Ecosse : le château de Stirling

Ecosse : Stirling

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Nous sommes venus à Stirling avant tout pour son château dont on dit qu’il est l’un des plus grands et des plus importants d’Écosse et même d’Europe, aussi bien sur un plan historique qu’architectural. Il se dresse sur une colline d’origine volcanique, appelée « Castle Rock ».
Jusqu’à récemment, un grand nombre de voies terrestres et fluviales, allant du nord au sud et de l’ouest à l’est, en traversant le centre de l’Ecosse, devaient passer au pied de Castle Rock. De ce fait, quiconque contrôlait Stirling contrôlait une grande partie du pays.
Ceci explique que la région de Stirling vit se dérouler beaucoup de batailles entre Ecossais et Anglais.
La ville mérite qu’on y fasse un petit tour également.

Si vous venez à Stirling en voiture, surtout n’envisagez pas de stationner sur le parking situé sur l’esplanade du château, aux capacités vraiment limitées et très vite saturé. Avant de partir, consultez le Guide du stationnement de la ville de Stirling pour un autre parking à proximité.
Vous pouvez aussi vous mettre au parking-relais qui se trouve à la descente d’autoroute : de là, vous pouvez emprunter des navettes pour vous rendre au château. Mais vous pouvez aussi marcher, comme nous l’avons fait : cela fait moins de 3 km.

Ecosse : Stirling, plan touristique

Comme on peut le voir sur le plan du site, le château est entouré sur trois de ses côtés par des falaises à-pic qui en faisaient une position facile à défendre. Un premier château fut vraisemblablement construit sur le site au 12ème siècle. Mais le château tel qu’il apparaît aujourd’hui au visiteur date essentiellement des 15ème et 16ème siècles, même si quelques bâtiments datent du 14ème siècle. Du 15ème au 16ème siècle il fut une résidence royale, plusieurs rois ou reines d’Écosse s’y faisant couronner (dont Mary Stuart).

Méticuleusement restauré pour mettre en valeur sa beauté originelle de style Renaissance, le château de Stirling était la résidence de prédilection des rois et reines de la maison Stuart : ainsi, Marie de Guise, l’épouse française de Jacques V, grâce à sa généreuse dot, participa à l’ameublement et à la décoration du château, faisant appel à des artisans français de renom.
Et c’est pourquoi, afin de respecter le décor « à la française », Historic Scotland a fait appel à Michel Nadaï, l’un des peintres décorateurs français les plus réputés pour reproduire à l’identique l’oeuvre originale du célèbre artiste français de la Renaissance, Pierre Quesnel.
Le programme de restauration a porté sur les bâtiments qui bordent la cour d’honneur (Inner Close), la principale enclave royale. L’objectif était de mettre en valeur les qualités originales de ces édifices.

En achetant votre billet d’entrée, vous recevrez un plan des lieux afin de pouvoir vous repérer et profiter au mieux de votre visite. Voyez le site du château pour avoir les horaires et les tarifs à jour.

Ecosse : Stirling, plan du château
Ecosse : Stirling, le château, les défenses extérieuresLes défenses extérieures
On accède au château par l’esplanade, un terrain laissé découvert pour permettre de bien voir tous ceux qui s’approchaient. Au-delà de l’esplanade, le château présente, de son côté le plus vulnérable, une façade austère : la majeure partie de ce qu’on peut voir fut construit entre 1708 et 1714 selon les plans de Theodore Dury pour servir de barrière fonctionnelle contre les attaques d’artillerie.
Au sein de la structure datant de 1708-1714, la moitié nord (droite) des défenses extérieures incorpore des travaux des années 1550, réalisés pour la reine Marie de Guise. L’éperon français, une batterie de flanc à l’extrémité nord du mur, est aussi en grande partie daté des années 1550.

Le monument que nous voyons, et qui représente un soldat des Highlands, commémore les soldats tombés au combat pendant la guerre d’Afrique du Sud : le château de Stirling a été le dépôt militaire des Argyll and Sutherland Highlanders jusqu’en 1964.

 

Ecosse : Stirling, le château, le frontispiceLe frontispice

Le frontispice actuel fut érigé pour Jacques IV, vers l’an 1500 mais ce que vous voyez aujourd’hui a perdu beaucoup de sa splendeur originale. Ainsi, l’entrée s’élève seulement à environ un tiers de sa hauteur primitive, ses parties hautes ayant probablement été endommagées pendant le siège de 1651, et les créneaux datent de 1810. Les seules parties qui reflètent toujours la configuration initiale sont la Tour du Prince, à l’angle sud-est, et la section contiguë de la courtine.
Jacques IV voulait qu’il soit beaucoup plus qu’une barrière de défense utilitaire : il voulait impressionner tous ceux qui s’approchaient du château. Ainsi, tout laisse supposer que, lorsqu’il était entier, avec ses chemins de ronde crénelés, ses hauts toits coniques et ses murs probablement blanchis à la chaux et ornés de sculptures colorées, le frontispice devait être un réel plaisir pour les yeux !

 

Ecosse : Stirling, le château, la basse courLa basse-cour (Outer Close)

Le côté sud de la basse-cour est bordé par une belle construction de la fin du XVIIIe siècle, connue sous le nom poste de garde principal (à gauche sur la photo) et par par le logis du commandant (à droite sur la photo) qui date du début du XIXe siècle.

Ecosse : Stirling, les grandes cuisines du châteauSur le côté nord-est de la basse-cour, ne manquez pas les cuisines : elles ont été reconstituées, afin de recréer l’atmosphère de la préparation des repas au XVIe siècle.
Nous ne voyons cependant qu’une partie de ce qui existait jadis : ce n’est qu’en 1921 que les cuisines furent partiellement déterrées et que leurs voûtes furent reconstruites.

Ces grandes cuisines desservaient la Grande Salle (voir ci-dessous).

 

Ecosse : Stirling, le château, le siège du pouvoirLa cour d’honneur (Inner Close)

De la basse-cour, on accède à la cour d’honneur par un passage en pente raide entre la palais et la grande salle, au-dessous du pont du XIXe siècle qui relie les deux bâtiments.
La cour d’honneur était la grande place autour de laquelle s’ordonnaient les principaux bâtiments royaux, et des fouilles archéologiques permettent de penser qu’elle commença à prendre forme vers l’an 1500, dans le cadre des plans de Jacques IV.

Ecosse : Stirling, le château, l'ancien palais du roiL’ancien palais du roi a probablement été construit pour Jacques IV. Les pièces principales s’élevaient à l’origine sur toute la hauteur du bâtiment, au-dessus du rez-de-chaussée voûté, et possédaient de grandes fenêtres donnant sur la cour d’honneur.
Au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, des sols et des murs furent insérés pour subdiviser considérablement le bâtiment et de plus petites fenêtres vinrent remplacer les grandes ouvertures primitives. A une époque plus tardive, il servit de logement aux officiers et au Gouverneur.
L’ancien palais abrite aujourd’hui un musée militaire consacré au régiment des Argyll and Sutherland Highlanders.

 

Ecosse : Stirling, le château, la chapelle royaleEcosse : Stirling, le château, la chapelle royaleLa chapelle royale que nous voyons a été reconstruite à la fin du XVIe siècle, pour le baptême du premier fils de Jacques V. Le potail imposant et les fenêtres s’inspirent sans équivoque des prototypes de l’Italie de la Renaissance, et témoignent de l’influence exercée par ce courant de pensée en Ecosse à cette époque.
La chapelle fut totalement remise à neuf en 1628-1629, en prévision de la visite de Charles Ier en 1633. La frise qui court tout autour de la chapelle en est le vestige le plus caractéristique.
Une grande partie de ce qu’on voit aujourd’hui à l’intérieur date d’une phase de restauration effectuée après le démantèlement des cliosons et des sols internes dans les années 1930. Le plafond en bois fut construit en 1996.

 

Ecosse : Stirling, le château, le Grand HallLa Grande Salle (The great hall), la plus grande jamais construite en Ecosse, était destinée aux grandes célébrations et festivités officielles. Elle était presque terminée en 1503. À son apogée, la Grande Salle était recouverte d’une couleur appelée «King’s Gold», un or exubérant visible à des kilomètres à la ronde, une couleur qui aurait également recouvert les murs des bâtiments voisins du Hall et de la chapelle. Cette riche couleur aurait reflété la richesse des festivités qu’elle a connues, l’un des plus impressionnants étant le banquet du baptême du fils de Jacques VI, le prince Henri.
Au fil des ans, la Grande Salle perdit de son importance en tant que lieu de divertissement, alors que la monarchie commençait à passer le plus clair de son temps à Londres après l’Union des Couronnes en 1603. Elle servit comme écuries et rangements !
Ce n’est qu’en 1964, une fois le château libéré de la présence militaire, qu’une restauration a pu être envisagée : lentement et laborieusement, on enleva les cloisons et les planchers (le bâtiment avait été subdivisé en trois étages de chambrées !). Le parti pris était de restaurer la grande salle telle que l’avaient pensée ses concepteurs vers 1500, jusque dans la couleur des murs.

 

Ecosse : Stirling, le château, le palaisEcosse : Stirling, le château, le palais planLe palais, construit pour Jacques V et son épouse française, est le bâtiment le plus imposant du château, avec des façades magnifiques donnant à la fois sur la cour d’honneur et la basse-cour, et une troisième dominant la section occidentale du frontispice. Le bois présent dans le bâtiment indique que la construction commença vers 1538. Il s’agit du premier exemple d’architecture de la Renaissance dans les îles britanniques.
Le palais a été dessiné comme un bâtiment quadrangulaire autour d’une cour centrale, le Lion’s Den (tanière du lion). Les appartements se composaient d’une salle des gardes, d’une salle d’audience et d’une chambre à coucher donnant sur de petits cabinets.
La décoration intérieure de ces appartements a été recréée : les appartements de la reine ont été reconstitués comme au temps de Marie de Guise, dans les années 1540 et les appartements du roi ont été aménagés selon un inventaire de 1585, au temps de Jacques VI.

 

Ecosse : Stirling, le château, les têtesEcosse : Stirling, le château, les têtesLes têtes de Stirling ornaient la salle d’audience du roi Jacques V qui voulait ainsi montrer sa richesse et sa sophistication mais elles ont été retirées en 1777, quand le plafond commença à s’effondrer.

Les reliefs en bois représentant les héros mythiques et les membres de la famille royale écossaise que nous voyons aujourd’hui sont des répliques datant de 2011, mais reflètent fidèlement les originaux qui ont été conservés et sont exposés à l’étage. L’artisan qui a été chargé de les recréer a mis 5 ans à sculpter les 37 têtes : elles ont été peintes après avoir été fixées au plafond, en utilisant des techniques traditionnelles.

 

Ecosse : Stirling, le château, les têtes
La science au secours de l’art

Des recherches scientifiques minutieuses ont permis d’analyser et de conserver les « têtes » originales. Par la mise en oeuvre d’une méthode de datation qui consiste à compter les anneaux de croissance des arbres – la dendrochronologie -, les experts d’art ont pu déterminer que le bois de chêne dans lequel étaient sculptées les « Têtes de Stirling » provenait de Pologne, et que les chênes avaient été abattus en 1539 avant d’être transportés jusqu’en Ecosse pour y être soumis à la main experte des huchiers, ou menuisiers sur bois.
Une analyse méticuleuse a fait apparaître que ces « Têtes » étaient peintes. Bien qu’elles aient perdu la quasi-intégralité de leurs couleurs, d’infimes fragments de leur peinture originale ont été conservés, permettant de déterminer, à la fois la technique employée pour l’application des couleurs et les couleurs elles-mêmes.

 

Ecosse : Stirling, le châteauEcosse : Stirling, le château, la salle d'audienceLes salles d’audience du roi et de la reine

La cheminée dans la salle principale et la chambre à coucher du roi est sculptée de lions, de chardons et d’aigles. La signification de ces motifs est incertaine, mais un poème de l’éminent poète écossais William Dunbar compare le roi d’Écosse à ces trois symboles puissants.
Saviez-vous que, dans la chambre du roi, le lit était symbolique ? En effet, le roi s’y habillait, s’y lavait et y priait mais c’est dans une toute petite pièce à côté qu’il allait dormir. Il en allait de même pour la reine.

Les jolies tapisseries qui ornent les murs de la salle d’audience de la reine sont des copies de la mythique série de Chasse à la licorne dont les originaux se trouvent à New York.
En visitant les appartements de la reine, vous entendrez parler de la « dame verte » : une des servantes de la reine Marie Stuart aurait en effet réussi à éteindre le feu qui avait commencé à brûler les tentures de sa chambre pendant qu’elle dormait, lui sauvant ainsi la vie. Son fantôme désormais hante le château sous le nom de « dame verte  » et elle se manifeste pour annoncer un incendie ou une catastrophe.

 

Ecosse : Stirling, le château et les jardins royauxEcosse : Stirling, le château, vue villageLes jardins de la reine Anne et le château à l’époque moderne

Le jardin de la reine Anne donne sur les tours de l’entrée principale, les canons de défense, et sur la ville de Stirling.
Au XIXe siècle, il fut décidé que tous les grands châteaux serviraient de casernement. Dès lors, Stirling devait accueillir un nombre plus ou moins important de soldats, et le château fut modifié petit à petit pour répondre à leurs besoins. Les bâtiments royaux, ainsi que de nombreuses constructions secondaires, durent répondre à ces nouvelles exigences, mais ceci empêcha au moins leur destruction.
En outre, plusieurs nouveaux bâtiments furent érigés, du poste de garde principal et du logis du commandant dans la basse-cour (que nous avons vus en arrivant) aux magasins de l’enceinte basse que nous voyons sur la photo ci-contre. Ceux-ci font aujourd’hui partie intégrante de l’histoire architecturale du château.

 

Ecosse : Stirling, la bataille du pontEcosse : Stirling, le monument Wallace et le pontLa bataille du pont de Stirling – 1297 –

La période la plus marquante de l’histoire du château de Stirling se situe à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, lorsqu’il joua un rôle crucial dans la résistance de l’Ecosse face aux tentatives de domination anglaises.
Ainsi, le 11 septembre 1297, Willian Wallace et Andrew Murray écrasèrent l’armée anglaise en ces lieux.
L’armée écossaise avait pris position sur Abbey Craig, surplombant le pont de bois qui enjambait le Forth, un peu en amont du pont actuel. Ils attendirent leur heure, sachant que les Anglais, sous les ordres du duc de Surrey, devraient tôt ou tard traverser ce pont. Quand les Anglais commencèrent à traverser, Wallace et Murray patientèrent jusqu’à ce que l’ennemi fût bien engagé sur le pont puis ils donnèrent l’ordre de charger. La cavalerie anglaise, avançant difficilement par deux sur la voie étroite, tomba dans le piège et seuls quelques chanceux parvinrent à s’enfuir.

Ecosse : Stirling château, Wallace Monument
Malheureusement pour les Ecossais, Andrew Murray fut gravement blessé pendant la bataille et succomba à ses blessures au mois de novembre.

Le Monument Wallace ne date que de 1869 : il a été construite grâce à une campagne de collecte de dons et grâce à la résurgence d’un sentiment patriotique écossais au xixe siècle. En plus de souscriptions publiques, elle a été en partie financée par un certain nombre de donateurs étrangers, dont le patriote italien Giuseppe Garibaldi. La tour a été érigée au sommet de Abbey Craig, un crag volcanique surplombant l’abbaye de Cambuskenneth, de laquelle William Wallace regardait le rassemblement des troupes du roi anglais Édouard Ier, juste avant la bataille du pont de Stirling.

 

Comme tout château écossais qui se respecte, Stirling est réputé être hanté non pas par un mais par trois fantômes ! Regardez la vidéo pour en savoir plus, et voir quelques belles images des lieux.

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