Lille Promenades : le vieux Lille

Lille Promenades : le vieux Lille

retour

 

Le quartier de la ville ancienne a conservé le tracé étroit et sinueux des rues du Moyen Age. Remarquablement restauré, il séduit par son architecture flamboyante et les couleurs tout à la fois douces et hardies des façades, qui mettent si bien en valeur l’éxubérance et la profusion du décor. Cette grande diversité architecturale du 17ème siècle incite à la flânerie. Il faut marcher « la tête en l’air », entrer dans les boutiques, où briques et pierres sont souvent mises en valeur. Enseignes, carreaux de faîences, poutres sculptées jouent la carte de l’authenticité du décor.

 

Vieux Lille : bière des Flandres dégustée sur le Grand Place

 

« Avec un peu d’imagination (celle que vous donneront les bières ambrées des Flandres !), vous sentirez la présence de Vauban, Racine, Louis XIV, d’Artagnan, Voltaire, Mozart et Berlioz qui y traînèrent il n’y a pas si longtemps leur rapière, leur plume, leurs guêtres… » nous dit le guide Michelin.

Assis à l’une des nombreuses terrasses de la Grand Place, nous avons testé…

Effectué le 29 mars 2014

Difficulté: distance:2km

 

Tout commence au PALAIS RIHOUR, siège de l’Office du Tourisme.

Lille : le Palais Rihour

 

Il est l’unique témoin architectural de l’époque où les ducs de Bourgogne régnaient sur Lille. Commencé en 1453 par Philippe le Bon, il est terminé 20 ans plus tard par son fils Charles le Téméraire. Les bâtiments forment à l’époque un immense quadrilatère autour d’une cour centrale. Délaissé aux XVIe et XVIIe siècles, le palais est racheté en 1664 par le Magistrat et devient hôtel de ville. Des hôtes illustres comme Henri VIII d’Angleterre, Charles Quint et Louis XV y ont séjourné. Endommagé par un incendie en 1700, largement remanié par l’architecte lillois Charles Benvignat en 1846, il accueille la mairie jusqu’à l’incendie accidentel de 1916, qui vit disparaître une grande partie des archives de la ville.

 

Lille : le Palais Rihour

 

 

 

Seuls l’escalier d’honneur et les deux chapelles superposées ont échappé au sinistre. Au rez-de-chaussée, la chapelle basse, dite Salle des Gardes, abrite aujourd’hui l’Office de Tourisme. A l’étage, la Salle du Conclave est l’ancienne chapelle ducale, que jouxte une sacristie illuminée par des vitraux anciens. En façade, l’escalier monumental à volées droites annonce déjà la Renaissance, tandis que les chapelles sont de style gothique flamboyant. Sur le flanc ouest, une tourelle hors d’oeuvre renferme un escalier en colimaçon, dit escalier de la Garde des Joyaux, dont la voûte est une merveille de briquetage (ne se visite pas).

 

Lille Palais Rihour

 

 

En 1929, l’imposant Monument aux Morts d’Edgar Boutry et Jacques Alleman fut dressé devant ce qui subsistait du Palais Rihour après l’incendie de 1916, en souvenir des destructions et souffrances subies par Lille durant la Première Guerre mondiale ; il éclipse malheureusement, quand on arrive par la grand-place attenante, ce qui reste du palais lillois des ducs de Bourgogne.

 

LA RUE RIHOUR
Lille : rue du Palais Rihour
Entre la place Rihour et la Grand Place, la rue Rihour permet d’observer l’évolution de l’architecture lilloise à travers deux rangs de maisons se faisant face. Le rang des numéros pairs a été construit vers 1687, soit vingt ans après le rattachement de la ville à la France sous Louis XIV. Elles sont presque toutes construites sur le même modèle : parcellaire très étroit, pignons sur rue, répertoire décoratif savamment mis en couleur… A l’époque, la richesse d’un marchand lillois se mesure encore à l’exubérance de sa façade.

 

Lille : rue du Palais Rihour

 

 

 

En revanche, le rang des numéros impairs édifié presque cinquante ans plus tard (1733) témoigne déjà de l’influence du goût français par la simplicité des lignes et l’emploi presque exclusif de la pierre. De part et d’autre, le rez-de-chaussée des constructions emploie le grès, afin d’empêcher les remontées d’humidité. En effet, Lille est à l’origine une île, et de nombreux terrains de la ville sont marécageux…

LA GRAND PLACE

lille_vieux_place_gal_de_gLille : place du Général de Gaulle

 

Son appellation officielle est place du Général de Gaulle, en hommage au « grand Charles » né à Lille en 1890. La Grand Place est depuis toujours le coeur battant de la cité. Aux origines de la ville, elle est le forum, ou place du marché. Au pied de la colonne de la Déesse, quelques pavés anciens en témoignent encore. Aujourd’hui, c’est là que se retrouve spontanément la foule. C’est un lieu de fête et de rendez-vous incontournable. Au moindre rayon de soleil, les terrasses des restaurants et cafés sont littéralement prises d’assaut. Malgré leur éclectisme, les façades de la Grand Place forment un ensemble harmonieux et offrent un intéressant panorama de l’architecture lilloise du XVIIe au XXe siècle.

 

Lille : la déesse

 

 

Dressée au milieu de la Grand Place, cette colonne commémore le siège de Lille par les Autrichiens en septembre 1792. Dans la main droite, la Déesse de bronze tient un ‘boutefeu’ qui sert à allumer la mèche des canons. Sa main gauche indique une inscription gravée sur le socle : la réponse courageuse du maire de Lille, André, refusant de rendre sa ville assiégée.

Lille : le Déesse

Cette victoire fut aussi saluée par la Convention Nationale, proclamant que « Lille avait bien mérité de la patrie ». Le monument, dessiné par l’architecte Charles Benvignat a été érigé en 1845. Le sculpteur de la Déesse est le douaisien Théophile Bra, également auteur de deux bas-reliefs sur l’Arc de Triomphe à Paris.

LA VOIX DU NORD

Lille : la Voix du Nord

 

 

Le siège de « La Voix du Nord », le premier quotidien régional du Nord de la France, ne passe pas inaperçu. Regardez bien la façade du bâtiment: on retrouve gravés les blasons des 28 villes éditrices du journal ! Successeur de L’écho du Nord fondé en 1819, La Voix du Nord prend naissance en 1941 au sein de la Résistance française avant de devenir le principal quotidien régional en 1944. Le rez-de-chaussée abrite maintenant une galerie marchande moderne.
Lille : La Voix du Nord et les trois grâces

 

 

Observez bien le pignon à pas-de-moineau de l’imposant bâtiment, construit en 1935-1936 par Albert Laprade : il est couronné d’un groupe de bronze doré du sculpteur Raymond Couvegnes. Il représente trois Grâces, symbolisant les provinces de la région Nord-Pas de Calais : à gauche l’Artois maritime portant un terre-neuve, au centre la Flandre tenant une gerbe de blé, à droite le Hainaut laissant s’échapper un pigeon voyageur.

LA GRAND GARDE

Lille : la Grand Garde

 

Construite en 1717 par Thomas Joseph Gombert, c’était le regard du roi de France au centre de la ville récemment annexée. Le bâtiment servait en effet à loger les soldats du guet. Il marque surtout l’introduction d’une nouvelle architecture, classique, dans une ville flamande de brique et de pierre.
Lille : la Grand Garde

 

On reconnaît sur le fronton triangulaire le soleil de Louis XIV,
Lille : la Grand Garde

 

 

et, de part et d’autres, les armoiries de France et de Lille. C’est actuellement le siège du Théâtre du Nord

LA VIEILLE BOURSE

Lille : Vieille Bourse

 

Sa construction est décidée en 1651, pour offrir un abri aux gens de commerce et de finance, jusque là habitués à se rencontrer en plein vent. Sa réalisation est confiée à l’architecte Julien Destrée en 1652-1653. Sous son apparente unité, elle est en réalité composée de 24 maisons identiques, bâties aux frais de vingt-quatre marchands. Un lanternon surmonté d’une statuette de Mercure, dieu du commerce et des messagers, rappelle l’esprit marchand et d’entreprise des lillois.
Lille : Vieille Bourse

 

 

Elles forment un quadrilatère autour d’une cour à arcades, dont le calme contraste avec l’animation des rues alentour. Ouverte chaque après-midi, du mardi au dimanche, elle accueille un marché de livres d’occasion, parfois des joueurs d’échecs.
Lille : Vieille Bourse

 

 

 

On y accède par quatre portails surmontés de lions des Flandres, rappelant l’appartenance de la ville aux Pays-Bas.
Lille : Vieille Bourse

 

 

 

 

L’abondant décor sculpté des façades polychromes présente une infinie variété de pilastres animés d’atlantes et de cariatides. Au-dessus des fenêtres, les frontons, tantôt cintrés tantôt triangulaires, sont ornés de cartouches pansus, de guirlandes de fleurs et de fruits charnus, à la manière de la Renaissance flamande. Au deuxième étage sont peints discrètement les sigles de grandes entreprises contemporaines. Grâce à leur mécénat, d’importants travaux de restauration ont permis à l’édifice de retrouver tout son éclat dans les années 1990. En longeant la Vieille Bourse par la rue des Manneliers (fabriquants de paniers) ou la rue des septs Agaches (les 7 pies), ou encore en traversant la cour intérieure de la Vieille Bourse, on arrive sur la place du Théâtre.

LA PLACE DU THEATRE

 

Elle doit son nom à un théâtre de style néoclassique édifié en 1785 par l’architecte lillois Michel Lequeux, détruit par les flammes en 1903. Avant la construction de la bourse du commerce, la fameuse « Vieille Bourse », la Grand Place (actuelle place du Général de Gaulle) et la place du théâtre n’en faisaient qu’une !

Lille : vieille Bourse vue côté place du Théâtre

 

En face de la Vieille Bourse de 1653, admirez L’OPERA : sa construction a été décidée après l’incendie du théâtre et ce fut l’architecte lillois Louis-Marie Cordonnier qui fut chargé de concevoir l’édifice. De composition néoclassique, la façade de l’opéra de Lille est inspirée de celle du Palais Garnier de Paris : son a été entièrement conçu et dessiné par Louis Marie Cordonnier Réalisé juste avant la Première Guerre Mondiale, seul le gros oeuvre est terminé lorsqu’il est inauguré par les Allemands en 1914. Après la fin de la guerre, l’édifice sera achevé par les Français qui l’inauguerons officiellement en 1923.

Lille : Opéra

 

 

 

Sur le fronton surmontant la façade, Apollon entouré de ses muses, représentant la poésie, la musique, la comédie, la tragédie et d’autres arts lyriques ou scientifiques, est l’oeuvre du sculpteur Hippolyte Lefebvre. A gauche des baies, l’allégorie de la Musique est d’Amédée Cordonnier, à droite, celle de la Tragédie d’Hector Lemaire. L’intérieur présente un escalier monumental et un riche décor de style Louis XVI fait de marbre, de stuc, de bronze, d’or et de cristaux scintillants. La salle à l’italienne est l’une des derniers exemples construits en France, et peut accueillir 1 136 spectateurs.

Lille : Chambre de Commerce et d'Industrie

 

 

Institution créée en 1701 par Louis XIV,  LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE  occupa jusqu’au XIXème siècle la Vieille Bourse mais l’essor industriel rendit vite exigu le bâtiment de Julien Destrez. Louis Cordonnier, qui venait de bâtir la Bourse d’Amsterdam, fut chargé de réaliser celle de Lille à l’entrée du boulevard Carnot, ouvert par l’ingénieur Mongy en 1909 pour relier Lille à Roubaix et Tourcoing. Il emploie ici un style néo-régionaliste inspiré du rang du Beauregard (1687) situé juste en face. Le beffroi, haut de 76 mètres, symbolise la puissance des cités marchandes. A l’intérieur, le programme décoratif des vastes espaces fait l’éloge du travail et du courage, sources de la prospérité de la ville. C’est toujours un lieu de réunion, de conseil et de promotion des entreprises régionales. Une requalification de la CCI en boutiques et restaurants de luxe est prévue pour 2015.

LE RANG DU BEAUREGARD

Lille : Rang du Beauregard

En 1667, le Magistrat de Lille souhaite uniformiser les nouvelles constructions dans un souci d’harmonie avec les bâtiments existants, notamment la Vieille Bourse. Des règles sont imposées aux propriétaires : alignement sur son voisin et plan standard composé de trois étages sur une vaste cave et surmontés d’un grenier à mansarde. Seules la pierre et la brique sont autorisées.

Le rang de Beauregard construit en 1687 par l’architecte Simon Vollant est une synthèse entre l’architecture flamande locale et le style français du 17ème siècle.
Les lignes sont verticales, ornées à leur extrémité, ainsi qu’au-dessus des fenêtres, de monstres, angelots, cornes d’abondance, épis de blé … Le rez-de-chaussée, formé de grandes ouvertures en arc de cercle et pierre de taille était réservé aux boutiques.

RUE DE LA BOURSE

Lille : rue de la Bourse

 

Ici, les marchands ont choisi pour décor, en 1677, des enfants potelés.
Regardez bien les masques sculptés dans la pierre au-dessus des fenêtres : ils sont tous différents, avec leurs sourcils, leurs bouches grimaçantes surmontées d’immenses moustaches taillées dans d’épais boudins de pierre …
Lille : rue de la Bourse

 

 

 

 

Toutes ces façades gardent encore, deux siècles plus tard, des cicatrices du siège de Lille par les Autrichiens en 1792 : il reste toujours, ça et là, des boulets de canon encastrés dans les murs de brique.

RUE DE LA GRANDE CHAUSSEE

Lille : rue Grande-Chaussée

 

 

Nous nous rendons maintenant dans la rue de la Grande Chaussée, l’une des rues les plus élégantes de la ville. Une belle enseigne accrochée sur le balcon de la maison d’angle (XVIIIe siècle), indique la direction à prendre.
La rue de la Grande-Chaussée, à l’instar de la rue Esquermoise, est une artère qui remonte aux origines de Lille. Son rôle, au Moyen-Age, était de relier le castrum avec la Grand Place.

 

Lille : rue de la Grande Chaussée

 

 

Les gresseries (arcades de grès), caractéristiques du style lillois de la fin du 17e s., rénovées, abritent aujourd’hui des boutiques de luxe. Balcons en fer forgé et dessus de fenêtres ouvragés, témoins du raffinement des maisons bourgeoises de l’époque, méritent votre attention.

Aux numéros 20 et 26 résida le célèbre comte d’Artagnan, gouverneur de Flandre, avant de participer au siège de Maastricht oû il trouva la mort en 1673.

L’HUITRIERE
Lille : l'Huitrière

 

 

Au no3 de la rue des Chats Bossus, vous voilà devant l’une des plus belles poissonerie-restaurant de France : l’Huitrière.

Entièrement décorée de carreaux de grès marbré jaune et bleu et de sublimes mosaïques marines, sa façade a été réalisée par l’artiste breton Mathurin Méheut en 1928.

Lille : l'huitrière

 

Cette maison est née en 1882 ; petite boutique de la rue Basse, elle se vouait au commerce exclusif des huîtres et des escargots. Pierre BAILLEUL, l’arrière grand-père de l’actuel propriétaire reprit cette affaire en 1908 et la développa jusqu’en 1928.

 

Lille : l'huitrière

 

 

A cette date, il déplaça son commerce de quelques mètres, en restant sur le même trottoir, pour ouvrir une superbe poissonnerie au confluent de trois des plus vieilles et plus commerçantes rue de la cité ; et pour créer un restaurant qui connut tout de suite le succès et la notoriété.

Aujourd’hui, c’est la quatrième génération qui donne toujours plus d’éclat à cette vieille maison qui est à la fois « une page d’histoire lilloise, un monument de l’art culinaire et un chef d’oeuvre des arts décoratifs ». (Michel MARCQ)

L’ILOT COMTESSE

Nous nous dirigeons ensuite vers l’îlot Comtesse, l’ancien castrum (noyau urbain fortifié, ceinturé de cours d’eau protecteurs), où siégeaient les Comtes de Flandre.
Délimité par la rue de la Monnaie, la place Louise de Brettignies, l’avenue du Peuple Belge (qui était, jusqu’en 1936, le port de Lille) et la place du concert, il forme un ensemble agréable de maisons datant du XVIIe siècle et début XVIIIe, jadis parcouru de canaux. L’îlot est un très bel endroit, prisé des Lillois, avec ses façades flamandes et les pelouses qui se transforment l’été en un immense déjeuner sur l’herbe!

Lille : maison Gilles de Le Boë

 

C’est donc au bord de l’eau que Gilles de la Boë, négociant en épices et étoffes, fait construire sa maison en 1636, reflet de l’activité commerciale et artistique pendant la période faste des archiducs espagnols.
Au rez-de-chaussée, le magasin s’ouvre par une série d’arcs en plein cintre, souvenir des halles médiévales: il abritait les marchandises débarquées des bateaux venus de Gand ou d’Anvers.
L’étagenoble est orné à profusion de motifs chers à la Renaissance Flamande, tous les motifs étant sculptés dans un matériau local : la pierre blanche de Lezennes (une commune de la Métropole).
En 1717 la maison est agrandie, des arcs surbaissés et plus « modernes » s’ajoutent à la façade, mais l’étage conserve niches et fenêtres du XVIIème.

 

RUE DE LA MONNAIE

Nous nous engageons maintenant dans la rue de la Monnaie, l’une des rues les plus anciennes de Lille. Il s’agit, au XIe siècle, de la voie principale du castrum fortifié.
Lille : rue de la Monnaie

 

 

Ici se dressait autrefois l’hôtel des Monnaies, qui a donné son nom à la rue. Elle présente un bel alignement de maisons du XVIIIe siècle, aux façades décorées:

– Au n° 3, le mortier et l’alambic servaient d’enseigne à un apothicaire.

– Les maisons suivantes (5 à 9) sont décorées de dauphins, de gerbes de blé, de palmes.,.

– La façade du n° 10 est ornée de la statue de Notre-Dame-de-la-Treille.

– Pignons à pas de moineaux aux n°12 et 14

 

 

lille_vieux_moulin_saint_pierre

Au n°21,  se dresse un étrange mur de brique de couleur rouge encore percé de trois fenêtres et d’une porte : Il s’agit des vestiges d’un ancien moulin à eau appartenant à un groupement industriel remontant au XIIIème. Ce moulin actionné par le canal Saint-Pierre qui traversait alors la rue de la Monnaie, avait été offert par la comtesse Jeanne de Flandre à l’Hospice Comtesse en 1237.
Pourtant, si l’on regarde de plus près, on peut voir la date « 1649 » gravée au dessus de la porte. Cette date laisse penser que le moulin a pu être reconstruit après un incendie. Au niveau de la fenêtre de gauche, on observe le blason des ducs de Bourgogne recouverte par celui de la maison de Flandre symbolisant la protection de l’Hospice Comtesse et de son complexe par Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Mais un nouvel incendie au XXème siècle eu raison du moulin qui fut quasiment entièrement détruit à l’exception de cette façade restaurée dans les années 80.

Lille : petit passage de la Treille

 

A votre gauche, à hauteur du no 29 de la rue de la Monnaie, empruntez le petit passage de la Treille : vous pouvez découvrir, sur l’arrière des maisons, les ponts en bois qui enjambent l’ancien canal du cirque aujourd’hui asséché.

Jaillie de l’eau au moyen-âge, Lille s’est épanouie grâce à son dense réseau de canaux. Mais avec l’industrialisation et la pression démographique, l’insalubrité des eaux dormantes est devenue une menace pour la population. Il a fallu se résoudre à enfouir les canaux dans le sous-sol, ou à les assécher.
Revenez sur la rue de la Monnaie, et poursuivez sur votre gauche.

L’HOSPICE COMTESSE
Lille : hospice Comtesse
Les maisons suivantes datent du début du XVIIème siècle et encadrent l’imposant portail à bossages (1649) de l’hospice Comtesse.
1244), sur les terrains occupés par son propre palais, le palais de la Salle. L’hôpital, qui est placé sous l’invocation de la Vierge, est désigné par le peuple reconnaissant sous l’appellation hôpital Comtesse. au XVIIIe siècle.
Une communauté de religieux de l’ordre des Augustins est chargée de soigner les malades, les pauvres et les pèlerins. Au fil des siècles, l’Hospice Comtesse sera régulièrement agrandi et accueillera jusqu’à 200 malades. Il demeure ainsi le plus important hôpital de Lille jusqu’au XVIIIe siècle.
Après la Révolution, la ville réorganise l’assistance publique. L’Hospice Comtesse n’accueille alors plus que les personnes âgées, que l’on appelle les « Vieux-Hommes », et les orphelins, appelés « Bleuets ». Les malades seront quant à eux soignés à l’hôpital Saint-Sauveur. A partir de 1939, il sert de magasin général au CHRU de Lille, dont il demeure la propriété. L’Hospice Comtesse ne deviendra un musée qu’à partir de 1962.

 

Lille : hospice Comtesse
La découverte commence dès l’extérieur du musée, car celui-ci est constitué d’un ensemble de bâtiments très bien restaurés, témoignant de l’architecture lilloise du XVe au XVIIIe siècle. Cet édifice est l’un des derniers témoins de l’influence des comtes de Flandre à Lille.
Le rez-de-chaussée du bâtiment de la communauté s’attache à recréer l’intimité d’une maison flamande aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce notamment aux carreaux de faïence de la cuisine, au mobilier sculpté du réfectoire et aux objets des arts de la table sans omettre de rappeler la vocation spirituelle et hospitalière du lieu avec la chapelle, la pharmacie et le jardin médicinal.

Lille : Hospice Comtesse, la salle des malades

 

 

Du XVe siècle ne subsiste plus que la salle des Malades.

Lille : Hospice Comtesse, l'intérieur de la salle des malades

 

La salle des malades est une immense pièce, très haute de plafond, qui fut volontairement construite dans des volumes conséquents, afin de créer un volume d’air important, favorisant son renouvellement.

 

Il était en effet avéré au Moyen-Âge qu’un bon renouvellement de l’air permettait un rétablissement plus rapide des malades. Ces derniers étaient accueillis dans des lits dotés de rideaux, qui permettaient de les isoler du froid

Lille : Hospice Comtesse, la chapelle

 

 

 

 

La chapelle a été  construite dans le prolongement de la salle des malades:  cette disposition permettait à ces derniers d’assister aux messes depuis leur lit !

 

Dans ce qui fut autrefois le dortoir des Augustines, une sélection d’œuvres illustre l’histoire de la cité et la splendeur de la vie lilloise du XVIe siècle à la Révolution française. Les bois sculptés, les peintures et les documents graphiques y décrivent le paysage urbain et l’architecture de la ville, les galeries de portraits des comtes de Flandre d’Arnould de Vuez et des Ducs de Bourgogne en évoquent le contexte politique tandis que les fêtes traditionnelles locales s’expriment dans les peintures de Louis et François Watteau telles des chroniques de la société lilloise de l’Ancien Régime.

 

RUE AU PETERINCK

Lille : rue au Péterinck

 

Etroit passage entre la rue de la Monnaie et la place aux Oignons, la rue au Péterinck est une des plus pittoresques rues commerçantes de Lille, mentionnée dès le XIIIème siècle et dont l’ancien nom de « Pestrin » (pétrin) renvoie au pétrissage des farines du proche moulin de l’Hospice Comtesse.

Plein de charme, elle est surtout particulièrement intéressante pour les façades très typiques des maisons qui la bordent. En effet, ce sont d’anciennes maisons de tisserands datant du XVIIIe siècle. Vous remarquerez les hauteurs exceptionnelles des fenêtres et la présence d’entre sol : En effet au rez-de-chaussée se trouvait l’échoppe, dans l’entresol les métiers à tisser qui nécessitaient à la fois une grande hauteur de plafond et une grande clarté, d’où l’importance des fenêtres.

 

LA PLACE AUX OIGNONS
Lille : place aux oignons

 

Cette petite place pleine de charme, où l’on peut notamment déguster des spécialités du Nord à l’estaminet « Au Vieux de la Vieille », ne doit pas son nom à un ancien marché aux oignons mais au premier donjon des comtes de Flandres. Donjon se traduit en effet par « Dominium » en latin, un nom qui se serait progressivement transformé en « Dominion » puis « des oignons ».

Les maisons assez étroites qui se situent sur cette place témoignent du mode de vie des Lillois à cette époque : les étages inférieurs étaient utilisés pour le commerce et les gens habitaient aux étages supérieurs.

 

NOTRE-DAME DE LA TREILLE

Lille : Notre-Dame de la TreilleNotre-Dame de la Treille est la patronne vénérée des lillois depuis 1270.

L’église occupe un endroit « sensible ». Ici se trouvait, entouré d’eau et probablement sur une motte féodale, le premier donjon des Comtes de Flandre.
« Rêve fou, la cathédrale de Lille est née dans l’esprit de riches Lillois du XIXème siècle. Ceux-ci souhaitaient à cette époque, bâtir la plus belle, la plus somptueuse et la plus parfaite église dans le style gothique du XIIIème siècle, afin d’y abriter une sainte image mariale, l’antique statue de Notre-Dame de la Treille, bienveillante patronne de la ville depuis ses origines. La première pierre est bénie le 1er juillet 1854. La dernière est scellée en 1999. » peut-on lire sur le site dédié à la cathédrale.
Les dimensions du projet initial sont pharaoniques : 132 mètres de long et flèches culminant à plus de 115 mètres. Pourtant, les guerres et les difficultés financières auront rapidement raison de ces plans. Avec la création de l’évêché de Lille en 1913, la basilique devient cathédrale en 1914, mais le chantier, pourtant ramené à des proportions plus modestes, traîne en longueur et la cathédrale reste inachevée. Il faut attendre les années 90 pour qu’une souscription publique permettre de réaliser la façade principale, inaugurée en 1999.
Conçue par l’architecte lillois Pierre-Louis Carlier, elle est le résultat d’une grande prouesse technique, rendue possible grâce à la collaboration de Peter Rice (ingénieur de l’Opéra de Sydney et du Centre Pompidou à Paris). Sa partie centrale est composée d’une ogive de 30 mètres de haut, tapissée de 110 plaques de marbre blanc de 28 millimètres d’épaisseur, que soutient une structure métallique. De l’intérieur, ce voile translucide révèle une surprenante couleur orangé. Au sommet, la rosace de verre sur le thème de la Résurrection est l’œuvre du peintre Ladislas Kijno. Le portail est du sculpteur juif Georges Jeanclos.

Notre-Dame de la Treille - l'intérieur

Lille : Notre-Dame de la Treille

 

 

De 1991 à 1999, Mgr DEFOIS fit réaménager tout l’intérieur : ainsi, malgré l’histoire complexe de l’édifice, le travail sur les sols et les surfaces, la réalisation d’un mobilier complet, avec luminaire, réussit à donner l’impression d’une parfaite unité .

Lille : Notre-Dame de la treille, le retable du rosaire

 

 

 

Le retable du Rosaire est l’œuvre la plus ancienne composant le mobilier de la cathédrale. La réalisation du meuble est contemporaine et son style gothique du XVème; avant de devenir un ameublement d’apparat, les premières parois peintes ou sculptées se situaient derrière les maîtres autels. De multiples artistes ont travaillé à cette œuvre.

Le retable de la cathédrale est composé en son centre d’une Vierge à l’enfant entourée de huit petites figures de saints, caractérisées par leur fond d’or. Ils datent du XVe siècle. Quant à la plupart des autres panneaux carrés, qui forment les parties latérales du retable, ils ont été réalisés au siècle suivant.

 

Lille : Notre-Dame de la Treille, orgue

 

Admirez l’impressionnant grand orgue, qui se classe parmi les quatre plus grandes orgues françaises: ce sont quarante et une tonnes de métal, suspendues le long de la paroi du transept sud de la cathédrale. Construit entre 1957 et 1966 par les établissements Danion – Gonzalez et relevé en 3 tranches par Bernard Dargassies en 1989, l’orgue a été inauguré le 17 février 1967 par Gaston Litaize.

Cet instrument a participé aux grandes heures musicales de la salle Olivier Messian de Radio France à Paris, jusqu’à ce que des travaux de rénovation l’en chassent. Une association, créée par André Dubois, (organiste titulaire de la cathédrale) a tout fait pour que l’orgue, cédé par Radio France pour un euro symbolique, puisse être remonté dans la cathédrale, où elle a retrouvé un second souffle depuis 2007 : cliquez ici pour en savoir plus Cet orgue a une particularité : il est numérisé. Ce procédé permet à la console, où sont placés les claviers, les pédales et les tirants de jeu, d’être désolidarisée du buffet (soit l’ensemble des 7 600 tuyaux). L’organiste peut ainsi être au plus près du public, ou installé au sein d’un orchestre, plutôt que d’être perché au milieu du buffet, comme c’est généralement le cas.

 

 

La Chapelle Saint-Joseph

Lille : Notre-Dame de la Treille, chapelle Saint-Joseph

La chapelle Saint Joseph est achevée en 1908. Elle comporte une mosaïque murale qui représente le pape Pie XI avec à sa droite le cardinal Régnier, archevêque de Cambrai (Lille appartenant à ce diocèse lors de la construction de cette chapelle et les doyens des cinq facultés catholiques de Lille, et à sa gauche le comte de Chambord, héritier du trône de France, suivi de représentants de divers corps de métier  l’industrie étant incarnée par Charles Leroy architecte de la cathédrale. La table de l’autel, qui repose sur trois colonnes, est en granit rose des Vosges, en marbre vert des Alpes et en pierre blanche colorée. Le bas de l’autel porte les outils du charpentier dans un premier médaillon et les attributs de la royauté (la couronne, le glaive, le sceptre et le bâton de justice) dans un second, rappelant ainsi celles de David, royal aïeul de Joseph. Le tabernacle porte trois médaillons illustrant les vertus théologales (la Foi, symbolisée par le serpent d’airain ; l’Espérance, symbolisée par l’ancre ; la Charité, symbolisée par le pélican). De part et d’autre, sont représentés le quotidien de la Sainte Famille et la mort de Joseph. La verrière présente dans la rosace l’apothéose de saint Joseph dans le ciel et dix médaillons qui retracent les principaux épisodes de sa vie (de gauche à droite et de bas en haut : les fiançailles, l’apparition de l’ange, l’entrevue avec Marie, le mariage, la crèche, la fuite en Égypte, le séjour en Égypte, le retour à Nazareth, le voyage à Jérusalem, Jésus retrouvé dans le temple).

 

La Chapelle de Jeanne d’Arc Lille : Notre-dame de la Treille, chapelle de Jeanne d'Arc

La chapelle Sainte Jeanne est achevée en 1904. Conçue par le très royaliste chanoine Delassu, elle est élevée aux gloires royales des trois dynasties qui firent la France et à la résistance face aux attaques de la République. Sur la mosaïque du sol, on trouve la sainte ampoule qui servait à oindre le front des rois lors de leur sacre, jusqu’à Louis XVI, roi martyr représenté au sommet d’une des mosaïques murales. Ces mosaïques sont un exemple de parité puisque l’on a six figures d’hommes à gauche (Saint-Martin, Clovis, Charlemagne, Hugues Capet, Louis IX de France et Louis XVI) et six figures de femmes sur le côté droit (sainte Aurélie, Blanche de Castille, Madame Élisabeth, sainte Geneviève, sainte Clotilde et Hildegarde). Les trois verrières racontent la vie de Jeanne d’Arc : sa mission à gauche, sa carrière à droite et son martyre. Son autel est en marbre rose des Pyrénées. Sur le tombeau se trouve un bas-relief en bronze reproduisant un tableau d’Ingres. Sur la porte du tabernacle est représenté le Bon Pasteur en bronze doré. La statue de Jeanne ne porte pas d’auréole. En effet lors de son érection Jeanne n’est pas encore une sainte, elle n’est que vénérable. Elle ne sera canonisée en qu’en 1921. L’épée d’honneur qui est accrochée au socle de la statue fut offerte par les catholiques français en 1907 au capitaine Magniez qui, en 1906, à l’époque des inventaires prévus par la loi de séparation de l’Église et de L’État, refusa de faire briser à coups de hache les portes de l’église de Saint-Jans-Cappel (Nord).

 

La Chapelle Saint-Jean

Lille : Notre-Dame de la Treille, chapelle Saint-Jean

 

La chapelle de Saint Jean l’Évangéliste, elle aussi achevée en 1904, est dédiée au savoir et à l’éducation, alors que les luttes à ce sujet entre l’Eglise et l’Etat font rage. Le retable représente le Christ enseignant aux trois âges de la vie : l’enseignement primaire, où Jésus fait venir à lui les petits enfants, l’enseignement secondaire, avec Jésus parmi les docteurs et, sur la porte du tabernacle, l’enseignement supérieur, où Jésus donne à ses apôtres la mission d’enseigner. Les verrières figurent les saints enseignants, Jean-Baptiste de La Salle (enseignement primaire), Louis de Gonzague (enseignement secondaire) et Thomas d’Aquin (enseignement supérieur). Les mosaïques murales se lisent de bas en haut et sont dédiées à quelques disciplines académiques et à leurs représentants. À gauche, la philosophie, la rhétorique, l’arithmétique, la dialectique, la grammaire et la géographie ; à droite, les sciences naturelles, la peinture, l’architecture, la géométrie, la musique et l’astronomie. La mosaïque au sol évoque le poison que faillit avaler l’apôtre : c’est un semis de coupes d’où jaillit un petit dragon. Au centre, le tétramorphe : l’aigle de Jean, le lion de Marc, le bœuf de Luc et l’ange de Matthieu.

 

 

La Sainte Chapelle Lille : Notre-Dame de la Treille, la Sainte Chapelle

Réalisée entre 1856 et 1897, la chapelle d’axe qui abrite la statue de Notre-Dame de la Treille, raison d’être de l’édifice, est inspirée de la Sainte Chapelle de Paris. Elle comporte onze grandes verrières, sous des voûtes de dix-sept mètres de haut. Les vitraux relatent la vie de la Vierge Marie et l’histoire de Notre-Dame de la Treille. Les mosaïques murales représentent douze femmes de l’Ancien Testament. L’allée centrale porte également une mosaïque présentant la cité de Lille dans ses dimensions religieuse, militaire, universitaire et industrielle. L’autel de bronze doré est surmonté d’un habitacle qui abrite la statue de Notre-Dame de la Treille. Il s’agit d’une statue moderne réalisée par Marie Madeleine Weerts, l’originale ayant été volée en juillet 1959. Elle est portée par trois saints pèlerins, saint Thomas Becket, saint Louis et saint Bernard La table de communion porte six statues, trois personnages de l’Ancien Testament (Melchisédech, Ruth et Élie) et trois saints glorifiant le Sacrifice (sainte Julienne, saint Thomas d’Aquin et sainte Marguerite-Marie). La mosaïque au pied de l’autel représente la Création : les quatre éléments, les astres et le règne animal.

La Chapelle Sainte Anne

Lille : Notre-Dame de la Treille, chapelle Sainte Anne

Achevée en 1904, la chapelle Sainte-Anne, mère de la Vierge et patronne des menuisiers et des couturières, est dédiée au travail et représente quelques corporations lilloises. Elle témoigne de l’attachement de la bourgeoisie lilloise au système corporatif par opposition au syndicalisme qui se développe sous l’influence des idées socialistes. L’autel, en brèche violette avec colonnes d’onyx ambré, porte une mosaïque d’émail qui représente l’arche de Noé. Au centre, Sainte Anne est entourée de deux scènes également en mosaïque d’émail. La première symbolise la famille, elle représente Joachim et Anne conduisant leur fille Marie au temple de Jérusalem ; la seconde symbolise le travail, elle représente Joachim et Anne apprenant à leur fille à filer. Les quatre mosaïques murales figurent chacune trois saints patrons dans trois grands médaillons et des artisans dans des médaillons plus petits. Elles évoquent de gauche à droite le bâtiment, l’industrie, l’alimentation et l’habillement. Les trois verrières sont dédiées chacune à un saint patron corporatif majeur de la ville. De gauche à droite, saint Arnould, patron des brasseurs, saint Éloi, patron de l’industrie du fer et saint Nicolas, patron de l’industrie du fil. La mosaïque au sol représente quinze corporations et quatre confréries : les arbalétriers, les archers, les tireurs d’armes et les canonniers. Sur le pavé de la marche de l’autel est représentée un rameau d’olivier entourant une olive lumineuse. Cette représentation évoque sainte Anne, arbre de vie qui produit un fruit précieux, une olive virginale d’où sort l’huile. L’huile c’est le Christ, huile qui sanctifie et qui éclaire le monde.

 

Chapelle de Saint Charles le Bon

Lille : Notre-Dame de la Treille, chapelle de Charles le Bon

 

La chapelle de saint Charles le Bon, achevée en 1904, est dédiée à ceux qui ont fait la grandeur de la Flandre et en premier lieu à Charles le Bon qui participa à la première croisade de 1096 à 1099. Le retable comprend trois bas-reliefs d’argent encadrés de deux colonnettes d’onyx vert. Ils représentent, au centre, la dédicace de la ville à la Vierge par Jean le Vasseur en 1634 et, de part et d’autre, Marguerite de Constantinople offrant à la Vierge le bref de sa confrérie et le premier chapitre de la Toison d’or tenu à Lille en 1431. Jean le Vasseur est également représenté sur les mosaïques murales parmi d’autres personnages illustres comme Baudouin V de Flandre, fondateur de Lille, ou Louis XIV. Le rappel des croisades est figuré par la croix de Jérusalem sous l’autel et, au-dessus de l’autel, par le reliquaire contenant un ossement de saint Louis. Aux quatre coins de son socle sont représentés quatre pèlerins de Notre Dame de la Treille : saint Bernard, saint Louis, saint Vincent Ferrier et saint Thomas de Cantorbery. La mosaïque du pavé porte les 128 blasons des paroisses de l’ancienne Châtellenie de Lille. Les vitraux retracent la vie et le martyre de saint Charles le Bon (à gauche, sa prospérité, au centre son martyr à Bruges, à droite, la conspiration).

 

La Chapelle du Sacré Cœur de Jésus

Lille : Notre-Dame de la Treille, chapelle du sacré coeur de Jésus

 

Le baptistère a été dans cette chapelle, achevée en 1908. Les mosaïques représentent toutes les races et tous les âges de la vie adorant le Christ. La partie haute de la mosaïque murale représente le christ roi entouré à sa droite de David et d’Isaïe et à sa gauche de saint Jean et saint Paul. La frise inférieure représente de gauche à droite la race noire, la race blanche, la race rouge et la race jaune, chacune aux quatre âges de la vie (enfance, adolescence, maturité, vieillesse). Sous celles-ci on lit: « Omnes gentes venient et adorabunt coram te, Rex gloriae, Christe » (Ps. LXXXV,9) : « Toutes les nations viendront à vous, Roi de gloire, et se prosterneront devant vous ». Le retable porte deux petits médaillons, l’un qui figure Léon XIII consacrant l’Église au Sacré-Cœur devant la basilique Saint-Pierre de Rome en 1899 et l’autre qui figure le Cardinal Richard consacrant la France au Sacré-Cœur devant la basilique de Montmartre, élevée en expiation des péchés de la Commune de Paris. Le tabernacle, surmonté d’une coupole garnie d’émaux, est entouré de quatre anges qui représentent les quatre fins de la messe (l’Adoration, l’Action de grâces, la Réparation et l’Adoration).

RUE DE WEPPES

Lille : rue Weppes
Depuis le parvis de la Treille, la cathédrale dans le dos, dans la rue en face on découvre une allée surplombée de bâtiments de style anglosaxon avec un sous-sol apparent, mi-rez-de-chaussée mi-cave : nous voici dans la rue de Weppes, qui était encore un canal jusqu’au début du XXe siècle !
A côté du N° 28, nous devions voir une des toutes dernières « ruelles à eau » de la ville : elle reliait le canal à la rue Jean-Jacques Rousseau. Elles ont aujourd’hui presque entièrement disparu, transformées en passages privés. Celle-ci a sans doute subi le même sort …

Au bout de la rue, un pont en bois mène à une arcade par laquelle on accède directement rue Esquermoise!

Mais rebroussons chemin pour prendre la rue du Cirque et, par la rue Basse, rejoindre la rue Lepelletier

 

RUE LEPELLETIER

Lille : rue Lepelletier, bas-relief

 

A l’angle avec la rue du Curé-Saint-Etienne, remarquez une enseigne en pierre sculptée représentant le sacrifice d’Abraham : datée de 1716, ce bas-relief a été inscrit par arrêté du 13 mars 1944 sur la liste des monuments protégés.
Nous sommes ici tout près de l’emplacement de l’ancienne église gothique Saint-Etienne détruite pendant le siège de 1792 : l’entrée de l’église adventiste, au 11 rue des Débris-Saint-Étienne, est située à l’exact emplacement où se tenaient les deux premiers piliers de la nef devant le chœur de l’église Saint-Étienne originelle.

RUE ESQUERMOISE
Lille : pâtisserie Meert, rue Esquermoise

En arrivant rue Esquermoise, repérez, aux n°25/27, la plus ancienne confiserie de Lille, établie ici depuis 1761.
C’est en 1839, à la demande de M. Rollez alors propriétaire de la maison, que César Benvignat, l’architecte officiel de la vieille ville, entreprend des travaux et donne à la boutique cette atmosphère fastueuse, que la boutique conserve encore de nos jours.
A l’intérieur, un balcon, des étagères en alcôve, et des plafonds peints dans un style orientaliste confère au lieu une ambiance chaleureuse.
Sur les comptoirs originaux de la boutique, classés aux monuments historiques, on peut voir gravé le «R » de Rollez, propriétaire de l’établissement de 1773 à 1849.

M. Meert reprend alors l’activité et ce durant près de dix ans. D’origine flamande, il innove avec une recette de gaufre plate fourrée au sucre, au beurre et à la vanille de Madagascar. La gaufre est cuite entre 2 fers à l’emblème de la maison, détourée à l’emporte pièce et garnie à la main.
Aujourd’hui, cette gourmandise dont la recette reste inchangée et qui a fait la renommée de la maison est toujours fabriquée à l’identique de façon artisanale

En 1904, c’est la famille Cardon qui devient propriétaire. En 1909, la maison se dote d’un salon de thé appelé Family Tea, œuvre du célèbre architecte Cordonnier. Toute la bourgeoisie lilloise s’y retrouve pour déguster gaufres, pâtisseries et autres douceurs.

 

HOTEL DE BEAUREPAIRE

Lille : Hotel Beaurepaire
Avant de rejoindre la Grand-Place, jetons un oeil sur la splendide et unique façade renaissance française qui subsiste à Lille.
ATTENTION : il faut chercher le restaurant « Le Compostelle », au n°4 de la rue Saint-Etienne.
L’établissement abrite les vestiges de l’hôtel de Beaurepaire, édifié en 1572 sur les ruines d’une maison de l’Ordre des Templiers
Ce bâtiment servit entre autres de relais pour les pèlerins sur la route de St-Jacques de Compostelle.
Contrairement aux autres bâtiments lillois de même époque construits en style renaissance dite flamande aux sculptures baroques, opulentes, fruitées (comme la Vieille Bourse), nous pouvons contempler ici l’unique témoin lillois de la Renaissance dite française aux sculptures légères, ciselées presque en à plat.

retour

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *