Luxembourg-ville : le Circuit Wenzel

Luxembourg-ville : le Circuit Wenzel

retour

Luxembourg-ville : Circuit Wenzel,marquageCet itinéraire a reçu son nom en souvenir de Wenceslas II (ou «Wenzel»), duc de Luxembourg de 1383 à 1419. Pendant son règne, une partie de la troisième enceinte, appelée justement mur de Wenceslas, a été érigée : nous pourrons en admirer des vestiges durant la balade.
Le circuit permet d’arpenter les vieux quartiers de la ville basse. Il est parfaitement balisé, et surtout il est émaillé de nombreux panneaux explicatifs, rendant l’excursion riche en enseignements, historiques notamment.
Le circuit Wenzel a été classé itinéraire culturel exemplaire par le Conseil de l’Europe, et une partie a été inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Vous pouvez télécharger un mini guide ici, en anglais, français ou allemand : ce guide est aussi disponible à l’Office du Tourisme.

Attention : ce circuit n’est pas adapté pour les poussettes ou pour les personnes ayant besoin d’assistance pour se déplacer.

 

Effectué le 12 avril 2014

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, le rocher du Bock et la Dent CreuseLuxembourg-ville : circuit Wenzel, le rocher du Bock et la Dent CreuseNous empruntons la « Montée du Clausen » pour atteindre (1) le rocher du Bock, considéré comme berceau de la ville de Luxembourg.
Cet éperon rocheux supporte en effet les ruines du château de Luxembourg, édifié en l’an 963 par Sigefroi, comte des Ardennes. Le château de Sigefroi fut démoli en 1555 et transformé en fortin au XVIIe siècle.
Détruit en 1684, lors du siège de la ville par les Français, il fut reconstruit par Vauban. En 1745, les Autrichiens entreprirent l’aménagement des fortifications et creusèrent des casemates.
En 1867, la forteresse fut évacuée et dut être démantelée à la suite de la neutralisation du Luxembourg.

Le Bock sera finalement rasé en 1875 : il ne subsiste en surface que la tour nommée « Dent Creuse », que vous voyez sur les deux photos.

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, le rocher du Bock, reconstitution

Un croquis nous donne une idée de ce que fut la forteresse et nous permet de comprendre pourquoi elle avait une importance stratégique capitale. Elle était en effet facile à défendre contre les troupes ennemies, car sur trois côtés, elle était entourée par la profonde vallée de l’Alzette et n’était accessible que par la voie ouest.

Au cours des siècles, de formidables enceintes furent érigées à l’ouest, ce qui n’empêcha cependant pas les Bourguignons de prendre la ville en 1443.

Après cette date, le Luxembourg passera d’un grand pouvoir européen à un autre (les empereurs du Saint Empire, la maison de Bourgogne, les Habsbourg, les rois d’Espagne et de France et finalement les Prussiens). Chacun aura à coeur de renforcer les défenses de la ville, au point qu’elle finira par devenir une forteresse d’une envergure telle qu’on lui donnera le surnom de « Gibraltar du Nord ».

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, le rocher du Bock
A côté de ces constructions en hauteur, le Bock comprenait également un vaste système de casemates qui trouve son origine dans l’extension des caves du château médiéval. Ces excavations souterraines furent considérablement agrandies à partir de 1744, c’est-à-dire à l’époque autrichienne, sous le gouverneur Baron Neipperg.
La casemate principale a une longueur de 110 m, et sa largeur maximale est de 7 m. Disposées des deux côtés de cette allée centrale, les casemates secondaires comprennent un ensemble de 25 embrasures ou canonnières, dont 12 sont tournées vers le Nord, 13 vers le Sud. Elles offrent de la place pour au moins 25 bouches à feu, ce qui permettait un feu croisé intense.
En cas de guerre, les casemates du Bock, d’une superficie de 1100 m2, pouvaient servir de casernes à plusieurs centaines de soldats. L’approvisionnement en eau était assuré par le vieux puits qui avait une profondeur de 47 m.
Nous les visiterons à la fin de notre circuit.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, le pont du chateau(2) Le pont à deux étages qui relie le Bock à la ville haute constitue lui aussi un élément important des fortifications souterraines. Il s’agit d’une véritable curiosité du point de vue technique.
Construit par les Autrichiens en 1735, il ne présente pas moins de quatre liaisons de passage, notamment, un passage au niveau de la route, un deuxième à travers les quatre arches supérieures du pont, et un troisième accessible par un escalier en colimaçon à l’intérieur de la grande arche, lequel muni de deux meurtrières, est cependant incomplet puisqu’il n’y a pas d’issue du côté du Bock. Par contre, si on continue à descendre l’escalier, on arrive à un quatrième passage, à savoir celui qui passe en-dessous de la rue Sosthène Weis.
Finalement, dans le Bock, un escalier en colimaçon monte à nouveau jusqu’aux casemates.
Le pont fut entièrement restauré en 1992/93.
(source : service des sites et monuments nationaux)

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, la corniche

 

(3) La Corniche, que l’écrivain luxembourgeois Batty Weber qualifie de « plus beau balcon de l’Europe », s’étend sur les remparts érigés au XVIIe siècle par les Espagnols et que Vauban a continué à fortifier plus tard.

Le tracé, établi en 1875, sur un ancien chemin de ronde de la forteresse, relie les anciens quartiers de la ville haute au plateau du St. Esprit.
Jusqu’en 1870, certaines pentes abruptes de la Corniche étaient munies d’escaliers ; après le démantèlement ils furent nivelés. Une grande partie des remparts garnis de créneaux dut également céder, offrant alors une superbe vue sur la vallée de l’Alzette, la ville basse du Grund et le Plateau du Rham.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, la maison Cassal
Sur la Corniche, nous pouvons admirer des maisons patriciennes de la Renaissance, ainsi que d’autres bâtiments remarquables (cliquez sur la photo pour l’agrandir).

Ainsi, (4) la Maison de Cassal (flèche rose sur la photo), qui appartenait à de riches industriels, abrite de nos jours le service des médias et des communications du gouvernement luxembourgeois. D’autres demeures de nobles des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles servent désormais d’écrin à des commerces et des restaurants.

Le cloître de Saint-François, qui appartenait à la Congrégation des Sœurs franciscaines de la miséricorde, a quant à lui été racheté par des promoteurs : il ont transformé l’ancien couvent datant du XIIIe siècle en un complexe résidentiel d’exception.

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, le faubourg du Grund

La route de la Corniche offre aussi une vue magnifique sur la vallée de l’Alzette, le Grund et, en face, sur le Plateau du Rham sur lequel va nous mener notre balade.

Le « Grund » également surnommé « ville basse » fut un des premiers sites de peuplement sur le territoire de la future ville de Luxembourg. Le quartier a gardé le charme d’un petit village où il est agréable de se promener, et pourquoi pas, de s’arrêter dans un des nombreux cafés pour prendre un verre dans un cadre agréable.
Vous y trouverez aussi des restaurants réputés , tels que le « Kamakura » (jugé comme étant le meilleur restaurant japonais de la ville) ou encore le « Mosconi » (meilleur restaurant du pays d’après le guide Michelin)

Certains de ces bâtiments sont classées au patrimoine de l’Unesco, comme l’Abbaye de Neumünster.

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, le faubourg du Grund

 

Les terrasses en contrebas du rocher du Bock témoignent d’une activité maraîchère jadis importante dans la vallée de l’Alzette.

Déjà au XVIIIe siècle, on trouvait des jardins en terrasses à cet endroit : leur situation plein sud leur garantit un ensoleillement très favorable et la paroi rocheuse leur offre une protection contre les vents du nord.

Dans la Ville de Luxembourg, la production de légumes et de plantes d’ornement était d’une grande importance, surtout dans les vallées de l’Alzette, de la Pétrusse, de la Millebaach, au Rollingergrund, au Limpertsberg et au Kirchberg.
Les dernières décennies ont vu un net recul de l’horticulture.
(source : panneau placé sur le circuit)

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, la porte du Grund

 

Le circuit emprunte un chemin qui descend vers une porte fortifiée. Le dépliant fourni par l’Office de Tourisme nous apprend qu’elle a été construite en 1632 par les Espagnols et qu’on l’appelle (5) la Porte du Grund.

Mais le service des sites et monuments nationaux l’appelle la Porte Espagnole, et nous dit que la Porte du Grund a été démolie :
« En 1632, les Espagnols avaient remplacé la porte médiévale, datant de la fin du XIIe siècle et faisant partie de la deuxième enceinte de la Ville de Luxembourg, par une double porte d’entrée, et cela, afin de mieux pouvoir défendre la ville, et d’en contrôler l’accès de manière plus stricte. Cette construction était constituée de deux portes massives successives, équipées l’une, d’un pont-levis, et l’autre, d’un pont-levis et d’un fossé.

Aujourd’hui, seule la porte supérieure, de forme carrée, munie de créneaux et de merlons, subsiste. Elle constitue un des vestiges les mieux conservés du patrimoine architecturo-militaire de l’époque espagnole. La porte inférieure, dite porte du Grund, a été démolie lors du démantèlement de la forteresse« .

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, rue Sosthene Weis

Une fois la porte franchie, nous continuons sur notre gauche et suivons une route qui, en d’étroits lacets, nous mène jusqu’au fond de la vallée.
C’est ici, au pied de la corniche, que l’on prend véritablement conscience de la majesté du site.
L’ensemble des fortifications a été renforcé et développé en quatre étapes principales, sous des souverainetés étrangères : les Espagnols (1671-1684), les Français sous la direction de Vauban (1684-1697), les Autrichiens (1715-1795) et enfin la garnison prussienne dans le cadre de la Confédération germanique (1815-1867). La ville de Luxembourg a été l’une des plus grandes forteresses de l’Europe moderne !
Après le Traité de Londres en 1867, qui stipule la neutralité perpétuelle du Grand-Duché, la majorité des fortifications seront démolies, mais de nombreux vestiges représentatifs de toutes ces époques subsisteront et ce sont eux que le circuit Wenzel veut nous faire découvrir.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, StierchenNous arrivons à un endroit fort intéressant, qui conserve des éléments de périodes différentes : n’hésitez pas à cliquer sur l’image pour l’agrandir afin de mieux repérer les n° correspondant aux explications.

1. Arcades et chemins de ronde du XVIe siècle, reconstruits par Vauban à la fin du XVIIe siècle. A noter que la partie des arcades situées à droite du joint a été réédifiée en 1994.
2. Mur et archères reconstruits au XIXe siècle.
3. Renforcement du mur élevé au XVIIe siècle.
4. Tour de flanquement du pont : sa base et le pont remontent au milieu du XVe siècle.
5. Pont, dit « Stierchen » (vers 1450). La partie supérieure a été reconstruite en 1983 : elle servait de chemin de ronde. On y accédait des deux côtés par un escalier maçonné, encore visible dans le sous-sol de la partie gauche.
La partie inférieure du pont à deux arcades, quant à elle, subsiste encore actuellement

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, Stierchen
La construction du (6) pont du Stierchen et des deux tours qui le flanquaient remontent au milieu du XVe siècle. La tour située sur la rive droite fut démantelée lors de travaux d’aménagement de l’escarpe espagnole, en 1604. Des traces de cette tour furent retrouvées en 1991.

Les fouilles effectuées (1990-1992) dans et autour de la tour sur la rive gauche démontrent qu’il s’agissait bien d’une tour à gorge ouverte ayant un diamètre de 6 m. (resp. 3,20 m à l’intérieur). Le niveau inférieur comportait une fenêtre ou meurtrière ainsi qu’une porte donnant sur l’eau. Vers 1500, cette tour a été fermée. On y accédait alors par une porte au rez-de-chaussée. Les différents foyers ainsi que les tessons en céramiques, trouvés à l’intérieur de celle-ci, nous font penser qu’un poste de garde y avait été aménagé.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, mur Wenceslaslà encore, n’hésitez pas à cliquer sur l’image pour l’agrandir afin de mieux repérer les n° correspondant aux explications.

1. « Tutesall », bâtiment construit au XIXe siècle comme étable. Aujourd’hui, il a été transformé en salle culturelle.
2. Hôpital prussien, élevé en 1863-1866, appelé à l’époque de la prison « le Criminel »
3. Emplacement de l’ancienne porte de Trèves, aménagée vers 1590.
4. Mur, dit de « Wenceslas », sur le plateau du Rham : il date des XVe-XVIe siècles
5. « Dinselpforte » ou « Tour Jacob », construite au XVe siècle.
6. Caserne prussienne, de 1862.

La Tour Jacob ou Dinselpforte est un vestige d’une grande richesse historique et architecturale, comme nous l’explique un article du service des sites et monuments nationaux du Luxembourg.

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, abbaye de neumunster
Sur cette photo, la vedette est (8) l’abbaye de Neumünster : elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et constitue un site historique majeur de la ville de Luxembourg. Abbaye puis prison, le lieu est devenu un Centre Culturel de Rencontre. Pour approfondir l’histoire du lieu, cliquez ici.
Sur cette photo, nous pouvons distinguer :
1. La salle culturelle Tutesall (XXe siècle), appelée salle Robert Krieps
2. L’ancien hôpital militaire (1863-1866), devenu bâtiment Robert Bruch
3. L’ancienne abbaye Neumünster (fin XVIIe, début XVIIIe siècle)
4. L’église Saint-Jean (fin XVIIe siècle)
5. Les archives nationales, ancien hôpital militaire (1857-1860)
6. La Citadelle du Saint-Esprit (fin du XVIIe siècle)

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, Dinselport
Cette partie de l’enceinte, nommée populairement (7) Mur de Wenceslas, protégeait les habitants de la vallée. Elle permettait d’intégrer dans l’ensemble du dispositif de défense aussi bien la ville basse que le plateau surélevé du Rham. À l’origine, le mur avait une longueur de 875 mètres et comportait 37 tours et 15 portes.
Le fossé devant le mur de Wenceslas a été déblayé par des archéologues en 1992/93. À cette occasion, et parmi d’autres découvertes intéressantes, se trouvaient les fondations d’un pont en bois du Moyen Âge parfaitement conservées. Cette construction, élevée dans la prolongation de la «Krudelspuert» ( ancienne porte d’accès à la ville médiévale), faisait partie de la première route menant à Trèves. De plus, dans les fossés, on mit à jour deux murs, l’un datant du Moyen Âge, l’autre du temps des Espagnols.

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, ancienne porte de Treves

 

Construite au Moyen Age tardif (XIV° et XV° siècle) , (9) la Dinselpforte (appelée aussi Tour Jacob, ou vieille porte de Trèves) était l’une des entrées principales à l’est de la ville. A partir de la fin du XVI° siècle, elle perdait cette fonction au profit de la nouvelle porte de Trèves, construite en contrebas. La porte continuait à défendre la ville contre les attaques provenant de l’est. Cette tour-porte massive a brûlé en 1443, au moment de la prise de la ville par les Bourguignons. En 1684, elle a été gravement endommagée par les bombardements des troupes françaises et fut reconstruite immédiatement.
Pour en savoir davantage sur cette porte, reportez-vous àl’article que lui consacre le service des sites et monuments nationaux du Luxembourg.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, KirchbergLuxembourg-ville : circuit Wenzel, citadelle du Bock
Du haut de la Tour Jacob, nous avons une vue magnifique :

– sur le plateau du Kirchberg (la colline avec les tours), « quartier européen » du Luxembourg, situé dans la partie nord-est de la ville et qui constitue le cœur bancaire et financier du pays

– sur le rocher du Bock, point de départ de notre circuit

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, Grund et Ville HauteLuxembourg-ville : circuit Wenzel, citadelle du Saint Esprit

 

Nous avons aussi une vue imprenable sur la ville haute, le chemin de la corniche que nous avons emprunté et sur le trajet effectué pour arriver jusqu’à la Dinselpforte. Avez-vous repéré la « Porte du Grund » à gauche, sur la photo ? N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir afin de mieux voir.

Enfin, tout à gauche, nous découvrons le Plateau du Saint-Esprit avec ses fortifications.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, casernes
(10) Sur le plateau du Rham, les témoins du passé militaire sont encore bien présents.
Après le siège de 1684, Vauban fit ériger les quatre premières casernes pouvant loger environ 1.760 hommes à condition de compter de deux à trois hommes par lit, c’est-à-dire, un homme au lit, un homme en service, et un homme hors service. Ainsi, 700 à 880 lits étaient donc disponibles dans ces casernes, à la fin du XVIIe siècle
Deux siècles plus tard, les Prussiens construisirent la cinquième caserne directement derrière le mur d’enceinte du Rham. Cette nouvelle caserne massive, d’une longueur de 75 m, était bâtie de manière à résister aux chocs des bombes d’artillerie.
L’époque militaire du Rham révolue, un orphelinat fut aménagé dans les bâtiments. En 1893, ce dernier fut transformé en maison de retraite pour personnes démunies et âgées. Aujourd’hui encore, les bâtiments du Rham sont utilisés en tant que maisons de retraite.

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, réservoir
Le problème de l’eau se posait différemment selon qu’on habitait dans la ville haute ou dans la ville basse. L’approvisionnement était assez aisé dans le Grund et le Pfaffenthal situés le long des rivières et au pied des falaises d’où jaillissaient des sources.
Par contre, la ville haute bâtie sur le roc n’avait pas de sources. L’eau potable fraîche devait être transportée par des porteurs depuis la vallée jusque dans la ville haute : il y avait le « Waassermann »comme il y avait la laitière.
Le château d’eau octogonal, extérieur aux casernes, date de 1843 seulement. Nous avons appris par la suite qu’une « maison de fontainier » a été construite en même temps que le château d’eau. Elle est perchée sur les falaises du plateau : pour voir de quoi elle a l’air, cliquez ici
Aujourd’hui, l’ancienne maison du fontainier, surnommée « Arche de Noé » par les gens du quartiers, est occupée par des particuliers : si vous réussissez à la localiser, merci de partager l’info via les commentaires !

D’importants travaux ont été menés entre 2010 et 2014 sur le plateau du Rham par le Service des sites et monuments nationaux.
Les 3 tours médiévales construites en demi-lunes, ainsi que la tour Orth (près de la voie ferrée) et la contrescarpe avec le chemin « Kanounewee » ont été restaurées, entre autres.
Voyez le dossier qui explique tout ce qui a été fait pour que ce site retrouve toute sa splendeur.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, Biessepuert
Nous suivons les murs extérieurs des anciennes casernes et quittons le Plateau du Rham par un escalier sinueux qui descend jusqu’à la vallée de l’Alzette.
La porte carrée que nous découvrons, appelée (11) Bisserpforte (ou Biesserpurt) fut construite au XVe siècle, en même temps que l’enceinte qui subsiste ici. D’importance secondaire, plus souvent murée qu’ouverte, la porte, qu’on doit plutôt qualifier de poterne, permettait le trafic local et le passage des habitants du Grund et des alentours.
Depuis sa construction jusqu’au début du XXe siècle, la Bisserpforte avait gardé son aspect médiéval. Pour des raisons de salubrité publique, elle fut ouverte en 1907 et la partie extérieure fut détruite.Dans les années 80, elle fut restaurée.
Pour les mêmes raisons, les maisons du Bisserwee, situées en contrebas du plateau du Rham, furent démolies. Aujourd’hui encore, le parcellaire de ces maisons reste visible dans les roches du plateau où plusieurs caves, partiellement taillées dans la roche, témoignent de cet habitat faubourien.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, MaierchenLuxembourg-ville : circuit Wenzel, MaierchenNous aboutissons sur (12) le chemin de ronde du mur médiéval, appelé Maierchen. Ce mur faisait partie de la 3e enceinte de la Ville et fut construit au XVe siècle : il s’agit donc d’un autre vestige du mur Wenceslas.
Afin de fermer la vallée vers l’Est, le Maierchen descend dans la vallée, coupe le Bisserwee, franchit l’Alzette pour s’accoler contre l’autre versant de la vallée, à savoir le rocher du Verlorenkost.

Le Bisserwee avec la Bisserpforte, le viaduc du chemin de fer, le Maierchen avec son chemin de ronde ainsi que les roches massives du Rham et du Verlorenkost constituent un ensemble impressionnant témoignant à la fois du passé médiéval et du passé militaire de la Ville de Luxembourg.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, rue st Ulrich

 

 

Au confluent de la Petrusse et de l’Alzette, nous entrons dans la rue Saint-Ulric. La première maison indique le niveau impressionnant atteint par l’eau le 9 février 1956 puis le 4 mars 1806.
A priori, le passant non averti pourrait penser qu’il s’agit de deux catastrophes naturelles. Mais celui qui vient de suivre le circuit Wenzel, et qui a lu les panneaux explicatifs, se doute bien que cette montée des eaux fut volontairement orchestrée.

Afin de comprendre ce qui s’est passé, suivons cette rue jusqu’à ce que, un peu plus loin, sur la droite, un petit chemin s’ouvre sur les berges de l’Alzette.

 

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, écluse du GrundLuxembourg-ville : circuit Wenzel, écluse du Grund, schema

Les quelques pierres que nous voyons encore sont tout ce qui reste de (13) l’Ecluse du Grund qui avait été construite en 1731 par les Autrichiens. Comme elle servait aussi à des fins militaires, elle a été détruite lors du démantèlement de 1867.

L’écluse était constituée d’un épais barrage maçonné comportant des ouvertures voûtées, qui pouvaient être fermées pour empêcher le passage de l’eau. De cette façon, il était possible d’inonder, d’une part, la vallée de la Pétrusse jusqu’à l’écluse Bourbon et, d’autre part, de submerger la vallée de l’Alzette jusqu’à la Polvermillen. Ainsi, en cas de menace ou d’attaque de l’extérieur, les deux vallées pouvaient être inondées sur plusieurs kilomètres.

 

Luxembourg-ville : circuit Wenzel, plateau du Saint EspritNous suivons la berge et puis, à hauteur du pont, nous tournons à gauche et traversons la rue pour pénétrer dans un petit tunnel. Il est réservé aux piétons et nous mène vers un ascenseur qui nous remontera sans effort vers la ville haute, sur le (14) Plateau du Saint-Esprit, à hauteur de la nouvelle Cité Judiciaire.
À cet emplacement se trouvait au XIIIe siècle un cloître de Clarisses. Vauban ordonnera le déménagement des 21 dernières moniales qui vivaient encore dans le couvent. Il construira en 1684 une citadelle et deux casernes qui ont servi jusqu’en 1967 et dont l’une borde toujours la nouvelle Cité Judiciaire.
Durant la période française, une séparation fortifiée sera construite entre le Plateau du Saint-Esprit et la ville de Luxembourg, ce qui donnera naissance à la citadelle du Saint-Esprit. Entre 1746 et 1751, les Autrichiens procéderont au creusement des 42 casemates du Saint-Esprit ; seules celles du Bock sont plus importantes.
En 1829, la séparation vers la ville est démolie et de nombreuses construction verront le jour sur le plateau.
En 1867, la forteresse de Luxembourg est démantelée, comme nous l’avons vu.

Le plateau du Saint-Esprit changera alors peu à peu de visage et bon nombre de constructions anciennes disparaîtront, y compris les casernes de Vauban.
Une aile des casernes Vauban est de nos jours incorporée dans le bâtiment du tribunal d’arrondissement et l’hôpital de guerre sert aux Archives Nationales.

La nouvelle Cité Judiciaire ne date que de 2008 : elle a été inaugurée officiellement le 6 octobre 2008.

En 1994, lorsque les vieux quartiers et les fortifications de la capitale ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, les experts mandatés ont donné leur accord à la construction de la cité judiciaire à condition que les vestiges du site soit aménagés en musée. Celui-ci devait voir le jour en même temps que la cité judiciaire en 2008 mais pour l’instant le projet est en sommeil, faute de budget.
Voir l’excellent article que lui a consacré le « Luxemburger Wort » en 2014.
Peut-être ce chantier sera-t-il lancé maintenant que la rénovation du plateau du Rham est terminée ?

Si vous avez des infos, n’hésitez pas à les partager via les commentaires.

Le circuit «Wenzel» se termine sur le Plateau du Saint Esprit.
Pour revenir à votre point de départ, vous pouvez enchaîner par le tour de la ville historique.

A moins que vous préfériez poursuivre par :

retour

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *