Porquerolles, une île d’exception

Porquerolles, une île d’exception

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«Arpenter l’île de Porquerolles, c’est aller d’un pas apaisé à la rencontre d’une frontière subtile entre l’eau et la terre,
entre la sagesse et les excès des hommes … »

L’île de Porquerolles appartient, avec les îles de Port-Cros et du Levant, à l’archipel des îles d’Hyères, aussi appelées « les Iles d’Or ».
Géologiquement rattachées au massif des Maures, ces îles en ont été isolées par la montée progressive du niveau de la mer après la fonte des glaces, il y a quelques 20 000 ans.
Porquerolles - la côte sud

 

D’une surface de 1257 ha, Porquerolles dessine un arc, orienté est-ouest, de 7 km de long pour 3 km de large.
Toute la partie qui regarde vers la côte s’allonge en plages douces et harmonieusement découpées ; toute la partie qui regarde vers le large plonge dans la mer en falaises abruptes.

L’île tourne ses terrasses vers le nord, ce qui, dans le Midi, est un bienfait ; c’est là, aussi, la raison de la fraîcheur délicieuse de son climat pendant l’été.

Porquerolles - carte de l'île

 

 

L’ossature de l’île est formée de cinq chaînons de collines, orientées du nord au sud et se terminant à l’ouest par le massif du Langoustier. Entre elles s’étendent les quatre plaines principales qui recueillent les eaux d’infiltration pluviale, avec d’autant plus de facilité que leur couche superficielle, formée de micaschistes perméables, est suivie à quelque profondeur d’une couche argileuse imperméable retenant les eaux et entretenant une humidité souterraine, profitable aux bois et aux cultures.
La chaleur et la sécheresse qui grillent tout sur le littoral, ne se font pas sentir en raison de la nappe d’eau du sous-sol, de la fraîcheur des brises marines et des rosées abondantes. Car c’est là un fait remarquable : le phénomène de la rosée, inconnu dans le midi de la Provence, peut être quotidiennement observé à Porquerolles

Pour la protéger de l’urbanisation, l’Etat achetera la plus grande partie de l’île en 1971. Elle sera léguée en 1985 au Parc National de l’île voisine de Port-Cros, qui en assurait déjà la gestion et la mise en valeur.

 

Depuis 1988, Porquerolles et un périmètre marin de 500 m autour de l’île et de ses îlots sont devenus site classé.
En 1979, le Parc National de Port-Cros a mis en place le Conservatoire botanique de Porquerolles pour préserver la flore originelle de l’île. Il deviendra Conservatoire botanique national méditerranéen en 1990.

Porquerolles bénéficie bien sûr d’une situation exceptionnelle et d’une grande diversité de milieux, ce qui explique la variété et la richesse de la flore. Mais si nous pouvons si bien en profiter aujourd’hui, c’est avant tout parce que l’île a été particulièrement bien préservée.
Porquerolles est un territoire d’exception ouvert à tous mais sous la responsabilité de chacun.

Voyez aussi nos deux circuits qui vous permettront de découvrir la majeure partie de l’île :
du village de Porquerolles au Cap des Mèdes et du village de Porquerolles au Langoustier

Porquerolles, coeur de Parc National, est protégée par une réglementation spécifique

  • Pas de feu ni de cigarette en dehors du village pour prévenir l’incendie et garder les plages propres.
  • Pas de camping ni de bivouac.
  • Pas de déchets en dehors des conteneurs, pour ne pas altérer les milieux naturels et les paysages.
  • Pas de bruit ni de dérangement pour préserver le caractère des lieux.
  • Pour conserver la diversité biologique, la cueillette et le prélèvement sont réglementés.
  • La circulation des véhicules motorisés et des vélos est réglementée.
  • Pour sauvegarder la flore et la faune sauvages, ne pas quitter le tracé des pistes et des sentiers autorisés.
  • Pour la tranquillité de la faune, les chiens doivent être tenus en laisse. Ils sont interdits d’accès sur les plages pour des raisons de salubrité.

 

« De quelques coté que l’on se dirige, le spectacle est magnifique ; ce ne sont que forêts de beaux pins d’alep, champs de lauriers et de ciste, haie de grands roseaux et surtout touffes de lavande sauvage, à fleurs violettes, bruyères roses et ajoncs aux fleurs d’un jaune doré. Des eucalyptus géants, de frêles tamaris, des arbousiers aux fruits d’une saveur aromatique particulière, des ficoïdes qui revêtent les terrasses et les murs d’un tapis de fleurs d’une richesse, d’un éclat et d’une variété de nuances incomparables, ornent ce paysage élyséen, complété par d’étonnantes et toujours gracieuses échappées sur la mer et les Maures… » (Paul Joanne, Dictionnaire Géographique et Administratif de La France)
Porquerolles - eucalyptus

 

Mes arbres préférés sur Porquerolles sont les eucalyptus, pour la taille qu’ils atteignent sur l’île, et surtout pour le parfum qu’ils dégagent. Ces arbres imposants bordent notamment le Chemin Notre-Dame. Ils sont la signature olfactive de l’île.
Respirez à fond leur odeur, admirez leur écorce, sur laquelle le soleil créé de mupltiples nuances de brun, du plus clair au plus sombre, en passant par l’ocre.
Ils ont été introduits sur l’île par François-Joseph Fournier, qui a acheté l’île en 1912.

L’eucalyptus est une espèce exotique (originaire d’Australie) qui s’est bien adaptée au climat méditerranéen. Importée pour des raisons ornementales, organoleptiques, ainsi que pour sa capacité à assécher les zones humides, la plante est aujourd’hui considérée comme une espèce invasive sur l’île car elle tend à supplanter des espèces indigènes par sa croissance très rapide et sa faculté à stériliser le sol.
Le Parc National de Port-Cros a donc jugé qu’il fallait limiter sa prolifération.
Pour cela un mode opératoire à été mis en place : les sujets présents à proximité des pistes sont abattus et le bois sert au chauffage aux habitants de l’île. Lorsque les sujets sont situés en pleine forêt, on pratique une dévitalisation, qui consiste a faire mourir l’arbre sur pied.
Cette technique présente divers avantages :
? On limite l’impact sur la végétation environnante car l’arbre va se démanteler progressivement
? Le bois mort sur pied sert d’habitat à une multitude d’organismes (insectes, oiseaux, chauve-souris) et favorise la biodiversité
source : http://casquesverts.com/ et le bureau d’accueil du Parc National de Port-Cros, qui gère la flore de Porquerolles.

 

Porquerolles - pins parasols

 

 

Les plus belles allées de pins parasols se rencontrent aux abords du « Hameau », là où s’est installé le conservatoire botanique. Très bel arbre au port caractéristique de parasol quand il est adulte, comme sur cette photo, il peut atteindre 30 mètres de haut.
Porquerolles - pins parasols

 

 

 

Le pin parasol n’est pas seulement réputé pour l’ombre bienfaisante qu’il offre aux randonneurs. C’est lui qui fournit les pignons, que l’on consomme dans de nombreuses préparations alimentaires (pâtisseries, salades). C’est l’amande, moelleuse et sucrée, au petit goût de résine, qui est consommée. Une coque de bois très dur l’enveloppe, qu’il faut casser entre deux cailloux

Porquerolles - Pins d'Alep

 

 

Le Pin d’Alep prospère tout près de la mer où il supporte bien l’attaque des embruns salés.
Les embruns chargés de détergents causent en effet de gros dégâts sur les pins, en attaquant la cuticule cireuse protectrice de l’épiderme des feuilles. Les pins prennent une teinte grisâtre caractéristique et meurent lentement.

Porquerolles - arbousier

 

 

L’arbousier, un arbuste qui peut atteindre jusqu’à 12 mètres de haut, affectionne les sols acides. Il forme le « maquis haut » en association avec les bruyères arborescentes, les filaires, les lentisques.
On le reconnaît à son écorce d’un beau brun-rouge qui s’exfolie abondamment

Porquerolles - arbousier

 

 

 

En automne, impossible de ne pas le reconnaître : il porte fleurs et fruits simultanément. Ses fruits, les arbouses, rougissent au soleil d’automne et sont  comestibles bien qu’un peu fades.
Porquerolles - Pistachier Lentisque

 

 

 

 

Le pistachier lentisque, un arbuste qui peut atteindre 5 à 6 mètres de haut, à écorce grise et lisse, se repère à ses feuilles persistantes vert foncé. Il a une odeur de résine. Ses fleurs blanches donneront des petits fruits rouges puis noirs.
C’est un arbre caractéristique du maquis méditerranéen.
Porquerolles - Pistachier Lentisque

 

 

 

Outre les fruits, consommés par les oiseaux en hiver, le lentisque produit une résine dite « mastic de Chio » autrefois utilisée en pharmacie, mais aussi comme gomme à mâcher odorante. On en extrayait également un excellent vernis pour la peinture à l’huile. Le fruit qui contient une petite amande comestible, servait à la fabrication d’une huile pour l’éclairage, la savonnerie et même l’alimentation.
Porquerolles bruyere arborescente

 

 

La Bruyère arborescente, vivace et très ramifiée, peut atteindre 4m de hauteur. Elle est caractéristique des maquis élevés. Les feuilles persistantes sont des aiguilles de 4 mm vert foncé. Pour pouvoir admirer les bouquets denses que forment les petites fleurs blanches en cloche, il faut venir sur l’île entre février et mai.
Le saviez-vous ? La souche massive de cette bruyère est utilisée dans la fabrication des ébauchons de pipes. Ces célèbres pipes de bruyère sont confectionnées à Cogolin dans le Var et à St Claude dans le Jura.
Porquerolles - Myrte

 

 

Le Myrte est un arbuste à feuillage persistant et aromatique. Il atteint 3 mètres. Ses feuilles vert foncé, ovales et pointues, sont lisses, luisantes et persistantes; la nervure principale est très marquée.
Les pêcheurs utilisent les rameaux de bois souples pour la fabrication de nasses à poissons que l’on nomme gireliers.

Porquerolles - Myrte

 

 

 

Les fleurs blanches éclosent de mai à juillet et sont parfumées.
Elles produisent des petites baies noires bleuâtres comestibles malgré leur âpreté, très recherchées par les oiseaux.
Les fruits et les jeunes rameaux, une fois macérés ou distillés, servent à la fabrication de vin ou de liqueur aromatisés.
Son huile essentielle est utilisée contre les affections bronchiques.
Porquerolles - Chêne vert

 

 

La forêt de chêne vert recouvrait jadis la totalité de l’île, à l’exception des croupes et des zones rocheuses trop arides.
Les feuilles de cet arbre, également appelé « yeuse » sont persistantes; vert foncé et luisantes sur le dessus, elles sont pubescentes et blanchâtres dessous, et ressemblent un peu à des feuilles de houx.
La cime très feuillée donne un couvert épais ce qui réduit le sous bois, favorise la décomposition de la litière et protège le sol de l’évaporation. L’enracinement est pivotant, très développé en profondeur, et peut s’étendre à plus de 5m alors qu’en surface il peut aller jusqu’à 18 m. Les racines latérales sont traçantes et drageonnantes ce qui lui permet de s’amarrer solidement sur des sols pierreux et de résister aux  vents violents.
A la suite de défrichements volontaires ou accidentels – en 1870, l’île a presque entièrement brûlé – le Pin d’Alep ainsi que le maquis à arbousier et à bruyère arborescente ont colonisé la place restée vacante. Les chênes verts ne subsistent aujourd’hui que dans les vallons humides de Porquerolles.

Porquerolles - Génévrier de Phénicie

 

Le Genévrier de Phénicie  peut atteindre jusqu’à 8 m de hauteur.

Ses rameaux portent deux types de feuille, des écailles et des aiguilles piquantes.

Les fleurs mâles sont groupées en chatons d’écailles portant des sacs polliniques sur leur face inférieure, elles sont de couleur jaune. Les fleurs femelles sont groupées dans des cônes contenant les ovules.

Les fruits sont d’abord de couleur verte puis deviennent rouge la deuxième année. Ce sont des baies qui atteignent 12 mm de diamètre.

Porquerolles- Euphorbe arborescente

 

L’Euphorbe arborescente (ou dendroïde) est la seule espèce de ce genre en Europe à atteindre une  telle taille (1 mètre, voir plus)
En été, elle se met au repos et perd ses feuilles (comme on le voit bien sur la photo) tandis qu’en hiver, elle atteint son maximum de développement végétatif.  Ce mode de vie, semblable à ce que l’on  observe chez bon nombre d’espèces méditerranéennes,  permet à l’euphorbe de bien résister à la sécheresse.
Elle fleurit en mars-avril .
L’euphorbe arborescente affectionne les falaises escarpées.

 

Porquerolles - barbe de jupiter

 

Les rochers de Porquerolles hébergent plusieurs espèces qui ont pratiquement disparu du continent du fait de l’urbanisation du littoral.

C’est le cas de La Barbe de Jupiter protégée par l’arrêté interministériel du 20 janvier 1982. Elle est particulièrement résistante aux embruns et bien adaptée aux conditions délicates de survie dans des milieux ventés, salés, chauds et secs; aussi est-elle est souvent utilisée pour la restauration des milieux dégradés.

Cet arbrisseau, pouvant atteindre 2 mètres de haut,  se couvre au printemps d’une multitude de fleurs blanc cassé virant sur le jaune.

 

Porquerolles - Fenouil de mer
Sur les rochers du bord de mer les conditions de vie sont extrêmement sévères : rareté de la terre, manque d’eau douce, chaleur en été, froid en l’hiver, humectation par les embruns salés, rinçage par les vagues des tempêtes et les pluies, vents violents. Ces rochers abritent pourtant une végétation remarquable.

Le Fenouil marin est l’une des rares plantes capables de survivre sur des rochers régulièrement atteints par les vagues. Outre sa résistance au sel, la criste de mer est également très résistante à la sécheresse: elle puise l’eau en profondeur pour ensuite la stocker dans ses feuilles charnues.
C’est l’une des rares plantes méditerranéennes à pouvoir fleurir au cœur de l’été.
Porquerolles - Fenouil marin

 

 

Les feuilles du fenouil marin sont parfois consommées en salade ou utilisées comme épice mais attention : sa cueillette est réglementée sur Porquerolles !

 

Porquerolles - statice naine (limonium pseudominutum)

 

 

 

La Statice Naine, appelée aussi  Petite Saladelle ou lavande de mer , haute de 15 cm, forme pour lutter contre les éléments des coussinets touffus, nourris de la décomposition des feuilles mortes qu’elle emprisonne sous son couvert. Le calice des petites fleurs violacées forme un tube persistant et parcheminé.

C’est une plante endémique de Provence. De plus en plus rare, elle jouit d’une protection nationale et sa récolte est interdite

 

Porquerolles - griffes de sorcières

 

La Griffe de Sorcière, connue aussi sous le nom de Mésembryanthème comestible ou figue de mer , est une plante grasse originaire d’Afrique du sud ; vivace à tiges rampantes, articulées s’enracinant facilement aux nœuds. Les feuilles vertes puis rougissantes sont opposées, succulentes, très épaisses à section triangulaire.

Dans tous les descriptifs de cette plante, on peut lire: « Cette espèce redoutablement envahissante, étouffe les espèces indigènes voisines qu’il conviendra de protéger rapidement ».  Et c’est ce à quoi s’est employé le Parc National à Porquerolles

 

Porquerolles - griffes de sorcières

« Incompréhension et indignation des habitants qui ont vu là une décision technocratique, sans justification locale, car de mémoire d’habitant on n’avait jamais vu ces griffes de sorcières se répandre inconsidérément dans la nature » peut-on lire dans un article du site porquerolles-patrimoine.

Selon un étude conduite dans l’île de Bagaud, et dont l’article cité ci-dessus se fait l’écho, il y a eu erreur sur l’espèce: c’est une espèce voisine, à pétales violettes et non blanches qui est envahissante. 
Les Porquerollais sont très attachés à ces plantes qui ne poussent que dans des endroits arides, fixent le terrain, résistent à la sécheresse mais aussi au feu. Elles sont un bien joli décor, irremplaçable, dans les paysages de l’île, comme on peut le constater sur cette photo.

 

Porquerolles - Euphorbe pin

L’euphorbe-pin forme des petits buissons bleutés hauts de 10 à 50 cm.
Les tiges contiennent un latex abondant, qui s’écoule lorsqu’on les casse. Les feuilles ont une teinte vert bleuté.

Les fleurs se forment à l’aisselle des feuilles supérieures et à l’extrémité de la tige où elles sont disposées en une ombelle comprenant 10 à 20 rayons. Chaque fleur laisse apparaître des bractées jaune-verdâtre formant une sorte de coupe et surtout des glandes à nectar en forme d’écaille très colorées rougeâtres, brunâtres ou noirâtres.

Porquerolles - Cinéraire maritime

 

 

 

La Cinéraire Maritime supporte, elle aussi, très bien la sécheresse et les embruns salés.
Les feuilles  élégamment découpées sont recouvertes d’un duvet doux et gris-argenté. C’est ce feuillage laineux et persistant qui lui permet de se protéger contre les embruns et l’évaporation.
Les fleurs jaunes s’épanouissent de mai à juillet. En cette fin de mois d’août, elles sont, pour la plupart, fanées.
Porquerolles - Immortelles

 

 

L’Immortelle jaune est une plante typiquement méditerranéenne, de 20 à 50 cm de haut. Elle s’implante toujours sur des terrains arides et secs, et se contente de peu pourvu qu’elle ait du soleil.
Les espèces qui poussent au bord du littoral ont une teinte gris-argenté tandis que celles qui colonisent l’intérieur des terres sont plutôt vert grisâtre : les feuilles, très étroites, sont tomenteuses.
Elle est  appelée ainsi car elle est d’une grande longévité : les fleurs qui apparaissent en juin-juillet, coupées et séchées, se conservent longtemps . Cette plante très aromatique dégage un parfum caractéristique de curry qui perdure.

Son huile essentielle est employée en cosmétique, elle favorise la synthèse du collagène et stimule la microcirculation cutanée

 

Porquerolles - Panicaut maritime (eryngium maritimum) 

 

Les plages, très fréquentées, ne sont pas très propices à des découvertes botaniques.

Aussi est-ce un privilège de se retrouver tout-à-coup nez à nez avec un Panicaut Maritime (appelé aussi chardon des dunes)

Les feuilles, d’un gris-bleuté, sont coriaces et très piquantes !
Cette plante  a beaucoup régressé à cause des aménagements littoraux et des prélèvements à des fins ornementales : elle est protégée par l’arrêté interministériel du 20 janvier 1982.

La fleur est l’emblème du Conservatoire du Littoral.

Porquerolles - malcolmia ramosissima

 

 

La Malcolmie ramifiée fait, elle aussi, partie des plantes dont la présence se fait discrète.
C’est une petite plante grêle (5 à 20 cm), d’un vert cendré, poussant sur les sables du
littoral méditerranéen, ne se rencontre plus guère que sur la Plage d’Argent, qui abrite encore une des rares populations conséquentes de Provence.

 

 

Porquerolles - lys maritime

 

La Plage d’Argent recèle un autre trésor: le Lis de mer.
Plante des sables uniquement, elle possède un bulbe profond qui la protège des fluctuations du niveau des dunes. En fait, le lis de mer a la particularité de pouvoir s’enterrer plus profondément afin d’éviter son déchaussement, ou bien d’allonger sa tige en cas de recouvrement trop important par le sable.
Il fleurit de juillet à octobre puis produit de nombreuses graines noires qui ressemblent à du charbon. Légères et imperméables, elles seront dispersées sur le sable au gré du vent.

Cette plante est protégée par l’arrêté interministériel du 20 janvier 1982.
Porquerolles - centranthe rouge

 

 

Devant le fort du Bon Renaud, un magnifique Centranthe rouge s’efforçait de se faire une place au soleil: les tiges de cette plante héliophile, assez grande, peuvent courir sur le sol pour chercher le soleil.
La plante a besoin de très peu de terre et résiste à la sécheresse; aussi est-elle symbole de facilité.

Le centranthe rouge est de la même famille que la valériane officinale, avec des propriétés médicinales voisines mais moins prononcées. Il est employé notamment en teinture alcoolique en cas d’insomnie et de nervosité

 

Porquerolles - Datura Stramonium
Au détour d’un chemin, de curieuses fleurs  attirent  soudain le regard : il s’agit d’une plante exotique, d’origine mexicaine, la Datura Stramonium.

Cette plante annuelle, à la tige très robuste, fleurit en aout-septembre, la fleur s’enroule complètement et forme un cylindre dès qu’il fait soleil (grande photo), pour s’ouvrir en fin d’après midi. (petite photo en inclusion).

Le Conservatoire Botanique de l’île la surveille de près car elle pourrait devenir invasive.

Porquerolles Ecballium elaterium

 

 

Le Concombre d’âne est très toxique.
Sa racine purgative est  utilisée contre les hydropisies ; le fruit est un diurétique violent.
Il possède un curieux système de dispersion des graines : à maturité le mucilage interne du fruit a une telle pression osmotique qu’une zone de rupture se produit au niveau de l’attache du pédondule floral ce qui entraine une projection explosive des graines (noires et luisantes) à plusieurs mètres du plant.
Cet exemplaire a été trouvé devant le fort du Langoustier

 

Porquerolles - Santoline

La Santoline, appelée populairement petit cyprès, est un très petit arbuste de 30 à 50 cm de haut.  Le feuillage est persistant et couvert d’une sorte de duvet argenté. La plante dégage une bonne odeur aromatique qui rappelle celle de la lavande.

La santoline est utilisée depuis très longtemps dans les pays méditerranéens: les fleurs entrent dans la composition des bouquets secs , tandis que le feuillage, dont l’odeur repousse les insectes, est utilisé comme antimite.
La santoline a aussi des vertus médicinales, son huile essentielle est vendue de nos jours pour ses propriétés vermifuges, stimulantes et antispasmodiques

Porquerolles - carline vulgaire

 

Ici, une Carline Vulgaire vient égayer un buisson de myrte.

Souvent assimilée à un chardon, cette plante épineuse s’en distinguent pourtant par la couronne d’un
blanc jaunâtre brillant que forment pendant le jour et par temps sec les bractées des capitules, étalées comme des rayons autour du large disque formé par les corolles.
La nuit et par temps humide, ces bractées se redressent et se rapprochent en forme de toit conique protégeant comme d’une tente les fleurs du capitule.
Cette propriété fait qu’on les emploie comme hygromètres dans les campagnes.

 

Porquerolles - Mouron rouge

 

Le Mouron Rouge (photographié ici à hauteur de la plage de la Courtade) réagit lui aussi au temps qu’il fait : ses fleurs ne s’ouvrent que si la luminosité est forte (9h-15h en moyenne) et se ferment très tôt lorsque le ciel s’obscurcit ou si la pluie approche, ce qui lui a valu le nom de « Miroir du temps ».

Le fruit de la plante contient de nombreuses graines, toxiques  pour les oiseaux: la capsule s’ouvre à maturité par un petit couvercle.
La plante est réputée toxique dans son ensemble et les personnes à la peau sensible peuvent mal réagir à la suite d’un simple contact.

Porquerolles - feuilles d'acanthe

 

Près du Fort Sainte Agathe, on peut admirer de belles feuilles d’Acanthe à feuilles molles, vert sombre et luisantes, persistantes.

En mai-juin, quand les magnifiques hampes florales s’épanouissent, atteignant près de 2m de haut, le spectacle est magnifique.
La plante pousse assez rapidement : à Porquerolles, elle se montre un peu envahissante aux dires de certains.

L’acanthe est une plante médicinale, notamment reconnue pour son action émolliente, anti-inflammatoire, et cicatrisante.

La feuille d’acanthe est un motif ornemental très utilisé en architecture depuis l’antiquité : elle est caractéristique des chapiteaux corinthiens.

  

Porquerolles - agave americana

 

L’Agave américana est une plante succulente originaire du Mexique.  Sa rosette de feuilles coriaces, aux pointes acérées, pouvant aisément atteindre 4 mètres d’étalement pour 2 mètres de hauteur, marque tellement les paysages du pourtour méditerranéen qu’on en oublierait son origine exotique. Elle fréquente les sols secs, pierreux et chauds.

La sève de la plante est très abondante et sucrée. Elle est employée au Mexique à la préparation d’une boisson fermentée appelée « pulqué ». Ses fibres sont employées à la fabrication de cordages et de hamacs,  tandis que les déchets servent à fabriquer du papier (voir notre artiche sur Teotihuacan)

Porquerolles - Agave en fleurs

 

 

Au bout de dix ou quinze ans, le pied développe une hampe florale spectaculaire pouvant atteindre 10 mètres de haut, puis meurt, sans donner de graines fertiles….Mais plusieurs dizaines de plantules prennent alors le relais.
« La croissance de la hampe florale des agaves est extrêmement rapide , sa longueur pouvant atteindre plusieurs mètres en l’espace de quelques jours…La rapidité et l’abondance de cette floraison exigent une telle consommation de principes nutritifs que la masse qui en est accumulée  dans les feuilles disparaît presque en totalité ce qui amène le plus souvent la mort de l’individu par épuisement (H.JORET)

 

Porquerolles - Delphinium requienii

 

 

C’est dans les clairières de chênaie humide que l’on rencontrera la grande rareté floristique  de Porquerolles : la dauphinelle de Requien, un pied d’alouette  qui ne pousse que sur les iles d’Hyères. Elle  n’existe nulle part ailleurs dans le monde, et on ne connaît que quatre petites populations sur l’île de Porquerolles, où elle fleurit en juin.

C’est devenu une plante emblématique de l’île mais il n’en est fait nulle publicité afin de la protéger.  Le Conservatoire assure une surveillance continue des populations, et a mis au point un protocole pour favoriser le maintien de l’espèce dans ses stations naturelles sans recourir à une gestion « jardinée » qui serait lourde à mener et susceptible de conduire à une « domestication » insidieuse de l’espèce.

L’île de Porquerolles, partagée en quatre plaines séparées par des chaînons d’altitude modeste comme nous l’avons vu au début de l’article, a une vocation agricole ancienne qui s’exprime aujourd’hui dans de grandes surfaces ouvertes consacrées à la vigne et aux collections fruitières.

 

Porquerolles - les vignes

 

Au départ, la vigne fût implantée à Porquerolles comme coupe-feu afin d’éviter qu’un feu de forêt ne ravage toute l’île, comme ce fut le cas en 1897.
C’est François-Joseph Fournier, qui acheta l’île en 1911, qui eu l’idée d’y créer des pare-feu en plantant à l’époque 170 ha de vigne. Le sol de schiste métamorphique associé au micro climat ensoleillé de l’île est très favorable à la culture des vignes.
Le vin obtenu, désormais célèbre qui fut l’un des premiers à être classé « Côtes de Provence ».

Les trois domaines viticoles présents sur l’île produisent un vin à l’identité fortement marquée :

 

Le Domaine de l’Ile est le pionnier :  ses vignes se situent sur les plaines du Brégançonnet et de Notre-Dame, sur une superficie de 34 hectares. La culture y est exclusivement mécanique, sans désherbant ni engrais chimique ou insecticide, dans un souci permanent de respect de l’environnement.
Sébastien Le Ber, petit-fils de François-Joseph Fournier, a pris la direction de l’exploitation familiale en 1980 : il  produit des vins, rosé, rouge et blanc, classés AOC Côtes de Provence qui  « se distinguent par leur caractère minéral, puissant, iodé et harmonieux à la fois ».

Le Domaine de la Courtade sera créé en 1985 sur la plaine éponyme, occupant 31ha de terrain. Richard Auther, son directeur, nous dit :« Sur l’île, balayée par les entrées maritimes iodées, le climat est différent du continent avec, en outre, un sol dont la roche mère est constituée de schistes métaphoriques friables qui emmagasinent l’eau, tout en laissant passer les racines très profondément à la recherche de nourriture. Or, le vin est le résultat d’un mélange d’une terre et d’un climat »,

Le Domaine Perzinsky , créé de toutes pièces en 1989, exploite aujourd’hui dix hectares dans la plaine centrale de l’île. Les frères Perzinsky ont été encouragés par les responsables du Parc National qui   leur ont proposé un bail emphytéotique pour 17 hectares afin d’y créer des vignes qui tiendront lieu de pare-feu. Il leur faudra  quatre années pour défricher, terrasser et planter près de dix hectares de cépages sélectionnés

Les trois producteurs se sont associés au Conservatoire Botanique National de Porquerolles pour protéger le patrimoine naturel de l’île.

Porquerolles - fruitiers

 

Le Conservatoire Botanique National de Porquerolles  gère aussi sur l’île une collection unique en son genre qui comprend de nombreuses variétés dites de « terroir » que l’on ne trouve plus sur le continent depuis l’arrivée de l’agriculture industrielle : plus de 290 variétés d’oliviers, représentatives du patrimoine oléicole français, italien et espagnol, 300 variétés de figuiers provenant de tout le bassin méditerranéen, 50 variétés de mûriers provenant du monde entier, plus de 200 variétés locales de pêchers issues de Provence et de la Vallée du Rhône, plus de 60 variétés d’abricotiers et plus de 22 variétés d’amandiers !

 

Porquerolles - Figuier

Pour découvrir tous ces trésors, l’idéal est de suivre un guide du Conservatoire qui vous fera découvrir des variétés de fruits dont vous n’aurez probablement jamais entendu parler.

Ainsi, dans le quartier des pêchers, vous verrez la sanguine de Manosque, le téton de Vénus et la grosse mignonne, des variétés savoureuses qui ont du caractère…

Plus de 100 variétés de figues y sont bichonnées parmi lesquelles la figue d’automne,  la meilleure et la plus émouvante avec sa larme qui coule, la grise de Beaucaire, la négrette de Porquerolles, et tant d’autres encore.
Certains figuiers poussent spontanément au bord du chemin comme on peut le voir sur la photo, prise aux abords du hameau agricole.

 

Porquerolles - Oliviers

Pour éviter la disparition de variétés d’oliviers menacées par la standardisation des productions et l’abandon de leur exploitation, une collection végétale à été créée sur l’île de Porquerolles : elle rassemble la plupart des variétés qui composent le patrimoine oléicole français

Sur cette parcelle, 150 variétés sont représentées. Leur floraison va de mai à Juin.

Des panneaux éducatifs ont été mis en place à destination du grand public. Il est évidemment interdit de cueillir ! La récolte est réglementée et réservée, depuis 20 ans, à la ferme de l’Oustaou où vous pourrez déguster les produits réalisés avec les différentes variétés. Son huile d’olive est ainsi une pure merveille.

 

porquerolles_bougainvillers_lauriers_DSC01713

 

 

Les retours de balade vers le village permettent d’apprécier un autre type de végétation, dont la luxuriance est un enchantement pour les yeux.

Avec les 300 jours d’ensolleillement par an dont bénéficie Porquerolles, les Bougainvilliers sont ici à la fête, tout comme les lauriers roses.

 

 

 

Pour en savoir plus sur Porquerolles, allez sur l’excellent site Les Chemins de Porquerolles, un patrimoine à découvrir

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7 Commentaires

  1. Sabathier

    Je viens de rentrer des iles parquerolles , c’est merveilleux cette vegetation … En 1979 avec mon cheri , j’etais venu , c’etait pas comme ca , il y a ait moi s de monde …..

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    • Marie-Paule

      Nous nous rendons à Porquerolles depuis près de 40 ans et il est vrai que le nombre de visiteurs restant sur place ne cesse de croître, avec l’offre d’hébergement qui s’est nettement étoffée au fil du temps.
      C’est la raison pour laquelle nous ne nous y rendons plus que vraiment hors saison et là, le charme opère toujours !

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  2. Parc national de Port-Cros & Porquerolles ;)

    Bravo : bel article.
    Il manque juste l’information essentielle : Porquerolles est un cœur de Parc national.
    Le dire permettra à nos visiteurs de mieux accepter notre réglementation. Car si le Parc national entretient les 80% de l’île qui appartiennent (à vous et moi, quoi!) à l’Etat depuis 1974, c’est pour le préserver intact.
    Merci d’être exact.
    Christine Graillet, Parc national de Port-Cros et Porquerolles
    PS. Les collections variétales sont propriété du Parc national : entretenues et cultivées par le Parc national. N’hesitez pas à nous contacter s’il vous manque des informations

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    • Marie-Paule

      Merci pour votre commentaire. C’est avec plaisir que je rajouterai cette précision d’ici quelques jours. C’est à notre tour de remercier tous les acteurs qui oeuvrent à la préservation des iles d’Or, et de Porquerolles en particulier. Cela fait 40 ans que nous tombés amoureux de cette ile et nous sommes toujours particulièrement heureux, quand nous revenons, de constater que nos endroits favoris restent intacts malgré l’afflux des visiteurs.

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  3. Caux

    Bonjour. Je suis à la recherche de l’eucalyptus ARC EN CIEL que j’aimerais aller voir en vrai. J’ai lu sur le Net qu’on le trouvait sur l’île de Porquerolles. Est-ce exact ? Merci de votre réponse, Cordialement, B.C.

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    • Marie-Paule

      Bonjour, les eucalyptus de Porquerolles sont très âgés : ils étaient déjà adultes quand nous avons visité l’île pour la première fois il y a 35 ans maintenant. Leur écorce n’a rien de spectaculaire et je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de la variété Arc-en-ciel. L’île étant gérée par le Parc National de Port-Cros, je viens de leur adresser votre demande. Je vous enverrai leur réponse dès qu’elle me parviendra.
      Cordiales salutations,
      Marie-Paule

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    • Marie-Paule

      Bonjour Béatrice,
      Le Parc National de Port-Cros, qui gère toute la flore de Porquerolles, vient de m’apprendre qu’ils essaient d’éradiquer les eucalyptus de l’île ! En effet, cet arbre est non endémique, puisque originaire d’Australie : de par sa taille imposante, il fait trop d’ombre aux autres plantes qui ont du mal à pousser. Donc, hormis les sujets âgés se trouvant près du village, vous ne trouverez plus d’eucalyptus sur l’île. Il se pourrait cependant que le domaine du Rayol (http://www.domainedurayol.org/) possède ce spécimen : je viens de leur envoyer une demande par mail en ce sens.
      Cordiales salutations,
      Marie-Paule

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