Norvège : Jostedalsbreen

Norvège : Jostedalsbreen

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Norvège : JostedalsbreenCette carte est issue du livre ‘Norske isbreer’ de Olav Orheim, paru en 2009. (cliquez pour agrandir)

Jostedalsbreen est le plus grand glacier d’Europe continentale avec ses 60 km de long et sa superficie de 486 km².
La calotte glaciaire étend ses nombreux bras dans les vallées en contrebas, comme le montre bien la carte ci-contre, qui répertorie 37 ramifications du glacier principal.
Les plus célèbres sont Nigardsbreen, Bergsetbreen et Austdalsbreen. Plus de 30 000 touristes viennent voir Nigardsbreen chaque année : c’est lui que nous allons admirer à notre tour (point 21 sur la carte : voyez la flèche)

Un parc national, Jostedalsbreen National Park, a été créé le 25 octobre 1991 pour protéger cet environnement spectaculaire, sa faune et sa flore. En effet, ce glacier et ses ramifications sont d’un très grand intérêt pour les scientifiques : le paysage de moraines bien conservé devant les glaciers, en particulier Nigardsbreen, leur apprend beaucoup sur l’histoire de la déglaciation.
A l’aube du XVIIIe siècle, durant une période appelée « petit âge glaciaire » le Jostedalsbreen s’est mis à avancer dangereusement dans les vallées, détruisant fermes, cultures et végétation. Bien que ce fut une catastrophe naturelle à l’époque, les scientifiques en tirent aujourd’hui beaucoup de renseignements utiles pour l’étude de la colonisation d’une terre vierge par des plantes et des animaux.

 

Norvège : Jostedalsbreen, la vallée de Jostedal

En repartant de Solvorn, où nous nous sommes arrêtés pour aller admirer la stavkirke d’Urnes, nous reprenons la Rv55 en direction de Lom. En arrivant à hauteur de Gaupne, il ne faut pas manquer la route qui part vers la gauche, la Rv604. Trois panneaux pointent dans cette direction : ils indiquent « Jostedalen », « Nigardsbreen », et « Breheimsenterret ».

Nous nous engageons donc sur la Rv604 qui pénètre dans la vallée de Jostedalen, offrant des paysages spectaculaires, principalement façonnés par l’érosion glaciaire.

 

Norvège : Jostedalsbreen, la vallée de Jostedal

 

 

Une rivière, d’un magnifique bleu turquoise, nous accompagne tout le long du chemin.

Elle est alimentée par les nombreuses et puissantes cascades qui dévalent les pentes suite à la fonte des neiges en ce tout début d’été, mais pas seulement ! Il faut savoir en effet que Jostedalsbreen est un glacier tempéré : il est à son point de fusion tout au long de l’année et s’écoule dans les vallées. Bien sûr, il fond à très faible vitesse et il est entretenu par les très fortes chutes de neige qui viennent constamment compenser la fonte, même en plein été.

 

Norvège : Jostedalsbreen

Après un trajet d’une trentaine de kilomètres, nous arrivons au centre des visiteurs « Breheimsenteret », un bâtiment aux formes audacieuses, où nous laisserons notre voiture.
Outre des expositions sur les glaciers, le centre propose une multitude d’activités en lien avec le glacier, à faire accompagné d’un guide pour raisons de sécurité : rafting sur la rivière, kayak sur le lac glaciaire et bien entendu, l’activité phare : la marche sur le glacier.

Cliquez ici pour aller sur leur site : vous y trouverez les prix, les horaires, des vidéos et des photos.

Nous décidons de parcourir à pieds la route à péage de 3,5 km qui part du Breheimsenteret pour arriver au parking de Nigardsvatnet, le lac au début du glacier.

 

Norvège : Jostedalsbreen

Aucune voiture ne vient troubler la quiétude des lieux et nous nous laissons envoûter par le paysage absolument magnifique qui s’offre à nos yeux.
Des petits ruisseaux et des cascades jaillissent un peu partout et dévalent les flancs abrupts de la montagne.

Il parait qu’autrefois des pistes et des chemins carrossables traversaient la grande calotte glaciaire du Jostedalsbreen, reliant les vallées de l’ouest avec les régions de l’intérieur de Sogn et le sud-est de la Norvège. Les bovins et les chevaux étaient conduits à travers le glacier afin d’être vendus sur les marchés de l’Est. Ce ne serait plus possible aujourd’hui parce que la calotte glaciaire a diminué : elle est bien plus abrupte et présente plus de crevasses.

 

Norvège : Jostedalsbreen

 

Nous arrivons au lac glaciaire et apercevons le bateau amarré au ponton : c’est lui qui fait la navette entre le parking du lac et la paroi du glacier. Mais vous pouvez aussi y aller à pieds : à partir du parking, une marche d’environ une demi-heure sur terrain accidenté permet également d’arriver au plus près du glacier.

En ce 24 juin, la fonte du glacier est bien modeste et nous ne nous rendons pas compte du danger potentiel. Mais il parait qu’en plein été, quand la fonte s’accélère, la glace se fissure et se brise : ce processus est connu sous le terme de « vêlage de glace ». Si les blocs tombent dans le lac, ils peuvent provoquer des vagues conséquentes et être mortelles. Il ne faut donc jamais s’aventurer sans guide local qui connait parfaitement les lieux.

 

Norvège : Jostedalsbreen

 

A la fin de cet article, une vidéo montre le même glacier à la mi-juillet 2015 : vous verrez à quel point la glace a reculé en à peine 3 semaines !

Mais vue comme ça, la langue de glace n’a pas l’air très impressionnante, pas vrai ? Alors, approchons-nous un peu …

 

 

 

Norvège : JostedalsbreenIl faut que vous cliquiez sur l’image pour l’agrandir. Voyez-vous les 5 petits groupes qui évoluent sur la glace ?

Plusieurs possibilités s’offrent à vous (pour les horaires et les prix, cliquez ici) :
la marche familiale peut se pratiquer dès l’âge de 6 ans, et il n’y a aucune exigence particulière sinon d’être bien habillé (il fait froid près du glacier) et de porter de bonnes chaussures. Les crampons sont fournis. Vous restez à peu près 1h sur la glace.
une randonnée de 2h sur la glace : c’est une marche sans difficultés techniques, et les exigences sont les mêmes que pour la marche familiale, sauf que l’âge minimum est de 12 ans.
une randonnée de 3h sur la glace, déjà plus exigeante. Il faut apporter des vêtements chauds et coupe-vent, ainsi que nourriture et boisson. Une bonne forme physique est impérative car vous irez explorer des parties déjà plus difficiles d’accès.
une randonnée spéciale de 5h pour petits groupes : vous aurez droit à une exploration plus poussée du glacier, comprenant aussi de l’escalade. Inutile de préciser que cela s’adresse à des initiés et pas vraiment au touriste lambda.

 

Norvège : JostedalsbreenAgrandissez l’image et suivez la flèche : vous voyez les deux touristes, comme ils sont minuscules, juste à l’entrée d’une « grotte bleue » ?

A propos de « grotte bleue », vous aurez remarqué que le glacier présente une merveilleuse couleur bleue à certains endroits ? Savez-vous à quoi est dû ce phénomène ?

Les glaciers sont créés par l’accumulation de neige qui, peu à peu, se transforme en glace sous l’effet d’énormes pressions qui éliminent les bulles d’air et les surfaces réfléchissantes. Lorsque la lumière blanche touche cette glace, elle ne rebondit pas, mais subit une absorption sélective selon les longueurs d’ondes qui la constituent. Les grandes longueurs d’ondes, comme le jaune et le rouge, sont absorbées en premier, les courtes comme le bleu subsistent plus longtemps. A 30 m de fond, dans la glace, seul le bleu n’est pas totalement absorbé. La fraction de lumière qui ressort, privée de ses radiations rouges et jaunes, donne sa couleur bleue à la « vraie » glace.

 

Nous pouvons admirer le phénomène de la glace bleue en été uniquement, quand le manteau neigeux superficiel fond, libérant la vraie glace ! C’est un spectacle grandiose !

 

Norvège : Jostedalsbreen

 

Lorsque le moment est venu de repartir, et pour éviter de me retourner constamment afin de contempler encore ce décor de rêve, je m’intéresse à la rivière qui ressemble bien davantage à un torrent, si près du glacier !

Et je scrute le sol afin d’admirer les plantes qui poussent à profusion dans cet univers minéral, sans doute bien hostile par mauvais temps.

 

 

Norvège : Jostedalsbreen, lotier des maraisNorvège : Jostedalsbreen, trientalis europaea

Pour moi, ce lotier (photo de gauche) est un « Lotus corniculatus subsp. alpinus » si j’en crois cette description « C’est une plante naine qui croît sur les pelouses, en haute montagne. Les fleurs virent au rouge orangé en fin de floraison. Cette sous-espèce est parfois considérée comme une simple variété, voire un écotype d’altitude. » Fin juin, on ne peut pas parler de fin de floraison, je ne suis donc pas du tout sûre de moi. Si quelqu’un sait, merci de laisser un commentaire.

Par contre, pour la trientale d’Europe (photo de droite), je pense ne pas m’être trompée. Si cela devait quand même être le cas, n’hésitez pas à le signaler !

 

 

Norvège : Jostedalsbreen, airelles des maraisNorvège : Jostedalsbreen, Phyllodoce caerulea (andromède bleue)

Pour les airelles (photo de droite), par contre, je n’ai aucun doute : elles poussent dans nos contrées aussi !
L’airelle des marais (Vaccinium uliginosum) est un arbrisseau qu’on peut trouver en masse dans les tourbières, les landes et les bois humides des montagnes.

L’andromède bleue (Phyllodoce caerulea) me semble par contre plus rare sous nos latitudes : je n’en ai en tout cas jamais observé en France et n’en ai vu que quelques brins dans le nord de l’Irlande.

 

 

Pour finir, je vous propose de visionner ce petit film de 3mn28 qui montre le glacier vu depuis un drone : époustouflant !

 

 

 

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