Ecosse : Edimbourg, Arthur’s Seat

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat vu depuis Calton hill

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Aucune visite à Édimbourg n’est complète si vous n’avez pas grimpé jusqu’au sommet de Arthur’s Seat, une colline volcanique perchée à 251m au-dessus du niveau de la mer : c’est le point culminant de Holyrood Park. Le parc fait partie du palais royal de Holyrood : domaine de chasse royal depuis le XIIe siècle , c’est le roi Jacques V qui en a fait un parc en 1541 en achetant « les terres entourant Arthur’s Seat, Salisbury et les pentes de Duddingston ». Depuis cette époque, rien n’a changé, la nature a conservé tous ses droits et le parc Holyrood est un exemple rare de prairies originelles.Le domaine est riche en espèces végétales et abrite également de nombrauses espèces d’invertébrés, d’amphibiens, de mammifères et d’oiseaux. Trouver un tel havre de vie sauvage au cœur d’une capitale est remarquable !
La plupart des gens grimpent là-haut pour la vue, qui est effectivement très belle, et vous offrira le plus beau panorama sur Édimbourg. Mais il y a tant d’autres choses à voir, dont le passé volcanique de la ville, qui se lit ici comme nulle part ailleurs.

De nombreux sentiers mènent au sommet, plus ou moins longs, plus ou moins difficiles, comme l’explique très bien un article que lui a dédié Geowalks

Nous avons choisi le plus long (5 km) mais, à nos yeux, le plus beau : vous en jugerez en regardant les photos qui suivent.
Prévoyez de consacrer 2H minimum à cette balade pour bien profiter des vues et des lieux et partez bien chaussés. Choisissez de préférence une journée bien ensoleillée, ou du moins bien dégagée. Vous pouvez y emmener des enfants sans souci : il n’y a aucun danger si vous restez sur les sentiers. Mais faites particulièrement attention en cas de mauvaise visibilité ou de vent fort. Le parc est ouvert à tous, 24H/24.

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, départ Queens driveLe départ se situe sur Queen’s drive, juste derrière le palais de Holyrood, que vous apercevez à droite sur la photo, un peu caché par les arbres.

Savez-vous que c’est au prince Albert, l’époux de la reine Victoria, que nous devons cette belle route qui fait le tour de la colline et permet d’admirer Arthur’s Seat depuis une voiture ? Le couple, amoureux de l’Ecosse, s’inquiétait beaucoup au sujet de la tourbière qui se trouvait au pied de la colline, à côté de l’abbaye. Le terrain était gravement pollué par les déchets de la vieille ville.
C’est sous la supervision de Prince Albert que la zone a été drainée pour la première fois, et que Queen’s Drivea été conçu ; il a fallu pour cela créer deux étangs artificiels – St Margaret’s Loch et Dunsapie Loch – à côté de la route.
La configuration actuelle de ce parc si populaire aujourd’hui est donc directement imputable à la vision et aux efforts d’Albert.

Nous nous dirigerons à droite, de façon à longer les falaises.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, Radical roadLe sentier que nous empruntons s’appelle Radical Road. Saviez-vous que ce nom lui vient de pauvres bougres que l’on a obligés à paver cette route, des tisserands sans emploi de l’ouest de l’Écosse qui avaient participé à la Radical War de 1820 ?

Cette insurrection écossaise fut le résultat du raz le bol qui s’est manifesté auprès de travailleurs qui n’en pouvaient plus des conditions de travail et de vie injustes que leur infligeait le gouvernement. Le lundi 3 avril 1820 a vu se déclencher une grève nationale qui est partie de Glasgow. Les chefs de file de la protestation à travers le pays ont été arrêtés et certains exécutés ou transportés dans les colonies pour leurs actions. Sir Walter Scott, l’écrivain chéri d’Edimbourg, eut une meilleure idée : après la visite du roi George IV en 1822, il suggéra d’employer des tisserands au chômage pour construire un sentier le long des falaises

La Radical Road offre de superbes vues d’Edimbourg sur Fife, les Ochils et les Pentlands. En prime cette route est plus sûre pour ceux qui viennent avec des animaux ou de jeunes enfants, car elle est bien large.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, vue châteauEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, vue sur Calton Hill
 
 
Tout en cheminant tranquillement sur ce large sentier, vous pourrez admirer le château sur Castle Rock, ainsi que Calton Hill.

Tout comme Calton Hill et Castle Rock, Arthur’s Seat est un ancien volcan qui date de l’âge du Carbonifère, qui émettait des laves basaltiques et des tufs

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, Salisbury craigEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, Salisbury craigFalaises de Salisbury (Salisbury Crags) : hautes de 46 mètres de haut et situées au pied d’Arthur’s Seat, elles doivent leur nom au premier Comte de Salisbury, qui accompagnait le roi Edouard III dans une de ses invasions de l’Écosse.
Les falaises sont formées de dolérite. Cette dolérite s’est formée longtemps après l’éruption du volcan Arthur’s Seat, par le processus d’intrusion de magma profondément sous terre. Le magma s’est élevé à ce niveau, puis s’est étendu horizontalement, forçant son chemin entre les couches de roche existante.
Les falaises ont été exploitées sans vergogne durant des décennies pour en extraire des matériaux de construction, y compris pour la construction du palais de Holyrood entre 1529 et 1536. Deux carrières principales ont été ouvertes, South Quarry, sur la face sud-ouest des rochers, et Camstone Quarry, sur le versant nord-est des rochers, à l’initiative du comte de Haddington, dont le poste héréditaire de gardien du parc du roi avait été accordé par le roi James VI.
Au total, on estime que 270 000 tonnes de dolérite ont été extraites de la seule carrière Sud pour paver environ 30 km des rues de la capitale.
Mais ce serait l’extraction et l’exportation de pierres pour paver les rues de Londres qui auraient incité les habitants à agir pour sauver leur patrimoine naturel. Dans ce qui doit être l’un des premiers exemples au monde d’un mouvement environnemental en action, les habitants furieux ont porté leur affaire devant la Cour de session en 1819 et finalement devant la Chambre des lords de Westminster. Cela a conduit à une loi du Parlement en 1831 qui a mis un terme à l’exploitation des carrières.
Paradoxalement, ces carrières ont eu du bon car c’est en les étudiant que le grand James Hutton a trouvé la jonction inférieure exposée entre les couches sédimentaires existantes et la dolérite des Crags. Une exposition importante, maintenant appelée Hutton’s Section et largement considérée comme l’un des sites géologiques les plus importants d’Édimbourg, l’a aidé à expliquer la relation entre les différentes roches et a soutenu son affirmation selon laquelle les roches ignées étaient cristallisées à partir du magma.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, vue beaux bâtimentsEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, vue ville

Tout en continuant à grimper doucement, vous profiterez de magnifiques vues sur Edimbourg, et notamment sur le quartier sud, et les collines du Pentland. Saviez-vous qu’une grande partie de l’approvisionnement en eau d’Édimbourg provient de réservoirs situés dans ces collines, notamment Threipmuir, Harlaw, Clubbiedean, Torduff, Glencorse et Loganlea ?

Comme ces quartiers sud sont généralement totalement ignorés des touristes, cela vaut la peine d’emmener des jumelles pour découvrir quelques beaux bâtiments que vous n’aurez probablement pas l’occasion d’admirer de plus près.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, notre objectif se profileEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, au dessus des Salisbury craigEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, ça grimpeArthur’s Seat se profile à l’horizon !
Nous sommes maintenant sur Piper’s walk : ce sentier tire son nom d’une bande de Highlanders de Seaforth qui se mutinèrent en 1778 car ils ne voulaient pas être envoyés en mission outre-mer.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, la mer au loinEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, Calton Hill et la mer
 
 
Nous avons à présent des vues vers le Nord et la mer se dévoile.

Malheureusement, ce jour-là la visibilité n’est pas suffisante pour pouvoir distinguer les Fife et encore moins les Ochils.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, au pied du monticuleEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, dernier effortNous sommes maintenant au pied de Arthur’s Seat, là où tous les sentiers convergent. Plus qu’une courte montée !
La vue vers le quartier de Leith se dégage un peu. Leith est le port d’Édimbourg, mais il n’est rattaché administrativement à Edimbourg que depuis 1920. C’est là-bas qu’est amarré (derrière le grand centre commercial d’Ocean Terminal) l’ancien yacht de la reine, le Britannia, désormais à la retraite. Sa visite est intéressante. Nous nous sommes rendus à pied jusque là-bas en passant par Dean Village, le long de la rivière Water of Leith. C’est une promenade absolument charmante, qui se fait via les chemins piétonniers qui longent la rivière : on oublie totalement que l’on est en plein cœur d’une capitale.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, le sommet
Au sommet de Arthur’s Seat !

Savez-vous que, lorsque vous vous tenez debout au sommet du siège d’Arthur, vous êtes en réalité au fond de l’ancien cratère ?

En éruption après éruption, le volcan s’est lentement construit: on suppose que le sommet se situait 200 mètres plus haut que la colline d’aujourd’hui. Mais il a été érodé par un glacier s’épanchant d’ouest en est au cours d’une des périodes glaciaires du Pléistocène, révélant ainsi des falaises à l’ouest et laissant les matériaux détritiques d’une moraine médiane à l’est, ainsi que l’explique la société de géologie d’Edimbourg.

En 1836, juste sous le sommet, dix-sept petits cercueils en bois, contenant chacun une figurine sculptée, ont été exhumés dans une petite grotte. Chacune de ces figurines était habillée différemment, avec des vêtements faits à la main. Les cercueils étaient disposés d’une façon bien particulière, deux rangées de 8, surmontées d’un cercueil solitaire. On ne sait toujours pas qui a fait ces cercueils, ni pourquoi, et encore moins pour quelle raison ils étaient enterrés de cette façon. Sur les 17 cercueils découverts, il en reste aujourd’hui 8 qui comptent parmi les objets les plus mystérieux du musée national d’Écosse, le NMS, qui les présente en détail sur son site officiel

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, descenteEcosse : Edimbourg, Arthur's Seat, Anthony chapelLa descente nous amène jusqu’aux ruines de St Anthony’s chapel.
Aujourd’hui, il ne reste que le mur nord. On pense que, une fois terminé, le bâtiment aurait comporté une petite chapelle à trois travées, avec une tour de trois étages à son extrémité ouest. Cette forme étrange, presque aussi haute que longue, soutient l’idée que la chapelle a été conçue autant pour assurer une visibilité à distance que pour accueillir des fidèles.
Pour un bâtiment dont la construction a dû être observée par des gens à des kilomètres à la ronde, on sait étonnamment peu sur les origines de cette chapelle. On ignore notamment de quand date sa construction : il y a des références à une subvention versée pour des réparations par le pape Martin V en 1426, suggérant que le bâtiment pourrait remonter au XIVe siècle ou au-delà. On ne sait rien non plus de sa fonction : Il a été suggéré que la chapelle servait comme une sorte de balise religieuse, conçue pour être clairement visible pour les pèlerins maritimes venant à l’abbaye de Holyrood alors qu’ils remontaient la rivière Forth. Mais ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres.
Les détails de sa disparition ne sont pas clairs non plus, mais sans doute, comme l’abbaye de Holyrood elle-même, la chapelle Saint-Antoine est tombée en désuétude et s’est délabrée après la Réforme en 1560.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, Margaret loch
 
Nous arrivons maintenant à la fin de notre périple, où nous attend le St. Margaret’s Loch.

A l’origine, il n’y avait ici qu’un terrain marécageux en creux, maintenu humide par la pluie et les ruisseaux souterrains coulant du flanc de la colline.
Le lac tel qu’il est aujourd’hui a été créé en 1856 dans le cadre des plans du prince Albert pour embellir le parc entourant le palais royal. Peu profond, il était initialement utilisé pour l’aviron, mais abrite aujourd’hui une importante population de canards, d’oies et de cygnes.

 

Ecosse : Edimbourg, Arthur's Seat, retour face radical road
 
De retour à notre point de départ, la position du soleil nous permet maintenant de prendre une photo de début du sentier, sur lequel s’élancent bien d’autres personnes. Il est presque 13h00, nous avons mis 2h00, en prenant largement le temps d’admirer les pierres et les plantes rencontrées en chemin.

Un marchand de glaces s’est installé là : si vous avez oublié d’emporter une bouteille d’eau, c’est le moment de vous approvisionner chez lui ! Car il peut faire chaud et, même si le parcours ne présente aucune difficulté, il est important de s’hydrater correctement pendant un effort physique.

 

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