La jungle Lacandone – Les Cascades Las Golondrinas

La jungle Lacandone – Les Cascades Las Golondrinas

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En partant de Las Guacamayas, nous empruntons la route vers Palenque (Carretera Federal 307 si vous agrandissez notre plan).
A 2km au nord de Nueva Palestina, nous prenons un chemin de terre qui part sur la gauche et nous mènera après 1km environ à l’entrée du site.
Nous avons programmé une journée de découverte dans la Biosphère de Montes Azules, une des plus grandes forêts vierges au nord du bassin amazonien.

La forêt lacandone : cascades las golondrinas
Je m’attends à devoir affronter la jungle impénétrable, avec cris d’animaux sauvages, lianes, chemin à se frayer. La végétation est en effet luxuriante, et l’eau, de cette merveilleuses teinte turquoise, nous conduit aux cascades.

 

La forêt Lacandone : cascades Las Golondrinas

 

Première surprise : visiblement un pont de bois permet de bien s’approcher de la cascade principale, en toute sécurité. Ce serait donc moins sauvage que je ne pensais ?

 

Forêt Lacandone - Cascades Las Golondrinas

 

 

 

Le site est, en fait,  magnifiquement aménagé : assez sauvage pour éblouir le touriste, assez « balisé » pour éviter tout accident.

 

Forêt Lacandone - Cascades Las Golondrinas

 

 

La passerelle en bois, construite assez bas sur l’eau, offre un point de vue superbe !
Cette chute tire son nom d’une grotte derrière le rideau d’eau principal : les hirondelles en ont fait un domaine privilégié de nidification. En cette période de l’année, il n’y avait plus d’occupants, comme a pu le constater Pascal
(voir ci-dessous « Les exploits aquatiques de Pascal »)

 

Forêt Lacandone - Cascades Las Golondrinas

 

 

Le spectacle continue. Un enchantement pour les yeux !

 

Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

 

Une autre cascade, tout aussi impressionnante que la première,
nous ravit.
Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

 

 

 

Des palapas (petite paillote sans mur, au toit de chaume) abritent des tables et des rondins de bois, pour permettre aux valeureux touristes ayant affronté la jungle (!) de reprendre quelques forces.
C’est un endroit sublime !
Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

Voyez cette magnifique rivière, ces cascades cristallines formant des piscines naturelles dans un environnement de jungle absolument fantastique pour nous, les Européens : on ne peut que tomber sous le charme de cet endroit magique !

Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

Pascal, lui, ne veut pas se contenter de barboter dans les petites piscines.
Il veut affronter la cascade des Hirondelles (las golondrinas = les hirondelles).
L’eau est glacée !

Les exploits aquatiques de Pascal

Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas Ca y est, il s’est élancé ! Remarquez la corde, prudemment tendue au cas où le nageur téméraire n’aurait plus la force de lutter contre le courant…

 

Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

Pascal veut se payer un « hydromassage » 100% naturel et se dirige droit sur la cascade.

 

Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

 

Victoire, il a vaincu le courant. Forêt Lacandone - cascades Las Golondrinas

 

 

 

 

 

Quelques minutes de repos pour le courageux nageur. Heureusement pour lui, les hirondelles ne sont pas là pour défendre leur domaine.

Forêt Lacandone : poza P'oop Chan

 

Nombreux sont les Lacandons qui ont choisi d’aménager des chemins touristiques, reprenant la trame de leurs propres chemins de chasse, de cueillette et de promenade, dans le but d’augmenter leurs revenus.
Les chemins privés sont en réalité des sentes mobiles et éphémères, presque invisibles aux yeux des observateurs étrangers.
Pour les rendre attrayants aux yeux des touristes, les Lacandons les transforment en profondeur, à travers les codes esthétiques, les représentations temporelles et, dans une certaine mesure, les valeurs écologistes de ceux qui viennent les visiter : élargissement des chemins, modification du tracé en fonction d’éléments topographiques « remarquables » (aux yeux des touristes), dégagement d’obstacles, semis de plantes ornementales, mise en valeur de la biodiversité locale.
Forêt Lacandone : poza P'oop Chan

 

 

 

Ils ont même créé un sentier botanique ! Ahurissant …
Le ceiba qui pénètre le monde souterrain par les racines est supposé faire la connexion entre le monde et l’infra monde. C’est l’arbre sacré des Lacandons. Quand ceux-ci meurent, leurs âmes, leurs esprits passent par l’infra monde avant de remonter au ciel.
Les lacandons ont l’habitude d’utiliser les arbres et la nature pour leurs rituels dont le ceiba qui est très important, notamment quand ils sont en période de faiblesse ou de maladie : ils se rendent près d’un ceiba et invoquent les esprits pour retrouver leur harmonie intérieure.

Forêt Lacandone : poza P'oop Chan

 

 

Les maisons construites pour accueillir les toursites sont empreintes d’une esthétique paysagère exogène. C’est un peu comme si les Lacandons étaient plus attachés à la mise en scène d’une nature sauvage fantasmée (par les touristes), qu’à préserver l’intégrité environnementale d’un écosystème en péril.
Il faut dire à leur décharge que c’est le gouvernement qui a commencé à construire des routes pour pouvoir prélever du bois dans leurs forêts, ce qui a grandement facilité leur « ouverture au monde ». Ils sont victimes petit à petit des grands éleveurs qui investissent irrémédiablement leur territoire entraînant une déforestation irréversible. Se tourner vers le tourisme est sans doute leur seule chance de survie
Forêt Lacandone : poza P'oop Chan

 

 

 

Je croyais naïvement que les campamentos (centres d’accueil touristique indigènes, en marge du circuit touristique « officiel ») se comptaient sur les doigts d’une main, que nous avions une chance inouïe de pouvoir pénétrer dans l’un d’eux. Je me suis rendu compte qu’ils sont nombreux, en fait, à tenter d’améliorer leur quotidien en se tournant vers le tourisme.

La civilisation, qu’ils ont fuie si longtemps, ne serait – elle pas en train de les rattraper ?

 

« Hommes légendaires et longtemps redoutés de la forêt tropicale, les Lacandons, au cheveux longs et aux longues tuniques blanches, ont été rattrapés par les tronçonneuses, les bulldozers, les sectes et la télévision. La forêt, havre millénaire, n’est plus ce qu’elle était… » a écrit Jan de Vos

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