Le Parc du Marquenterre

Le Parc du Marquenterre

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Pour regagner leurs sites de nidification nordique ou d’hivernage méridional, les oiseaux migrent en longeant le littoral. Depuis toujours, la Baie de Somme est une halte privilégiée pour des milliers d’oiseaux migrateurs.

Dans les 200 hectares d’espaces protégés du Marquenterre, haut lieu de l’ornithologie en Europe, les oiseaux s’arrêtent librement quelques jours pour se ressourcer au cours de leur voyage, pendant que d’autres viennent hiverner ou se reproduire.
Les oiseaux viennent du nord de la Russie, de la Norvège, d’Europe de l’Est, d’Afrique, d’autres sont plutôt casaniers et sédentaires mais tous sont sauvages et circulent librement.
Leur proximité, leur présence, varient en fonction des saisons et des marées.
Comme nous l’explique notre guide, ici les oiseaux passent du restaurant à l’hôtel et vice-versa ! En effet, à marée basse, beaucoup d’oiseaux vont se nourrir dans l’estuaire de la Somme (le restaurant) où les vasières sont riches en invertébrés (vers marins, coques, …). Quand l’eau monte, ils reviennent dans le Parc (l’hôtel) pour se reposer, sommeiller, faire leur toilette, en attendant que les vasières se redécouvrent.

Le Parc du Marquenterre a pensé aux humains qui viendraient le ventre vide : un self, « la tablée du Marquenterre », ouvert tous les jours de 12h à 15h, propose une savoureuse cuisine de saison à des prix tout-à-fait raisonnables. Pour nous, venant tout droit du phare du Hourdel où nous étions allés à la rencontre des phoques de la Baie, ce fut une entrée en matière des plus agréables, d’autant plus que le temps magnifique nous a permis de manger dehors, au plus près de la nature.
Nous étions ainsi fin prêts pour démarrer notre parcours de découverte avec la visite guidée de 14h00.

 

Parc du Marquenterre : visite guidéeVisite guidée ou pas ?

S’il s’agit de votre première visite, et surtout si vous n’êtes pas familiarisé avec l’observation des oiseaux, la visite guidée (qui est incluse dans le prix du billet d’entrée) en compagnie d’un guide naturaliste est vivement conseillée. Deux rendez-vous sont prévus : à 10h30 ou à 14h00.
Vous aurez ainsi toutes les clés pour comprendre l’histoire du site, l’interaction des oiseaux avec la baie de Somme, mais aussi reconnaître les grandes familles d’oiseaux et leurs cycles naturels.
La visite dure une heure et vous conduit jusqu’au premier poste d’observation (il y en a 13 en tout). Ensuite grâce au fléchage, vous poursuivrez librement la visite à votre rythme.
Un carnet de parcours vous est offert en début de visite : outre le plan des 3 parcours proposés (2, 4 ou 6 km), il vous donnera une foule d’informations pour profiter pleinement de votre visite.

 

Parc du Marquenterre : phragmite des joncs, roselièreParc du Marquenterre : phragmite des joncsL’avantage de suivre un guide

La visite guidée passe par des roselières : le guide a repéré le chant vif et pressé du Phragmite des joncs. Elle nous explique notamment le comportement qu’elle a pu observer : l’oiseau chante en s’agrippant à une branche de roseau, à un niveau bas, remonte progressivement puis saute sur un buisson voisin et recommence son manège. C’est ainsi que l’on peut localiser sa présence. D’autres individus ont été repérés ce jour-là à l’observatoire n°3, où il est plus aisé de voir l’oiseau car le milieu est composé d’herbes hautes : il se distingue plus facilement sur fond vert que sur fond blond !
C’est au moment où toute le petite troupe s’éloigne que je le repère … Sans guide, je n’aurais même pas perçu sa présence !

 

Parc du Marquenterre : mouette rieuse, mouette mélanocéphale, differencesParc du Marquenterre : mouettes rieuses, mouettes mélanocéphalesLe parc a une vocation pédagogique

Dans chaque observatoire, vous trouverez des informations précieuses, comme dans cet exemple.
De plus, les guides présents (il y en avait un quasiment dans chaque observatoire quand nous sommes passés) vous aideront à repérer les oiseaux qui vous intéressent.
Dans ce cas de figure, c’est le guide qui nous a montré un groupe mixte, où se mêlent mouettes rieuses et mouettes mélanocéphales : quand on les voit côte à côte, la différence saute aux yeux !

 

Parc du Marquenterre : foulque macroule et son petitDiscrétion et respect indispensables

Les postes d’observation permettent de voir sans être vu, mais les oiseaux ont l’ouïe fine, alors soyez discrets : ne sortez pas les mains, les appareils photo ou les longues-vues des ouvertures. De même, il est essentiel de rester sur les chemins pour ne pas perturber les oiseaux, ce que certains ont manifestement du mal à comprendre, obligeant les gardes à intervenir.
Même si vous voyez des espèces qui vous sont familières parce qu’on les voit un peu partout en France, comme ici une foulque macroule et son petit, respectez leur tranquillité : ce n’est pas parce que l’espèce tolère la présence humaine qu’elle ne va pas stresser si vous la dérangez.

 

Parc du Marquenterre : avocette éléganteParc du Marquenterre : avocette élégante, vanneau huppé, mouette rieuse C’est la première fois que j’ai pu observer des avocettes élégantes : les oiseaux se regroupent, nombreux, sur à peu près tous les plans d’eau qui émaillent la Baie de Somme mais ce n’est qu’au Parc du Marquenterre que j’ai pu en admirer, et à partir de plusieurs observatoirs en plus !
L’avocette recherche sa nourriture dans l’eau, à l’aide de son bec incurvé et très sensible. Sa méthode est originale : elle entrouvre le bec et écume l’eau en surface. Pour cela, elle manœuvre le bec dans dans un va-et-vient latéral tout en filtrant les aliments. L’avocette peut aussi basculer comme un canard pour chercher sa nourriture en eau plus profonde.

Le vanneau huppé (à l’arrière plan), lui, se faisait beaucoup plus rare.

 

Parc du Marquenterre : cormoransParc du Marquenterre : cormorans et mouettesLe Grand Cormoran mal connu, mal perçu, est un oiseau d’eau que l’on rencontre en bord de mer mais aussi à l’intérieur des terres, à proximité d’étangs, lacs et rivières.
On l’accuse souvent de manger plusieurs fois son poids de poissons par jour. Il n’en est rien : en moyenne, le Grand Cormoran en consomme 300 grammes.
Contrairement à une idée reçue, le Grand Cormoran possède un plumage en partie imperméable. Après la pêche, on l’observe souvent perché sur un piquet ou au sol, les ailes ouvertes : cette position caractéristique lui permet de digérer plus facilement son repas !
(information trouvée dans un des postes d’observation du Parc)

 

Parc du Marquenterre : cormorans, mouettes et chevalier guignetteParc du Marquenterre : chevalier guignetteQuand les jumelles s’avèrent indispensables …
J’admirais les cormorans, mais aussi les mouettes, tentant de me souvenir des explications que nous avions eues pour distinguer les rieuses des mélanocéphales, quand un garde demande si nous avions bien repéré le chevalier guignette.
Ce n’est que grâce aux jumelles que j’ai pu le découvrir. Il ne fait que 21 cm, à comparer aux 43cm d’une mouette ou aux 100cm du grand cormoran (suivez la flèche sur la photo)
Heureusement, le guide a bien voulu prêter sa longue-vue aux personnes qui ne disposaient pas d’un appareil photo haut de gamme pour nous permettre de prendre une photo digne de ce nom, tant le plan d’eau qui nous intéressait était éloigné du poste d’observation.

 

Parc du Marquenterre : spatule blancheParc du Marquenterre : spatule blancheLe Parc du Marquenterre s’enorgueillit d’avoir 90 couples de spatules blanches : c’est la seule colonie française visible du public, selon le livret qui nous a été remis à l’entrée.
La Spatule blanche habite les grandes zones humides littorales et de l’intérieur. Elle a besoin pour se nourrir de grandes étendues d’eau libre peu profonde, et pour nidifier d’arbres ou arbustes car sa nidification coloniale est le plus souvent arboricole, même si localement elle se résout à nicher en roselière. Son bec spatulé lui permet de filtrer l’eau et de retenir toutes sortes d’invertébrés et de petits vertébrés (petits crustacés, vers, larves d’insectes, petits poissons,…) : elles sont nombreuses en ce début de mois de mai et nous pourrons les observer tout à loisir.

 

Parc du Marquenterre : héron cendréParc du Marquenterre : cigogne blancheNous retrouverons effectivement plusieurs couples de spatules blanches nichés au sommet de pins, à côté de hérons cendrés et de cigognes blanches, à la héronnière (poste d’observation n°13).
Le spectacle est continu car 5 espèces d’échassiers se partagent la héronnière pour environ 200 nids ! Autant dire qu’il y a de quoi en prendre plein les yeux ! Mais attention : il faut savoir que le site n’est occupé que pendant la saison de nidification, c’est-à-dire de mi-février à juillet. Autrement dit, du mois d’août au mois de janvier, le héronnière est totalement déserte.

 

Parc du Marquenterre : aigrette garzetteParc du Marquenterre : héron cendré garde boeufsNous avons parlé de 5 espèces d’échassiers qui se partagent la héronnière : outre le héron cendré, la spatule blanche et la cigogne blanche, l’aigrette garzette et le héron garde-boeufs profitent eux aussi de l’hospitalité des pins du Parc du Marquenterre.

Nous pourrons observer des aigrettes garzettes et des hérons garde-boeufs près des plans d’eau situés à proximité de la héronnière.
Certains blogs parlent aussi du bihoreau gris censé être hôte de ces lieux : nous n’en avons pas observé, et le panneau explicatif du parc ne le mentionne pas.

 

Parc du Marquenterre : tadorne de belonParc du Marquenterre : tadorne de belon
Le tadorne de belon : un canard à part

Omniprésente en baie de Somme, cette espèce possède de nombreuses particularités. C’est le plus grand des canards de surface en Europe. La femelle est aussi colorée que le mâle (c’est le seul cas dans les espèces européennes) et seul le tubercule qui surmonte le haut du bec du mâle permet de les distinguer. Cavernicole, il niche dans les terriers de lapins. Les petits ne sont pas élevés par les parents, mais confiés à des crèches pouvant regrouper jusqu’à une centaine d’individus de tous les âges.

 

Parc du Marquenterre : oie cendréeDe la fidélité des couples …

Notre guide nous apprend que la fidélité chez les cigognes est un mythe : la cigogne blanche est fidèle à son nid, pas à son conjoint ! Et de nous raconter des anecdotes croustillantes observées dans le Parc, comme celle de cette femelle qui s’est laissé séduire par un mâle arrivé plus tôt que son partenaire habituel. Quand le « régulier » est enfin revenu, il a commencé par éjecter tous les oeufs du rival avant de s’atteler à sa tâche de reproducteur. Tout est rentré dans l’ordre sans que la femelle se rebiffe …
Chez l’Oie cendrée, les couples se forment à l’âge de 3 ou 4 ans et les partenaires sont unis pour la vie. Mâle et femelle restent ensemble toute l’année, même durant la période d’inactivité sexuelle. Les écarts à cette règle, telle la bigamie, sont peu fréquents en nature. La disparition d’un des conjoints peut entraîner la formation d’un nouveau couple, mais peut aussi être suivie d’un célibat prolongé ou définitif.

 

Et pour finir cette visite en beauté, je vous propose une vidéo qui vous permettra de vous imprégner de la magie des lieux.

 

 

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