arbres.

Cinq espèces différentes (au moins !) s’entortillent autour de vous. Saurez-vous les reconnaître ? Il y a la ronce bien connue, et d’autres, comme la clématite flammette, l’asperge sauvage, la doradille des ânes, que je n’ai pas trouvées. Par contre, la garance voyageuse, le fragon petit houx et surtout la salsepareille ne passent pas inaperçues !

 

Port-Cros : sentier des plantes, garance voyageuseLa garance voyageuse doit son nom du fait de sa propriété qui consiste à s’agripper au pelage des animaux qui ainsi dispersent les graines de la plante (dispersion zoochore).

Vous la reconnaitrez facilement. Les tiges ont un contact rugueux à la limite du piquant car leurs 4 arêtes sont munies de crochets aigus et tournés vers le bas. Les feuilles sont persistantes et à bords cartilagineux, de formes elliptiques et sont réunies par 2 à 5 en verticilles. Elles sont de couleur vert foncé avec une surface brillante. Comme la tige, elles sont munies d’aiguillons tournés vers le bas.

Elle est pour ainsi dire la version sauvage de la Garance des teinturiers (Rubia tinctorum) qui a été largement cultivée pour la couleur rouge extraite de ses racines. Le fruit est une baie charnue, lisse, verte puis noire à maturité.

 

Port-Cros : sentier des plantes, salsepareillePort-Cros : sentier des plantes, salsepareille, fruitsLa salsepareille est une liane ligneuse, grimpante, volubile et dioïque, originaire d’Australie, d’Afrique, du Mexique et de l’Asie centrale, d’où sa rusticité relativement limitée (-5°C grand maximum).

Les feuilles persistantes, alternes, simples, vernissées sont en forme de coeur ou de pique avec un pétiole qui a deux vrilles. Le limbe est très marqué par les nervures et son bord est épineux. Les tiges anguleuses sont aussi épineuses. Des fleurs se forment à l’aisselle des feuilles, en forme d’étoiles de couleur blanc-vert. Les plantes femelles portent des fruits en baies sphériques de couleur rouge foncé, en grappes, dont les oiseaux raffolent mais qui ne sont pas consommables pour les humains.

Ce sont les racines de salsepareille pouvant atteindre 1 m, qui font sa renommée pour leurs vertus médicinales : depuis très longtemps, elles ont été utilisées pour traiter les maladies de peau (psoriasis, eczéma…) mais les propriétés dépuratives, sudorifiques et contre les rhumatismes ont aussi été appréciées. Dans certains pays, la salsepareille est considérée comme une plante aphrodisiaque ! Et au pays des Schtroumpfs, c’est la plante préférée des petits lutins bleus !

 

Station 11 – fleurs du sel

Port-Cros : sentier des plantes, fleurs du sel
 

Non loin de la mer, la roche affleure et les embruns arrosent la végétation. Les plantes, pour se protéger du sel, ont les feuilles revêtues d’un duvet soyeux argenté.

Nous allons trouver, réunies ici, plusieurs plantes « halo-résistantes » (tolérant la brûlure du sel des embruns), comme l’immortelle stoechade, la cinéraire maritime ou encore la barbe-de-Jupiter.

 

Port-Cros : sentier des plantes, immortelle stoechade
 
L’immortelle stoechade prend la forme de buissons de taille modeste, d’une hauteur de 50 cm environ, dont le sommet est coiffé de fleurs jaunes, qui fleurissent entre le mois de mai et le mois d’août. Coupées et séchées, elles se conservent longtemps et c’est cette longévité qui a donné son nom à la plante. Ses feuilles ont la couleur de l’argent, due au duvet qui les recouvre.
Son odeur particulière est difficile à décrire. Certains, qui la jugent très épicée, la comparent parfois à celle du curry. Son odeur caractéristique confère aux territoires sur lesquels elle pousse une identité particulièrement marquée.

 

Port-Cros : sentier des plantes, cinéraire maritime
 
La Cinéraire Maritime supporte, elle aussi, très bien la sécheresse et les embruns salés.
Les feuilles élégamment découpées sont recouvertes d’un duvet doux et gris-argenté. C’est ce feuillage laineux et persistant qui lui permet de se protéger contre les embruns et l’évaporation, à l’instar de l’immortelle dont nous venons de parler.
Les fleurs jaunes s’épanouissent de mai à juillet. En cette fin de mois de septembre, elles ont, pour la plupart, disparu.

 

Port-Cros : sentier des plantes, barbe de jupiter
 
L’Anthyllis barba-jovis, mieux connue sous le nom de Barbe de Jupiter, est particulièrement résistante aux vents violents chargés d’embruns. Elle est bien adaptée aux conditions délicates de survie dans des milieux ventés, salés, chauds et secs.
La plante est rare, et tout prélèvement dans la nature est interdit (elle est protégée par l’arrêté interministériel du 20 janvier 1982) ; le prélèvement serait d’ailleurs voué à l’échec car la Barbe de Jupiter développe une profonde racine pivotante infiltrée dans les rochers qui ne supporte pas la transplantation.

Cet arbrisseau, pouvant atteindre 2 mètres de haut, se couvre au printemps d’une multitude de fleurs blanc cassé virant sur le jaune. Elles sont petites mais voyantes car regroupées en épis denses ; de plus, les épis sont nombreux sur la plante. Les fleurs attirent de nombreux insectes pollinisateurs et produisent une petite graine unique dans chaque petite gousse.

 

Station 12 – Plage de la Palud

Port-Cros : sentier des plantes, plage de la Palud
Les arbres en front de mer sont des tamaris : ce bel arbuste au port aérien supporte les vents violents et les embruns, et vit habituellement en arrière-plage mais ils sont victimes du recul de celle-ci.
Ils peuvent vivre en absorbant de l’eau plus ou moins salée, car lors de leur transpiration nocturne ils rejettent par leurs feuilles le sel accumulé pendant la journée. En revanche, ils résistent assez peu aux fortes gelées puisqu’ils craignent les températures inférieures à -5°.

Le vent rend cet arbuste particulièrement attrayant lorsqu’il balaye et en couche les fines branches : on ne se lasse pas du spectacle.

 

Port-Cros : sentier des plantes, zones mises en défens
 
Afin de retenir le sable et pour préserver les fourrés de tamaris très menacés, des zones ont été « mises en défens« , c’est-à-dire qu’on a installé des clôtures autour des surfaces abîmées, avec interdiction formelle d’y pénétrer.
Observez le retour de la végétation dans les secteurs ainsi protégés, autrefois dénudés par un piétinement excessif.

 

Port-Cros : sentier des plantes, tapis de posidonies
Sur le rivage, un tapis de feuilles de posidonie recouvre le sable d’une moelleuse protection.

La posidonie n’est pas une algue, c’est une plante à fleurs qui forme sous la surface une vraie prairie sous-marine. Elle est vitale pour de nombreuses espèces aquatiques mais aussi terrestres : sur la plage, les feuilles mortes formant banquette, abritent des insectes rares, permettent l’installation de plantes et protègent de l’érosion.

 

Des plantes vues en allant vers Port Man

 

Port Cros : plage de la PaludPort Cros : plage de la Palud, vers Port ManA l’arrière de la plage débute la forêt d’yeuses, l’autre nom du chêne vert.
Le piétinement et le tassement du sol dû à la fréquentation ont dégradé cette zone, déjà durement soumise aux entrées d’embruns : la végétation a beaucoup de difficultés à cicatriser.
Une mise en défens partielle et provisoire est l’outil le plus adapté pour permettre à cet espace de se revégétaliser.

La plage de la Palud est surtout connue comme étant le point de départ du sentier sous marin, qui vous permettra, avec un simple masque, d’observer un grand nombre d’espèce sous marines, et des fonds extraordinaires, dans une eau limpide traversée par les rayons du soleil. Une série de panneaux immergés vous montre le chemin en toute sécurité, tout en vous expliquant une foule de choses sur ces espaces protégés.

Aujourd’hui, nous ne nous attarderons guère sur cette belle plage car nous ne voulons pas courir le risque de rater le seul bateau de retour en cette fin de saison (un seul aller depuis Hyères, à 9h15, et un seul retour à 17h00) et la route est encore longue. Nous montons le magnifique escalier qui part de la plage et nous conduit vers le sentier qui se dirige vers Port Man.

 

Port Cros : romarin
«Qui l’a respiré une fois, subit l’envoûtement de Port-Cros» Les nombreux poètes et écrivains qui séjournèrent sur l’île évoquent inévitablement ses parfums. L’été est une saison propice à cette découverte olfactive : romarin, lavande, ciste, genévrier, myrte exhalent sous la chaleur des bouffées enivrantes.

A hauteur de la Pointe de la Palud , un beau buisson de romarin se signale par son odeur.
Connaissez-vous la légende selon laquelle le romarin a permis à Elisabeth de Pologne, guérie de sa paralysie et de ses problèmes d’arthrite, de devenir reine de Hongrie, en séduisant le roi, malgré ses 72 ans ? Toutefois, on lui prêtait des effets stimulants sur l’activité cérébrale, dès la Grèce antique. C’est pour cette raison que les intellectuels grecs ceignaient leur tête de couronnes de romarin.

 

Port Cros : pins d'Alep et yeuses
Ce sont les vents et les embruns maritimes qui sculptent la silhouette des pins d’Alep : déssechés par le sel, les bourgeons qui y sont exposés meurent et l’arbre se développe donc à l’opposé de la ligne de rivage.

C’est une essence de lumière qui supporte de forts éclairements et de longues périodes de sécheresse. Ses fruits sont des cônes pendants de 8 à 12 cm de longueur, persistant pendant plusieurs années sur les rameaux. Ses graines abondantes, d’environ 5 mm de longueur, possèdent une grande aile persistante qui permet une dissémination rapide et éloignée.

Mais, comme nous l’avons vu sur le sentier des plantes, les jeunes pins ont besoin de beaucoup de lumière pour se développer, ce qui ne leur est désormais plus guère offert sur Port-Cros et va conduire peu à peu à leur disparition.

 

Port Cros : cinéraire maritime
La cinéraire maritime, ou séneçon cinéraire est un sous arbrisseau nain, ne dépassant que rarement 50 cm. Ses tiges extrêmement ramifiées, de même que ses feuilles persistantes, sont laineuses et d’une belle couleur argentée, parfois blanche. Les feuilles formant la rosette sont fortement dentées. Au fil du mois de mai, les nombreux capitules, caractéristique commune à beaucoup de variétés de séneçons, s’épanouissent jusqu’au mois d’août. Leur couleur jaune vif tranche avec le blanc cotonneux du feuillage.

La cinéraire maritime pousse spontanément sur les côtes, sous le soleil des bords de falaises. Le soleil lui est indispensable ; à l’ombre, les plantes s’étiolent. Port-Cros vous permet de bien observer le phénomène : le long du « sentier des plantes », relativement ombragé, le cinéraire maritime est très chétif alors qu’il se développe bien mieux un peu plus loin, en plein soleil.

 

Port Cros : cyste à feuille de sauge
Et voici la plus grande fleur de la garrigue : Le ciste et plus particulièrement ici, le ciste à feuille de sauge.
Un pompon d’étamines jaunes attire les insectes pollinisateurs qui tout en se nourrissant, participent à la reproduction de la plante. La fleur fécondée se transformera en capsule brune à cinq valves, écrin hermétique qui libèrera sa semence légère et fine.

Sur cette photo (prise fin septembre 2018), les fleurs ont disparu ; ne restent que les petites capsules déhiscentes, contenant une quinzaine de graines, que la plante conserve en place longtemps, constituant ainsi une réserve naturelle.

Le saviez-vous ? Les cistes sont des espèces pyrophiles ou les amies du feu : près un incendie, on assiste à une pousse massive de cistes, car la chaleur du feu va libérer les graines de leur réceptacle, et ces graines réveillées vont germer sur un terrain où chaleur et lumière sont omniprésentes, donc dans un environnement très favorable pour elles.

 

Port Cros : euphorbe arborescente
A l’ombre des arbres s’épanouissent de nombreuses euphorbes des bois : elles sont reconnaissables à leur tige rougeâtre et dénudée dans le bas, densément feuillée en rosette au-dessus puis lâchement feuillée.

Les euphorbes ont une forme d’inflorescence typique qui se nomme « cyathe », en forme de coupelle (du grec kuathos = coupe). Ses fleurs sont visitées par les abeilles. C’est une plante vénéneuse, vomitive et purgative chez l’homme. N’y touchez pas car elle libèrent du latex qui peut provoquer des brûlures graves.

 

Port Cros : plage de Port Man
La plage de Port Man est une plage de galets : si vous souhaitez vous y baigner, nous vous conseillons d’emmener des chaussures de plage dans votre sac à dos.
Elle est très bien protégée du mistral et très prisée des plaisanciers.

A l’arrière de la plage, des ganivelles protègent les plantes afin qu’elles ne soient pas victimes du piétinement des visiteurs. Vous remarquerez aisément la criste marine qui semble coloniser les lieux.
Le nombre et la diversité des noms communs pour une espèce végétale constituent un bon indice de sa popularité ancienne et tel est le cas pour la criste marine. Parmi ces surnoms, fenouil de mer (que l’on retrouve en anglais : sea fennel) renvoie d’une part à l’aspect du feuillage découpé en lanières et à la parenté réelle de la criste avec le fenouil (Foeniculum), puisque tous les deux appartiennent à la même famille des Ombellifères ou Apiacées.

 
Port Cros : crithme perce-pierre

Les autres noms se réfèrent tous au milieu rocheux où elle vit et à sa capacité à insinuer ses racines dans les fissures et à s’accrocher ainsi dans les parois escarpées : perce-pierre ; casse-pierre ; passe-pierre et saxifrage marin (saxifrage signifiant aussi « qui casse la pierre »).
Elle se comporte comme une plante halophyte, ce qui signifie qu’elle tolère la présence du sel.
Cette plante a une très vieille histoire tant comme médicinale aux nombreuses propriétés avérées que comme alimentaire ou condimentaire. Ses tiges et feuilles sont consommées crues en salade (léger goût de carotte) ou cuites comme un légume vert, ou encore marinées dans le vinaigre de la même manière que les salicornes.
La criste marine fait partie des légumes sauvages autrefois appréciés mais elle a été aussi beaucoup récoltée pour ses propriétés médicinales. Aujourd’hui, elle entre dans la catégorie des plantes en voie de disparition. Donc, n’y touchez pas !

 

Port Cros : filaire à feuilles étroites
Le filaire à feuilles étroites (phillyrea angustifolia) est un arbuste à petit développement proche de l’olivier par son aspect. Les feuilles persistantes, étroites et allongées de 3 à 6 cm sont vert foncé, marquées d’une nervure centrale plus claire. Elles sont luisantes et coriaces.

Les fleurs apparaissent de mars à mai. Elles mesurent 1 cm environ, et sont réunies en cime à l’aisselle des feuilles. Leur couleur blanche tirant sur le vert ne les rend pas très attractives, par contre elles sont très parfumées et mellifères. Elles produisent ensuite de petites drupes renfermant un noyau qui deviennent noir bleuté en automne. Elles ne sont pas comestibles.

 

Port Cros : pins d'Alep au fort de la Vigie
Au fort de la Vigie, on peut admirer de majestueux pins d’Alep (pinus halepensis).
L’arbre ressemble assez au pin parasol, tout en ayant cependant un tronc généralement plus tortueux que lui. Ce sont ses aiguilles fines, un peu argentées, qui permettent de le distinguer du pin parasol aux aiguilles vert foncé, très longues. Jeune, son écorce est grise, mais avec l’âge elle se teinte d’ocre rouge, se fissure et s’écaille.

Il supporte des sécheresses prolongées mais il est très sensible aux incendies : ses cônes persistant très longtemps, éclatent et contribuent à propager l’incendie rapidement. Mais paradoxalement, comme nous l’avons vu à la station 3, l’incendie favorise sa régénération : la chaleur fait éclater ses cônes qui dispersent leurs graines et ces graines peuvent germer et croître en bénéficiant à nouveau d’un ensoleillement maximal

 

Port Cros : Pointe du Vallon, cyste à feuille de sauge et armoise arborescentePort-Cros : cyste à feuille de sauge, détailCiste feuille de sauge et immortelles stoechas à hauteur de l’îlot de la Gabinière)

Un rapide aller/retour depuis le sentier des crêtes permet d’aller admirer l’îlot de la Gabinière au loin, célèbre chez les plongeurs : ses fonds sous-marins abritent la plus grande concentration de mérous bruns (Epinephelus marginatus) de tout le parc de Port-Cros et sans doute de toute la Méditerranée occidentale.

Mais en revenant sur vos pas, arrêtez-vous quelques instants pour admirer une population assez importante de cistes à feuille de sauge, à laquelle se mêlent des immortelles stoechas.

 

Port Cros : myrte
Un peu plus loin, ce sont les myrtes qui dominent et embaument l’air : et arbuste a en effet pour particularité d’être très odorant, par ses feuilles comme par ses fleurs. Son nom vient du latin myrtus, traduction du nom grec dont le radical signifie « parfum ».

Si vous regardez une feuille par transparence, elle vous apparaîtra criblée de petites glandes translucides le long de la nervure centrale : ces glandes contiennent une huile essentielle riche en tanin qui, couplée à ses principes actifs aromatiques, a des propriétés
 antibiotiques et antiseptiques. Elle est recommandée dans les infections respiratoires et urinaires. On l’utilise aussi en application externe contre les inflammations pulmonaires ou les sinusites. Les feuilles de myrte prises en infusion ont des propriétés astringentes et digestives, utilisées pour combattre la diarrhée infantile.

 

PORT-CROS VUE D’EN HAUT par Yann Arthus Bertrand

Yann Arthus Bertrand connaît bien Port-Cros. Il la connaît très bien même… puisqu’il y passe une partie de l’année… dans le fort de Port-Man. Le Parc national, affectataire de ce bâtiment, l’a concédé par bail emphytéotique de 40 ans au photographe qui l’a restauré dans les règles de l’art. Vous apercevrez le fort à 1’10 dans le film ci-dessous. Et, à partir de 3’58, vous pourrez admirer durant près d’une minute la star de l’îlot de la Gabinière : le mérou brun.

retour