Mers-les-Bains

Mers-les-Bains

retour

Mers-les-Bains bénéficie d’un attrait touristique majeur : Ses villas anciennes, héritage direct de la mode des bains de mer lancée dès 1860, sont le reflet d’un certain art de vivre et cela, dès 1870.

Cet ancien petit village de pêcheurs connaît en effet un essor considérable dans la seconde moitié du XIXe siècle :la découverte des bains de mer, lancés en Angleterre dès 1860, et de leurs bienfaits thérapeutique va d’abord profiter au Tréport, qui devient rapidement une station balnéaire réputée.
Après l’ouverture en 1873 de la ligne de chemin de fer « Paris-le Tréport » par Abancourt, il suffira de 3 heures pour faire le trajet depuis la capitale : le succès du Tréport s’amplifie à tel point que la station balnéaire est submergée par le flot des touristes. C’est alors que Mers-les-Bains se développe, absorbant tous ces nouveaux adeptes du bain de mer.

Venant principalement de la région parisienne, mais aussi d’Amiens et du Nord, ces aristocrates, industriels ou membres de la riche bourgeoisie vont faire construire ce que nous appelons aujourd’hui des « résidences secondaires ». Ainsi naîtra un grand quartier dédié à la villégiature, composé de près de 600 villas. Toutes ces maisons seront construites en moins d’un demi-siècle (de 1850 à 1896) mais les élus mersois auront la présence d’esprit de proposer une forme urbaine extrêmement rationnelle : les différentes phases de constructions se feront toujours dans le cadre d’îlots bien dessinés.
Ils sont suffisamment réguliers pour doter la ville d’un cadre urbain solide et garantir systématiquement un accès perpendiculaire au front de mer, et suffisamment divers pour éviter toute impression de monotonie. Mieux encore, au sein même de ces îlots, les parcelles étaient vendues individuellement, ce qui assure une très grande variété des constructions.
Dès l’origine, beaucoup de propriétaires ont doublé la mise en achetant deux lots et en construisant des villas jumelles. L’une pour eux, l’autre pour la location… ou pour leurs amis s’ils étaient très aisés. Ces villas doubles (quelquefois même triples) font l’originalité du patrimoine bâti mersois.

mers les bainsmers les bains : quartier protégé
Alors que Mers-les-Bains et Le Tréport ne sont qu’à un jet de pierre l’une de l’autre, elles ne font partie ni du même département, ni de la même région : nous sommes à cheval entre Picardie et Normandie !

Et pourtant, avec Eu et Le Tréport, Mers fait partie intégrante d’une entité géographique dite des Trois villes sœurs : elles ne sont distantes les unes des autres que de 3 km environ.

 

Classé « secteur sauvegardé » dès 1986, le quartier balnéaire est aujourd’hui dénommé « Site Patrimonial Remarquable ». Plusieurs panneaux jalonnent le quartier pour signaler les villas les plus intéressantes, les mosaïques remarquables, etc : ce plan est disponible à l’Office du Tourisme sur simple demande ou vous pouvez le télécharger ici.

 

Nous commençons par déambuler dans les rues du quartier, sans autre fil directeur que la beauté ou la particularité des maisons qui s’offrent à notre regard.
En arrivant à la hauteur de l’Office du Tourisme, nous en profitons pour récupérer le plan du circuit proposé : celui-ci met surtout l’accent sur les mosaïques à découvrir : les n° de 1 à 27 ne renvoient qu’à ça.
Mais regardez la légende et ne manquez pas les « Ensemble de villas d’intérêt architectural reconnu » repérés par un trait épais bleu, ni les « Villa d’intérêt architectural reconnu » repérées par un point bleu.

 

mers les bains : la fée des mersLa Fée des Mers

Située à l’angle de l’esplanade du Général Leclerc et de l’avenue Foch, cette villa est … Tréportaise, tout en se trouvant sur la ligne du front de mer de Mers !

Construite à la limite des XIXe et XXe siècles (après 1896), elle est l’oeuvre de l’architecte A. Borgeaud et non de Gustave Eiffel, comme un gentil Mersois nous l’a assuré …

Nous sommes bien évidemment allés nous renseigner à l’office du Tourisme pour en avoir le coeur net : la seule chose qui soit avérée, c’est que sa fille Laure Eiffel, mariée à Maurice Toussaint-Legrain, possédait en effet une villa à Mers-les-Bains, la villa « Les Algues ». Mais rien à ce jour n’atteste de la venue effective de Gustave Eiffel à Mers, même si cela est probable.

 

mers les bains : villa clair de luneLa Villa « Clair de Lune » réunit un certain nombre de traits qui permettent d’en faire la maison mersoise type. Elle conjugue un ordonnancement bien particulier, correspondant à sa vocation sociale, et des éléments de décors propres au style balnéaire.
On remarque d’abord que le rez-de-chaussée est surélevé et offre une petite terrasse, ceci afin de donner la plus grande visibilité à l’étage de réception. Cette disposition ménage en sous-sol un niveau qui était réservé aux cuisines et aux domestiques. L’élévation suit ensuite une progression logique : chambre des parents, puis des enfants ou convives et enfin des domestiques. L’organisation de la façade en deux travées est le juste reflet de la structure de la villa : une large travée qui accueille les espaces de vie et de réception, une petite qui permet la circulation entre les différents niveaux.

L’ornementation de la villa, ensuite, s’accorde parfaitement avec sa structure : l’entre-sol s’efface devant la beauté de l’étage qui le surplombe. Plus haut, la chambre principale est agrémentée d’un très bel oriel en bois, à la forme particulièrement soignée. L’élévation se poursuit avec un balcon plus sobre et un auvent élégant, quoiqu’un peu lourd, qui cache presque les lucarnes supérieures. Si la brique est très présente, elle est associée à la pierre, plus noble, et à des décors de céramiques (cartouche nominatif et cabochons) qui donnent à l’ensemble une belle harmonie chromatique. Ces éléments de décors et le jeu des matériaux assurent un équilibre fin entre lignes verticales et horizontales qui atténue sensiblement la disproportion des deux travées.
(Source : site culture.gouv.fr)

 

Rue Carnot et l’ancien hôtel Astoria
L’ancien hôtel Astoria (à droite sur la photo) a été construit en 1928, ce qui est assez tardif au regard du développement du quartier balnéaire. Les deux oriels, caractéristiques des années 30, qui encadrent la façade, sont maçonnés. Les briques courbes dessinent deux ressauts de part et d’autre. S’élevant du deuxième étage, ils se poursuivent jusque la toiture.
Le garde-corps des baies et des balcons, en fonte de fer, tout comme la grille protégeant la vitre de l’entrée, figurent un ornement géométrique et des fleurs stylisées caractéristiques du style Art déco.
Bien que converti en logements, l’hôtel conserve certaines particularités propres à sa nature première : ainsi les grandes baies vitrées en anse de panier de la salle à manger sont toujours présentes, tout comme la porte d’entrée en verre et fer forgé. Le trottoir est agrémenté de mosaïque avec inscription de l’appellation de l’établissement.
Voyez aussi les belles villas symétriques « Arlette » (boiseries vertes), au n°16, et « Fleurette » (boiseries bleues), au n°14, construites entre 1906 et 1909 : leur beau décor en grès flammé est attribué à la manufacture Gréber de Beauvais.

 

mers les bains : rue faidherbe, villa la parisiennemers les bains : rue boucher de perthes, villa françaiseVillas « La Française » et « La Parisienne »

La plupart du temps, les villas jumelles se retrouvent côte à côte : celles-ci font exception puisque « La Française » a été construite à l’angle de la rue Boucher de Perthes, tandis que « La Parisienne » a été construite à l’angle de la rue Faidherbe. Elles sont l’oeuvre du même architecte, Edouard Niermans, pour le même commanditaire, Edouard Desportes, hôtelier au Tréport.
Construites entre 1904 et 1907, elles se distinguent notamment par les menuiseries des oriels, qui sont traitées de façon décorative, donnant le caractère Art nouveau à l’édifice.

Edouard NIERMANS a aussi réalisé, entre autres lieux prestigieux, le célèbre Hôtel Negresco sur la promenade des Anglais de Nice, la brasserie Mollard, la taverne Pousset, le Casino de Paris, les Folies Bergère, le Moulin-Rouge à Paris ainsi que des hôtels comme le Palace Hôtel à Ostende en Belgique et la reconstruction de l’hôtel du Palais (villa Eugénie) à Biarritz.
A Mers-les-Bains, il a encore construit une villa double, la Villa Jan et Helena et une villa triple, la Villa Cyclamen, les Iris et les Phlox.

 

mers les bains : rue boucher de perthes, hélène et janLa villa Jan et Helena, construite entre 1904 et 1907 par Edouard Niermans, porte le nom de ses deux enfants, nés respectivement en 1897 et 1901. Ces noms de baptême familiaux laisseraient penser que la villa Jan et Helena a été conçue par l’architecte pour son usage personnel. Toutefois, il semble que Niermans a rapidement changé d’avis. En effet, en avril 1904, une publicité parue dans Art et Curiosité proposait à la vente « deux villas avec vue sur la mer, à quelques mètres de la plage » correspondant à Jan et Helena. Il était précisé que les villas en question « sont construites depuis un an et n’ont jamais été habitées ».

La maison est composée de deux logements accolés d’une travée chacun, mais la composition d’ensemble donne l’illusion de n’être face qu’à une seule habitation.
Le caractère Art Nouveau de l’habitation est clairement marqué par les éléments en bois structurant le bow-window qui paraissent directement issus du monde végétal. Au premier étage, les membrures cintrées des bow-windows ondulent en une courbe qui se prolonge et s’assagit dans les arcs qui encadrent les baies vitrées. Le balcon du deuxième étage est couvert aux angles d’une toiture portée par des ramures de bois qui marient harmonieusement courbes et contrecourbes.
Enfin, les lettres qui composent les prénoms Jan et Helena sur les très beaux cartouches d’angle sont composées dans une police raffinée qui ignore la ligne rectiligne.

 

mers les bains : rue boucher de perthes, villas rigoletto et hortensiaLes villas Rigoletto et Hortensia

Cette maison a été construite entre 1902 et 1906 selon les plans d’un architecte mersois, Jules Dupont (signature sur l’édifice), pour un cordonnier de la ville, Léon Vapeur-Tellier.
La maison est composée de deux logements accolés, dits Rigoletto et Hortensia, composés de deux travées de largeur inégale en façade, la travée la moins large recevant l’entrée. La travée la plus large est mise en valeur par une superposition de bow-window et de balcons couverts d’un toit en pavillon. Les fenêtres de lucarne sont agrémentées d’ ailerons à volute, à l’image des premières maisons du front de mer.
(source : inventaire.hautsdefrance.fr)

Cet architecte a construit d’autres villas dans ce quartier, et notamment la villa RIP (62 esplanade du Général-Leclerc), classée Monument Historique : Le caractère assez exceptionnel de la villa RIP réside dans le fait qu’elle a conservé toute sa distribution intérieure originale. Les pièces principales s’ouvrent sur la mer par de larges baie tandis qu’à l’arrière les pièces de service prennent le jour sur une cour intérieure. Afin que la lumière circule au maximum, l’escalier est vitré, les impostes au-dessus des portes de chambres aussi. Ce plan, du reste assez ingénieux sur un espace aussi restreint, est de fait encore très lisible aujourd’hui, ce qui n’est plus le cas pour bon nombre de maisons mersoises.

 

mers les bains : rue boucher de perthes, villa bon abriLa villa Bon Abri

Cette maison est intéressante à plus d’un titre.
Construite entre 1901 et 1904 par Théophile Bourgeois, architecte à Poissy (Yvelines), pour Charles Girard, propriétaire à Paris, elle comporte deux logements superposés : celui du propriétaire, accessible depuis la porte de gauche, et celui d’un locataire, accessible depuis la porte de droite. Le logement du propriétaire s’élève sur trois niveaux, avec une cuisine au rez-de-chaussée, une chambre et une pièce de réception au 1er étage, quatre chambres au 2e étage (dont une chambre de bonne). Le logement de rapport, situé sous le comble, est accessible par un escalier indépendant qui ne permet l’accès qu’à ce dernier niveau, composé d’une chambre, d’une salle à manger et d’une chambre de bonne. (source : inventaire.hautsdefrance.fr)

La villa Bon Abri est un bel exemple du style anglo-normand. Elle est mentionnée sur le plan en tant que « villa zoomorphe » parce qu’elle comporte notamment des cols de cygne dans le décor des balcons.
Sur le site « culture.gouv.fr », où vous trouverez un descriptif détaillé de cette villa, on peut lire « L’état de conservation est une condition nécessaire mais non suffisante pour pouvoir parler d’une villa remarquable. Ici, en plus du fait que cet ensemble cohérent (maçonnerie, bois, toiture) soit parvenu jusqu’à nous sans altération, on note la qualité de chaque partie. »

 

mers les bains : villa pomoneVilla Pomone

Arrivés tout au bout de l’Esplanade, au pied des falaises, là où les premières villas ont été construites, nous entamons le circuit proposé par l’Office du Tourisme.

La villa Pomone fait partie des premières résidences construites après 1874, date de création du lotissement. La maison de trois travées en façade présente deux accès excentrés et une porte-fenêtre médiane : la porte de droite donne accès au rez-de-chaussée, alors que la porte de gauche mène aux étages, vraisemblablement à but locatif.

La villa Ponome est une des rares maisons à posséder un décor avec un buste de femme, récemment restauré par Louise Bulcourt-Félix.

 

La céramique ornementale des villas du front de mer et de ses rues perpendiculaires, fait partie du patrimoine de la ville. L’utilisation de ces décors dans les villas commence de la deuxième moitié du XIX siècle jusqu’en 1930, soit du tout début de l’art nouveau jusqu’à l’art déco, avec une très grande variété de décors : céramiques de carreaux plat, avec bas ou haut relief, mosaïque… Initialement, ces décors étaient plus nombreux mais nombre d’entre eux ont été tout simplement supprimés lors de ravalements, car usées par le temps, le sable, le sel et les embruns.

 

mers les bains : villa la violette
Villa La Violette

Cette maison de villégiature a été construite entre 1881 et 1884 pour Edmond Houdebine, qui habitait Amiens. Des cabochons de céramique ornent ponctuellement le faîte du mur. L’appellation de l’habitation est portée sur une plaque de céramique, sans ornement particulier.

Ce qui distingue cette maison, c’est le médaillon en fonte apposé sur la façade : il porte l’inscription « François Coppée, 1842-1908.
François Coppée, écrivain et Académicien, inféodé au Parnasse et surnommé « le poète des humbles », résidera en effet plusieurs fois à Mers où il partagera quelques mémorables parties de dominos avec ses hôtes, la famille Houdbine.
Serait-ce dans cette villa qu’il a écrit le poème « aux bains de mer » ?

L’écrivain fait partie des quelques personnages que Mers s’enorgueillit d’avoir accueillis.

 

mers les bains : villa la trièremers les bains : villa la trièreVilla La Trière

Cette maison est signalée sur le parcours pour les carreaux de céramique qui agrémentent les métopes de la corniche. Voyez aussi les plates-bandes des baies qui sont surmontées d’un décor de mosaïque représentant des fleurs et un feuillage.

Curieusement, il n’est pas du tout fait mention de la villa voisine (à droite sur la photo), la Sirène : sans doute a-t-elle subi des modifications « malheureuses ».
De nombreuses villas ont perdu la qualité de leurs ouvrages et l’intérêt de leur architecture, en raison des modifications qui ont affecté la cohérence de leur décor et altéré leur caractère, leur identité.

 

mers les bains : villa opalineVilla Opaline

Nous sommes en présence d’une maison à trois logements accolés dits Automne Dorée (n°4), Beau Printemps (n°2) et Opaline (sur l’esplanade, n°50) construite après 1894. Seule Opaline, restaurée, conserve son apparence d’origine, les deux maisons contiguës ont été profondément modifiées.
L’histoire de cette restauration a fait beaucoup de bruit à Mers car le propriétaire actuel est entré en conflit avec Louise Bulcourt, la céramiste locale à laquelle il avait fait appel et dont nous avons déjà parlé à propos de la villa Pomone. Le courrier Picard en a fait mention dans son édition du 10 juin 2014.
Le propriétaire s’est vu récompensé par l’association des propriétaires de Mers-les-Bains au cours du Challenge des meilleures restaurations 2014 « pour le fait d’avoir dû reprendre la totalité des céramiques défectueuses, la qualité de la recherche scientifique sur la céramique (qui fera une référence pour les prochaines rénovations), et la recherche d’une restauration de l’ensemble de la villa dans son état d’origine ».

 

mers les bains : villas cyclamen, iris et phloxmers les bains : villas cyclamen, iris et phloxVillas Cyclamen, Iris et Phlox

Cette maison à trois logements a été construite entre 1899 et 1902 par Edouard Niermans, que nous avons déjà vu à l’oeuvre pour la maison « Jan et Helena », ainsi que pour les villas « La Française » et « La Parisienne ».

Le décor de céramique est de style Art nouveau : le tympan des baies du rez-de-chaussée surélevé présentent des panneaux de céramique avec motif de fleurs, celui des baies de l’étage, des figures de femmes (d’après Alfons Mucha ?) agrémentées de décors de grès flammé. Les tympans des portes d’accès sont ornés de carreaux portant le nom de chaque maison.

 

mers les bains : villas alpes et helvetiamers les bains : villa alpesmers les bains : villa alpesVillas Les Alpes et Helvetia

Cette maison à deux logements accolés a été construite entre 1908 et 1911 par Pierre Sartoré, constructeur à Nanterre, pour son propre usage. Il est vraisemblable que la plus petite habitation (les Alpes) était destinée à la location.

Les deux habitations présentent de belles céramiques et des cabochons sur un ensemble soigné.

Dans le porche du logement Helvétia, murs décorés de mosaïques représentant à droite les symboles des arts de la musique (lyre, tambourin, instrument à vent), et à gauche les symboles de l’architecte (compas, équerre, rapporteur).

 

mers les bains : villas la lune le soleilmers les bains : villas la lune le soleilVillas Le Soleil et La Lune

Cette maison à deux logement accolés est l’oeuvre de Joseph Graf et de Frédéric Marin, deux architectes du Val-de-Marne. Elles leur ont été commandées par un négociant en bronzes de Joinville-le-Pont, et seront édifiées entre 1901 et 1904.

La maison présente des décors de grès cérame, qui proviennent de la maison Gilardoni de Choisy-le-Roi : sur les bow-windows, des panneaux de grès représentent la lune et le soleil et la travée centrale est agrémentée d’un mascaron en grès. Le nu du mur est ponctuellement agrémenté de cabochons de céramique et de briques émaillées de couleur turquoise. Les grilles de protections des portes d’entrée, en fonte de fer, représentant des volutes de style Art nouveau.

Le bleu turquoise des charpentes et des éléments décoratifs devient un signe distinctif pour cette maison.

 

mers les bains : villas francillon et aiglonVillas Francillon et Aiglon

Cette maison à deux logements accolés a été construite entre 1895 et 1898 par un architecte du Tréport, Fernand Ratier.
Sa restauration, entreprise entre 2003 et 2004, est considérée comme exemplaire ainsi que l’explique l’article que lui consacre le site culture.gouv.fr

Avez-vous remarqué que « Francillon », à gauche, est édifiée en brique, tandis qu’ »Aiglon », à droite, présente une façade entièrement enduite avec des joints creux horizontaux très marqués ?
Les éléments de décors nombreux et variées ont été restaurés ou restitués, y compris les éléments de céramiques comme le cabochon au dessus de la porte de « Francillon » qui manquait.
La différenciation des décors au dessus des portes d’entrée et dans le dessin des garde-corps du 2ème étage a été conservée : cela vous avait-il frappé avant que vous le lisiez ?

Voyez aussi sur le faîte du mur gouttereau, les métopes représentant des coquilles Saint-Jacques pour les travées centrales et des fleurs stylisées pour les travées latérales. Aux encadrements des baies de la travée centrale, la frise de céramique porte un ornement végétal.

 

mers les bains : villas hélène et pauletteVillas Hélène et Paulette

La maison a été construite après 1908, sur les plans de Jules Dupont, architecte à Mers-les-Bains, pour Louis-Eugène Cochet, négociant à Reims. Les décors de mosaïque représentant des grappes de raisins renvoient vraisemblablement à la profession du commanditaire.

L’élévation présente quatre travées en façade : les deux travées de droite et de gauche sont mises en valeur par un oriel alors que les deux travées centrales sont animées par des balcons curvilignes. Des photographies des années 1980 montrent que les corps de garde des balcons étaient traités en rocaille.
Le rez-de-chaussée est percé d’une porte cochère sur la travée de droite, assurant l’accès à la cour, et d’une porte assurant l’accès au logis, sur la travée de gauche.

Cette maison est citée dans le reportage qu’a consacré France 3 à Mers-les-Bains et à ses villas, en juillet 2016 : on y montre brièvement l’intérieur d’un des appartements qui la composent dorénavent, habité à l’année par sa propriétaire. De nombreuses villas ont en effet été redécoupées en appartements vendus séparément et c’est la raison pour laquelle la maison Rip est si précieuse puisqu’elle est l’une des rares (sinon la seule ?) à avoir conservé toute sa distribution intérieure originale.

 

mers les bains : 16 rue faidherbeMaison située au n°16, rue Faidherbe

Cette maison a été construite au cours du 1er quart du XXe siècle par Jules Dupont, architecte à Mers et A. Lasnel, architecte à Eu : ils ont apposé leur plaque sous le balcon du 1er étage, à droite de la porte de garage.

Une frise de céramique orne le faîte du mur gouttereau. Un buste de femme en grès cérame, actuellement peint, sert de clé : il provient des ateliers Gréber de Beauvais. Les garde-corps des balconnets et balcons sont en fonderie. Des cartouches sculptés et des consoles représentant des lions complètent ce décor.

Sur le feuillet que nous avons reçu à l’Office du Tourisme, il est spécifié pour cette maison : « ensemble cohérent et de grande qualité ».

Mais ce qui fait vraiment la particularité de cette demeure, c’est qu’elle possède un garage qui a fait, dès le départ, partie intégrante du bâti et ça, c’est un cas vraiment singulier dans le quartier balnéaire. La plupart des villas ont en effet été construites avant la première Guerre Mondiale et, à cette époque, seuls quelques privilégiés possédaient une automobile.
Ce propriétaire devait faire partie de la bourgeoisie (très) aisée car ce n’est que dans les années 1950 que l’achat d’une automobile s’est véritablement démocratisé, devenant même un symbole d’appartenance à une classe moyenne aisée.

 

mers les bains : 56 à 82, rue jules barni« Galerie commerciale » de la Rue Barni

Après avoir bouclé tout le circuit proposé par la ville et admiré les 27 maisons aux céramiques remarquables, sans compter toutes celles qui sont d’intérêt architectural reconnu, nous revenons par la rue Jules Barni. Sur notre dépliant il est écrit « Depuis Octobre 2011, les commerces d’origine de la rue Barni, première galerie commerciale dès 1869, sont inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques ».
En fait, il s’agit d’un ensemble de huit magasins de commerce qui va du N° 56 au N° 82 ; il est divisé en quatre unités composées d’une entrée centrale par laquelle on accède à l’étage supérieur où se trouve le logement. Le gros oeuvre, en brique, est laissé apparent pour la plupart des commerces. L’ensemble est assez homogène. La rue Jules Barni est représentative de la première époque de construction de quartiers balnéaires. Elle peut être considérée comme le premier centre commercial de la ville et des environs, et la ville lui consacre tout un article, où vous trouverez de magnifiques photos d’époque.

 

mers les bains : ruelle des matelots, croix des marinsLa ruelle des matelots

Nous remontons la rue Jules Barni pour arriver à l’église Saint-Martin par les escaliers, quand notre regard est attiré par une plaque de rue qui nous apprend que nous sommes dans la ruelle des matelots.
Sous le nom de la rue, le texte nous apprend que « Mers-les-Bains possédait, en 1369, comme Le Tréport, une des deux rades de la rivière de la Bresle. Un petit port permettait à bien des familles Mersoises de vivre de la pêche. Il en subsiste cette ruelle du quartier originel et son calvaire orné d’ancres qui témoignent que “là fut le Port de Mers”. (Octave Thorel, 1891). »

De nos jours, à part sa plage et pour les loisirs, Mers n’a plus d’activité de pêche en mer. Mais des familles entières ont vécu de la pêche durant au moins deux siècles.

Sur une très ancienne photographie, on distingue une petite maison de pêcheur, ou un séchoir, bâtie sur un tertre non loin du pied de la falaise. Quoi qu’il en soit, il reste de nos jours deux témoignages de l’importance de la pêche pour Mers dans les siècles passés : la ruelle des Matelots et son calvaire.
(Source : le site de la ville de Mers-les-Bains)

 

mers les bains : l’église par les escaliersmers les bains : église saint-martin, retableL’église Saint-Martin

En près de cinquante ans, de 1867 à 1920, la ville de Mers connut un essor démographique considérable qui fit passer sa population de 432 à 2 508 habitants, et la modeste église de village s’avéra bien vite trop petite.
C’est grâce à une forte mobilisation locale que l’église Saint Martin, de style romano-byzantin, a été construite en 1928 (sur l’emplacement de celle édifiée au XVIème siècle) par un architecte Amiénois, Edmond DOUILLET. Son style s’inspire des églises byzantines à coupoles, dévoilant un style romano-byzantin, et mélange brique et pierre.
L’intérieur de cette première église du XVIème siècle, très modeste, sans bas-côtés, possédait comme ornementation remarquable un retable daté de 1685, qui occupait toute la largeur du chœur. Celui-ci a été transporté dans la nouvelle église, ainsi que les deux statues en bois qui se trouvaient de part et d’autre. Ce retable est attribué au talent du célèbre sculpteur Eudois : Michel Anguier (1614-1686). Cette œuvre est classée Monument Historique depuis 1983. A l’intérieur de l’actuelle église, le gisant de Saint Martin faisait également partie de l’ancien édifice.

 

mers les bains : Notre Dame de la FalaiseNotre-Dame-de-la-Falaise

Installée sur le point culminant de la falaise, à plus de 90 mètres de hauteur, la statue de Notre-Dame-de-la-Falaise, appelée aussi Notre Dame des Flots, a été inaugurée le 18 août 1878. Orientée vers la mer, elle a pour objectif de protéger les marins et les pêcheurs.
La statue a été replacée ici, sur un ancien blockhaus, après la Seconde Guerre Mondiale : au cours de la cérémonie qui a présidé à son installation, le 15 août 1955, le prêtre parlera d’une « oeuvre de Paix qui domine une oeuvre de guerre » !

Sur son nouveau piédestal, de 7 mètres de haut, on peut admirer trois haut-reliefs (dus à un sculpteur local, Marie-Josephe Cotelle Clère) représentant les sains protecteurs des trois « Villes Soeurs », saint Martin pour Mers, saint Laurent pour Eu et saint Jacques pour Le Tréport. Remis à jour en 2015, un Oratoire est désormais visible au pied de l’édifice.

 

mers les bains : vue du TréportLe Treport vu depuis le haut de la falaise de Mers-les-Bains

Du haut des falaises de craie vive, à proximité de la statue de Notre-Dame, on jouit d’une vue magnifique sur Le Tréport, mais aussi sur Eu.
Par temps clair, le regard porte jusqu’à la Baie de Somme, parait-il : nous n’avons pas pu le vérifier …

Mais attention : la beauté des dames de craie peut parfois se montrer dangereuse. Les éboulements sont fréquents et des pans entiers de falaises peuvent se retrouver à terre, comme ce fut le cas en janvier 2018.
Alors ne vous approchez pas trop près du bord : aucune photo, aussi belle soit-elle (ou promet-elle d’être) ne vaut qu’on risque sa vie pour elle …

 

Et pour finir en beauté, je vous propose de (re)découvrir les 9 mn d’émission que « Les Racines et les Ailes » ont consacrées à Mers-les-Bains.
 

 
retour