Ecosse : la bataille de Culloden

Ecosse : la bataille de Culloden

Retour à la page principale de notre voyage en Ecosse

 
Aller dans les Highlands sans passer par Culloden serait bien dommage, à condition bien sûr que vous vous intéressiez à l’Histoire : le champ de bataille de Culloden est le site historique de la dernière bataille qui eut lieu sur le sol britannique le 16 avril 1746. Cette bataille est souvent considérée comme l’une des plus importantes pour l’Écosse, car elle a marqué la fin du système de clans dans les Highlands.
En effet, les anglais, après cette victoire, n’hésitèrent pas à promulguer des lois cherchant à annihiler le mode de vie écossais. Ainsi, le Dress Act de 1746 interdisait le port du tartan et de la highland dress. Toute personne portant le tartan risquait ainsi 6 mois de prison et l’envoi vers les colonies en cas de récidive. L’interdiction de porter les armes fut renforcée. La cornemuse fut interdite. L’autorité des chefs de clan fut supprimée et le gaélique écossais interdit. Cette loi fût abandonnée en 1782 mais a porté un coup très dur à la culture écossaise et ajouta à la rancœur que le peuple écossais portait déjà envers les Anglais.

Le champ de bataille est situé sur Drumossie Muir, près d’Inverness , et est facilement accessible depuis la ville. Un grand parking est prévu pour les visiteurs. Il est payant (2£ en 2018), ce qui se comprend fort bien : on peut aller sur le champ de bataille gratuitement, mais ce serait une erreur de ne pas passer d’abord par le centre d’information.
Pour les horaires et les tarifs, cliquez ici. Le prix d’entrée comprend un audio-guide (le français est prévu) qui permet de mieux profiter des lieux.

Commencez par le centre d information : il présente de façon claire et complète le contexte de la bataille et tous les événements qui y ont mené. Et surtout, il expose les faits sous deux angles différents : du point de vue des Anglais (tels que véhiculés par l’enseignement et les média depuis des années) et du point de vue des Jacobites (et analysés par les historiens écossais depuis les années 1950).
En effet, des fouilles archéologiques entreprises sur le site de Culloden ont permis de découvrir que la bataille en question avait été d’une tout autre nature que celle complaisamment racontée depuis des décennies par les vainqueurs : elles révélaient que le combat avait été beaucoup plus violent que l’on ne le pensait jusqu’alors et que l’artillerie et les armes à feu avaient été largement utilisées du côté jacobite, contrairement à ce que laissait entendre la version habituelle des faits.

Projeté dans une petite pièce, un film de quatre minutes place le visiteur au centre du corps à corps ayant eu lieu lors de la bataille. Grâce aux écrans recouvrant les quatre murs, l’image et le son créent un choc émotionnel et donne vie au type de lutte et à la férocité de la bataille.

Le centre met vraiment tout en oeuvre pour que les visiteurs ressentent réellement ce qui s’est passé là, tout en dissipant certains des mythes entourant cette bataille. Et maints détails jalonnent le parcours. Un des exemples les plus frappants réside dans le mur du mémorial, sur le sentier menant au champ de bataille : il compte 50 pierres en saillie, suivies d’un vide, puis de 1.500 nouvelles pierres en saillie, chacune évoquant la mémoire d’un homme ayant perdu la vie dans l’un des deux camps.
L’élément le plus marquant est sans doute le caractère anonyme du mémorial : il fait fi des préjugés de nation et de clan qui règnent en maître dans les autres mémoriaux existants, tout en attirant l’attention du visiteur sur les pertes individuelles.

Le clip ci-dessous a été réalisé par Deanta : les images sont extraites du film diffusé dans le musée de Culloden et du documentaire-fiction de Peter Watkins sorti en 1964.
 

 

Ecosse : Culloden, cairn souvenirIl ne faut pas s’imaginer que le champ de bataille a été pieusement conservé dans son état d’origine pendant tout ce temps, bien au contraire. En 1835, une route fut construite à travers les fosses communes des clans; ensuite, le terrain fut transformé en plantation de conifères. Le site est aujourd’hui géré par le National Trust for Scotland, qui possède environ la moitié du champ de bataille, l’autre moitié appartenant toujours à la Commission Sylviculture. Le NTS travaille sans relâche pour tenter de restaurer le terrain, aussi fidèlement que possible, à ce à quoi il aurait ressemblé au XVIIIe siècle.
Pour l’heure cependant, il n’a rien du terrain marécageux dans lequel se sont embourbés les Highlanders, ce qui a anéanti l’efficacité de leur charge et a été l’un des principaux facteurs de leur défaite.

Le grand cairn commémoratif a été installé par Duncan Forbes, Laird of Culloden, en 1881. À cette époque, le romantisme victorien avait créé une nostalgie des Jacobites.
C’est lui aussi qui fit ériger des pierres tombales marquant les sépultures d’origine des soldats tombés durant la bataille.

 

Nous avons relevé celle du clan Fraser : Charles Fraser d’Inverallochie a dirigé le régiment de Lord Lovat au sein de la division de Lord Drummond. Notre choix était bien entendu dicté par la série télé « Outlander » qui a remis cette bataille dans les mémoires.
L’autre pierre a attiré notre regard a cause des fleurs fraîches qui venaient d’y être déposées mais aussi parce qu’elle marque le souvenir de plusieurs clans, ce qui est rare ici.
D’abord ce sont les clans MacLean et MacLachlan qui sont évoqués : les deux ont combattu dans le cadre de la division de Lord Drummond.
Ensuite viennent les Athol Highlanders : ces pauvres bougres avaient été enrôlés de force dans le cadre de la « levée féodale » et n’avaient que peu de cœur pour la lutte.

 

Ecosse : Culloden, des pierres pour chaque clanEcosse : Culloden, des pierres pour chaque clanEcosse : Culloden, des pierres pour chaque clan

 

Les positions de départ de chaque camp sont matérialisés sur la lande à l’aide de drapeaux : rouges pour les forces gouvernementales et bleus pour les forces jacobites.
Les divers régiments sont signalés par des pierres gravées portant le nom des régiments et des clans, ainsi que le nombre d’hommes présents à chaque endroit.
Des panneaux d’informations ont été placés aux endroits les plus stratégiques.
N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir afin de pouvoir lire ce qui est écrit.

 

Ecosse : Culloden, positions anglaisesEcosse : Culloden, régiments anglaisEcosse : Culloden, hier et aujourd’hui

 

Ecosse : Culloden, positions jacobitesEcosse : Culloden, clans jacobitesEcosse : Culloden, hier et aujourd'hui

 

Ecosse : Culloden, Leanach cottageEcosse : Culloden, Leanach cottageLeanach Cottage

La date exacte de la construction de cette petite maison au toit de chaume est inconnue mais l’on pense qu’elle date du début du 18e siècle, le bâtiment a donc vécu les tragiques événements de Culloden.

C’est l’un des derniers exemples de construction à toit en chaume qui étaient pourtant communs dans cette région. Le bâtiment est aujourd’hui seul mais d’anciennes cartes montrent que la région était alors beaucoup plus peuplée. La campagne était divisée en parcelles et la population locale était majoritairement constituée d’agriculteurs.

 
Deux autres bâtiments jouxtaient le chalet dont une grange. Les forces gouvernementales du duc de Cumberland auraient mis le feu à cette grange afin de tuer la trentaine de jacobites blessés qui s’y étaient réfugiés… L’autre bâtiment était probablement une étable. La chaumière a fort probablement servi d’hôpital de campagne pour les forces gouvernementales.

 

Ecosse : Culloden, hommageCette défaite entraîna une répression sauvage qui valut à Cumberland le surnom de « boucher » (Butcher of Culloden). Il ordonna à ses hommes de tuer les blessés à coup de crosse. Les fuyards réfugiés dans les maisons alentours furent brûlés vifs… avec les autres occupants. Les maisons proches du champ de bataille furent systématiquement incendiées, pour qu’elles ne servent pas de refuges aux survivants.
La traque des rebelles dura plusieurs mois. Les troupes anglaises poursuivaient les fuyards jusque dans les colonies les plus éloignées des Highlands, pillant, brûlant et tuant hommes, femmes et enfants sur leur passage. Des régions entières furent ravagées et certaines grandes familles fuyèrent définitivement l’Écosse. Au total, on estime à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers les victimes directes et indirectes de cette répression.

Au moment du Brexit, bon nombre d’Ecossais ont envie de mettre enfin un terme à la tutelle anglaise et des tartans apparaissent sur des tombes

 

Cliquez ici si vous souhaitez en savoir plus sur cette bataille : l’article a été écrit par l’Association de reconstitution historique écossaise. Sur place, vous pourrez vous procurer le livret de 70 pages qui vous expliquera tout, sans parti pris, à la lumière des dernières découvertes archéologiques.

Retour à la page principale de notre voyage en Ecosse