Malte : Mdina et Rabat

Malte : Mdina et Rabat

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La citadelle de Mdina fut fortifiée dès 1000 av. J.-C. par les Phéniciens qui construisirent un mur protecteur et appelèrent leur cité « Malet » (ce qui signifie « lieu d’asile »).
Les Romains bâtirent une grande ville à cet endroit, qu’ils baptisèrent Melita.
Lorsque les Arabes débarquèrent, au IXe siècle, ils divisèrent la ville romaine de Melita en deux parties : la citadelle, nommée Mdina (du mot arabe « medina » qui signifie ville) et les faubourgs, qu’ils nommèrent Rabat (ce qui signifie « banlieue » en arabe).
Au Moyen Age, Mdina était connue sous le nom de città notabile (« ville noble ») car c’est là que vivaient les familles nobles de l’île, dont certaines descendaient des suzerains normands, siciliens et espagnols. Elle était alors la capitale de l’île et le lieu d’implantation de l’Università, une assemblée populaire.
Quand les Chevaliers de Saint-Jean arrivèrent en 1530, ils choisirent de rester proches du port, ignorant Mdina et ses habitants. Avec la fondation de La Valette, en 1566, tous les pouvoirs hospitaliers et populaires se regroupèrent à La Vallette, qui devint la nouvelle capitale de l’archipel, reléguant Mdina au rang de Città Vecchia (la vieille ville).

Si bon nombre de nobles migrèrent vers la ville nouvelle, certaines familles aristocratiques qui occupaient encore leurs maisons ancestrales ont décidé de rester. Grâce à cela, un certain nombre d’anciens bâtiments du XIVe et du XVe siècle ont été préservés.
Il ne reste aujourd’hui plus que 300 habitants à Mdina, ce qui en fait la ville la moins peuplée de l’île, et lui vaut son surnom de « ville du silence ».

Mdina, c’est aussi la cité aristocratique par excellence, où se cotoient palais, églises et couvents. Elle se visite à pieds.
Un grand plan vous accueille à l’entrée de la ville (reproduit ci-dessous) et les panneaux indicateurs vous guideront tout au long de votre visite.

 

malte, mdina : plan de la ville

 

malte, mdina : jardin des douves
Prenez le temps d’admirer les remparts : ils ont été érigés par les Arabes, puis complétés par les Chevaliers. Il est facile de distinguer les deux périodes : quand les murs sont verticaux, ils sont d’origine arabe et s’ils sont légèrement inclinés, ils sont un héritage des Chevaliers.
Les profondes douves ont été creusées par les Arabes puis élargies par les Chevaliers : elles avaient alors un rôle défensif majeur.

Ces fossés ont récemment été aménagés en jardins eux pelouses impeccables, qui accueillent les promeneurs et des festivals réguliers, tels que foires gastronomiques et concerts. L’accès aux jardins peut se faire par un ascenseur qui se trouve près de parking.

 

malte, mdina : entrée de la villemalte, mdina : entrée de la ville, détailLa porte principale de la ville a été érigée en 1724 par le Grand Maître De Vilhena, en remplacement d’un pont-levis dont le contour, désormais muré, est encore visible à quelques mètres à droite de la porte actuelle (bien visible sur la photo ci-contre : n’hésitez pas à l’agrandir en cliquant dessus)

Admirez le trophée d’armes magnifiquement sculpté dans la pierre, au-dessus de la porte : il est décoré de symboles martiaux avec les bras du Grand Maître en marbre blanc, entouré par les armoiries de Mdina et celles de Vilhena.

 

malte, mdina : entrée de la ville vue de l’intérieurmalte, mdina : citta notabileUne fois que vous aurez franchi la porte, retournez-vous.
Les bas-reliefs de pierre rappellent les saints patrons de la ville : St Paul, St Publius et Ste Agatha.
Les armoiries sont celles d’Antonio Inguanez qui rendit un bien grand service à son île en 1428 comme le relate l’inscription latine : vous trouverez l’histoire complète (en anglais) en cliquant ici

Mdina est fière de son titre de Città Notabile : La ville est un centre commercial et sert de marché à son arrière-pays agricole, où les vieilles familles aristocratiques de la cité possèdent de grandes propriétés rurales.

 

malte, mdina : palazzo vilhena, entréeLe Palazzo Vilhena a été construit par le Grand Maître Antonio Manoel de Vilhena (1722-1736), dans le cadre de son plan de restructuration de la ville médiévale, ravagée par le tremblement de terre de 1693.
Le palais a été conçu en 1725 par l’ingénieur militaire parisien Charles François de Guion de Mondion qui avait été formé par le grand Vauban et qui était arrivé à Malte en 1715 en tant que chef adjoint d’une mission militaire française envoyée par le roi Louis XIV pour aider Les Chevaliers améliorent leurs fortifications.
Le palais de Vilhena abritait également les tribunaux de Mdina, ce qui explique pourquoi un certain nombre de cellules peuvent encore être trouvées à l’intérieur. La façade latérale du palais, face au palais Xara, est décorée d’une statue représentant la «Justice» qui n’a pas les yeux bandés, faisant passer le message qu’elle voit tout et sait tout.
C’est aujourd’hui l’un des bâtiments baroques les plus importants à Malte. Un buste en bronze du Grand Maître de l’Ordre se dresse fièrement au-dessus de la porte principale et les armoiries de Vilhena sont sculptées sur la porte principale et à l’intérieur du portique.

 

malte, mdina : palazzo vilhena, musée d'histoire naturelle
 
Le palais de Vilhena a également servi d’hôpital temporaire pendant l’épidémie de choléra de 1837, de sanatorium pour les troupes britanniques en 1860 et d’hôpital pour les patients atteints de tuberculose au début du vingtième siècle.

Le palais a subi de graves dommages durant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et, bien qu’il ait été destiné à être utilisé comme musée dès les années 1960, il n’a ouvert ses portes qu’en 1973 en tant que musée national d’histoire naturelle.
 
Le palais de Vilhena renferme maintenant plusieurs collections historiquement importantes, dont plus de 10 000 échantillons de roche et de minéraux, 200 mammifères et 200 espèces de poissons, 3 500 oiseaux, œufs et nids d’oiseaux, ainsi que des milliers de coquilles et insectes, locaux et exotiques, tout comme une impressionnante collection de fossiles.

Cliquez ici pour accéder à la page officielle, avec horaires et tarifs

 

malta, mdina : Banca Giuratale
La Banca Giuratale, également connue sous le nom de Palais Municipal, a été construite entre 1726 et 1728 pour abriter l’Università, le conseil d’administration civile de Mdina, après que leurs locaux d’origine aient été repris par le Grand Maître António Manoel de Vilhena afin de construire le Palazzo Vilhena. Le nouveau bâtiment a été conçu par Charles François de Mondion, déjà aux commandes du Palais Vilhena.

Le bâtiment fut loué à des particuliers en 1831. En 1881, le ministère de l’Éducation le transforma en école secondaire, qui ferma ses portes en 1969. Les Sisters of St. Dorothy utilisèrent ensuite le bâtiment comme école privée, jusqu’à l’échéance du bail en 1978.

Depuis 1988, il abrite une partie des Archives nationales de Malte .

 

malte, mdina : place de la cathédralemalte, mdina : casa gourgionLes Britanniques ont introduit plusieurs styles architecturaux à Malte pendant leur règne de 1800 à 1964. L’un des plus beaux exemples de conception néo-gothique est Casa Gourgion.
Le palais a été construit en 1728 mais la façade a été ajoutée beaucoup plus tard. Remarquez les arches pointues caractéristiques et la délicate ornementation sculptée qui est typiquement réservée aux cathédrales. À bien des égards, la Casa Gourgion est plus attrayante que la cathédrale Saint-Paul adjacente.

Comme vous pouvez le voir sur la photo de gauche, le palais se distingue nettement des autres constructions qui entourent la place Saint-Paul.

 

malte, mdina : cathédraleLors de son dernier voyage à Rome, où il espérait faire appel à César, St Paul fit naufrage le long de la côte de Malte en 60 après JC. La cathédrale Saint-Paul aurait été construite sur le site de la villa de Publius, le gouverneur de Malte qui s’est converti au christianisme après que l’apôtre ait miraculeusement guéri son père et plusieurs autres insulaires.

L’église normande d’origine fut détruite par le tremblement de terre de 1693, à l’exception de la sacristie et du choeur. Ce dernier était déjà décoré avec une peinture représentant la Conversion de St Paul et une fresque illustrant son naufrage, ainsi que cinq autres ouvrages, tous peints par Mattia Preti : ils ont heureusement survécu au tremblement de terre.

L’édifice baroque actuel, assez sobre, fut érigé entre 1697 et 1702 par l’architecte maltais Lorenzo Gafà.
Remarquez les motifs de feu et de serpent au sommet des clochers jumeaux, qui symbolisent le premier miracle du saint à Malte.
Pour voir l’intérieur de la cathédrale, cliquez ici.

 

malte, mdina : palais épiscopal
 
Tout près de la cathédrale, le palais épiscopal qui date de 1722 est construit à l’emplacement du précédent du XIVe siècle. Il a toujours été le siège des évêques de Malte.
Avant l’arrivée des Britanniques, les évêques étaient toujours des prélats étrangers. Ils sont désormais maltais.

 

malte, mdina : musée cathédrale

Le Musée de la Cathédrale est un imposant palais baroque. Achevé en 1744, il a été construit comme séminaire diocésain, ce qu’il resta jusqu’au début du 20e siècle. Il fut ensuite utilisé par diverses institutions ecclésiastiques et éducatives avant de devenir le Musée de la Cathédrale, le 5 janvier 1969.
La majeure partie des collections provient d’un héritage du comte Saverio Marchese (1757-1833)

Le point fort de ce musée est une série de gravures sur bois et sur cuivre, ainsi que de lithographies, d’Albrecht Dürer. Il possède également une remarquable collection de pièces qui couvrent une période de 2000 ans, notamment carthaginoises et romano-maltaises.

Pour les tarifs et les horaires (billet combiné cathédrale / musée), cliquez ici

 

malte, mdina : église et couvent des carmélites
L’église des carmélites
a été construite entre 1660 et 1675 et aurait été conçue par l’ingénieur militaire français Mederico Blondel des Croisettes (1628-1698). Ce fut la première église à être construite à Malte selon un plan elliptique.

L’église carmélitaine a joué un rôle important dans la ville de Mdina, notamment pendant l’occupation française, où l’église fut dépouillée de son argent en juillet 1798. Les Français revinrent en septembre pour voler les précieuses tentures de damas de l’église. Les rebelles maltais en verrouillèrent immédiatement les portes et, dit-on, un jeune garçon grimpa sur le beffroi pour sonner l’alarme. Cet événement a déclenché la révolution contre la tyrannie des Français.

L’église se targue de détenir des œuvres de peintres importants, dont Mattia Preti, Stefano Erardi, Michele Bellanti et Giuseppe Calì.

Le prieuré, construit par l’architecte maltais Lorenzo Gafà en 1678, est ouvert au public, mais les visites sont uniquement possibles sur demande et pré-réservation du mardi au samedi de 10h à 16h : les visiteurs seront guidés autour du cloître dans les différentes zones du prieuré qui sont encore utilisées quotidiennement par la communauté carmélitaine.
Si cela vous intéresse, il suffit de passer par leur site

 

malte, mdina : palazzo falsonLe splendide Palazzo Falson, l’une des plus vieilles demeures de Malte construite au XIIIe siècle, abrite une vaste collection privée comprenant des meubles, des montres (dont une montre française révolutionnaire unique), de l’argent, des bijoux, des tapis orientaux rares d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan, des peintures, des armureries et des livres (4500 !). Un audio-guide en français est inclu dans le prix d’entrée

Le Palazzo doit son nom au vice-amiral Michele Falsone, propriétaire du 16ème siècle, bien que la collection fut réunie par le capitaine Olof Frederick Gollcher, artiste, philanthropique et érudit (1889-1962), qui acheta le Palazzo en 1927.

Pour les horaires et tarifs, voir le site du palais
Après votre visite, vous pourrez aller sur le toit du musée,où vous trouverez un café avec une vue panoramique grandiose sur la ville et ses environs.

 

malte, mdina : ruelle

Après avoir arpenté les artères principales de Mdina, pour découvrir les monuments que nous venons de décrire, n’hésitez pas à déambuler au hasard des ruelle pour mieux apprécier le calme et les charmes de cette cité piétonnière où seuls ses habitants sont autorisés à circuler en voiture.

malte, mdina : artisanat du verremalte, mdina : artisanat du verreUn objet en verre soufflé de Malte est unique ! De toutes tailles, toutes formes et pour tous les budgets : vases, vides poche, pendentifs,…
A Mdina, vous n’aurez que l’embarras du choix !
Vous pouvez visiter les ateliers de Mdina Glass au village artisanal de Ta’ Qali : vous verrez les techniques de soufflage. Nous n’avons hélas pas eu le temps de nous y rendre.

 

malte, mdina : porte des grecsmalte, mdina : porte des grecs
 

 

Nous ressortons par la Porte des Grecs, la plus ancienne, qui permet aux voitures d’entrer dans la ville.
L’ entrée se fait en deux temps : il faut d’abord descendre au niveau des douves. Une deuxième porte permet l’entrée effective dans la ville.

 

malte, mdina : domus romanamalte, mdina : domus romana, mosaïqueAu pied de la forteresse, à l’entrée de Rabat, la Domus Romana est un musée qui couvre le site d’une maison somptueusement décorée appartenant sans nul doute à un riche personnage de l’époque romaine du Ier siècle av. J.-C. Le site a été découvert fortuitement en 1881, et fouillé entre 1920 et 1924
Le bâtiment que vous voyez date de 1920, et sa façade a été achevée en 1925 : il abrite notamment l’ancien atrium de la villa romaine, qui a conservé son impluvium (le bassin central destiné à recevoir les eaux de pluie). Celui-ci est revêtu d’une belle mosaïque figurant deux oiseaux s’abreuvant à une coupe.
Ce musée se visite en partie en plein air.
Pour les horaires, les tarifs, et plus de détails, voyez le site officiel

 

malte, rabat : catacombes st paulDu temps des romains, l’inhumation était interdite à l’intérieur des murs de la ville. De ce fait, la zone à l’extérieur du fossé qui entoure Mdina regorge d’une concentration d’hypogées, ou lieux de sépultures païens, juifs ou chrétiens, creusés dans la roche par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, et les Byzantins.

Les catacombes de St Paul représentent la première et la plus grande preuve archéologique du christianisme à Malte.

Le site a été nettoyé et étudié en 1894 par le Dr Antonio Annetto Caruana, le pionnier de l’archéologie de l’ère chrétienne à Malte (et que nous avons déjà mentionné à Ħaġar Qim. C’est un labyrinthe de tombeaux creusés dans la pierre, de marches et de passages étroits (claustrophobes s’abstenir).
L’entrée inclut un audioguide qui permet de découvrir les lieux en 45 mn. Pour les horaires, les tarifs et plus de détails, voyez le site officiel
Les catacombes de Ste Agathe, juste en face, abritent une série de fresques remarquables datant du XIIe au XVe siècle.

 

Pour nous, il est temps de reprendre la route pour nous diriger vers notre prochain objectif : Mosta

 

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