Le Crotoy

Le Crotoy

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La ville du Crotoy est une ancienne place forte cernée d’une enceinte. Elle restera pendant de nombreux siècles confinée derrière ses murs. Ce n’est qu’avec l’apparition de la pratique des bains de mer qu’elle connaît une croissance hors les murs, le long de la baie de Somme.

Dès 1840 un établissement de bains s’installe sur la belle plage de sable fin, exposée au Sud.
Le Crotoy connut son heure de gloire grâce à Guerlain, le célèbre parfumeur : natif d’Abbeville et très épris du Crotoy et de la baie de Somme, il ouvrit son hôtel en 1860, en espérant la venue de sa prestigieuse cliente, l’Impératrice Eugénie, qui ne lui rendit jamais visite. Il y invita ses amis parisiens, faisant du Crotoy une destination privilégiée pour les vacances.
La ville connaît un nouveau développement avec l’arrivée du train en 1887. De part et d’autre du cœur historique de la commune, aux rues imbriquées en un dédale géométrique, des villas aux façades colorées s’alignent le long de nouvelles avenues, ouvertes en parallèle au front de mer. Malheureusement, la seconde guerre mondiale marque une césure importante pour la station : de nombreuses constructions du front de mer sont détruites, beaucoup d’autres sont sinistrées.

Au XVIIème siècle, Le Crotoy comptait parmi les ports de pêche les plus importants de la Manche. L’activité est aujourd’hui en retrait du fait notamment de l’ensablement de la baie. La vocation maritime du Crotoy perdure certes, mais elle s’oriente davantage vers les loisirs et l’accueil des vacanciers.
Aujourd’hui, la station balnéaire du Crotoy est composée de quartiers à vocation de villégiature saisonnière qui se sont développés le long de la plage (quartier balnéaire, quartier de l’Aviation), ou d’une voie principale (quartier des Mollières), entourant l’ancien village. Ce dernier se trouve absorbé par la station et assure un rôle commercial, administratif et religieux. C’est en effet dans ce quartier (le Bourg) que se trouvent les commerces, les services publics, les hôtels de voyageurs, et l’église paroissiale.

Les couleurs de la Baie de Somme ont beaucoup inspiré les artistes. Le Crotoy, grâce à son exposition plein sud est un lieu idéal pour capter les reflets jusqu’aux derniers rayons du soleil. Ecrivains et peintres célèbres se sont nourris des ambiances lumineuses pour laisser s’épanouir leurs talents, et leur souvenir plane toujours sur la station…

 

Le Crotoy : seule plage de la Baie de Somme orientée au sudLe Crotoy : plage et pointe du HourdelUne immense plage de sable fin

Les estivants sont attirés par une plage orientée au sud, vantée comme étant la seule au Nord de la France.
A la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, les bains de mer et le repos sur la plage sont les activités de prédilection. Les promenades à pied font aussi partie de l’emploi du temps quotidien.

Aujourd’hui, l’on voit beaucoup de pêcheurs à pieds que l’ensablement de la baie, à raison de 15 hectares par an, ne gène en rien. Ces quelques centaines d’amateurs récoltent de 3 à 4.000 tonnes de coques par an, les traditionnels « hénons » des Picards.

 

Le Crotoy : les TourellesHôtel-Restaurant « Les Tourelles »

Cette maison, visible de toute la Baie, a été construite entre 1897 et 1900 pour Gustave Lecocq-Ranson, qui demeurait à Paris : elle s’appelait alors « Le Souvenir »
Vers 1902, une addition de construction est opérée. A l’origine, le gros-oeuvre de l’édifice, en brique, était apparent, et l’espace libre placé devant la maison faisait partie de la propriété. Celle-ci est accessible depuis la rue de l’Eglise depuis la 2e moitié du XXe siècle, à la suite de la destruction d’une maison.
« le Souvenir » a bien failli disparaître. Ce n’est que grâce à la passion conjuguée de quelques dizaines de Belges tombés sous le charme de cette bâtisse d’autrefois, que vous pouvez aujourd’hui admirer l’hôtel Les Tourelles et son restaurant, officiellement ouverts au public le 1er juillet 1994.
Depuis, la presse ne cesse de l’encenser.

 

Le Crotoy : vestiges du châteauLes vestiges du château, « construit vers 1150 par les Comtes de Ponthieu » selon la plaque apposée sur le pan de mur.
Sur le site de la ville on peut lire « L’histoire du Crotoy est particulièrement riche, et marquée par la guerre de cent ans, durant laquelle la commune fut alternativement sous domination anglaise et française. Edouard III d’Angleterre séjourna au Crotoy et y fit construire une importante forteresse en 1346 où fut d’ailleurs interné le Duc d’Alençon Jean II. Jeanne d’Arc, prisonnière des anglais y fut incarcérée du 21 novembre au 20 décembre 1430. Elle franchit alors la baie de Somme pour se rendre via Saint-Valery et Eu à Rouen où l’attend le sort que l’on connaît.
En 1674, le château fut détruit sur ordre du roi de France. »

De nos jours, seule une plaque commémorative rappelle l’existence du château mais elle rappelle surtout que Jeanne d’Arc est passée par là (cliquez sur la photo pour l’agrandir : ainsi vous pourrez lire le texte)

 

Le Crotoy : manoir de Charles-Hubert Millevoye
Le Manoir de la famille de Charles-Hubert Millevoye

cette résidence a été construite en 1810 sur les ruines de l’ancien château. Elle est désormais habitée par les descendants du poète Charles-Hubert Millevoye, dont je n’avais jamais entendu parler avant d’arriver au Crotoy !
De nos jours, grâce à Internet, il est facile de se renseigner et d’apprendre que ce natif d’Abbeville fut l’un des précurseurs du romantisme, avec des oeuvres célèbres comme  » La chute des feuilles « ,  » Le poète mourant « , ou encore  » L’amour maternel « . Son oeuvre, admirée par Lamartine, aurait être bien plus importante s’il ne s’était pas éteint en 1816, à seulement 33 ans.

 

Le Crotoy : villa "la solitude"La maison de Jules Verne

Le Crotoy a attiré et inspiré de nombreux écrivains et artistes parmi lesquels Colette en 1907 avec « Les Vrilles de la vigne », Toulouse-Lautrec et Jules Verne.

Dès 1865, il y loue cette villa « la Solitude » qui a deux étages et un jardin, et ne ressemble en rien aux maisons de pêcheurs qui sont autour. Il aménage au premier étage une chambre qui lui sert de bureau et là, il travaille infatigablement comme dit-il, avec humour, « une bête de somme dans la solitude ». C’est dans ce décor, la mer à perte de vue, qu’il écrira son plus grand chef-d’oeuvre, Vingt mille lieues sous les mers, ce dont les Crotellois sont particulièrement fiers. Une légende locale veut que la maquette du Nautilus soit enfouie dans le port du Crotoy.

La maison se trouve au n° 9 de la rue Jules-Verne. Il vous faudra la contempler de l’extérieur, car elle n’est malheureusement pas ouverte au public.

 

Le Crotoy : cormorans et courlisLe Crotoy : les cabines de plage et les oiseauxLes oiseaux de la Baie et les cabines de plage

Comme nous l’avons vu au Parc du Marquenterre, les oiseaux sont nombreux en Baie de Somme et vous pouvez en apercevoir un peu partout et notamment en longeant la plage au Crotoy : sur la photo de gauche, vous pouvez admirer des cormorans et un courlis.

En vous promenant, regardez bien les cabines de plage : elles sont toutes identiques, sont numérotées et portent des noms d’oiseaux de mer, que Colette s’amusait à mettre en scène : chevalier combattant, religieuse, arlequin lui inspiraient de petites histoires cocasses.
Saviez-vous que ces cabines sont proposées à la location ? Les 90 cabines installées sur la plage longée par la promenade Jules-Noiret n’appartiennent pas à des particuliers, comme on peut le supposer mais à la commune. « La demande est forte et des habitués reviennent d’une année sur l’autre, réclamant parfois le même numéro, le même emplacement. Toutefois, il y a un volant de cabines vacantes », selon l’office du tourisme.

 

Le Crotoy : éclusesLes écluses (tout à droite sur la photo)

Les écluses furent construites en 1865 sous Napoléon III, par Ferdinand de Lesseps pour palier à l’ensablement de la Baie de Somme.
A marée basse, la mer se retire à environ 14 km au large du Crotoy. A marée montante, elle fait le trajet inverse en 5 heures avec une intensité maximale entre 4 et 1 heure avant la pleine mer. En quelques minutes, le courant entraîne tout sur son passage, encerclant les bancs de sable et les recouvrant de plusieurs mètres d’eau. A marée descendante, il faut faire très attention car le courant porte au large.

Le fonctionnement du bassin des chasses :
Chaque jour, 5 heures après la pleine mer , les portes des écluses s’ouvrent et libèrent des tonnes d’eau, provocant ainsi un très fort courant, un « effet chasse d’eau » pour éviter que les sédiments ne stagnent et lutter contre l’ensablement de la Baie de Somme. Une sirène retentit quelques minutes avant l’ouverture des portes ; il est alors impératif de regagner le rivage.

 

Le Crotoy vu depuis le belvédère Alfred ManessierLe Crotoy vu depuis le belvédère Alfred Manessier

Le belvédère dédié à Alfred Manessier incite les promeneurs à regarder la baie de Somme à travers le regard inspiré de l’artiste, qui a débuté sa carrière, devenue internationale, au Crotoy et a régulièrement immortalisé les paysages d’un lieu qu’il considérait comme « l’un des plus beaux du monde » : galets, rides de sable, paysages aquatiques, miroitement de l’eau, camaïeux de couleurs.

« Se promener en Baie de Somme à marée basse et aller vers la mer, c’est une promenade biblique. Tout se met en ordre en soi… On est en contact avec l’au-delà… C’est une expérience intérieure. J’ai eu cette chance de naître à côté de cette Baie de Somme. Elle a eu une influence sous-jacente permanente dans tout ce que j’ai fait. J’en suis ému. Je pense que ça ira jusqu’au bout de mes jours en profondeur. » Alfred Manessier

 

Le Crotoy : les frères CaudronLes frères Caudron

Impossible de quitter Le Crotoy sans parler des frères Caudron pionniers de l’aviation. De nombreux vols d’essais eurent lieu sur la plage du Crotoy. Le premier vol validé eut lieu le 24 mai 1909.
Dès 1910, les frères Caudron créèrent la toute première école de pilotage du monde, (école de pilotage Caudron du Crotoy) attirant dans la Somme de futurs grands aviateurs. 4 700 pilotes furent diplômés de l’école Caudron du Crotoy. C’est ici que la première femme américaine de couleur, Bessie Coleman, passa son brevet de pilote, ce qui lui était alors interdit aux États-Unis. Le roi des Belges Albert Ier vint visiter la plage et ses terrains d’aviation en 1920. L’École d’aviation quitta le Crotoy en 1928.
En 1912, les frères Caudron créèrent aussi le premier hydravion de l’histoire.

L’entreprise de construction d’avions des frères Caudron fut finalement rachetée en 1933 par le groupe Renault.
Plus d’informations ici.

 

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