Lille promenades : Lille au XIXème siècle

Lille promenades : Lille au XIXème siècle

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La Révolution voit s’imposer le pouvoir d’une bourgeoisie libérale, dynamique et entreprenante. Sous son impulsion, Lille devient au XIXème siècle une grande puissance industrielle dont les piliers sont la métallurgie, la chimie et surtout le textile (coton et lin).
En 1858, en plein essor industriel, la ville connaît un agrandissement majeur. En annexant les communes voisines de Wazemmes, Esquermes, Moulins et Fives, Lille triple sa superficie et double sa population. De grandes avenues et de vastes places sont aménagées selon le modèle haussmannien pour recevoir d’imposants monuments tels que la Préfecture, le Palais des Beaux-Arts et les facultés.
La fantaisie dans l’architecture devient possible grâce à l’arrivée de nouveaux matériaux, tels le grès, la céramique et la lave émaillée.
Lille voit fleurir des usines monumentales, au coeur même des quartiers ouvriers. Véritables « châteaux », ces bâtiments ornés de tours, de créneaux, accueillaient sur plusieurs étages les ateliers et salles des machines.

 

Effectué le 29 mars 2014

Difficulté: distance:3km

 

 

PLACE DE LA REPUBLIQUE

À la limite sud et ouest de la ville ancienne, de nouvelles avenues larges et rectilignes prennent la place des fortifications démantelées, en particulier l’actuel boulevard de la Liberté avec la Place de la République, la première placeà être aménagée après l’annexion des communes limitrophes.
Cette vaste place offre un espace dégagé, étudié pour flatter le regard. Une fontaine, des bancs et de la verdure en font un lieu idéal pour les flâneurs et les touristes.
Lille : Place de la République, la Préfecture

Le projet de construction de la nouvelle Préfecture du Nord sera confié à l’architecte départemental Charles Marteau, qui remit ses propositions durant l’année 1864.
Le nouveau bâtiment, situé hors des anciens remparts, sur un terrain de 2 hectares, offert par la Ville de Lille au Département, était un des éléments majestueux de l’aménagement de la place Napoléon III (actuellement place de la République). Les travaux furent assez lents (1865-1874), depuis la pose de la première pierre le 15 août 1865, jusqu’à l’installation du préfet le 12 août 1872. De nombreuses modifications furent apportées au projet initial, pour en améliorer l’aspect et les installations.
Le bâtiment est composé d’un corps central et d’imposants perrons donnant sur la cour d’honneur et le parc ainsi que deux ailes, longeant le boulevard de la Liberté et la rue Jacquemarts Gielée.
La préfecture a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1975. (Source : © Préfecture du Nord)
Lille : Place de la République, Palais des Beaux-Arts

 

Le Palais des Beaux-Arts de Lille est l’un des plus grands musées de France, et le plus grand musée de province. Il fut parmi les premiers musées de France, bâti sous l’impulsion de vulgarisation de l’Art entreprise par Napoléon Ier au début du siècle. Sa construction débuta en 1885 pour s’achever en 1892. Son architecture est de style Belle-Epoque. Il a été rénové dès 1991, rouvert au public en juin 1997. Il abrite désormais sur plus de 22 000 m², la seconde plus grande collection d’œuvres de France (sculptures, peintures, dessins, céramiques…) après celle du Louvre. Cette collection comprend notamment des œuvres de Raphaël, Donatello, Van Dyck, Tissot, Jordaens, Rembrandt, Goya, Le Greco, David, Corot, Courbet, Toulouse-Lautrec, Delacroix, Rubens, Rodin, Claudel, Jean-Baptiste Chardin, ainsi que les plans en relief des villes fortifiées par Vauban.
Sources : © Office de Tourisme de Lille / © Mairie de Lille

Lille : statue équestre du Général Fadherbe

 

 

De l’autre côté de la place de la République (place Richebé), une statue équestre a été érigée en hommage au général Faidherbe, né à Lille en 1818.
Il fût gouverneur du Sénégal de 1854 à 1861 et de 1863 à 1865. Il créa le port de Dakar en 1857.
Commandant l’armée du Nord en 1870, il gagne les batailles de Pont-Noyelles et de Bapaume, épargnant l’occupation allemande aux départements du Nord (59) et du Pas-de-Calais (62).
Le sculpteur est Antonin Mercié et l’architecte est Paul Pujol. La staue a été inaugurée le 25 octobre 1896.

Le socle monumental est en outre une allégorie représentant la ville de Lille dictant à l’Histoire les hauts faits du général.

LE THEATRE SEBASTOPOL
Lille : le théâtre Sébastopol

 

Au sud de la place de la République, la rue Inkermann oouvre une belle perspective sur le Théâtre Sébastopol.
La place Sébastopol devait en 1880 accueillir un marché linier mais seules les fondations furent exécutées. Lorsque le Grand Théâtre Lequeux brûla, le 6 avril 1903, la place Sebastopol est un grand espace vide : la municipalité demanda à l’architecte Léonce Hainez et à l’entreprise Debosque d’Armentières de construire un théâtre provisoire en toute hâte. La construction des fondations débuta le 15 juillet 1903 et les travaux « hors sol » le 19 août 1903. L’inauguration eut lieu le 30 novembre de la même année.
A une échelle réduite, Hainez s’est librement inspiré de l’Opéra Garnier qui était, à l’époque, le modèle de tous les opéras. La façade est très élégante avec sa grande baie, d’un dessin typiquement Art Nouveau, flanquée d’un balcon soutenu par deux atlantes.
La belle maison d’angle aux cariatides est une démonstration du goût local : lave émaillée, céramique polychrome, colonnes, frontons, soutenus par des cariatides bien en chair.
En 1904, Hainez sera nommé architecte général de la ville de Lille.

 

PLACE PHILIPPE LEBON

 

La rue Solferino mène tout droit sur la place Philippe Lebon, véritable lieu de passage où se croisent les rues J.Bart, de Valmy, de Fleurus, N.Leblanc et des Pyramides, en plus de la rue Solferino.
Elle marque le début de ce que les Lillois appellent le « quartier latin » car c’est ici que ce sont installées, à la fin du XIXème siècle, les facultés d’état.
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L’Église Saint-Michel domine la Place Philippe Le Bon.
Elle a été bâtie entre 1869 et 1875 sur les plans de l’architecte du diocèse de Rennes, Alfred Coisel.
Conçue dans un style romano-byzantin, proche du style des basiliques romanes, l’édifice est bien proportionné, avec ses 70 m de longueur pour une largeur maximale de 30 m.
La coupole, située à la croisée du transept, rappelle les édifices byzantins. Le porche, à l’inverse, est d’inspiration romane.
Elle a été dotée en 1873 de vitraux d’Evaldre et Turpin dans l’abside, vitraux conçus en relation avec les peintures d’ Alphonse Colas qui ornent toute l’église.
Le peintre verrier Antoine Lusson, a réalisé à cette date les autres vitraux.
La chapelle des fonts baptismaux est ornée d’un vitrail d’Haussaire, réalisé au début du XXe siècle .
Lille : statue Louis Pasteur

 

 

Le monument Pasteur a été érigée en hommage à celui qui fut le premier doyen de la faculté des Sciences de Lille.
Œuvre du sculpteur Alphonse Cordonnier, selon les plans de l’architecte Louis-Marie Cordonnier, le monument fut inauguré en 1899 en même temps que l’institut Pasteur : à l’origine, le monument était parfaitement situé dans l’axe des sept voies de communication qui débouchent sur la place Philippe Lebon

Il sera déplacé dans les années 1970, lors de la modification de la place pour faciliter la circulation.
Elle a été restaurée en 2005.

LA MAISON COILLIOT

Lille : la Maison Coilliot

 

 

Cette maison a été construite en 1898 à la demande du céramiste M. Coilliot, qui en confiera la réalisation au très célèbre Hector Guimard, l’architecte du métro parisien.

Le plus beau produit de la maison Coilliot en recouvre la façade : la lave émaillée.
Le terrain sur lequel est bati la maison n’étant pas perpendiculaire à la rue, Guimard ménage un plan triangulaire pour distribuer les deux étages d’habitation, un grand arc en bois soutenant l’auvent du toit. Le dernier étage semble encastré dans la toiture.

Hector Guimard a dessiné lui-même tous les détails : cheminées, vitraux, mobilier, cage d’escaliers, et même boutons de portes !

La maison ne se visite pas mais l’INA a réalisé un petit film 

LA SYNAGOGUE, rue Auguste Angellier
Lille : synagogue rue Angellier

 

 

Première synagogue construite à Lille et dans le Nord, peu après l’importante immigration des Juifs alsaciens, elle fut inaugurée en 1891. Construite sur les plans de l’architecte lillois Théophile-Albert Hannotin (1843-1909), elle a permis de compléter le dispositif religieux inauguré avec le temple protestant voisin en 1875.
La synagogue lilloise a conservé son mobilier du XIXe siècle pendant l’Occupation, entre 1940 et 1944: « Cette préservation historique, sans doute unique en France, reste un mystère, raconte Alain Moïses, responsable technique du lieu. Les juifs ont quitté Lille en 1940. A leur retour, en 1944, la décoration et le mobilier étaient intacts. »
Admirez les extraordinaires vitraux déclinant l’étoile de David sur les façades du bâtiment.

LA FACULTE DE LETTRES
Lille : faculté de lettres

Le 18 mars 1887, une convention est signée entre la ville de Lille et l’Etat, dans laquelle la ville s’engage à construire les Instituts de Sciences Naturelles, de Physique, de Chimie, d’Archéologie classique et les Facultés de Droit et de Lettres avec le soutien financier de l’Etat. La loi du 10 juillet 1896 constitue l’université de Lille, complétée par des institutions spécialisées.
La faculté de Droit et de Lettres a été bâtie à partir de 1890, sur les plans de l’architecte de la ville, Alfred Mongy. Elle sera inaugurée en 1895 avant même la réception définitive des travaux.
Avec la restructuration des universités françaises imposée par la loi du 12 novembre 1968, trois universités se créent à Lille : l’Université des Sciences et Techniques (Lille 1), l’Université du Droit et de la Santé (Lille 2) et l’Université des sciences Humaines, Lettres et Arts (Lille 3).
La faculté de Droit et de Lettres sera transférée à Villeneuve-d’Ascq en 1974 à l’instar de la faculté des sciences, malgré plusieurs agrandissements au sein de l’établissement qui s’avèreront insuffisants face à l’augmentation croissante du nombre des étudiants.

Fin 2013, la municipalité a décidé de réhabiliter les locaux pour accueillir une Maison Internationale des Chercheurs, ce qui permettrait de recevoir les
enseignants-chercheurs et les chercheurs invités dans la Région, ainsi que des diplômés de haut niveau.

(source : http://www.lillemetropole.fr/files/live/sites/lmcu/files/docs/DELIBS/delibs-dec2013/Deliberations-ConseilLM_Recherche_dec2013.pdf)

 

 

BOULEVARD JEAN-BAPTISTE LEBAS
Lille : parc Jean-Baptiste Lebas

Le visiteur qui arrive sur le boulavard Jean-baptiste Lebas ne voit que les hautes grilles rouges du parc créé ici en 2006 en remplacement d’un parking sauvage.
Sur le site de l’office du tourisme, on peut lire « Ce parc urbain de 3 hectares déploie une vaste pelouse agrémentée de massifs fleuris, d’aires de jeux et de pistes de boules. Ses curieuses grilles rouges percées de 8 portes sont l’oeuvre des paysagistes néerlandais de West 8 ».
Ces grilles se révèlent rassurantes une fois qu’on est à l’intérieur: on se sent comme dans un cocon, protégé de la circulation environnante assez dense. Au final, l’endroit est très agréable, invitant au délassement grâce à ses bancs confortables disséminés un peu partout.
Mais prenez aussi le temps d’admirer les maisons de maîtres qui bordent le boulevard d’un côté.

Lille : Boulevard Lebas, no 2

 

 

 

Au n°2, l’immeuble qui marque l’angle avec la rue Jean Bart est beaucoup plus haut que les autres. Mais ce qui frappe le plus le passant, c’est l’exubérance de sa décoration inspirée par la Renaissance française.
Voyez la porte d’entrée : l’œil de bœuf est surmonté par un dragon portant un écusson, comme on en trouvait dans les châteaux !
L’angle de l’immeuble est orné d’une niche richement décorée, qui devait accueillir une statue.
Lille : boulevard Lebas no 10

 

 

 

 

 

Au n°10, on ne manquera pas d’admirer les belles mosaïques situées sous l’oriel du bâtiment

Lille : boulevard Jean-Baptiste Lebas, n°20

 

 

Au n°20, la maison a été conçue par Léonce Hainez : on retrouve ici, les atlantes du Théâtre Sébastopol, qui soutiennent l’oriel alors que le reste de la maison est essentiellement néo-famande avec son pignon à redans caractéristique.
Le bâtiment au n°22 est remarquable par ses trois étages de baies et son oriel qui court sur toute la hauteur du bâtiment.
Les différentes fenêtres de la baie du troisième étage sont séparées par des cariatides très élégantes. Au dessus, une mosaïque florale éclaire l’ensemble

 

Lille : rue Mallus

 

 

Juste à l’entrée de la rue Mallus, on peut voir un étonnant petit pavillon qui rappelle le Moyen Age par son architecture. On admirera les faux machicoulis en ogive et surtout le pinacle qui surmonte la grande fenêtre.

Il s’agirait de l’écurie d’une ancienne grande propriété depuis longtemps disparue.

LA GARE SAINT SAUVEUR
Lille : gare Saint Sauveur

Saint-Sauveur a été une gare de marchandise de 1865 à 2003.
Réhabilitée par la ville, elle a été ouverte au public en 2009 dans le cadre de l’organisation des événements de Lille 3000.
La gare Saint Sauveur est connue maintenant pour ses expos, ses concerts ou son bistrot, proposant tout au long de l’année des événements culturels et des espaces de loisirs. Cependant, ces animations culturelles et festives n’occupent en réalité qu’une petite partie de la vaste friche de 23 ha qui s’étend derrière. De nouveaux projets sont en cours pour « donner naissance à un quartier du mélange, de l’échange, de l’intensité et de la créativité. A un quartier où l’on aimera travailler ensemble, habiter, flâner, se rencontrer, partager. » A suivre …

LE BOULEVARD DE LA LIBERTE
Lille : boulevard de la Liberté

Le boulevard de la Liberté – anciennement boulevard de l’Impératrice, renommé en 1870 après la chute de l’Empire – a été ouvert entre 1863 et 1865 sur le glacis des anciens remparts méridionaux qui délimitait la ville de Lille jusqu’au VIIe agrandissement de 1858.
Cette artère majestueuse, qui relie toujours le boulevard Louis XIV au boulevard Vauban et à la façade de l’Esplanade, dispose de très nombreux hôtels particuliers, qui comptent parmi les plus élégants de la ville.
Lille : anciens bains lillois

 

 

 

Construits par Albert Baert dans le style Belle Epoque, les bains lillois ouvrent leurs portes, 219 boulevard de la Liberté, en 1892.
Les habitants du cossu quartier alentour se croisent dans la vapeur des thermes et douches chaudes, n’ayant pas, bien souvent, l’eau courante chez eux.
C’était une des premières piscines ouvertes à tous. Elle pouvait accueillir presque 300 personnes et disposait d’un très grand bassin, le tout dans une décoration très travaillée et somptueuse.
Malheureusement, il ne reste que la façade (protégée au titre des Monuments Historiques): tout le reste a été rasé (entre autres, les magnifiques bassins…), pour laisser place à de l’habitation privée.

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