Le mouvement zapatiste

Le mouvement zapatiste

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Le groupe qui a donné naissance à l’EZLN commence son action clandestinement dans la Forêt Lacandone à partir de 1983.
Le 1er janvier 1994, le jour où entrent en vigueur les accords de de l’ALENA (traité de Libre Commerce entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique), l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) marche sur San Cristobal au cri de « Ya basta ! ».
« Basta » de cette frénésie néolibérale et de ces privatisations qui lèsent les paysans indigènes, « basta » de ces règles économiques qui viennent d’autoriser (en 1992) la parcellisation et la vente des « éjidos » (les terres communales traditionnelles). Le subcommandante Marcos mène le mouvement.
Descendant des montagnes, les sans-voix, les sans-terre, les oubliés de toujours occupent les principales villes du Chiapas, état le plus pauvre du Mexique. L’EZLN apparaît publiquement pour la première fois et, avec elle, tous les Indiens en lutte réclamant la dignité, la justice, la démocratie pour tous, la reconnaissance de leurs droits et de leur culture.

L’EZLN se réclame de l’héritage d’Emiliano Zapata et soutient les indigènes dans leur lutte pour la sauvegarde de leurs terres, faisant ainsi renaître le cri de  » Tierra y Libertad  » autour duquel se rassemblaient les partisans d’Emiliano Zapata.
Le mouvement zapatiste

 

Après avoir obtenu l’ouverture de négociation avec le gouvernement sur ses principales revendications lors des accords de San Andrès,  les zapatistes ont organisé une marche sur Mexico pour soutenir leurs demandes.
Le gouvernement leur a permis à cette occasion de s’exprimer devant le parlement puis il a voté à la va-vite une  » loi indigène  » trahissant totalement l’esprit des accords négociés préalablement.

Rompant alors tout dialogue, l’EZLN s’est retirée dans les montagnes.

le mouvement zapatiste et les municipalités autonomes

 

 

En 2003, après dix ans de répression, les zapatistes ont proclamé l’autonomie de plusieurs municipalités insurgées, décidant de ne plus dépendre du « mauvais gouvernement « .

Fondamentalement incompatibles avec le système libéral, ces municipalités résistent à la répression et l’ostracisme dont elles sont victimes de la part de l’état mexicain, de l’armée et des entreprises capitalistes.

Ces communes en rébellion sont autogérées et organisées pour assurer leurs besoins sociaux, faire vivre leurs cultures et leurs langues.
le mouvement zapatiste et les municipalités autonomes

 

 

Tonina appartient à la « municipio autonomo de Francisco Gomez » : les communes autonomes choisissent un nom en piochant généralement parmi les héros du mouvement.
Ainsi Francisco Gomez est un « compañero » qui a donné sa vie pour la cause : il est mort dans le combat à Ocosingo qui a opposé l’EZLN à l’armée gouvernementale en janvier 1994.
De gauche à droite, vous reconnaitrez Emiliano Zapata, Che Guevara et le subcommandante Marcos.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur l’article « Les Municipalités Autonomes et Rebelles Zapatistes, Municipios Autónomos y Rebeldes Zapatistas » du blog « Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel »

Le mouvement zapatiste

 

La demande d’autonomie est la première revendication zapatiste  mais la volonté des communautés autochtones de participer à la gestion de leurs ressources naturelles et de leur territoire va à l’encontre des desseins de privatisation et d’exploitation qui caractérisent les politiques néolibérales face à ces mêmes ressources et territoires.
Il ne faut cependant pas s’y tromper : il n’est pas dans les intentions de l’EZLN de prendre le pouvoir, ni de revendiquer l’indépendance d’une région.

Il souhaite avant tout obtenir que les communautés indiennes profitent des nombreuses ressources naturelles (eau, gaz, pétrole, biodiversité) dont regorgent leurs terres au lieu de les voir exploitées par des multinationnales à leurs dépends.
Le Chiapas est en effet un des Etats les plus riches du Mexique en ressources naturelles; or il a le taux de pauvreté le plus élevé du pays, particulièrement chez les indigènes mayas qui constituent plus de 40?% de la population, car les autochtones sont demeurés exclus des
retombées économiques de l’exploitation des ressources locales et des programmes gouvernementaux.

coopérative zapatiste

 

Les femmes sont nombreuses à avoir rejoint l’EZLN et à y jouer un rôle important.

Les femmes des communautés zapatistes font ce qu’ont toujours fait les femmes indigènes?: travailler la terre, nourrir la famille, s’occuper des enfants et des anciens, faire de l’artisanat.
Mais prenant en main leur destin dans cet état de guerre que leur impose le gouvernement néolibéral, elles sont directement impliquées dans la résistance civile?: blocage des routes aux militaires, occupation de mairies, participation aux marches pour les droits des femmes.
Elles sortent du rôle de victimes, elles affrontent aussi les hommes proches d’elles qui s’opposent à leur autonomie, soit sous leur toit, soit devant les conseils de la communauté. Et elles sont nombreuses maintenant à occuper des postes de responsabilité.
L’une d’elles, la commandante Esther, a déclaré : « Il n’est plus temps de nous taire. Il est temps d’agir par nous-mêmes et d’obliger les hommes à respecter nos droits. Car si nous ne le faisons pas, personne ne le fera pour nous. »
Les transformations en cours dans les territoires zapatistes signifient aussi pour elles un accès à l’éducation, à la formation, cela signifie également pouvoir gérer des coopératives, comme au café TerrAdentro, à San Cristobal.
San Cristobal - café zapatiste

 

Cette adresse nous a été donnée par Rodolfo, que nous avons beaucoup sollicité pour mieux connaitre le mouvement zapatiste et savoir en quoi il vient concrètement en aide aux populations indigènes aujourd’hui.
Il s’agit d’un centre culturel / café/ restaurant tenu par des zapatistes. Il est situé au coeur de San Cristobal, au 24 Calle Real de Guadalupe.
C’est ici qu’a été prise la photo de la coopérative zapatiste de femmes (ci-dessus).

L’endroit est des plus agréables.
San Cristobal - café zapatiste

 

 

Ils annoncent clairement la couleur : « Nous n’adhérons pas à l’idée de privatiser les ressources naturelles de la planète.
Nous estimons qu’il est injuste de faire payer les gens pour qu’ils puissent boire de l’eau naturelle.
Pour cette raison, nous utilisons un filtre à ozone pour vous garantir une eau 100% potable. »

En lisant cet article très édifiant, vous comprendrez mieux cette position vis-à-vis de l’eau.

San Cristobal - café zapatiste

 

Ici, on ne peut demander que du café bio zapatiste. Il s’agit d’un café arabica, de la plus haute qualité, celle destinée à l’exportation. Outre le prix d’achat supérieur payé au départ aux coopératives, les bénéfices sont entièrement reversés aux communautés zapatistes.

Cet argent supplémentaire permet donc de soutenir les producteurs pour qui le café est souvent la seule production vendue (les autres cultures étant d’auto-subsistance) et représente la seule rentrée d’argent pour acheter ce qu’ils ne peuvent produire. Il permet également de soutenir les projets de ces communautés et notamment des projets de santé et d’éducation autonomes.

San Cristobal - café zapatiste
San Cristobal - café zapatiste

 

 

Nous avons très bien mangé, à un prix modique: c’est une adresse à recommander même si le mouvement zapatiste vous laisse de marbre.

San Cristobal - 21 décembre 2012 (photo internet)

 

 

Comment se fait-il que l’EZLN ait pu se faire entendre et n’ait pas été massacré par l’armée fédérale ?
Le mouvement zapatiste doit beaucoup à internet. Dès le départ, ils ont parié sur la diffusion massive de leurs idée au niveau international, et ont particulièrement soigné la communication. C’est en majorité grâce à Internet qu’ils ont pu se faire connaître  partout dans le monde.
Les zapatistes organisent également de grandes manifestations pour attirer l’oeil des observateurs internationaux.
Récemment encore, ils ont organisé « La marche du silence des zapatistes » : Le 21 décembre 2012, des dizaines de milliers de zapatistes ont marché dans les rues de 5 grandes villes de l’état, Ocosingo, Palenque, Comitan, Las Margaritas et San Cristobal de Las Casas.

San Cristobal - 21 décembre 2012 (photo internet)

Ils étaient 20 000 à San Cristobal, la capitale historique du Chiapas. Le numéro que vous voyez sur leur cagoule permet (aux initiés) de savoir à quelle zone zapatiste ils appartiennent.
Les manifestants ont réalisé une véritable démonstration de force, en une date toute particulièrement symbolique, le 21 décembre 2012, date d’un changement de cycle, un changement de monde pour les mayas.
Dans une surprise générale, cette mobilisation pacifique, a été d’une grande ampleur et a mobilisé près de 50 000 zapatistes. Ce serait l’action qui aurait réunit le plus de zapatistes depuis 1994, selon les médias nationaux. Et pourtant, il pleuvait ce jour-là, mais ils sont venus, certaines avec leur bébé.
Les Zapatistes ont marché avec ordre, dignité, discipline et cohésion, et en silence : de la même manière qu’ils se couvrent le visage pour être vus, ils ont ce jour-là manifesté en silence pour être écoutés.
 

 
Durant la marche ce tract a été distribué.

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire indigène – Commandance Générale de l’armée Zapatiste de Liberation Nationale.
Mexique.

21 décembre 2012,

A qui de droit:

VOUS AVEZ ENTENDU?

C’est le son de votre monde en train de s’effondrer,
C’est celui du notre qui resurgit.
Le jour qui fut jour, était nuit,
Et nuit sera le jour qui sera le jour.

DÉMOCRATIE!
LIBERTÉ !
JUSTICE!

Depuis les Montagnes du Sud-Est Mexicain,
Pour le Comité Clandestin Rebel Indigène – Comandance Général de l’ EZLN

Sous-commandant insurgé Marcos,
Mexique Décembre 2012

 

Communiqué du comité clandestin révolutionnaire indigène -Commandement général de l’armée zapatista de libération nationale

Mexique, le 30 décembre 2012

Aux habitants du Mexique : Aux peuples et gouvernements du monde :

Frères et sœurs : Companeros y companeras :

Le 21 décembre dernier, 2012, aux premières heures du jour, par dizaines de milliers nous indigènes zapatistes nous sommes mobilisés et avons pris, pacifiquement et en silence, 5 places municipales du Chiapas état du sud-est mexicain.

Dans les villes de Palenque, Altamirano, Las Margaritas, Ocosingo et San Cristobal de las Casas, nous les avons observés et nous nous sommes observés nous-même en silence.

Pour nous ce n’est pas un message de résignation. Pas non plus de guerre, de mort et de destruction. Notre message est un message de lutte et de résistance.

Après le coup d’état médiatique qui a exalté le pouvoir exécutif fédéral à l’ignorance mal dissimulée et pire maquillée, nous nous sommes montrés pour leur faire savoir que si eux ne comptaient jamais partir, nous non plus. Il y a 6 ans, une partie de la classe politique et intellectuelle s’est mise en quête d’un responsable de sa défaite. A cette époque nous étions, dans les villes et les communautés, en lutte pour la justice concernant Atenco, qui n’était alors pas à la mode.

Dans ce but d’abord ils nous ont calomniés et ensuite ils ont voulu nous faire taire. Malhonnêtes et incapables de voir que c’est en eux-même que se trouvait et se trouve le germe de leur ruine, ils ont essayé de nous faire disparaître par le mensonge et le silence complice.

6 ans après, deux choses sont claires : Eux n’ont pas besoin de nous pour échouer. Nous, nous n’avons pas besoin d’eux pour survivre. Nous, qui ne sommes jamais partis même si les médias de toutes tendances se sont acharnés à le faire croire, nous resurgissons tels des indigènes zapatistes que nous sommes et que nous serons.

Pendant ces années nous nous sommes renforcés et avons considérablement amélioré nos conditions de vie. Notre niveau de vie est supérieur à celui des communautés indigènes voisines qui sont liées au gouvernement au pouvoir, qui reçoivent la charité et la gaspillent en alcool et choses inutiles. Nos demeures s’améliorent sans nuire à la nature en lui imposant des chemins qui lui sont étrangers. Dans nos villages, la terre qui était auparavant utilisée pour engraisser le bétail des propriétaires fonciers, l’est aujourd’hui pour le maïs, les haricots et les légumes qui égayent nos tables. Notre travail donne la double satisfaction de nous fournir ce dont nous avons besoin pour vivre honorablement, et de contribuer à la croissance collective de nos communautés. Nos garçons et nos filles fréquentent une école qui leur apprend leur propre histoire, celle de leur pays et celle du monde, ainsi que les sciences et les techniques dont ils ont besoin pour se développer sans cesser d’être indigènes. Les femmes indigènes zapatistes ne sont pas vendues comme des marchandises.

Les indigènes du PRI vont dans nos hôpitaux, cliniques et laboratoires car dans ceux du gouvernement il n’y a pas de médicaments, ni d’équipement, ni de docteurs ni de personnel qualifié. Notre culture fleurit, elle n’est pas isolée mais s’enrichit au contact des cultures des autres peuples du Mexique et du monde. Nous gouvernons et nous nous gouvernons nous-mêmes, cherchant toujours d’abord l’accord plutôt que la confrontation. Tout ceci a été réalisé non seulement sans le gouvernement, la classe politique et les médias qui les accompagnent, mais même en résistant à leurs attaques de toutes sortes. Nous avons montré, une fois de plus, que nous sommes bien qui nous sommes.

Avec notre silence nous étions présents.

Maintenant avec notre parole nous annonçons que :

Premièrement – nous réaffirmons et consolidons notre appartenance au Congré National Indigène, espace de rencontre avec les peuples originaires de notre pays.

Deuxièmement – nous reprenons contact avec nos compagnons et compagnes adhérents de la sixième déclaration de la forêt Lacandona, au Mexique et dans le monde.

Troisièmement – nous allons essayer de construire les ponts nécessaires vers les mouvements sociaux qui ont surgi et surgiront, pas pour les diriger ou les supplanter mais pour apprendre d’eux, de leur histoire, de leurs parcours et de leurs destinées. Pour cela nous avons obtenu le soutien d’individus et groupes dans différentes zones du Mexique, constitués en équipes d’appui aux commissions EZLN de la sixième (déclaration) et celle de l’internationale, afin qu’elles deviennent des liens de communication entre les bases de soutien zapatistes et les individus, groupes et collectifs adhérents de la sixième déclaration, au Mexique et dans le monde, qui continuent d’affirmer leur conviction et leur engagement dans la construction d’une alternative non institutionnelle de gauche.

Quatrièmement – Notre éloignement critique vis-à-vis de la classe politique mexicaine, dans son ensemble, se poursuivra, elle n’a rien fait sinon prospérer aux dépends des besoins et des espérances des gens humbles et simples.

Cinquièmement – En ce qui concerne les mauvais gouvernements fédéraux, régionaux et municipaux, exécutifs, législatifs et judiciaires et les médias qui les accompagnent nous disons ce qui suit : Les mauvais gouvernements de toutes tendances politiques, sans exception aucune, ont fait tout leur possible pour nous détruire, pour nous acheter, pour nous vaincre. PRI, PAN, PRD, PVEM, PT, CC et le futur parti RN, nous ont attaqué militairement, politiquement, socialement et idéologiquement. Les grands médias de communication ont tenté de nous faire disparaître par la calomnie servile et opportuniste d’abord, par le silence sournois et complice ensuite. Ceux qu’ils ont servis et dont l’argent les a allaités ne sont plus là. Et ceux qui les remplacent maintenant ne dureront pas plus que leurs prédécesseurs. Comme ça a paru évident le 21 décembre 2012, tous ont échoué. Il reste alors au gouvernement fédéral, exécutif, législatif et judiciaire à décider s’il retombe dans la politique contre-insurrectionnelle qui a seulement abouti à une fragile mascarade lourdement soutenue par le manège médiatique ou s’il reconnaît et solde ses compromis en élevant au niveau constitutionnel les droits et la culture indigène tel et comme le prévoient les dénommés « Accords de San Andrés » signés par le gouvernement fédéral en 1996, présidé alors par le même parti qui est aujourd’hui en charge de l’exécutif. Reste au gouvernement régional de décider s’il poursuit la stratégie malhonnête et ruineuse de son prédécesseur, qui en plus d’être corrompu et menteur, a utilisé l’argent du peuple du Chiapas pour son propre enrichissement et pour celui de ses complices, et l’a dédié à l’achat effronté de voix et de plumes dans les médias, laissant pendant ce temps le peuple du Chiapas dans la misère, tout en usant de policiers et paramilitaires pour tenter de freiner l’avancée organisationnelle des peuples zapatistes ; ou si, avec vérité et justice il accepte et respecte notre existence et se face à l’idée que fleurit une nouvelle forme de vie sociale en territoire zapatiste, Chiapatiste et Mexicain. Floraison qui attire l’attention de personnes honnêtes partout sur la planète. Reste aux gouvernements municipaux de décider s’ils continuent de payer la dîme que les organisations antizapatistes ou supposées « zapatistes » leur extorquent pour agresser nos communautés ; ou s’ils utilisent plutôt cet argent pour améliorer les conditions de vie de leurs électeurs. Reste au peuple du Mexique qui s’organise dans des formes de luttes électorales et résiste, a décider s’il continue à nous voir comme des ennemis ou des rivaux sur lesquels décharger sa frustration pour les fraudes et agressions que, finalement, nous payons tous et si dans sa lutte pour le pouvoir il continue à s’allier avec nos persécuteurs ; ou s’il reconnaît enfin en nous une autre façon de faire de la politique.

Sixièmement – Dans les prochains jours l’EZLN, à travers ses commissions : celles de la sixième et celle de l’internationale, fera connaître une série d’initiatives à caractère civil et pacifique pour continuer à avancer ensemble, avec les autres peuples originaires du Mexique et de tout le continent, et avec tous ceux qui, au Mexique et dans le monde entier résistent et luttent en bas et à gauche.

Frères et sœurs : Companeros et companeras :

Par le passé nous avons eu la bonne fortune de recevoir une attention honnête et noble de la part de plusieurs médias de communication ; nous les en avons remercié alors. Mais cela fut complètement effacé par leur attitude ultérieur. Ceux qui ont parié que nous n’existions que médiatiquement et que, dans une logique de mensonge et de silence nous disparaîtrions, se sont trompés. Quand il n’y avait pas de caméras, de micros, de stylos, d’écoutes ni de regards nous existions. Quand on nous a calomnié, nous existions. Quand on nous a baîllonné, nous existions. Et nous voici, existant.

Notre progression, comme nous l’avons démontré ne dépend pas de l’impact médiatique, mais de la compréhension du monde et de ses parties, de la sagesse indigène qui dicte nos pas, du courage inébranlable que donne la dignité d’être en bas et à gauche. A partir de maintenant, notre parole va commencer a être sélective quand au destinataire et, sauf dans de rares occasions, pourra seulement être comprise par ceux qui ont cheminé et cheminent avec nous, sans céder aux modes médiatiques et aux tendances du moment. Ici, sans quelques erreurs et avec beaucoup de difficultés, existe déjà une réelle autre forme de faire de la politique. Peu, très peu, auront le privilège de la connaître et d’apprendre directement d’elle. Il y a 19 ans nous les avons surpris en prenant leurs villes avec le feu et le sang. Là nous l’avons fait de nouveau sans armes, sans mort, sans destruction. Nous nous différencions ainsi de ceux qui, pendant leur législature, ont distribués et distribuent la mort à leurs électeurs.

Nous sommes les mêmes qu’il y a 500 ans, qu’il y a 44 ans, qu’il y a 30 ans, qu’il y a 20 ans, qu’il y a juste quelques jours.

Nous sommes les zapatistes, les plus petits, ceux qui vivent, luttent et meurent dans le dernier coin du pays, ceux qui ne renoncent pas, ceux qui ne se vendent pas, ceux qui ne cèdent pas.

Frères et sœurs : Companeras et companeros :

Nous sommes les zapatistes, recevez notre étreinte. Démocratie ! Liberté ! Justice !

Depuis les montagnes du sud-est mexicain. Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Subcomandante Insurgé Marcos

(traduction : David Vial)

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