La vallée du Douro

La vallée du Douro

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La vallée du Douro réunit des conditions de climat et de terroir exceptionnelles. C’est un pays sauvage et montagneux, spectaculaire par ses proportions, entouré par les montagnes du Marão qui arrêtent les vents frais de l’Atlantique au profit d’un climat chaud et sec en été, glacial en hiver. Les étés très chauds de la vallée du Douro favorisent une parfaite maturation du raisin, donnant ce vin riche et puissant requis pour élaborer du Porto. Le sol composé de schiste joue également un rôle majeur, empêchant l’évaporation du peu d’eau qui tombe en été, et libérant la nuit la chaleur emmagasinée pendant la journée.Ce sont des vignes à faibles rendements, aux petites baies et à la peau épaisse, donnant un moût dense et concentré.

Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2001, les plus vieilles parcelles occupent d’étroites terrasses soutenues par des centaines de murets de pierre sèche bâtis à la main. Les paysages splendides de cette vallée sont en effet le fruit du travail acharné de l’homme, qui y a tracé et entretenu des terrasses qui dessinent des courbes régulières sur ses flancs les plus escarpés.

Le paysage offre des panoramas impressionnants entièrement reconstruits par l’homme. C’est le témoignage des efforts gigantesques déployés par de nombreuses générations de vignerons presque anonymes pour maîtriser les contraintes physiques d’un environnement naturel afin de créer les conditions favorables à la production de vins (et d’autres récoltes) dont la qualité et les caractéristiques originales sont saluées dans le monde entier depuis le XVIIe siècle. La spécialisation dans l’élaboration de vins de qualité et l’assimilation ancienne des vins du Douro dans les circuits internationaux a exposé la vallée du Douro à un système de relations cosmopolites.

Les vins du Douro, en particulier le vin de Porto, représentent une création culturelle collective. Depuis des générations, les habitants du Haut-Douro développent des techniques viticoles et d’élaboration des vins, dont beaucoup ont été introduites à l’époque romaine et ont été perfectionnées au Moyen Âge par les communautés religieuses. À partir du Moyen Âge, la vallée du Douro a attiré un grand nombre d’ouvriers de l’extérieur et c’est en grande partie leur monument. Le rôle de la vallée du Douro à la fois comme lieu de destination et lieu de passage des gens et des cultures se poursuit aujourd’hui, transmis dans les coutumes et les traditions orales de ses habitants.

Source : document Unesco

 

douro : les trois sous-régions du vignobleSaviez-vous que la vallée du Douro a été la première région viticole au monde dont l’aire de production a été délimitée ? Nous étions alors en 1756 et la zone initiale, baptisée Alto Douro, a depuis été divisée en Baixa Corgo et Cima Corgo.
Le Baixa Corgo est un océan vert, parsemé de collines où l’eau coule en abondance : c’est la région la plus facile d’accès, la plus habitée et la plus fertile.
Dans le Cima Corgo, le paysage change brutalement, avec des vallées aux pentes abruptes. Cette région, au coeur de la zone délimitée, abrite des quintas (propriétés viticoles) très prestigieuses.
Le Douro Superior est plus aride et plus sauvage : seuls 9% de cette région sont occupés par les vignes.

La portion la plus intéressante se situe entre Peso da Régua et Pinhão (cliquez sur la photo de gauche pour l’agrandir et mieux voir les flèches qui délimitent le tronçon).
Cette nationale de vingt sept kilomètres et quatre-vingt-treize virages filant au coeur de la vallée du Douro vous permettra de contempler les plus beaux panoramas de cette vallée mythique, comme nous allons le voir dans la suite de l’article.

 

 

Nous avons emprunté l’A4 en direction de Vila Real, puis l’A24 en direction de Lamego, où nous nous sommes arrêtés pour voir une site religieux grandiose : le sanctuaire de Nossa Senhora dos Remédios.
Nous sommes ensuite revenus jusqu’à Peso da Régua afin de nous engager sur la N222, réputée pour les paysages somptueux qu’elle permet d’admirer : à la fin de l’article, une vidéo vous permettra de vous faire une bonne idée de ce qui vous attend.

Les deux autoroutes sont payantes, équipées de péages électroniques : il n’y a aucune possibilité de payer de façon « classique ». Si vous avez loué votre voiture au Portugal, vous n’aurez à vous préoccuper de rien : les loueurs portugais équipent tous leurs véhicules. Vous pouvez donc sans soucis emprunter les autoroutes et votre loueur vous refacturera et prélèvera automatiquement votre dû sur votre carte bancaire.
Si vous êtes venus avec votre propre véhicule, cliquez ici pour savoir comment vous acquitter du péage (page en français).

 

Douro vallée : lamego , nd dos remediosSantuário de Nossa Senhora dos Remédios
Une colline surplombe le centre-ville de Lamego (vue ici de l’avenue du Dr. Alfredo de Sousa). A son sommet culminait depuis le XIVe siècle une chapelle dédiée à Santo Estêvão, premier martyr du christianisme. Au XVIe siècle, l’évêque de Lamego, Manuel de Noronha, commanda à Rome une image de la Vierge qui remédiait à tous les maux et la déposa dans une nouvelle chapelle qu’il fit construire à la place de l’ancienne chapelle de Santo Estevão.

La construction du sanctuaire que nous allons voir a débuté en 1750, pour finir près de trente ans plus tard, en 1777-1778. Ce n’est qu’ensuite que furent entrepris les travaux de l’escalier, qui durèrent près d’un siècle et finirent en 1868. L’ensemble ne fut achevé qu’en 1905. Pour arriver jusqu’au sanctuaire, il vous faut gravir 686 marches.

Depuis 1984, le Sanctuaire de Notre-Dame des Remèdes, y compris l’escalier et le parc, est classé comme bien d’intérêt public

 

Douro vallée : lamego , nd dos remediosPlusieurs paliers enrichissent le monumental escalier, rendant la montée moins pénible.

Les paliers successifs sont autant d’étapes qui permettent de reprendre son souffle certes, mais les concepteurs les ont vus comme autant d’occasions de réfléchir sur son ascension, sur le but de cet effort.

Bien sur, pour les non-croyants, cela n’a aucun sens : il est possible, après avoir admiré l’ensemble depuis le bas, de monter jusqu’au sanctuaire en voiture.

Mais cela enlèverait beaucoup au charme de l’endroit. Celui qui gravit les marches une à une découvre que le plus important est le chemin. L’Escalier. Il est ce qui provoque l’ascension. Il est ce qui en reste.

 

Douro vallée : lamego , nd dos remediosDouro vallée : lamego , nd dos remedios
L’escalier à double volée est orné d’azulejos, hérissé d’une multitude de pinacles : il rappelle un peu celui de Bom Jesus de Braga.

Profitez-en aussi pour vous retourner de temps en temps, afin d’admirer la ville qui se dévoile au fur et à mesure de votre ascension.

« Ce que nous avons parcouru est plus visible que ce qui reste à parcourir, mais nous voyons le clocher toujours d’un peu plus près, qui attend imperturbablement. »

 
 

Pour voir d’innombrables photos du site, en toutes saisons et à toute heure du jour, cliquez ici

 

Douro vallée : lamego , nd dos remediosDouro vallée : lamego , nd dos remedios
 

L’ensemble ne se dévoile jamais complètement à nos regards.

Nicolau Nasoni, auteur des azulejos qui revêtent les voûtes de la Cathédrale de Lamego, dessina quelques-unes des œuvres baroques qui décorent l’ensemble, notamment une très belle fontaine en granit, ornée d’un obélisque de 22 m de haut, soutenu par de mythiques atlantes.

 

Douro vallée : lamego , nd dos remediosDouro vallée : lamego , nd dos remediosL’intérieur du sanctuaire vaut qu’on s’y attarde.
Bien sûr, tout concourt à mettre en valeur l’image de Nossa Senhora dos Remédios, sculptée dans le bois, et installée sur l’autel.
Mais les trois vitraux avec les images de Notre-Dame de la Conception, le Sacré-Cœur de Jésus et l’Annonciation valent aussi le coup d’oeil, de même que les azulejos qui tapissent le bas des murs.

Le culte de Nossa Senhora dos Remédios donne lieu, autour du 8 septembre, à l’une des plus grandes fêtes religieuses du nord du Portugal. Lamego fait coïncider la fête du pèlerinage avec les Fêtes de la Ville, qui ont lieu tous les ans, de la fin août à la mi-septembre. La procession du Triomphe sera le moment le plus symbolique de toute la fête. L’énorme brancard avec la représentation de Notre-Dame des Remèdes est transporté sur une charrette décorée et tirée par des bœufs, pour laquelle il existe une autorisation spéciale du Saint Siège, faisant de Lamego l’unique lieu du monde catholique où l’on peut voir une représentation de la Vierge transportée par des animaux.
Pour voir de nombreuses photos de la fête qui a eu lieu en 2017, cliquez ici

 

douro vallée : quinta do tedoNous l’avons mentionné en début d’article : la portion la plus intéressante se situe entre Peso da Régua et Pinhão. La nationale 222 est bordée de nombreuses quintas, dont la Quinta do Tedo, que vous apercevrez sur votre droite, là où la rivière Tedo rejoint le Douro. Vincent Bouchard (un Français !) et sa femme Kay sont tombés sous le charme du Douro il y a plus de 30 ans.
Leur site propose bien évidemment une version française : cela vous permettra de vous faire une idée du charme du lieu. Vous pouvez même partager une tranche de vie avec les propriétaires qui proposent des locations, dont vous verrez des photos sur leur site.
Attention : pensez à réserver à l’avance pour pouvoir bénéficier d’une visite en français.

Un peu plus loin, mais sur l’autre rive, une autre quinta propose un concept intéressant : on choisit d’abord le vin , puis on se laisse guider pour les plats qui se marieront le mieux avec eux. Et on déguste dans un cadre paradisiaque comme vous pouvez vous en rendre compte en allant sur leur site : Quinta Nova de Nossa Senhora do Carmo.
Si vous voulez y aller, il ne faudra pas revenir par la N222 de Pinhão mais prendre la M590 (coordonnées GPS exactes sur leur site)

 

Douro vallée : domaine sandemanDouro vallée : panneaux le long de la route
Des aires d’arrêt ont été aménagés le long de la route afin de permettre aux automobilistes d’admirer le paysage.

Des panneaux nomment les différentes quintas qui s’accrochent aux flancs des montagnes : il est intéressant d’avoir des jumelles sur soi pour mieux voir les propriétés, quelques fois spectaculaires comme celle de Sandeman : vous avez peut-être visité les caves à Vila Nova de Gaîa, là vous pourrez visiter le domaine viticole.

Les panneaux sont bien sûr disposés aux endroits les plus emblématiques.

 

Douro vallée : domaines viticolesDouro vallée : panneaux le long de la routeIci, vous pourrez voir que les rives basses du Douro sont plantées d’orangeraies en terrasses : les murs atteignent 8m de hauteur à cause de la forte pente (n°9 sur le plan), comme expliqué sur le panneau (en portugais et en anglais).
Les longs alignements de terrasses régulières datent essentiellement de la fin du XIXe siècle, lorsque les vignobles du Douro ont été reconstruits après l’attaque du phylloxéra. Les nouvelles terrasses ont changé le paysage, non seulement à cause des grands murs qui ont été construits, mais aussi parce qu’elles étaient plus larges que les anciennes et légèrement en pente pour assurer un meilleur ensoleillement. De plus, ces terrasses ont été plantées d’un plus grand nombre de rangs de vignes, plus espacés afin de favoriser l’utilisation des charrues tractées par des mules.

 

Douro vallée : pinhao, taylor's quinta do JuncoSur cette photo de la Quinta de Junco, prise chez Taylor’s à Vila Nova de Gaïa, vous pouvez observer plusieurs « générations » de murets.
Les techniques de construction des terrasses les plus récentes, les patamares et les plantations verticales qui ont commencé dans les années 1970, ont profondément modifié l’apparence de ce paysage construit. De longues parcelles de terre, légèrement en pente, plantées de deux rangs de vignes, ont été disposées de manière à faciliter la mécanisation du travail. Les exploitants continuent d’essayer de nouveaux systèmes afin de trouver des solutions de rechange aux patamares et de minimiser l’impact des nouvelles méthodes sur le paysage.
Parmi les vignes, il reste des zones qui sont demeurées intactes depuis l’attaque du phylloxéra, des socalcos abandonnés, que l’on appelle les mortórios. Ils sont recouverts de végétation ou plantés d’oliviers.

 

Douro vallée : pinhao, bateau de croisiereDouro vallée : pinhao, rabeloLes propositions de croisières sur le Douro sont innombrables !
Si vous partez de Porto, on vous proposera d’aller jusqu’à Peso Da Regua : évitez, car les vignes en terrasse sont surtout visibles à partir de Peso jusqu’à Pinhão ! De même, préférez un retour en train, qui longe le fleuve.

Si vous êtes venus en voiture, vous pourrez néanmoins faire une mini croisière sur le Douro, en partant de Pinhão sur un rabelo.
Dès le XIIIe siècle, les barcos rabelos étaient le moyen le plus rapide et le plus efficace pour transporter les fûts de vin entre la vallée du Douro où il était produit et la ville de Porto où il était commercialisé. En 1887, avec la création de la ligne de chemin de fer qui suit la vallée du Douro, puis le développement des routes carrossables au cours du XXe siècle, le trafic fluvial a perdu son intérêt. Le coup de grâce a été donné en 1961, avec le début du programme hydroélectrique du Douro.
Aujourd’hui, ces bâteaux n’ont plus qu’un intérêt touristique, comme nous l’avons déjà vu à Porto.

 

Douro vallée : quinta da roedaDouro vallée : pinhao, quaisPour arriver à Pinhão, il faut traverser le Douro : vous ne pourrez manquer le pont spectaculaire qui enjambe le fleuve.
Juste après le pont, une petite rue piétonne vous emmène le long des quais du Douro, où vous attend notamment le rabelo pour une croisière de deux heures. Il y a bien sûr d’autres offres disponibles, sur des embarcations plus classiques.

Pinhão est un important centre agricole situé au confluent du rio Pinhão et du Douro. Le vin partait de Pinhão en bateau d’abord, en train ensuite.

 

Et la gare de Pinhão vaut vraiment le détour : elle est entièrement tapissée d’azulejos qui racontent la cueillette du raisin, le foulage à pieds nus dans les «lagares » de pierre (tradition toujours en vigueur de nos jours), mais aussi les rites et les costumes traditionnels de la vallée. En tout, il y a 24 panneaux : vous pouvez en admirer certains ci-dessous : n’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir et mieux voir la finesse de la réalisation.

 

Douro vallée : pinhao, azulejos

Pinhão autrefois

Douro vallée : pinhao, azulejos

Panorama de Pinhão,

Douro vallée : pinhao, azulejos

Le vignoble à Pinhão

 

Douro vallée : pinhao, azulejos

Panorama de Pinhão,

Douro vallée : pinhao, azulejos

Domaine viticole de la vallée du Douro

Douro vallée : pinhao, azulejos

Transport du vin par rabelo

 

Douro vallée : pinhao, azulejos

Le Douto à Pinhão,

Douro vallée : pinhao, azulejos

Le Douto à Pinhão

 

Douro vallée : pinhao, azulejos

Costumes de la vallée du Douro

Douro vallée : pinhao, azulejos

Un rabelo, barque typique

Douro vallée : pinhao, azulejos

Vendangeuse de la vallée du Douro

Douro vallée : pinhao, azulejos

Vendangeuse de la vallée du Douro

 

C’est ainsi que s’achève notre visite dans cette vallée mythique, avec la furieuse envie d’y revenir en automne, au moment des vendanges, et de passer au moins une nuit dans une des quintas.

Le petit film ci-dessous vous permet de vous faire une idée du trajet tel qu’il se présente entre Peso da Régua et Pinhão : cette portion de route a été désignée comme étant la « plus belle du monde » par … le loueur Avis. Ce n’est donc pas seulement la beauté du paysage qui a été prise en compte, comme vous pourrez vous en rendre compte en lisant l’article que lui consacre Econostrum.

Observez bien les pentes à droite : vous verrez des zones où subsistent les anciens murets (des socalcos abandonnés, que l’on appelle les mortórios, comme nous l’avons vu plus haut), plantés d’oliviers (à partir de la 3e minute du film environ)

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