Centre historique de Bruxelles : vestiges des remparts de la ville

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Tous les vestiges décrits sont répertoriés sur la carte en fin de page

Bruxelles - Tour Anneesens
La tour Anneessens est une des quatre tours entièrement conservées de la première enceinte qui en comptait une cinquantaine. Elle tire son nom de celui du doyen des métiers de la construction, François Anneessens, qui y aurait été emprisonné avant son exécution en 1719. Il avait refusé, ainsi que d’autres membres des métiers, de se conformer aux nouveaux règlements concernant les corporations. À cette époque la tour est en effet reliée à la Steenpoort toute proche – devenue prison d’État depuis le xvie siècle – par un couloir maçonné construit sur le chemin de ronde.
Les vestiges de la tour et des tronçons d’enceinte adjacents ont été reconnus par les historiens et les archéologues, dès la fin du XIXe siècle, au sein de plusieurs maisons des anciennes rues d’Or et de la Steenpoort. Ces maisons furent détruites dans le cadre du plan d’expropriation pour la construction de la jonction Nord-Midi qui court sous l’actuel boulevard. Lors de la démolition des maisons, les vestiges de l’enceinte furent maintenus en place, dégagés de tous les ajouts postérieurs, restaurés en 1967 et enfin nettoyés et consolidés en 2006.
Il s’agit également d’une tour exceptionnelle car elle se situe au point où l’enceinte forme un angle presque droit avant d’amorcer la pente de la vallée de la Senne.
Bruxelles - Tour Anneesens "intra muros"

Du côté intérieur de la ville, toute la structure de construction de l’enceinte apparaît clairement. Chaque pile de fondation supporte le mur proprement dit sur la première moitié de son épaisseur et, sur la seconde moitié, les grandes arcades forment les contreforts du mur et soutiennent le chemin de ronde supérieur.
De ce côté, on relève plusieurs astuces qui ont permis de s’adapter au relief existant : le fait que le tronçon de courtine de gauche soit plus élevé d’environ un mètre par rapport au tronçon de courtine de droite montre que cette tour, comme beaucoup d’autres, permettait de rattraper des modifications du relief qu’il aurait été impossible d’imposer aux courtines sous la forme d’une pente continue. Ainsi le chemin de ronde supérieur du tronçon de courtine de gauche est-il connecté à la salle supérieure par un escalier mural en pente tandis que le chemin de ronde supérieur du tronçon de courtine de droite y entre de plain-pied.

Bruxelles - Courtine de Villers
La courtine de Villers et la Tour Saint-Jacques
Une tour et un tronçon de la muraille du XIIIe siècle sont conservés entre la rue de Villers et la rue des Alexiens (celle-ci a été créée au XIVe siècle sur le tracé du fossé des premiers remparts). Ces vestiges forment la portion la plus imposante de l’enceinte primitive de Bruxelles que l’on puisse encore voir.
Construite au XIIIe siècle, la tour et la courtine de Villers furent intégrées dans des maisons au XVIIe siècle, maisons qui seront détruites au début des années 1960. La courtine présente un niveau inférieur plus épais : c’est le niveau des fondations. Elle porte les traces de son ancienne intégration dans les logements : fenêtre percées, arches obturées.
Bruxelles - Tour Saint-Jacques et courtine de Villers
Seule la face intra-muros est facilement visible depuis la rue de Villers.

 

 

Pour pouvoir admirer la tour et la face extra-muros, il faut s’introduire dans la cour de l’école néerlandophone Sint-Jorisinstituut située au n° 16 de la rue des Alexiens. Le couronnement crénelé
de la tour est une reconstitution qui date de la restauration des années 1960 qui visait
à redonner à la tour son aspect hypothétique du XIIIe siècle

Bruxelles - Tour Noire

 

 

La Tour Noire est visible en bordure de la place Sainte-Catherine.
Elle constitue non seulement un vestige de la première enceinte mais aussi un témoignage de la bataille livrée par les défenseurs du patrimoine historique face aux grands programmes de modernisation de la ville.
Devenue propriété privée au XVIe siècle, la tour a progressivement disparu derrière des constructions. On la redécouvre en 1887, lors de travaux d’assainissement réalisés dans le quartier de la Vierge Noire. Le bourgmestre Charles Buls, co-fondateur du Comité d’Étude du Vieux Bruxelles fit du sauvetage de la tour Noire un combat exemplaire.
Chargé de sa restauration en 1888-1889, P-V Jamaer coiffe l’édifice d’un toit correspondant à son état au XVIe siècle. Elle reste enserrée dans les constructions postérieures.

Bruxelles - Vestiges 1ère enceinte Hôtel Atlas
Vestiges de la courtine (intérieur hôtel Atlas)
Pour finir notre petit tour des vestiges de la 1ère enceinte, nous allons vous montrer des vestiges visibles seulement par les clients de l’hôtel Atlas où, justement, nous avions choisi de poser nos valises.
Bruxelles - Vestiges 1ère enceinte Hôtel Atlas
La rue du Vieux-Marché-aux-Grains est implantée à l’emplacement du fossé de la première enceinte, comblé dans cette zone depuis le milieu du XVIe siècle.
Plusieurs vestiges de la courtine en pierre subsistent en intérieur d’îlot à l’arrière des bâtiments du côté pair : l’hôtel Atlas, situé au no 30, a choisi de les mettre en valeur en y installant la salle des petits-déjeuners.
Le tracé de rue épouse la courbe que formait la première enceinte sur la rive gauche de la Senne.

Bruxelles - La Porte de Hal
La Porte de Hal a été batie au XIVe siècle : c’est l’unique vestige de la seconde enceinte de Bruxelles qui comprenait sept portes. Elle a été utilisée comme prison du XVIe au XVIIIe siècle, et a échappé de ce fait à la fièvre modernisatrice de l’empereur Joseph II d’Autriche.
La façade néogothique et la haute toiture ajoutées par l’architecte Henry Beyaert au XIXe siècle, lors de sa restauration, ont transformé l’austère tour médiévale en une sorte de château correspondant à l’image romantique qu’on se faisait alors du Moyen-Age : à l’époque, on ne s’embarrassait pas d’authenticité !
Derrière la façade blanche entièrement nettoyée de la Porte de Hal restaurée en 2008, « les visiteurs peuvent découvrir, sous la forme d’une présentation permanente toute neuve, l’histoire du bâtiment et de son occupation à travers les siècles, mais également celle de la ville, de sa défense, de ses corporations, de son folklore, autant de facettes qui se révèlent étroitement liées les unes aux autres. Parmi les pièces exposées, on peut admirer notamment plusieurs chefs-d’oeuvre célèbres parmi lesquels des colliers de guilde, l’armure de parade de l’archiduc Albert, son cheval naturalisé ainsi que celui de son épouse l’infante Isabelle, le berceau dit « de Charles Quint » ou encore le tableau attribué à Anthonis Sallaert représentant l’infante Isabelle participant à la fête des arbalétriers au Sablon. Le troisième étage et le grenier de la Porte de Hal sont, quant à eux, réservés à des expositions temporaires et à des événements.. » (source : visit bruxelles)
Au sommet de la tour, depuis le chemin de ronde crénelé, on peut profiter d’un spectaculaire panorama sur Bruxelles et sa région, si le temps le permet.

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2 Commentaires

  1. Marie-Paule

    Un grand merci pour votre message. Je n’ai pas parlé de ces vestiges parce que, n’étant pas client à l’hôtel Radisson Blue, je n’ai pas été autorisée à les voir.
    Or, je ne parle dans mes articles que de nos propres expériences.
    Si vous pouvez souhaitez les voir figurer dans cet article, envoyez-nous une photo et nous l’ajouterons (en vous citant, bien évidemment).
    Cordiales salutations,
    Marie-Paule

    Réponse
  2. Marco De Melo Colles

    Bonjour,

    A ce sujet, j’aimerais vous informer qu’on à aussi des vestiges de la muraille à l’intérieur de l’Hotel Radisson Blu (rue du fossé aux loups) à Bruxelles.

    ça vaut le détour!

    Réponse

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