Ecosse : le château d’Edimbourg

Ecosse : Edimbourg, château

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Dressé sur un ancien volcan éteint, Castle Rock, le château d’Édimbourg est l’un des plus anciens lieux fortifiés d’Europe. Tour à tour forteresse, résidence royale et garnison, le château comporte de nombreux bâtiments établis sur plusieurs niveaux et reliés par des chemins pavés : pour apprécier les lieux, il est important d’avoir au minimum 2H00 à leur consacrer (et de mettre des chaussures confortables)
Pour gagner du temps, il est judicieux de réserver ses billets à l’avance, sur le site du château. Non seulement cela vous évitera la file d’attente au guichet, mais en plus vous paierez moins cher. Lors de l’achat en ligne, il vous sera demandé de choisir un créneau horaire : vous devez arriver dans ce laps de temps, mais vous pouvez ensuite rester aussi longtemps que vous le voudrez.

Pour vous aider à tirer le meilleur parti de votre visite, nous vous proposons de le parcourir selon le plan ci-dessous.

Ecosse : Edimbourg, château, plan

 
Les explications données sont majoritairement tirées du guide touristique « Le Château d’Edimbourg » édité par Historic Scotland.

Ecosse : Edimbourg, château, corps de garde

Le corps de garde

Tourné vers la ville, le front est fut toujours le plus vulnérable. Son évolution est très complexe. Ce qui en demeure aujourd’hui fut en majeure partie construit après le « long siège » de 1571-1573 et les renforts furent de nouveau consolidés à l’époque du soulèvement des Jacobites eu début du XVIIIe siècle.
Le corps de garde ne date que des années 1886-88 et ne fut construit que pour répondre à des critères esthétiques ! La simple entrée fin XVIIe qu’il remplaça avait été beaucoup plus fonctionnelle.
Les statues en bronze des héros écossais, William Wallace et Robert 1er Bruce, ne vinrent parer chaque côté de l’entrée qu’en 1929.
Le fossé au pied du corps de garde date de l’époque de Cromwell (env. 1650)

 

Ecosse : Edimbourg, château, porte à herse

La porte à herse (portcullis gates)

Cette porte devint l’entrée principale du château lors des vastes travaux d’aménagement commandités par le comte de Morton, régent de l’Ecosse après le long siège de 1571-73. Erigée sur les ruines de la tour dite du Connétable du XIVe siècle, elle formait une puissante barrière puisqu’elle comptait deux portes extérieures, une herse et une porte intérieure.

L’entrée est surmontée d’un chapiteau orné de coeurs et d’étoiles à cinq branches, emblèmes de James Douglas, 4e comte de Morton, régent sous Jacques VI et maître d’oeuvre de la demi-lune.

Le blason et l’étage ornemental (la tour d’Argyle) furent ajoutés en 1886-87.

 

Ecosse : Edimbourg, château, porte à herse et long escalier

Le « Long Escalier » (Lang Stairs)

Nous pouvons admirer la porte à herse depuis l’intérieur du château.

L’escalier de 70 marches, entrée originelle du château, suit le chemin d’accès qui menait à l’enceinte haute au Moyen-Âge : c’est l’itinéraire le plus direct jusqu’au sommet de Castle Rock. La route alternative plus douce qui serpente autour de la colline pavée a été créée dans les années 1600 pour déplacer des armes lourdes.

Au départ, sur la droite, on remarquera une paroi arrondie qui serait la base d’une tour du château féodal.

 

Ecosse : Edimbourg, château, batterie d'Argyle

La Batterie d’Argyle

Dite également batterie des « six canons », elle fut reconstruite dans les années 1730, sur les conseils du général de division Geaorge Wade (célèbre pour ses routes militaires dans les Highlands), pour prendre sa forme actuelle. Ses perspectives ouvertes au nord ont fourni un point de vue idéal pour défendre le château. Les canons en place sont des pièces en fonte de 18, à chargement par la bouche : ils datent d’environ 1810, époque des guerres napoléoniennes avec la France.

Prenez un moment pour admirer la vue imprenable sur la ville et vers Fife.

 

Ecosse : Edimbourg, château, one o clock gun

One o’clock Gun (le Canon de « Treize Heures »)

Découvrez le chronométreur le plus explosif d’Écosse. Le canon de 105 mm est tiré tous les jours à 13 heures, depuis 1861, sauf le dimanche, le vendredi saint et le jour de Noël.
L’histoire de ce canon remonte à 1846. De passage à Paris, John Hewitt, homme d’affaires édimbourgeois, s’étonnait d’entendre un tir de canon et de voir des gens consulter leur montre. Il se renseigna et apprit que le tir était déclenché par l’action des rayons du soleil sur un verre ardent. De retour en Ecosse, il demanda en vain que la capitale fut équipée de même. Lors de l’installation d’une boule horaire sur le monument de Nelson (sur Calton Hill) en 1852, il proposa que ce signal horaire destiné aux navires dans le port de Leith fut accompagné d’un signal sonore. Son idée fut adoptée en juin 1861.
Le canon d’origine était une pièce de 64 chargée par la bouche et installée sur la demi-lune. Son tir exigeait la force de quatre hommes. Le canon actuel, sur la batterie du Mont Hill, est une pièce de 25 de la Deuxième Guerre Mondiale et un artificier suffit pour le mettre à feu.

 

Ecosse : Edimbourg, château, remise à chariots

La remise à chariots

Elle se trouve juste à côté du canon de treize heures, comme vous pouvez le voir sur la photo.
Seule bâtisse élevée juste après la révolte des Jacobites en 1745-46, cette remise loge maintenant le restaurant.

Sans façade à l’origine, elle pouvait abriter cinquante chariots employés à rapporter de la ville des provisions pour la garnison.

Des fouilles archéologiques effectuées en 1988-89 révélèrent les fondations d’une maison du XVIIe siècle réservée à l’intendant (rasée pour faire place à la remise), ainsi qu’un riche éventail des vestiges et d’objets de l’âge du bronze récent (env 900 av. J.-C.)

 

Ecosse : Edimbourg, château, musée de la guerre, place de l’hôpital

Musée de la Guerre – Place de l’Hôpital

Les bâtiments abritant le musée se trouvent vers l’extrémité ouest du château. Suite au soulèvement jacobite de 1745, une série de bâtiment a été construite en 1753. L’ingénieur militaire William Skinner (surtout célèbre pour son splendide Fort George près d’Inverness), a construit trois bâtiments autour d’une place. Deux d’entre eux, au nord et au sud, ont été construits comme entrepôts d’armes et de matériel militaire, tandis que le troisième, à l’ouest, a été conçu pour être le principal magasin de poudre à canon du château. En 1897, la poudrière a été démolie, ouvrant le côté ouest de la place, et les entrepôts nord et sud ont été convertis en un hôpital militaire, d’où le nom de la place (« place de l’hôpital »), au centre de laquelle trône une grande statue équestre du maréchal Douglas Haig. Le Musée national de la guerre a été créé ici en 1930 : il explore l’impact de la guerre sur l’histoire, l’identité et la réputation de l’Écosse à l’étranger et la façon dont la vie d’un grand nombre d’Écossais ordinaires a été touchée par la guerre et le service militaire.

 

Ecosse : Edimbourg, château, demeure du gouverneur

La demeure du Gouverneur

Admirez l’extérieur élégant des logements géorgiens construits en 1742 pour le gouverneur du château. Cette résidence officielle était flanquée des quartiers du maître armurier et de l’intendant. Lors de la suppression en 1860 de la fonction de gouverneur, les soeurs infirmières de l’hôpital du château vinrent y habiter.
A l’heure actuelle, le corps central est le mess des officiers de la garnison tandis que l’aile nord (à droite) est réservée au gouverneur, fonction restaurée en 1935, à titre purement honorifique.
La maison n’est pas ouverte aux visiteurs.

 

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La porte de Foog

On ignore la signification de cette dénomination, tout comme la date de sa construction.

Tout ce qu’on sait, c’est qu’il s’agissait de l’entrée principale de l’enceinte haute au XVIIe siècle.
Le mur d’enceinte de chaque côté, protégé par des meurtrières et des canonnières, a été construit sous le règne du roi Charles II (1649-85) pour renforcer les défenses du château.

Dans le passage à gauche, on remarquera deux réservoirs d’eau crénelés ddu XIXe siècle.

 

Ecosse : Edimbourg, château, chapelle sainte margueriteEcosse : Edimbourg, château, chapelle sainte marguerite

La chapelle Sainte Marguerite

Cette chapelle est le plus ancien vestige du château féodal. Elle fut construite par David Ier (1124-53) qui la dédia à sa mère, Sainte Marguerite, décédée au château en 1093.Oratoire réservé à la famille royale, elle perdit sa vocation religieuse au XVIe siècle quand elle fit office de poudrière. On redécouvrit sa fonction première en 1845 ; elle fut alors restaurée en son état actuel.
Très humble à l’extérieur, elle dévoile tout son charme à l’intérieur : une fine voûte ornée de chevrons divise l’espace en deux. A l’est, le choeur en demi-cercle renferme l’autel ; il était réservé au prêtre célébrant la messe tadis que la nef rectangulaire accueillait une assemblée d’élites.
Ecosse : Edimbourg, château, chapelle sainte margueriteEcosse : Edimbourg, château, chapelle sainte marguerite
 
La chapelle abrite une copie de l’évangile ayant appartenu à Sainte Marguerite.

Les vitraux représentent saint André, Saint Ninian (dans le choeur), sainte Colombe, sainte Marguerite ainsi que le héros national, William Wallace. Ils furent créées par Douglas Strachan vers 1922.

 

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Mons Meg

Ce canon fut fondu à Mons (actuellement en Belgique) en 1449. Il incarnait à l’époque une technologie d’avant-garde, avec une pièce de charge par la bouche de plus de six tonnes et des boulets de 150 Kg. Le roi James II le reçu en cadeau en 1457 de son oncle par alliance, Philippe le bon duc de Bourgogne. Il servit bientôt contre les Anglais et participa en 1497 au siège du château de Northam sur la rivière Tweed. Mais sa masse rendait ses mouvements très lents : il n’avançait que de quelques 5 km / jour.
Au XVIe siècle, il quitta les terrains de guerre pour se contenter de tirer des salves d’honneur depuis les remparts du château. En 1558, on l’entendit lors du mariage de l’infante Marie Stuart et du dauphin, le futur François II. Le boulet lancé ce jour-là fut retrouvé à Wardie Muir (actuel Jardin Botannique) à 3.5 km !

Son dernier tir, le 14 octobre 1681, devait célébrer l’anniversaire du duc d’Albanie et d’York (futur Jacques VII et II) mais son tube explosa et se brisa en deux arceaux. Sans cérémonie, la vieille bombarde fut abandonnée près de la porte de Foog où elle demeura jusqu’en 1754 avant d’être transportée à la Tour de Londres. Mons Meg revint au château en 1829

 

Ecosse : Edimbourg, château, cimetière des chiens

Le cimetière des chiens

Depuis environ 1840, un petit jardin est consacré à l’inhumation des chiens des officiers et des mascottes de régiments.

Le petit cimetière abrite une vingtaine de pierres tombales. De nombreuses gravures se sont usées au fil du temps, mais la plus ancienne inscription visible date de 1881, une dédicace à Jess, mascotte du 42e Black Watch Royal Highlanders. La plus récente des pierres tombales commémore Winkle, décédé en 1980, «l’ami cher et fidèle de Lady Gow et du gouverneur».
Les visiteurs ne peuvent pas entrer dans le cimetière, mais il peut être vu d’en haut.

La paroi incurvée à la base du cimetière serait un vestige d’une tour de la forteresse médiévale.

 

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La batterie demi-lune (Half Moon Battery)

C’est le rempart incurvé de la batterie en demi-lune qui donne au château d’Édimbourg son profil distinct.
Cette imposante structure a été construite, sur ordre du régent Morton, sur et autour de ce qui restait de la tour de David détruite au cours du « long siège » de 1571-73. La demi-lune constituait la batterie principale sur la face la plus vulnérable du château, le versant est. Jusqu’au XVIIe siècle, soit pendant plus de 200 ans, des canons de bronze connus sous le nom de Seven Sisters (fondus au château au début du siècle précédent) ont armé la batterie.
Elle fut endommagée pendant les sièges de 1650 et de 1689 puis réparée dans l’état qu’elle présente aujourd’hui.
En cas d’alerte, les deux brasiers en fonte déclenchaient l’alarme.
Les canons que nous voyons aujourd’hui sont des reproductions de pièces de 18 du début du XIXe siècle.

 

Ecosse : Edimbourg, château, palais royal

Place de la Couronne

Cour d’honneur du château, la place de la Couronne fut créée au XVe siècle.
Sous le règne de Jacques III (1460-88), Edimbourg assuma pleinement son rôle de capitale et le plan du château allait être une nouvelle cour rectangulaire flanquée d’appartements royaux. La création de cette place représenta une tâche énorme, impliquant notamment la construction de voûtes de pierres sur tout l’escarpement basaltique du flanc sud. Tout en formant une base plane pour la place, ces souterrains créèrent des magasins spacieux. Longtemps appelée « cour du Palais », elle fut rebaptisée « place de la Couronne » quand, en 1818, on découvrit dans le palais la couronne d’Ecosse et les insignes royaux (cf plus bas)
Le palais accueillit les derniers rois et reines de la lignée Stuart. Son aspect actuel résulte d’une longue série d’aménagements et d’agrandissements.
L’intérieur et l’extérieur du palais firent l’objet d’importants travaux pour fêter le « grand retour » de Jacques VI en 1617. Il s’agissait surtout de réparer les graves dégâts dans le Palais consécutifs au Long Siège. Ce que le visiteur voit maintenant est en grande partie le fruit de cette rénovation.

 

Ecosse : Edimbourg, château, palais royal, appartementsEcosse : Edimbourg, château, palais royal, appartements

Armoiries de Jacques VI et I

Le 24 mars 1603, Elisabeth I d’ANgleterre meurt, célibataire et sans enfant. Elle avait désigné son plus proche héritier, Jacques VI d’Ecosse, pour lui succéder. Jacques quitte Édimbourg pour Londres le 5 avril, avec son épouse Anne de Danemark, en promettant à ses sujets écossais de revenir au moins tous les trois ans, promesse qu’il ne tiendra pas.

Au-dessus des cheminées, nous voyons les armoiries de Jacques VI, roi d’Écosse, telle qu’elles se présentèrent après son accession au trône d’Angleterre, soit de 1603 à 1625. Vous remarquerez qu’il revendique le titre de « Roi de Grande-Bretagne, de France et d’Irlande » : il est à noter qu’à cette époque, les monarques anglais revendiquaient toujours la couronne française, depuis Édouard III, peu importait la quantité de territoires français contrôlés, et cela durera jusqu’en 1800.
Il avait des armoiries légèrement différentes en tant que Jacques Ier, roi d’Angleterre.

 

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Dieu et mon droit

Saviez-vous que “Dieu et mon droit” est la devise de la monarchie britannique, depuis l’époque de Henri V (1413 – 1422) ?
Pour bien comprendre, il faut retourner plusieurs siècles en arrière. Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, avait remporté la couronne anglaise en 1066 après une victoire lors de la célèbre bataille d’Hastings. Dès lors, la culture anglo-saxone s’efface au profit de celle venue de Normandie. Entre le XIème et le XVème, l’élite anglaise parle alors le français, ou plus exactement le normand.
Quelques siècles plus tard, les rois normands s’enchaînent et arrive le règne d’Henri V, qui voit progressivement s’implanter l’anglais parmi les langues pratiquées par ses courtisans. Mais le roi conservateur continue à entretenir cette tradition de l’utilisation du français.
En ce début de siècle, l’Angleterre affronte depuis près de cent ans le royaume de France. Henri V cherche à tout prix à s’imposer face à Charles VI. Pour se faire, il souhaite mettre à l’honneur ses droits divins. Ainsi, Henri V ne reconnaît aucun suzerain supérieur à sa personne, si ce n’est Dieu. Pour contester les pouvoirs du roi de France, puisque légalement suzerain du roi d’Angleterre par ses possessions françaises comme la Normandie, Henri V impose comme devise à son royaume « Dieu et mon droit » (dans un français moderne : « Mon droit divin »).
C’est donc dans le contexte de la Guerre de Cent Ans, pour s’imposer face à la puissance de la France, que naît cette devise écrite en français qui demeure encore aujourd’hui celle de la monarchie britannique. En 2016 une pétition avait été lancée pour enlever les mots français du passeport britannique, sans succès.

 

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Cabinet où naquit le prince Jacques

Le château ne fut jamais la plus confortable ni la plus salubre des résidences royales. C’était toutefois le premier château du royaume et c’est là que Marie Stuart choisit de donner naissance à son premier et seul enfant.
La reine s’installa au palais en avril. Ses quartiers comprenaient la grande salle construite en 1433, une grande chambre intérieure faisant office de salle de réception et de chambre à coucher et enfin un cabinet, petite pièce privée et intime. C’est dans ce cabinet que, le matin du 19 juin, la reine donna naissance au petit prince Jacques, futur Jacques VI d’Ecosse et Jacques Ier d’Angleterre.
Les fresques furent peintes en prévision du « grand retour » de Jacques VI en 1617. La décoration centrale représente les armoiries royales de l’Ecosse ; les boiseries furent rajoutées en 1848, peu après l’ouverture au public de cette salle.
Le plafond en bois des pièces principales sont de l’époque de Marie Stuart et les monogrammes MR (Maria Regina) et IR (Jacobus rex) font référence à Marie et son fils,

 

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Les insignes de l’Ecosse

Dans le cadre de la rénovation du palais en 1615-17, on construisit une salle forte, au premier étage, pour abriter les insignes de l’Ecosse, les « joyaux de la couronne ».
Après l’acte d’Union de 1707 entre l’Ecosse et l’Angleterre, les insignes furent mis sous clef dans la salle de la Couronne et les portes furent murées. Cent-onze ans plus tard, Walter Scott (célèbre romancier écossais, que nous avons déjà évoqué plusieurs fois), avec l’autorisation du prince régent (le futur George IV), fit ouvrir la salle et forcer les verrous du coffre. On redécouvrit alors les insignes qui furent immédiatement présentés au grand public. C’est le plus ancien trésor du Royaume Uni et il figure parmi les premiers vestiges de la chrétienté.
Le trésor ne quittera le château qu’une seule fois, en 1822 : le roi George faisait alors une visite triomphale en Ecosse, la première d’un monarque régnant depuis celle de Charles II en 1661. Le trésor fut transporté au palais de Holyrrod où il demeura pendant son séjour. Le moment le plus marquant de cette visite fut la procession royale qui rapporta les insignes dans la salle de la Couronne au château, où ils demeurent exposés depuis lors (sauf pendant la Seconde guerre mondiale, quand on les dissimula de nouveau, cette fois dans la tour de David – voir « La Batterie demi-lune », ce-dessus)

 

Ecosse : Edimbourg, château, palais royal, trésorLes insignes de l’Ecosse sont des objets d’une immense importance et d’une valeur inestimable.
la Couronne, sous sa forme actuelle, fut créée en 1540 par l’orfèvre édimbourgeois, John Mosman. Il fit fondre l’or de la couronne précédente et y ajouta l’or provenant de l’Upper Clydesdale ainsi que d’autres pierres précieuses. Jacques V la porta pour la première fois lors du couronnement de sa seconde reine, Marie de Guise, en 1540.
L’Epée fut remise à Jacques IV en 1507 par le pape Jules II. Elle était accompagnée d’un fourreau et d’un ceinturon. Examples remarquables de l’art de la Renaissance italienne, ces trois pièces furent crées par Domenico da Sutti.
Le Sceptre fut remis à Jacques IV, probablement en 1494, par le pape Alexandre VI. L’orfèvre édimbourgeois, Andrew Leys, le modifia en 1536 pour Jacques V ; il prolongea la lame et enjoliva le fleuron.
La nouvelle couronne et le sceptre furent portés pour la première fois ensemble lors de l’intronisation de l’infante Marie au château de Stirling en septembre 1543.
Les photos du Trésor sont interdites.

 

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Pierre de la Destinée

Cette photo provient du site officiel du château : www.edinburghcastle.scot
Cette pierre est l’un des plus puissants symboles de l’Ecosse. On ne connaît pas sa provenance exacte mais elle avait, plus de 400 années durant, servi de siège pour l’installation sur le trône des rois écossais. En 1292, Jean Balliol fut le dernier roi à utiliser la pierre, avant qu’elle ne soit subtilisée par les anglais suite à la victoire en 1296 d’Édouard Ier sur les troupes de John Balliol. La Pierre fut ensuite emportée à l’Abbaye de Westminster, placée symboliquement sous la King Edward’s Chair, le trône sur lequel les souverains anglais et britanniques s’assoient lors de leur couronnement : un geste symbolique sensé affirmer la domination de la Couronne d’Angleterre sur le peuple écossais.
Elle y restera pendant 700 ans.
Le jour de Noël de 1950, quatre étudiants nationalistes écossais retirèrent la pierre de l’abbaye de Westminster et la ramenèrent en Écosse. Après un scandale public, on la retrouva quelques mois plus tard à l’abbaye d’Arbroath, un lieu symbolique où fut signée la déclaration d’indépendance de l’Écosse en 1320, enveloppée du drapeau écossais. La pierre sera discrètement rapatriée à Westminster par la police anglaise, dégradant un peu plus les relations entre les deux pays.
Elle fut utilisée pour la dernière fois lors du couronnement de Sa Majesté la reine Elisabeth II en 1953.

En 1996, le jours de la saint André (le 30 novembre), la pierre de la destinée fut rendue à l’Écosse (à condition qu’elle soit présente à Londres pour chaque couronnement) lors d’une cérémonie et d’une fête des plus solennelles, avant d’être déposée dans le château d’Édimbourg aux côtés des Honneurs de l’Écosse. Le long du Royal Mile d’Édimbourg, environ 10 000 personnes assistèrent à la procession des dignitaires et des troupes qui escortèrent la pierre depuis le palais de Holyroodhouse, en bas de l’artère, jusqu’au château.

 

Ecosse : Edimbourg, château, grand hallEcosse : Edimbourg, château, grand hall

Le Grand Hall (Great Hall)

Edifié en 1511 pour le roi Jacques IV, le grand hall devait accueillir les grandes cérémonies et les assemblées nationales. Deux ans plus tard, le roi était tué par les forces de Henri VIII.
Après la saisie du château par Oliver Cromwell en 1650, la Grande Salle a été convertie en caserne pour ses troupes; et en 1737, il a été subdivisé en trois étages pour abriter 312 soldats. Après la construction de la nouvelle caserne dans les années 1790, le Grand Hall est devenu un hôpital militaire jusqu’en 1897. Il a ensuite été restauré « de manière quelque peu originale » par Hippolyte Blanc conformément aux idées contemporaines de l’architecture médiévale.
Au sud de la salle se trouve une section de mur-rideau du XIVe siècle avec un parapet de date ultérieure.
Le Great Hall est encore utilisé de temps en temps pour des cérémonies : il a notamment servi pour le programme Hogmanay Live de BBC Scotland.

Ecosse : Edimbourg, château, grand hallEcosse : Edimbourg, château, grand hallHeureusement, la rénovation n’a pas touché à l’ancienne charpente à blochets que soutiennent des consoles : nous pouvons admirer là l’une des plus belles charpentes d’Ecosse.

Aux extrémités des poutres, des mascarons représentent des visages et des animaux et chaque console dépeint un motif différent, dont notamment « IR4 » couronné : il s’agit du monogramme de Jacques IV (Iacobus Rex). Nous retrouvons des armoiries royales, des chardons écossais, des fleurs de lis symbolisant la vieille alliance avec la France, ainsi que des vases garnis de chardons et de roses qui honorent le lien établi avec l’Angleterre grâce au mariage de Jacques IV et de Marguerite Tudor en 1503.

Par contre, les armoiries des gouverneurs du chateau peintes au pied des chevrons datent de la restauration réalisée par Blanc.

 

Ecosse : Edimbourg, château, mémorial écossaisEcosse : Edimbourg, château, mémorial écossais

Le Mémorial Ecossais

Le mémorial (Scottish National Memorial) se dresse sur le site de l’église Sainte-Marie, édifiée au Moyen-Âge puis utilisée comme dépôt de munitions dans les années 1530 et démolie en 1755 pour faire place à une nouvelle caserne.
Cette caserne nord, embellie en 1863 par Robert Billings, sera délaissée par l’armée en 1923. Elle sera modifiée par Robert Lorimer pour créer ce chef-d’œuvre, qui a ouvert ses portes en 1927. Il a été inauguré le 14 juillet 1927 par le prince de Galles (le futur Edouard VIII).
Le mémorial est dédié aux Ecossais qui sont morts dans les deux guerres mondiales et dans les conflits depuis 1945. Saviez-vous qu’un Écossais sur cinq qui s’est enrôlé pendant la Première Guerre mondiale n’est jamais rentré ?
L’extérieur est paré de sculptures symboliques : les animaux des fenêtres et des niches représentent les vices et les vertus, tandis que les figures humaines sur l’élévatio de la place de la Couronne incarnent le courage (un homme en cotte de mailles armé d’une épée et d’un bouclier), la paix (une femme avec des colombes), la justice(les yeux bandés avec une balance et une épée), et la miséricorde (un guerrier avec un enfant). Au-dessus de la porte, un phénix symbolise la survie de l’âme.

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Il ressort clairement des documents que le duc et la duchesse d’Atholl ont tous deux joué un rôle majeur en influençant la décoration intérieure du bâtiment, en particulier en ce qui concerne le symbolisme subtil et la merveilleuse sérénité et simplicité qui se dégage du lieu. John George 8e duc d’Atholl était un membre éminent de l’aristocratie écossaise qui avait combattu au Soudan. C’était un homme doté d’une vision et d’une énergie considérables et, ce qui était plus important, il avait à la fois de l’influence et des relations.

Certains des meilleurs artisans et artistes écossais de l’époque ont consacré de nombreuses heures à s’assurer que chaque détail était correct. Par exemple, les fenêtres devaient prêter une couleur douce et subtile à l’intérieur, mais il devait y avoir suffisamment de lumière pour permettre la lecture des noms des Livres du Souvenir.
La frise du sanctuaire, œuvre de Mme Gertrude Alice Meredith Williams, était considérée par tous comme un chef-d’œuvre et le duc d’Atholl en était particulièrement ravi.

 
Au fond du hall d’honneur (ou hall des régiments comme on l’appelait auparavent), une abside abrite la châsse où repose le coffret d’acier contenant la liste des Ecossais tombés au champ d’honneur. Au-dessus s’élance l’archange Saint-Michel. Ce souvenir de la Grande Guerre est rendu plus émouvant encore par les vitraux de Douglas Strachan, qui représentent des scènes émouvantes de la Première Guerre mondiale, et les frises de bronze d’Alice et Morris Meredith-Williams (Au cours de ses trois années dans les rangs en France, Morris Meredith-Williams a fait des dessins sans fin de ses camarades soldats, et ce sont ces croquis qui ont inspiré sa femme)
Pour tout savoir à propos de ce monuments et voir de nombreuses photos, vous pouvez vous rendre sur le site officiel www.snwm.org

Fin de la visite

Ce tour, qui semble déjà très complet, ne vous montre pourtant pas tout qu’il est possible de voir avec son billet d’entrée. Saviez-vous que ce n’est que dans les années 1980 que le système de billetterie a été simplifié pour qu’un seul et même ticket permette d’accéder à tous les bâtiments ouverts au public ? Auparavant, il fallait acheter un ticket différent pour chaque bâtiment, comme vous l’explique le blog du site officiel.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les personnages qui ont fait l’histoire de ce château, cliquez ici (en anglais).
N’hésitez pas à explorer le site officiel : vous y trouverez d’autres points d’intérêt, comme les prisons de guerre par exemple (que nous n’avons pas eu le temps d’aller voir)

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