Luxembourg-ville : le Circuit Vauban

Luxembourg-ville : le Circuit Vauban

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Luxembourg : circuit Vauban, panneauLe circuit porte le nom de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), l’illustre commissaire des fortifications sous le règne de Louis XIV.
Vous découvrirez les sites témoignant du passé militaire de Luxembourg, et jouirez de vues panoramiques impressionnantes sur la ville depuis les hauteurs fortifiées.
Mais le but premier de l’itinéraire Vauban est de faire découvrir au visiteur les points d’importance stratégique de celle qui fut une des forteresses les plus imposantes d’Europe.

Vous pouvez télécharger un mini guide ici, en anglais, français ou allemand : ce guide est aussi disponible à l’Office du Tourisme.

 

Attention : ce circuit de 4km, bien que classé « facile » n’est pas du tout adapté pour les poussettes ou les personnes éprouvant des difficultés à marcher. Des chaussures confortables sont recommandées : voyez le profil de la balade sous la carte (dénivelé total : 198m)

Le siège de forteresse de Luxembourg dura trois mois, du 28 avril au 4 juin 1684. Les troupes françaises étaient commandées par le maréchal de Créqui, et Vauban, en tant qu’homme de guerre expérimenté, se vit confier la direction technique du siège . En raison de la bravoure avec laquelle la garnison espagnole avait défendu la place, un départ honorable lui fut accordé lors de la capitulation. Louis XIV fit son entrée à Luxembourg trois ans plus tard où il séjourna pendant cinq jours. Le Luxembourg resta province française jusqu’en 1697, date de la signature de la paix de Ryswick qui rendit le Luxembourg à l’Espagne.
Après la prise de la ville-forteresse, Vauban fut responsable des travaux de reconstruction des fortifications et en fit le futur “Gibraltar du Nord” figurant au rang d’une des plus importantes forteresses d’Europe à l’époque.
Malgré le démantèlement de la forteresse dans sa quasi totalité (à partir de 1867), les reconstructions et les adjonctions de forts, de redoutes et de casernes que Vauban entreprit d’édifier entre 1685 et 1688 à l’aide de 3 000 ouvriers, ont conféré à la ville le cachet particulier qu’elle a gardé jusqu’à nos jours.
En 1994, la vieille ville et une partie des ouvrages fortifiés furent inscrites à la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Effectué le 11 avril 2014

Luxembourg : circuit Vauban, rocher du BockLe point de départ du circuit Vauban est le (1) Rocher du Bock, promontoire rocheux environné de pentes escarpées dont le comte Sigefroi avait reconnu l’importance stratégique lorsqu’il y érigea son “Lucilinburhuc” (petit château fort) au Xe siècle, véritable berceau de la future ville haute.
Le château du Bock fut détruit au XVIe siècle. Ne répondant plus aux exigences de l’artillerie, il fut laissé à l’abandon. Ce n’est qu’au XVlle siècle que le site du Bock fut entièrement transformé, par les Espagnols, selon les critères des nouvelles techniques de fortification. Il sera détruit en 1684 lors de la prise de Luxembourg par les Français.

En érigeant les fortins du Grand Bock, du Bock Moyen et du Petit Bock sur les trois plateaux rocheux, Vauban fit reconstruire les anciennes fortifications du Bock sans trop les modifier.
Nous verrons cela d’un peu plus près, au retour, quand nous longerons les plateaux par le bas.

Luxembourg : circuit Vauban, marché aux poissons
L’itinéraire emprunte la rue Sigefroi, passe devant l’église Saint-Michel pour aboutir au (2) Vieux Marché-aux-Poissons. Nous nous retrouvons devant un bâtiment contemporain, le “Musée National d’Histoire et d’Art”. Le but n’étant pas d’aller visiter ce musée, aussi intéressant soit-il, nous nous étonnons …

En fait, le dépliant oublie de préciser que le Marché-aux-Poissons est le centre historique de la vieille ville. C’est ici, devant les portes du château fort comtal, que se tinrent les premiers marchés.
La vie économique et sociale des premiers habitants de la ville se déroulait dans les petites ruelles autour de la place, et les bâtiments qui la bordent ont une valeur historique tout à fait particulière.

Luxembourg : circuit Vauban, marché aux poissonsLuxembourg : circuit Vauban, marché aux poissons

 

Ainsi, vous découvrirez, entre autres, la maison dite « sous les piliers » : au-dessus de son portique Renaissance, elle présente des baies et une niche de style gothique flamboyant. Dans la niche, remarquez la statue de sainte Anne et la Vierge à l’Enfant.

 

 

 

Plus à gauche (3, rue de la Loge), voyez la pittoresque maison à tourelle avec la fameuse inscription: « Mir welle bleiwen wat mir sin » (« nous voulons rester ce que nous sommes ») qui date de la crise luxembourgeoise survenue en 1867 résultant de l’opposition des chancelleries d’Europe à l’achat du Grand-Duché de Luxembourg par la France de Napoléon III.
Cliquez sur la photo pour l’agrandir et mieux voir !

Luxembourg : circuit Vauban, les trois tours
La porte médiévale appelée (3) « les Trois Tours » se situe sur le tracé de l’ancienne voie romaine reliant Arlon à Trèves.

Cette porte est composée de deux tours rondes du XIV e siècle et d’un logis central de forme carré du XII e siècle. La partie la plus ancienne faisait partie de la première enceinte médiévale en pierre. Durant des siècles et jusqu’en 1810, la Porte des Trois Tours servait de porte d’entrée à la ville haute et de prison.
Les comptes de la ville stipulent que les cachots étaient situés dans des pièces souterraines. Il est question d’ailleurs de cordes pour faire descendre et remonter les détenus.
A la suite du traité de Londres, la porte des trois tours fut rendue inoffensive. En 1870, le fossé et le pont dormant en pierre construit devant la porte en 1737 furent détruits par ensevelissement.
(source : service des sites et monuments nationaux)

Luxembourg : circuit Vauban, tourelle espagnole
L’entrée de la porte médiévale est précédée par le petit bastion du Gouvernement. Il se rattache à droite à la porte intérieure du Pfaffenthal et à gauche à la porte des Trois Tours. Construit en 1606, ce petit bastion était censé surveiller les abords de la porte. Il s’opposait au grand bastion du gouvernement construit en 1565 par les Espagnols entre le Berlaimont et le palais de justice. Le petit bastion, de forme irrégulière, entoure la cour du palais de justice, autrefois siège du gouverneur. Il a été transformé en terrasse de jardin du palais en 1828.

Luxembourg : circuit Vauban, point de vueDe là, nous jouissons d’un beau point de vue sur le Pfaffenthal, dominé (malheureusement) par le pont de la Grande Duchesse Charlotte, appelé communément Pont Rouge (il date de 1965 et relie le centre-ville au centre européen sur le Plateau du Kirchberg).

La ville basse du Pfaffenthal, située de part et d’autre des rives de l’Alzette forme, avec la ville basse du Grund, le plus vieux quartier de la ville. Là où l’ancienne route romaine reliant Reims, Arlon et Trèves traverse l’Alzette, un petit habitat s’était déjà implanté à l’époque des Césars. Au Moyen Âge, c’étaient avant tout des artisans et de modestes tanneurs, brasseurs et teinturiers qui s’établissaient au “Pfaffenthal”, dont le nom fait référence aux moines de l’abbaye bénédictine d’Altmünster qui travaillaient la terre dans cette vallée fertile.

 

Nous nous dirigeons maintenant vers le symbole du Pfaffenthal, les Tours Vauban, tours massives bien préservées qui portent le nom des constructions médiévales qu’elles vinrent remplacer: la Porte d’Eich et la Porte des Bons Malades.
Vauban reconnut, lors du siège des Français, que le Pfaffenthal (qui n’était guère fortifié) et les hauteurs adjacentes constituaient les points faibles de la forteresse. C’est la raison pour laquelle il fit intégrer ces parties dans l’enceinte fortifiée de la ville en 1685.
Il renforça les hauteurs par deux forts et verrouilla la vallée au moyen d’un mur de protection qui reliait le Fort Berlaimont du côté ville aux nouveaux forts des hauteurs du Grünewald de l’autre côté.
Vauban assura également la défense de la vallée en y érigeant ces deux tours défensives. De plus, des fossés profonds (mis à jour en 1997/98), des ponts basculants lourds et des meurtrières tenaient l’ennemi à l’écart. Si toutefois l’ennemi réussissait à s’approcher d’une tour, il y avait toujours la possibilité de l’arroser de poix ou d’huile brûlante versée par les ouvertures (mâchicoulis) de la galerie en encorbellement. Par les portes de l’étage supérieur, on accédait au chemin de ronde des murs de protection. Source : le dépliant fourni par l’Office de Tourisme
 
Luxembourg : circuit Vauban, porte d'EichLuxembourg : circuit Vauban, porte des bons maladesEn raison des dégradations subies lors du démantèlement de 1867, (4) la Tour d’Eich (à gauche) et la Tour des Bons Malades (à droite), construites en 1684, ont été rénovées en 1991 et 1998. Respectant les chartes internationales en vigueur, les éléments reconstruits sont signalés par une nervure séparant le nouveau de l’ancien.
Un spectacle audiovisuel a été aménagé dans la Tour des Bons Malades : il est accessible de mars à octobre, de 10h à 18h, dure 10mn. Le thème du spectacle se rattache à la vie et aux métiers du Pfaffenthal à l’époque de Vauban.
Pour une description précise des tours, voyez l’article que leur consacre le Service des Sites et Monuments Nationaux

 

Luxembourg : circuit Vauban, Beinchen

Entre les deux Tours Vauban, un mur de protection enjambe l’Alzette sous forme de passerelle dite “De Béinchen” (5). Nous nous engageons sur son chemin de ronde, autrefois muni de parapets et de meurtrières (partiellement reconstruits voici quelques années), et nous atteignons la rive opposée de l’Alzette dont l’accès pouvait être fermé par des claires-voies incorporées aux trois arches du pont.
Un panneau nous apprend que les gardes en service sur ces ouvrages avaient non seulement pour fonction de contrôler les entrées et sorties de la forteresse, ils surveillaient également les alentours pour découvrir des déserteurs ou des espions. Un éclusier devait régler la hauteur des grilles en fonction des crues de la rivière.

 

Luxembourg-ville : circuit Vauban, porte du Chemin de FerAfin de faciliter le passage des visiteurs au-dessus de la porte du chemin de fer (1858), une passerelle à l’aspect contemporain a été intégrée aux restaurations existantes. Toute confusion avec les ouvrages historiques est ainsi évitée.
La construction du réseau ferroviaire nécessita d’ouvrir la forteresse pour le passage des trains ; or, une telle ouverture dans le rempart ne manquait pas d’affaiblir le front. Une construction spéciale en forme de porte fortifiée fut édifiée et pris le nom de  » Porte du Chemin de Fer  » ou Zuchspuert « .
La porte était flanquée de deux piliers pourvus de rainures dans lesquels coulissait une herse en fer. En cas de siège, la herse était descendue et une barricade de poutres de bois venait renforcer le dispositif. Une deuxième porte en fer, situé en avant au niveau des fossés latéraux, était aménagée en vue de sécuriser davantage les lieux.
Rappel : la forteresse ne sera démantelée qu’en 1867.

La cheminée élancée au bord de la rivière est l’un des vestiges d’une station de pompage d’où l’on pompait l’eau de source du fond de la vallée vers la ville haute.

 

Luxembourg : circuit Vauban, mur Vauban, faubourg Pfaffenthal

De nombreuses explications didactiques jalonnent le parcours et des croquis permettent aux visiteurs de voyager dans le temps et d’imaginer les lieux tels qu’ils furent au temps de Vauban.

Ainsi, sur le dessin ci-contre, réalisé en 1821 par N.Haubenaschmid, vous ne voyez nulle trace de la voie ferrée et pour cause : la société des chemins de fer Guillaume de Luxembourg ne fut créée qu’en 1857.

Le dessin mentionne le ravelin de la porte d’Eich : sa maçonnerie en surface fut démolie en 1872 et reconstruite il y a peu de temps. On le distingue bien sur la photo placée en tête d’article.
De même c’est sur l’image d’en-tête que vous pourrez le mieux admirer ce qui reste de la Porte du Chemin de Fer.

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort Niedergrünewald
À la fin de notre montée, nous atteignons (6) le Fort Niedergrünewald, érigé en 1684/85 par Vauban.
Le Niedergrünwald se présentait sous la forme d’une couronne de trois bastions. Entre chaque bastion, Vauban fit construire des ravelins afin de protéger les courtines. La position en éventail de ces constructions, donnait au fort l’avantage de présenter plusieurs fronts.

Jadis on accédait au Niedergrünewald par un chemin cannelé qui partait du Pfaffenthal et aboutissait à la gorge du fort. L’entrée était flanquée d’un réduit intérieur fortifié. Ce réduit isolé était percé de plusieurs meurtrières à fusils, garni de mâchicoulis et couvert par un épaulement.
Il a été mis au jour lors des travaux de construction du Circuit Vauban, et a été partiellement reconstruit (photo ci-contre)

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort Niedergrünewald

 

A la suite du traité de Londres en 1867 le fort fut démantelé. La démolition commença relativement tard.
Au printemps 1870 on abattit les murs puis en 1872 ce fut le tour du magasin à poudre.
Le flanc droit du fort avec son bastion furent détruits de 1874 à 1875.
Enfin le reste de l’ouvrage c’est-à-dire les deux ravelins, le corps de garde et le mur extérieur avec sa redoute le furent en 1876.

 

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort Niedergrünewald, planComme il ne reste presque rien du Fort, il serait très difficile de s’en faire une idée si des panneaux ne venaient pas à notre secours !

Le fort se caractérisait par une morphologie particulière en raison du relief escarpé sur lequel il était implanté. Toute la moitié gauche du fort était construite en escalier formant ainsi des terrasses. Les bastions, adaptés aussi à la configuration du terrain, présentaient tous des tailles et des formes différentes. Ces aménagements n’enlèvaient en rien à l’efficacité de l’ouvrage. Nous apprenons aussi qu’entre le réduit et l’entrée principale une longue traverse de terre, destinée à servir de tranchée de défense, barrait le fort en son milieu.
L’ensemble du dispositif de défense reposait sur un impressionnant réseau de mines.

 

Luxembourg : circuit Vauban, porte GrünewaldDepuis le Fort Niedergrünewald, nous descendons vers la gorge de la “Hiel”, encaissé entre les deux buttes du Grünewald.

En 1684/85, Vauban y fit construire cette porte, intitulée  » Porte du Grünewald  » ou  » Porte de la Hiel « . Elle était reliée à gauche au fort du Bas-Grünewald et à droite au fort du Haut-Grünewald par un mur percé d’embrasures à fusil et par un fossé.
La voie romaine vielle de 1700 ans montait à cet endroit sur le plateau du Kirchberg et reliait encore Luxembourg à Trèves à l’époque de Vauban. En 1732, la chaussée fut démolie en avant du rempart car elle aurait fourni une couverture idéale pour un grand nombre de pièces d’artillerie ennemie. Dès lors, une autre liaison avec la ville de Trèves fut empruntée.

La porte fut transformée par les ingénieurs prussiens en 1836 et se présente encore sous cette forme aujourd’hui. Les murs de protection adjacents furent démolis en 1875.

 

Luxembourg : circuit Vauban, remise à farineUn peu en contrebas de la porte, nous pouvons admirer trois dépôts à farine à un étage, presque entièrement préservés.

Ils ne doivent rien à Vauban : ce sont les Autrichiens qui les ont construits en 1733.
La farine était stockée en cas siège et conservée dans des tonneaux en bois afin de la préserver de l’humidité, des souris et des insectes.

Dans sa première phase de construction, le bâtiment ne possédait que des parois extérieures en bois qui furent remplacées en 1771 par une maçonnerie en arcades. La façade avant reçut probablement son aspect actuel qu’à l’époque Prussienne (19e siècle).

Le bâtiment sert actuellement de dépôt pour différents services de l’Etat.

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort Obergrünewald Au-dessus de la Porte du Grünewald s’ouvre un chemin forestier étroit qui nous mène de nouveau vers les hauteurs. Celles-ci ont été fortifiées lors du siège de la Ville de Luxembourg par les Français en 1684.

Nous arrivons devant les vestiges du (7) Fort Obergrünewald , construit par Vauban en 1684/1685 et 1688.

Les fortifications du Obergrünewald avaient été démantelées à la fin de XIXe siècle pour disparaître sous une vaste esplanade aménagée par le paysagiste Édouard André. Les vestiges de ce fort furent mis à jour et partiellement reconstruits pour le circuit Vauban : voyez la ligne blanche qui sépare l’original de la reconstruction.

Les restaurations réalisées par le Service des Sites et Monuments Nationaux s’intègrent désormais dans un nouveau paysage qui s’étend du Fort Haut-Grünewald jusqu’à la Place de l’Europe. L’aménagement du parc porte la signature du paysagiste Michel Desvigne.

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort ObergrünewaldLuxembourg : circuit Vauban, fort ObergrünewaldLe rempart est constitué d’une masse de terrre damée contenue par des murs. Il pouvait résister efficacement à la puissance croissante de l’artillerie.
En effet, l’inertie de la masse de terre permettait d’absorber une grande partie de l’énergie d’un boulet de canon tiré à bout portant.

Aujourd’hui comme jadis, l’extrémité du bastion sud-est est commandée par une échauguette, appelée tourelle espagnole : située sur l’angle saillant du bastion, elle servait d’abri aux sentinelles et pouvait être démontée aisément en cas de guerre.

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort Obergrünewald planLuxembourg : circuit Vauban, fort ObergrünewaldNous avons devant nous l’exemple d’une caponnière : il s’agit d’une casemate voûtée à l’épreuve des bombes, qui traverse le fossé tout en étant protégé par le ravelin. Les meurtrières permettent de fournir des feux d’infanterie de part et d’autre de ce passage et donc d’interdire à l’assiégeant de circuler librement au fond du fossé dans le cas où celui-ci serait parvenu à y descendre.
La caponnière conduit tout droit vers l’escalier d’accès au ravelin. A gauche de l’accès, un petit dépôt à poudre contenait la quantité de munitions nécessaires à la défense du fort pendant au moins une journée. A droite se trouve la sortie vers le fossé principal (cliquez sur le plan de la forteresse pour avoir une meilleure compréhension de l’ensemble)

 

Luxembourg : circuit Vauban, fort Thüngen(8) Le Fort Thüngen n’est situé qu’à une centaine de mètres du fort Obergrünewald et ne doit rien à Vauban !
Vauban, lui, avait aménagé ici un ouvrage défensif appelé « Redoute du Parc ».
50 ans plus tard, en 1732, la Redoute du Parc disparaîtra au profit d’un fort qui doit son nom à l’Oberstfeldwachtmeister Adam Sigismund von Thüngen, commandant de la forteresse.
En 1836, le fort fut agrandi par les Prussiens, puis renforcé en 1860. Ce sont eux qui ajouteront les trois tourelles crénelées, surmontée chacune d’un gland en pierre. D’où leur désignation en luxembourgeois : Dräi Eechelen (Trois Glands).

Pour en savoir plus sur le Fort Thüngen, cliquez ici.

Luxembourg : circuit Vauban, fort Thüngen planLuxembourg : circuit Vauban, fort Thüngen
Là encore, un plan du fort tel qu’il se présentait avant sa démolition, vient au secours du visiteur.

Le fort était composé d’un réduit en forme de flèche qui renfermait un noyau de terre entouré d’une galerie crénelée d’une largeur d’environ 1,80 m. L’enveloppe entourant la redoute du Parc était en forme de bastion détaché. Les défenses du fort étaient augmentées par un réseau de galeries souterraines et de 71 chambres de mine dont bon nombre existent encore aujourd’hui.
 
Le démantèlement du Fort Thüngen débutera en 1870.
A l’exception des trois tours et de la première casemate, le fort, démoli, disparaît sous une couche de terre et de végétation. La transformation du site Dräi Eechelen en parc par le paysagiste parisien Edouard André (1840-1911) en fait un lieu de récréation et de détente pour la population.

Aujourd’hui le Fort Thüngen est le seul fort détaché subsistant encore sur le territoire de l’ancienne forteresse de Luxembourg. Si une partie des constructions en hauteur est détruite, la quasi intégralité des constructions souterraines est restée intacte.

Jusqu’en 1980, ces souterrains ne sont connus que par quelques initiés.
En 1990/1991, le fort est complètement dégagé en vue de l’étude du site et l’on a pu se rendre compte de l’ampleur des vestiges.
Le 5 décembre 1996, la Chambre des Députés se prononcera en faveur de la création d’un Musée de la Forteresse dans le réduit du Fort Thüngen. Celui-ci est alors reconstruit sur base des plans de 1836/37 : un joint de maçonnerie large fait la limite entre la partie historique et la partie reconstruite du réduit.
Toutefois, le volume de l’ancienne couverture en terre du réduit est remplacé par des salles supplémentaires, ajoutant ainsi plus de 800 m2 de surface utilisable. La plateforme construite en matériaux modernes respecte en grande partie les dimensions originales. L’escalier menant du niveau +1 à la plateforme est une addition moderne.

L’exposition permanente du Musée Dräi Eechelen est présentée dans les casemates au rez-de-chaussée. Chaque casemate illustre une période du passé de la forteresse, notamment à travers ses liens avec l’histoire du Luxembourg. Le parcours débute au moyen-âge avec la prise de la ville par les Bourguignons en 1443 et s’achève par la construction du Pont Adolphe en 1903. Tout au long de la visite, les quelque 600 objets et documents originaux, souvent inédits, témoignent de la richesse des collections du nouveau musée. Une salle spécialement aménagée abrite des photographies historiques illustrant la forteresse avant et pendant son démantèlement. Le complexe architectural du réduit historique constitue en lui-même le principal objet d’exposition. L’espace d’expositions temporaires se trouve au premier étage du musée.

Il est bien entendu fortement conseillé de consacrer un peu de temps à la visite du musée : cliquez ici pour les infos pratiques (horaires, prix, …)

 
Luxembourg : circuit Vauban, souterrain

 

La première casemate au rez-de-chaussée du Fort Thüngen fait office d’accueil pour le Musée et fait partie intégrante du Circuit Vauban pour lequel elle sert de base d’information. Un aperçu y est donné de l’histoire du site Dräi Eechelen en général ainsi que de celle du Fort Thüngen en particulier.

À partir de cette première casemate, le visiteur peut accéder à (9) une galerie souterraine d’une longueur de 169 mètres, creusée dans le rocher : elle mène de l’intérieur du réduit jusqu’au fossé du Fort Obergrünewald, créant ainsi une communication sans danger avec la ville en cas de bombardement.

Luxembourg : circuit Vauban, vue ville haute

 

Arrivés au bout de la galerie, nous entrons dans la contrescarpe en face du ravelin qui assurait la défense des deux bastions du Fort Obergrünewald.

Depuis le flanc faisant face à la ville, une vue sublime sur la ville haute s’offre à partir du fort.

Nous apercevons notamment le rocher du Bock avec ses chambres à canons rendues inutilisables après 1867 par l’agrandissement de leurs ouvertures.

Luxembourg : circuit Vauban, ancienne porte Mansfield

 

Le circuit Vauban quitte les hauteurs du Grünewald et nous mène vers la ville basse de Clausen.
Un panneau nous indique l’emplacement de la porte Mansfeld, dont plus aucun vestige ne subsiste. Construite après 1563, cette porte faisait partie des cinq portes d’entrée du domaine du comte Pierre-Ernest de Mansfeld.
Durant les années 1684/1685, Vauban intègre la porte dans le mur reliant le fort Obergrünewald au rocher du Bock, de façon à pouvoir barrer la vallée entre Pfaffenthal et Clausen. Dans ce mur est intégré un système de herses pour empêcher la désertion des soldats.

En 1732, les Autrichiens y installent l’écluse Mansfeld, une construction servant à retenir les eaux de l’Alzette afin de pouvoir inonder, en cas de guerre, la vallée et le faubourg de Clausen qui ne faisait pas encore partie de la forteresse.

 

Luxembourg : circuit Vauban, retour BockLuxembourg : circuit Vauban, retour Bock

 

 

Nous traversons l’Alzette pour nous diriger vers l’Auberge de Jeunesse dans la rue du Fort Olizy en passant sous les hauts arceaux du viaduc élégant qui date de 1858/61.
À partir de là, nous remontons vers le point de départ de notre périple en longeant le pied du rocher du Bock.

 

Un panneau explicatif nous montre ce que fut le rocher du Bock au temps de la forteresse. Le texte qui suit est intégralement issu de ce panneau.

Luxembourg-ville : circuit Vauban, plan du Rocher du Bock

Le château des comtes et ducs de Luxembourg ayant été démoli à la fin du XVIe siècle, les Espagnols transforment, après 1649, le site du Bock en ouvrage fortifié avancé afin de protéger la porte et le bastion du château.
Lors d’une attaque secondaire française en 1684, les fortifications espagnoles sont entièrement détruites. Vauban fait alors reconstruire les ouvrages de défense sur le rocher en installant trois parties, séparées par des fossés et des portes avec pont-levis.
Dans les années 1737 à 1746, les Autrichiens transforment l’éperon rocheux en un ouvrage comparable à une caponnière géante, en y aménageant des casemates et des galeries souterraines, ainsi que des ponts, qui existent encore de nos jours.
Un système d’autodestruction avait été prévu à l’intérieur du rocher central du Bock, afin d’être en mesure de faire sauter cette partie à la poudre noire en cas d’attaque avancée.
Depuis le côté nord, douze pièces d’artillerie bien abritées dans la roche permettaient une défense efficace du Pfaffenthal, tandis que le même nombre de canons étaient pointés en direction du Grund et du plateau du Rham. Pendant le blocus de la forteresse de Luxembourg par l’armée française en 1794/1795, le baron de Bender, gouverneur de la forteresse, utilise les casemates comme logement à l’épreuve de la bombe.
Les travaux de démentèlement sont effectués entre 1867 et 1875.

 

Le circuit «Vauban» se termine là où il avait commencé, sur le Rocher du Bock.
Le plus naturel serait d’enchaîner avec la découverte des casemates du Bock.

Mais Luxembourg a bien d’autres centres d’intérêts. Pour les découvrir, poursuivez votre lecture par :

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