Norvège : Kaupanger stavkirke

Norvège : Kaupanger stavkirke

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Une stavkirke, c’est quoi ?

Une stavkirke est une église médiévale en bois typique de la Norvège. On les appelle en français les « églises en bois debout ». Le mot stavkirke est formé des mots « pieu » (stav) et « église » (kirke), en raison des grands pieux enfoncés dans le sol et supportant la structure de l’édifice. Par la suite, on fit reposer ces pieux (ou poteaux) sur un seuil de grosses pierres afin de s’affranchir des problèmes d’humidité du sol.

Les portes et les faîtages de ces églises sont souvent magnifiquement sculptés. Les décorations représentent une combinaison étonnante de motifs d’inspiration chrétienne, mais aussi d’animaux et de dragons, souvent présumés être des motifs vikings de l’ère préchrétienne.

On estime qu’entre 1 000 et 2 000 églises en bois debout existaient en Norvège au Moyen Âge. La plupart furent détruites au cours du XIXe siècle, et on n’en recense plus aujourd’hui que 28.

 

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Norvège : Kaupanger, stavkirke toujours église paroissialeL’église de Kaupanger est la plus grande des églises en « bois-debout » de la province de Sogn, sans doute parce que Kaupanger était au Moyen-Age le siège d’un marché important : la baie de Kaupanger offrait par tous les temps aux bateaux un havre sûr leur permettant de charger et décharger leur cargaison. De plus, l’accès au fjord principal, voie de communication entre l’intérieur des terres et la côte, était facile.

Celle-ci a dû être construite aux environs de 1200. Depuis, elle a toujours servi au culte et elle est encore aujourd’hui église paroissiale.
La tour-lanterne date de 1672, et le porche aux armes (ainsi nommé parce que les fidèles y déposaient leurs armes avant d’entrer dans l’église) est mentionné pour la première fois en 1686.

Aujourd’hui, comme au Moyen-Age, l’église est régulièrement traitée avec un enduit protecteur au goudron.

 

Norvège : Kaupanger, stavkirke nefCe qui frappe en entrant, c’est la hauteur ; mais c’est la longueur de la nef qui en fait toute la singularité. Aucune autre église de ce genre ne possède une rangée de 8 piliers de chaque côté de la partie centrale.

A l’origine, la partie centrale n’avait que six piliers de chaque côté. Elle fut allongée ultérieurement et le procédé utilisé est assez peu commun : on coupa l’église en deux, du toit aux poutres de base, puis on déplaça la partie ouest d’environ 3,45m vers l’ouest. Dans l’intervalle ainsi formé, on intercala de nouveaux matériaux, dont deux piliers de chaque côté de la partie centrale, le 2e et 3e en partant de l’ouest (certains des points de raccord sont encore visibles).

Levez les yeux : les petits oeils-de-boeuf en haut du mur de la partie centrale étaient sans doute les principales sources de lumière ; c’est probablement vers 1600 que furent ouvertes des fenêtres dans la nef et le choeur.

Des deux lustres suspendus dans la nef, seul le plus proche du choeur est authentique. L’autre est une copie, exécutée sur le modèle de l’ancien.

 

Norvège : Kaupanger, stavkirke chaire

 

La plupart des objets de décoration que nous voyons sont dus au bailli Gjøde Pedersen, un danois qui était propriétaire du domaine de Kaupanger. C’était un personnage dont la réputation n’était pas des meilleures mais il fut un grand bienfaiteur de l’église.

Ainsi, la chaire est un don de Gjøde Pedersen ; elle porte ses initiales et la date de 1634.
Elle doit toutefois être plus ancienne, et probablement exécutée au début des années 1600. Elle est l’oeuvre d’un ébéniste très doué, si l’on en juge par la forme dégagée de la chaire et la précision de ses sculptures. La date indiquée est sans doute celle de sa décoration.

Vous aurez remarqué que les bancs n’ont rien de moyenâgeux et pour cause : ils datent de la dernière restauration de 1965. Mais il faut savoir qu’au Moyen-Age, il n’y avait pas de sièges, et les fidèles restaient debout pendant les offices. L’usage de sièges ne fut introduit qu’après la Réforme. L’église de Kaupanger fut alors dotée de rangées de bancs fermées par des porttes du côté de l’allée centrale.

 

Norvège : Kaupanger, stavkirke retable

 

En 1634, Gjøde Pedersen fit don à l’église d’un retable. Celui-ci représente Jésus en croix, Marie et Saint Jean.
C’est probablement le même artiste qui est l’auteur du cadre qui se trouve sur le mur près du choeur. On suppose que le tableau doté de cet encadrement imposant représente Gjøde Pedersen, sa femme et son fils (voyez la photo précédente ). Quoiqu’il en soit, cette peinture est considérée comme un des chefs d’oeuvre de l’art du XVIIe siècle.

Les peintures murales dans l’église furent probablement exécutées dans les premières années du XVIIe siècle. Voyez derrière le retable : les murs du choeur sont séparés en deux parties par une ligne horizontale rouge. La partie supérieure est ornée de pampres tandis que la partie inférieure présente des motifs drapés.

 

Norvège : Kaupanger, stavkirke font baptismaux

 

Les fonts baptismaux ont un pied très travaillé et un couvercle en forme de coupole hexagonale.
Ils sont sans doute de la même période que le retable et le grand tableau.

 

Norvège : Kaupanger stavkirke, piliers

 

Cette église se distingue par la pureté de ses lignes. Les piliers n’ont pas de chapiteaux. Il vont d’un seul jet du sol au toit, seulement ornés de longues moulures en forme de flèches renversées qui ont un for bel effet décoratif.

 

 

Le mur de la partie haute est souligné d’une rangée d’arcs. Plusieurs églises de la région du fjord de Luster avaient autrefois ce détail de construction, mais l’église de Kaupanger est aujourd’hui la seule à le posséder.

 

 

Norvège : Kaupanger stavkirkeQuand vous arrivez à l’église, vous trouverez porte close mais un panneau vous indiquera que vous devez vous adresser au café tout proche. La dame viendra aussitôt qu’elle le pourra, pour ouvrir la porte : en attendant, des bancs vous permettent de vous reposer, à moins que vous préfériez admirer les eaux du fjord ou encore l’extérieur de l’édifice.

A l’occasion de la récente restauration, des fouilles archéologiques ont été menées sous le sol de l’église. On a ainsi découvert que deux autres édifices ont existé à ce même emplacement. On n’a rien trouvé qui puisse permettre de dater ces édifices mais on a appris qu’elles avaient toutes les deux des murs supportés par des poutres verticales fichées en terre. Les fouilles ont également révélé que la dernière de ces deux églises a brûlé et les données archéologiques laissent à penser qu’elle a dû brûler vers 1200. Cet incendie a sans doute un rapport avec un évènement relaté dans la Saga du Roi Sverre : en 1184, un des prévôts du roi avait été assassiné et, pour punir les paysans, Sverre fit mettre le feu à leurs fermes, n’épargnant pas leur église.

 

 

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