Oslo : La presqu’île de Bygdøy

Oslo : La presqu’île de Bygdøy

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Bygdøy est une péninsule située à l’ouest de la ville d’Oslo, célèbre pour ses musées. Mais c’est aussi un quartier résidentiel, l’un des plus cossus de la cité.

Vous ne pouvez pas repartir d’Oslo sans avoir visité Bygdøy !

Les Norvégiens comme les touristes apprécient son magnifique cadre naturel : avec ses forêts et ses parcs, la presqu’île abrite une multitude d’espèces végétales. De plus, les plages de Bygdøy figurent parmi les plus belles d’oslo, notamment celles de Huk et de Paradisbukta.
De plus, ses musées figurent parmi les plus beaux d’Europe ! Et si vous devez n’en visiter qu’un seul, ce sera le musée des bateaux vikings car il possède notamment deux vaisseaux du IXe siècle figurant parmi les mieux préservés au monde.

Bygdøy est facilement accessible : en été, les ferrys quittent chaque demi-heure l’embarcadère situé face à l’Hôtel de Ville pour rejoindre la presqu’île en quelques minutes. D’octobre à avril, ce sera le bus 30 qui vous y amènera, depuis les arrêts du Jernbanetorvet ou du Nationaltheatret.
Mais rien ne vous empêche de vous y rendre à pieds : c’est ce que vous avons fait. Nous avons visité le parc Vigeland le matin, puis nous nous sommes rendus à pieds à Bygdøy pour revenir en fin de journée avec le ferry.

Conseil : achetez vos billets au kiosque qui se trouve sur la jetée plutôt qu’à bord car c’est bien moins cher (35 NOK au kiosque, l’aller simple, contre 55 NOK à bord). Vous pouvez les acheter en avance : nous avions acheté notre billet de retour la veille, au moment où notre circuit nous a amenés sur Aker Brygge, ce qui a évité toute perte de temps !

 

Bygdøy mérite que vous lui consacriez une journée entière, si votre planning vous le permet, surtout si les musées vous intéressent.

 

Bygdoy : KongsgaardSi vous arrivez à Bygdøy par voie terrestre, vous passerez d’abord par le domaine royal, Bygdøy kongsgård. C’est le roi Håkon V qui avait acheté la propriété en 1305 pour en faire cadeau à la reine Eufemia. Différents propriétaires se succéderont au fil du temps, dont l’Etat norvégien.
En 1837, le roi Karl Johan racheta à L’Etat le domaine qui incluait alors le bâtiment principal érigé dans les années 1730 (qu’on ne voit pas sur la photo). Le roi Olav V (1957-1991) aimait tant la tranquillité et le cadre idyllique de l’endroit qu’il en fit sa résidence d’été.

Composé de terres agricoles et de forêts, le domaine s’étend sur 200 hectares au nord-ouest de Bygdøy. La ferme est une ferme biologique pleinement opérationnelle avec vaches laitières , veaux, moutons et poneys.
La zone longeant la mer, appelée Kongeskogen (la forêt du Roi) comprend près de 10 km de sentiers ouverts au public.

 

Bygdoy : Nork FolkemuseumLes terres autour de la maison principale font partie du Norsk Folkemuseum.

C’est Oscar II (1829-1907) qui est à l’origine de ce qui deviendra le plus vaste musée en plein air d’Europe. Sa collection d’anciennes maisons norvégiennes en bois sera à l’origine du Norsk Folkemuseum, fondé en 1894, alors que l’engouement nationaliste fleurissait.

Le musée retrace l’histoire culturelle de la Norvège depuis le Moyen Âge. 158 bâtiments illustrent l’architecture rurale en bois de différentes régions du pays. Les plus représentatifs proviennent de la Setesdal, de la Numedal, du Telemark et de Gol avec une belle église en bois debout.

 

Bygdoy : Nork Folkemuseum

 

L’église en bois debout de Gol est le chef d’oeuvre du musée : c’est l’une des trente « stavkirker » subsistant en Norvège.
Cette église fut construite vers l’an 1200 à Gol dans la province de Hallingdal, une vallée équidistante d’Oslo et de Bergen.

Elle a été reconstruite en 1884. Seul un tiers des matériaux utilisé est encore d’origine médiévale. Le reste a été reconstitué sur le modèle d’une autre église en bois debout située à Sogn.

L’église est visible depuis la rue qui longe le musée : c’est de la rue que cette photo a été prise.

 

Bygdoy : Oscar Hall

 

Pour voir Oscarshall Slott, il va falloir marcher un peu en forêt, mais c’est une bien agréable balade : le chemin part juste en face du Norsk Folkemuseum pour aboutir sur un promontoire qui domine la baie de Frognerkilen.
C’est là que le roi Oscar Ier de Suède et de Norvège (1799-1859) décida d’édifier ce petit château qui semble tout droit sorti d’un conte de fées, avec ses tourelles, ses balcons et ses fenêtres de verre teinté.
Il ne fut pas conçu comme une résidence : il devait principalement servir pour le divertissement et la détente.

Oscarshall fut construit dans le style néogothique anglais, par l’architecte J.H. Nebelong et les travaux durèrent de 1847 à 1852. Il sera vendu par le roi Charles IV à l’Etat norvégien en 1863, tout en restant à la disposition de la famille royale norvégienne.

Bygdoy : Oscar Hall

 

Le jardin qui entoure la propriété, et qui descend en pente douce vers le fjord, est romantique à souhait, avec ses terrasses blanches, sa fontaine, son kiosque ouvert.

Après avoir bénéficié d’une restauration en profondeur qui a démarré en 2005 pour se terminer en août 2009, Oscarshall est de nouveau ouvert au public durant les mois d’été. Les visites sont obligatoirement guidées.

Après la visite du domaine, il faut revenir sur ses pas, jusqu’à Museumsveien (qui signifie « route des musées »), la route principale de l’île qui va nous conduire au musées des bateaux vikings.

 

 

Bygdoy : Vikingskipshuset

Le bâtiment du Vikingskipshuset (situé Huk Aveny 35) a été spécialement conçu en 1913 pour accueillir les trois bateaux Vikings découverts dans trois tertres funéraires près du fjord d’Oslo, où ils avaient été ensevelis durant plus de 1100 ans pour transporter leurs importants propriétaires dans le royaume des morts.

Le musée est construit en forme de croix. Le hall d’entrée débouche sur la salle du bateau d’Oseberg, le plus grand et le mieux préservé des trois. Le bateau de Gokstad, un peu plus petit, est exposé dans l’aile gauche. Celui de Tune, en très mauvais, occupe l’aile droite.Sur la mezzanine en face de l’entrée, une exposition présente les différents objets Vikings retrouvés avec les bateaux. Ces objets richement décorés sont en parfait état de conservation et témoignent de la richesse culturelle du patrimoine viking.

 

Bygdoy : Vikingskipshuset, OsebergLe navire d’Oseberg constitue sans nul doute le plus beau témoignage de l’art naval viking de l’époque 800-850 après Jésus Christ. Il fait 22 mètres de long et 5 mètres de large

Il fut découvert en 1903 au sud d’Oslo, dans un état remarquable de conservation, bien que la structure du navire se soit écroulée sous le poids de la terre. Il a fallu plus de 20 ans aux archéologues pour reconstituer ce navire en tout point exceptionnel. Le bois est d’origine à plus de 90% et 60% des rivets de fer ont pu être réutilisés.
En revanche, le haut de la proue a été entièrement reconstitué.
Les archéologues s’accordent à penser, qu’en raison de son faible tirant d’eau, le bateau d’Oseberg était un navire de plaisance. Des traces d’usure ont été relevées sur la coque ainsi que de nombreuses marques de réparation. De nombreux bateaux-sépultures sont en fait des répliques de navires n’ayant jamais servi à la navigation. Ce n’est cependant pas le cas du navire d’Oseberg.
On y a retrouvé les dépouilles de deux femmes accompagnées de nombreux objets.

Bygdoy : Vikingskipshuset, GokstadLe bateau de Gokstad fut mis au jour en 1880. Il mesure 23,50 mètres de long et 5,20 mètres de large. Il a été conçu pour la navigation en haute mer avant de servir de tombeau à un homme puissant, apparemment mort au combat
Les archéologues y trouvèrent les restes d’un homme de 60 ans, un traineau, trois petites embarcations, une échelle de coupée et 64 boucliers.
Le navire possède 16 lattes sur chaque flan alors que celui d’Osbverg en compte 12.

La sépulture a, selon toute vraisemblance, été pillée car aucun objet d’or ou d’argent n’a été découvert au moment des fouilles. De plus, nous savons que, pour les vikings, la présence d’armes était indispensable dans la tombe d’un homme. Or, dans le cas du bateau de Gokstad, aucune arme n’a été retrouvée, ce qui laisse à penser qu’elles ont été dérobées par des pilleurs de tombes.

 

Oslo Bygdoy, Vikingskipshuset bateau TuneLe bateau de Tune est le premier à avoir été découvert en 1867, mais trop abîmé, il n’a pas été restauré. Il était également conçu pour la navigation en haute mer et était un navire rapide.
Il devait faire 22 mètres de long, 4,35 mètres de large.

 

Oslo Bygdoy, Vikingskipshuset chambre funeraire

Un guerrier, avec ses armes et sa cotte de maille furent trouvés dans la chambre funéraire. Reproduisant la forme des tentes traditionnellement installées sur la terre ferme, la chambre funéraire est une construction triangulaire faite de poutres contenant tous les objets qui doivent permettre au défunt de vivre sa vie dans l’au-delà.

 

 

Oslo Bygdoy, Vikingskipshuset chariot OsebergLa renommée d’Oseberg tient aux traîneaux et au grand chariot retrouvés sur le bateau.
Ainsi, le Chariot d’Oseberg , richement sculpté, est le seul connu en Norvège !

Richement décorés de sculptures en bois et de clous métalliques autrefois recouverts de peinture pour mieux faire ressortir l’entremêlement des ornementations animales et florales, ces moyens de transports – pour lesquels avaient été prévus six chevaux retrouvés à côté du bateau – recouvrent à eux seuls plus d’un demi-siècle d’artisanat viking. L’évolution des motifs animaliers semble l’indiquer, bien que plusieurs artistes aient pu être à l’oeuvre.

Le chariot en particulier, aux dimensions imposantes, est témoin de mille prouesses de ces artisans, que ce soit les têtes académiques d’hommes stylisées ou réalistes qui terminent les supports fixés à l’axe principal pour retenir la caisse, ou les scènes sculptés sur chaque versant de celle-ci.

 

Oslo Bygdoy, Vikingskipshuset traineau 1Oslo Bygdoy, Vikingskipshuset traineau 2Oslo Bygdoy, Vikingskipshuset traineau 3

 

Outre le chariot et les traîneaux, le bateau d’Oseberg contenait tous les objets qui devaient permettre à la défunte de vivre sa vie dans l’au-delà. Pour son confort, elle dispose ainsi de chaises, de coffres et d’un lit. Et puisque la fabrication de vêtements est une activité essentielle pour les femmes vikings (un faire-valoir pour les classes supérieures), quatre métiers à tisser élaborés pour des usages différents sont accompagnés de quenouilles pour la laine, de battoirs, de fléaux pour égrener le lin, d’aiguilles en bois, de ciseaux en fer ou encore de dévidoir. Les instruments usuels ne sont évidemment pas en reste, depuis le peigne jusqu’aux louches en passant par les fourches à fumier et les pioches.

 

Bygdoy : Vikingskipshuset, tête d'animalBygdoy : vikingskipshuset, tête d'animal

 

Ces poteaux de bois à tête d’animal furent trouvés avec 3 autres, toujours dans le bateau d’Oseberg.

Leur utilité reste inconnue à ce jour, mais ils témoignent eux aussi du talent des sculpteurs vikings.

 

 

Bygdoy : autres muséesBygdøy offre encore trois autres musées à la curiosité des visiteurs, regroupés non loin de l’embarcadère qui vous ramènera à l’Hôtel de Ville :

le musée de la Marine, dont les collections sont consacrées aux traditions de la navigation norvégienne, notamment l’industtrie de la pêche, les transports maritimes, l’archéologie marine et la construction navale.
le musée du Fram, consacré au navire polaire célèbre pour sa participation à trois expéditions dans l’Arctique. Aucun autre bateau n’a été aussi loin au nord comme au sud de notre planète que le Fram.
le musée du Kon-Tiki, en partie dédié à ce radeau en bois de balsa qui, en 101 jours, parcourut 8000 km du Pérou à la Polynésie. Thor Heyerdahl, le navigateur qui a entrepris cette expédition, a ainsi pu démontrer que les premiers Polynésiens pouvaient être arrivés d’Amérique du Sud par la mer. Le musée contient de nombreuses pièces archéologiques rapportées par Heyerdahl de ses expéditions à l’île de Pâques, au Pérou et dans d’autres contrées.

 

 

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